Précieux exemplaire conservé dans ses reliures strictement de l’époque, avec, fait particulièrement rare, des fers absolument identiques sur les trois premiers volumes. Paris, Veuve Coignard et Jean Baptiste Coignard fils, 1692‑1693-1696. 4 volumes in-12 de : I/ (20) ff., 252 pp., 8 pp. ch. 27-34, 34 pp., (1) f.bl.; II/ (9) ff., 399 pp. et (1) p. de privilege; III/ (6) ff., 335 pp., (1) p. de privilège, 1 cahier bruni ; IV/ (8) ff., 321 pp., (1) f. d’errata, 1 figure gravée sur cuivre entre les pp. 296 et 297 de « l’arbre de Porphyre ». Cachet en marge inf. des p. 13 du tome 1, p. 12 du tome 2, pp. 1 et 13 du tome 3, pp. 1 et 13 du tome 4. Plein veau moucheté de l’époque, dos à cinq nerfs ornés de fleurons dorés, roulette dorée sur les coupes, tranches mouchetées rouges. Reliure de l’époque. 164 x 92 mm.
Édition originale collective – les tomes 3 et 4 sont ici en édition originale aux dates de 1692 et 1696 - de la fameuse « Querelle des Anciens et des Modernes », œuvre majeure de Charles Perrault. Le 4ème volume est ici l’un des rares connus à la date de 1696, la date commune étant de 1697. Scheler (V, p. 169) mentionne : « J’ai rencontré un exemplaire du ‘Parallelle des anciens et des modernes’ dont le tome 4 était daté M.DC.LXXXXVI (1696). Il comportait, relié à la fin, un errata intitulé ‘Fautes à corriger’, tiré sur un feuillet indépendant » ; cas du présent exemplaire. Cette édition originale présente l’intégralité des brûlots que Perrault lança dans une querelle qui devait enflammer tout le milieu littéraire de son temps et se prolonger pendant tout le XVIIIe siècle, jusqu’à Condorcet, jusqu’au Génie du Christianisme. « Perrault fonde l’expérience du progrès culturel dans une théorie historique (…). C’est dans la ‘Querelle’ que se forme la nouvelle conscience historique qui sera celle des Lumières : le trait fondamental de l’histoire devient un mouvement irréversible vers l’avant » (P. -E. Knabe, R. Mortier, F. Moureau, L’aube de la modernité 1680-1760, p. 6 sq.). Ce texte fondateur revêt une telle importance que nous allons en décrire la Genèse et l’aboutissement. Les Classiques ou Anciens menés par Boileau soutenaient une conception de la création littéraire comme imitation des auteurs de l’Antiquité. Cette thèse était fondée sur l’idée que l’Antiquité grecque et romaine avait atteint une fois pour toutes la perfection artistique. Le choix par Racine pour ses tragédies de sujets antiques déjà traités par les tragédiens grecs illustre cette conception de la littérature respectueuse des règles du théâtre classique élaborées par les poètes classiques à partir de la Poétique d’Aristote. Les Modernes, représentés ici même par Charles Perrault, qui soutenaient le mérite des auteurs du siècle de Louis XIV, affirmaient au contraire que les auteurs de l’Antiquité n’étaient pas indépassables, et que la création littéraire devait innover. Ils prônaient une littérature adaptée à l’époque contemporaine et des formes artistiques nouvelles. Si l’humanisme découvre les anciens pour entrer dans les temps modernes, imite l’Antiquité pour créer les formes neuves de la Renaissance, il se divise au XVIIe siècle en deux courants qui séparent l’imitation réglée des chefs d’œuvres antiques de l’innovation. Une première querelle – italienne – des Classiques et des Modernes éclate sous la Renaissance. Les Modernes sont alors anti scolastiques. Cette querelle italienne annonce la querelle française tout en étant différente. D’après Fumaroli, la querelle italienne « poursuit l’enquête comparative (la syncrisis, le paragone, la conférence) commencée par la Renaissance entre deux époques des lettres, des arts et des mœurs. Elle est le fait de lettrés qui se sentent plus enracinés dans la République des Lettres que dans aucun État contemporain. La comparaison entre Antiquité et Modernité est pour eux une condition de la liberté d’esprit. Il s’agit moins en Italie d’une Querelle que d’un championnat. La Querelle française en revanche est le fait d’hommes de lettres qui ont les yeux fixés sur leur roi ; ils font ou feront partie de la constellation d’Académies domiciliant la République française des Lettres dans l’État royal. Au cœur de leur âpre débat, on n’est pas surpris de reconnaître qu’ils rivalisent à qui détient la meilleure méthode de louer leur roi. » En France, la prise progressive de contrôle de l’espace des lettres (académie, cour) par les classiques qui prônent l’imitation des règles et des textes anciens est marquée par des