1971 Paris, Daniel Templon, 1971. 30 x 21 cm, 3 et vii pp. Plaquette agrafée en bon état. Insérés, tract de Louis Cane daté de 1971 intitulé "L'Art Conceptuel se meurt tout seul, nous n'avons pas besoin de son cadavre". Louis Cane a distribué ce tract le soir du vernissage de l'exposition, sans demander l'avis du galeriste. Et réponse donc du galeriste Daniel Templon, sous la forme aussi d'un tract inséré. Distribué le jour du vernissage de Louis Cane à la galerie Templon, ce tract est le point de départ de ce qu’il conviendra d'appeler « l'affaire Templon ». Dans ce texte, l'artiste fait référence à l'exposition « Concept Théorie » qui s'est déroulée dans la même galerie en 1970 et à laquelle participait Alain Kirili, Joseph Kosuth, Burgin, Burn, Ramsden ainsi que le groupe Art and Language. Cette exposition lui sert d'ancrage pour critiquer d'une part les ambitions des artistes conceptuels « promoteurs de concepts » et, d'autre part, pour saluer la démarche de Kirili, quittant le camp conceptuel pour se rallier à la cause de Supports/Surfaces : le matérialisme dialectique. Ce tract expose les positions de Cane vis-à-vis du marché de l'art, de l'art conceptuel et insiste sur le matérialisme dont lui et Supports/Surfaces se font les garants. Afin de défendre leur position face au système marchand des galeries et des revues, ils « interviendron[t] chaque fois que ceux-là [les faux pas théoriques] recevront l'accord tacite des marchands et des critiques ». Voulant à la fois se « servir du marché de la peinture » comme diffuseur de leurs pratique et théorie, tout en refusant cependant d’y être « une avant- garde chassant l'autre », Louis Cane adopte une position ambiguë jouant le jeu tout en le dénonçant, et démarrera ainsi une affaire qui s'étalera sur plusieurs mois. Konan Le Coz, in SUPPORTS/SURFACES 1970 – 1972. L’HISTOIRE RACONTÉE PAR LES DOCUMENTS.