querelles, autour par exemple de la question du merveilleux en littérature: doit on se limiter aux mythes païens ou peut on utiliser les héros chrétiens, voire revenir à des épopées chrétiennes et françaises ? Le christianisme ne l’emporte-t-il pas sur les grands modèles passés ? De 1653 à 1674 les partisans d’un merveilleux moderne se singularisent contre les « Anciens ». En 1677, c’est leur première victoire, lorsque après le débat sur l’affaire des inscriptions, il est décidé que les monuments du règne seraient gravés en français (et non plus en latin). Les deux partis sont alors constitués : d’un côté, les doctes (clergé académie) qui prônent le respect des règles imitées de l’antiquité (par exemple celle de la bienséance) dans un humanisme moral tourné vers une rigueur et l’éternité de l’œuvre. De l’autre, des poètes galants, ou des esprits nouveaux, critique de la génération des classiques de la cour, s’appuyant sur les goûts du public parisien. Perrault déclencha les hostilités le 27 janvier 1687, lorsqu’il présenta, à l’occasion d’une guérison de Louis XIV, à l’Académie française son poème Le siècle de Louis le Grand dans lequel il faisait l’éloge de l’époque de Louis XIV comme idéale tout en remettant en cause la fonction de modèle de l’Antiquité. La sortie de Perrault provoqua une protestation immédiate de la part de Boileau. La polémique enfla avec la publication par Perrault des quatre volumes du "Parallèle des anciens et des modernes" où il attaque les Anciens en comparant dans un dialogue fictif les réalisations des Anciens avec les réalisations modernes dans presque tous les aspects de la vie humaine. La polémique tournait essentiellement autour de deux modèles esthétiques opposés : le principe de l’imitation orienté vers l’Antiquité comme idéal de beauté absolu d’une part et d’autre part le principe du génie de l’imagination qui puise son inspiration en lui-même, et sur l’opposition entre la soumission à la superstition antique contre une critique cartésienne (Fontenelle) La belle Antiquité fut toujours vénérable ; Mais je ne crus jamais qu’elle fût adorable. Je voy les Anciens sans plier les genoux, Ils sont grands, il est vray, mais hommes comme nous ; Et l’on peut comparer sans craindre d’estre injuste, Le Siècle de LOUIS au beau Siècle d’Auguste. (Charles Perrault, Parallèle des anciens et des modernes en ce qui regarde les arts et les sciences.) Si tel est le débat manifeste, Fumaroli suppose d’autres enjeux : « tout au long de la Querelle, qu’il s’agisse d’Euripide ou d’Homère, ce sont, sous Louis XIV, les Anciens qui admettent ce qu’il y a de vif, de déconcertant, de déchirant dans la représentation de la vie humaine par les poètes antiques, tandis que les Modernes sont favorables à des conventions morales et esthétiques uniformes et confortables. » Pour lui, sous l’apparent progressisme des Modernes se cachaient aussi des enjeux de pouvoir. Boileau était proche de Port Royal. En défendant les Anciens, il aurait aussi défendu, au nom de la diversité des héritages, des marges de liberté dans la République des lettres. La Monnoye juge les positions des deux parties tellement déroutantes qu’il met les rieurs de son côté par cette épigramme : Boileau, Perrault, ne vous déplaise, Entre vous deux, changez de thèse : L’un fera voir par le Lutrin Que la muse nouvelle a le pas sur l’antique ; Et l’autre par le Saint-Paulin Qu’aux poètes nouveaux les anciens font la nique. (La Monnoye.) Finalement, Le Grand Arnauld dut s’entremettre pour réconcilier les parties et, le 30 août 1694, Perrault et Boileau s’embrassèrent en public à l’Académie française. La réaction du public de l’époque pourrait donner à penser que Perrault et son parti remportèrent la victoire dans cette polémique, mais il n’y eut pas de victoire nette. Le siècle de Louis XIV brille par les œuvres de ceux qui ont dépassé les « anciens » au-delà de leurs œuvres, en s’appuyant sur le génie propre de la langue et du siècle : Pascal souligne d’ailleurs que ceux que nous appelons les anciens, étaient des modernes en leur temps. Le débat connut un renouveau dans la deuxième décennie du XVIIIe siècle avec la mise en vers, en 1714, par Houdar de la Motte – à une époque où Perrault et Boileau étaient déjà morts – d’une traduction de l’Iliade publiée par Anne Dacier en 1699. Il y avait « corrigé » et raccourci l’original et l’avait accompagné d’une préface contenant un Discours sur Homère où il prend la défense des Modernes. Anne Dacier répliqua avec son Des causes de la corruption du goût où elle débat la question de la priorité de l’original ou d’une traduction, dans une prolongation d’une discussion du troisième dialogue du Parallèle de Perrault. Cette polémique, dans laquelle des auteurs aussi différents que Fénelon, l’abbé Terrasson et Jean Boivin intervinrent, s’acheva de même en 1716 avec une réconciliation personnelle des principaux acteurs. Elle est entrée dans l’histoire de la littérature sous le nom de Querelle d’Homère. Même avec l’épuisement du conflit, les répercussions de la querelle des Anciens et des Modernes ont continué de se faire sentir au cours du siècle des Lumières pour se poursuivre jusqu’à la querelle suscitée par le romantisme. Marivaux fut un des représentants importants du courant moderne au début du XVIIIe siècle, en établissant un genre tout à fait nouveau de théâtre, inconnu des Anciens, avec ses comédies morales et poétiques. Diderot poursuivra en définissant le genre du drame bourgeois, cette comédie larmoyante où la tragédie imminente était résolue avec des réconciliations vertueuses et des flots de larmes. La querelle des Anciens et des Modernes servit en fait de couverture, souvent pleine d’esprit, à des opinions opposées d’une portée beaucoup plus profonde. D’un côté, c’était l’idée même d’autorité qui était attaquée et de l’autre, le progrès. Le renouvellement de l’intérêt pour l’Antiquité à l’époque classique se traduisit par une réévaluation critique des acquis de l’Antiquité qui finit par soumettre les Écritures même à l’examen des Modernes. L’attaque de l’autorité en critique littéraire a eu des équivalences avec les progrès de la recherche scientifique. Le défi jeté à l’autorité par les Modernes dans le champ littéraire annonçait déjà les remises en question dont la politique et la religion allaient faire l’objet. Déjà inscrite dans une plus longue tradition européenne de contestation de structures semblables (en particulier à la Renaissance, lorsque Galilée ridiculise l’autorité accordée à Aristote dans son Dialogue des deux systèmes du monde), la querelle des Anciens et des Modernes déclenchée par la polémique entre Perrault et Boileau a pareillement été rapidement reçue au-delà des frontières françaises et adaptée aux situations locales. La Grande-Bretagne de l’époque prit la querelle des Anciens et des Modernes un peu moins sérieusement. William Temple prit le parti des Anciens dans son essai Essay upon the ancient and modern learning (Essai sur l’étude antique et moderne) (1690) en réaction à la Digression sur les Anciens et les Modernes (1688) de Fontenelle, qui reprend l’image selon laquelle « nous sommes des nains juchés sur des épaules de géant », image qui provoqua une avalanche de réponses. Le critique William Wotton, avec ses Reflections upon ancient and modern learning (Réflexions sur l’étude antique et moderne) (1694), le critique et classiciste Richard Bentley et Alexander Pope furent au nombre de ceux qui prirent le parti des Modernes à cette occasion. Bien que le débat ait été clos en Angleterre dès 1696, le sujet semble avoir stimulé l’imagination de Swift qui vit dans les camps opposés des Anciens et des Modernes un résumé de deux manières générales de regarder le monde. Ce thème est développé dans sa satire A Tale of a Tub (Conte du tonneau), composé entre 1694 et 1697 et publié en 1704, longtemps après la fin de la querelle en France. L’expression de « Bataille des Livres » vient de la satire publiée anonymement en 1704 par Swift, Full and True Account of the Battle fought last Friday between the Ancient and the Modern Books in St. James’s Library (Compte-rendu complet et véritable de la bataille survenue vendredi dernier entre les ouvrages antiques et modernes de la bibliothèque de St. James). La querelle des Anciens et des Modernes a eu une version allemande avec la polémique touchant au merveilleux entre Johann Christoph Gottsched, Johann Jakob Bodmer et Johann Jakob Breitinger. Johann Joachim Winckelmann a également joué un rôle important dans l’acclimatation de la querelle dans le monde germanophone avec, en particulier ses Gedanken über die Nachahmung der Griechischen Werke in der Malerei und Bildhauer-Kunst (Pensées sur l’imitation des œuvres grecques en peinture et en sculpture) (1755). Vers la fin du XVIIIe siècle, la thématique de la querelle des Anciens et des Modernes apparaît avec Herder, Schiller et Schlegel Dans « De l'Allemagne » Germaine de Staël « appelle les Français à renouveler leurs modèles, à sortir des limites trop strictes du classicisme d’où bien peu cherchaient à s’évader, et que le pouvoir en place maintenait fermement » Face à la référence constante aux anciens qu’impose l’Empire, elle préfère la culture allemande d’un sentiment national libre, dans laquelle elle voit une création féconde. Ce texte introduit le romantisme en France. Son ami Benjamin Constant reprend sur un plan politique cette critique de l’imitation des anciens: dans son discours de 1819, il oppose « la liberté des anciens » à la « liberté des modernes ». Il faut adjoindre à la première, limitée à une dimension publique soumettant le citoyen à la grandeur de l’État, la défense de la seconde, l’espace autonome privé, affranchi du contrôle du pouvoir. Chateaubriand reprend sur un plan moins tranché certains aspects de la querelle (par exemple en préférant le merveilleux chrétien au classique). En ce sens les pensées « progressistes » et les mouvements littéraires romantiques et post romantiques qui insistent sur la liberté sont influencés par les modernes. Par opposition, on retrouve des échos de ce débat au XXe siècle, en général chez des penseurs post heideggériens, interrogeant la dérive d’un humanisme qui se soumettrait, depuis les Lumières, à la modernité, voire à la mode. Ils lui reprochent d’entraîner l’asservissement de la culture à l’étroitesse de la raison technicienne, et au mythe d’un progrès démocratique du « tout culturel ». Alain Finkielkraut par exemple, y voit une « défaite de la pensée », abandonnant l’exigence de la tradition. Il est reproché à cette critique des modernes un certain élitisme. Politiquement, c’est le philosophe Leo Strauss qui réactive dans la période contemporaine la thématique de la Querelle des Anciens et des Modernes. Il l’utilise pour souligner la différence entre l’expérience de la vie politique des Anciens et l’expérience des Modernes. Celle-ci s’enracine pour lui dans la colère antithéologique de Machiavel et de Hobbes, pour s’épanouir dans les nouvelles conceptions de la liberté issues du mouvement des Lumières. Pour lui, un des acteurs fondamentaux de cette querelle dans les temps modernes est Jean-Jacques Rousseau. Précieux exemplaire en reliure de l’époque, avec le quatrième volume dans le premier tirage de 1696, inconnu de Tchémerzine qui le cite à la date de 1697. L. Scheler, dans ses commentaires et addenda, annonce avoir rencontré un exemplaire de cette première édition, semblable à celui-ci : « le tome IV est daté de 1696 et comporte, relié en fin, un errata intitulé ‘Fautes à corriger’ tiré sur un feuillet indépendant et d’un papier plus épais. » Ce tome IV contient, de plus, une gravure à pleine page représentant « L’Arbre de Porphyre augmenté d’un degré métaphysique ». Bibliographie : Hubert Gillot, La Querelle des Anciens et des Modernes en France: De la Défense et Illustration de la langue française aux Parallèles des anciens et des modernes. Paris: Champion, 1914. Augustin Simon Irailh, Querelles littéraires, ou Mémoires pour servir à l’histoire des révolutions de la république des Lettres, depuis Homère jusqu’à nos jours. Paris: Durand, 1761. Slatkine reprints, 1967. Anne-Marie Lecoq, La Querelle des Anciens et des Modernes : XVIIe-XVIIIe siècles. Précédé d’un essai de Marc Fumaroli, suivi d’une postface de Jean Robert Armogathe. Paris: Gallimard, 2001. Alain Niderst, « Les « Gens de Paris » et les « Gens de Versailles » dans Louise Godard de Donville », d’un siècle à l’autre : anciens et modernes. XVIe colloque, Janvier 1986. Paris: Éd. du CNRS, 1987. (Centre Méridional de Rencontres sur le xviie siècle ; 17) pp. 159-165. Hippolyte Rigault, Histoire de la querelle des anciens et des modernes. Paris: Hachette, 1856. Marc Fumaroli, La Querelle des Anciens et des Modernes + extraits, Paris, Gallimard-Folio, 2001. Charles Perrault a écrit deux grands livres : « Histoires ou Contes du Temps passé » Paris, 1697 et « Paralelle des Anciens et des Modernes » Paris, 1688-1696. L’on connait une dizaine d’exemplaires complets de l’édition originale de premier tirage des « Contes du Temps passé » et guère plus d’exemplaires de la « Querelle des anciens et des Modernes » complet du dernier volume à la date de 1696. Précieux exemplaire conservé dans ses reliures strictement de l’époque, avec, fait particulièrement rare, des fers absolument identiques sur les trois premiers volumes.
Fort intéressant mémoires, rares en élégante reliure ancienne. Avignon, 1759. 1 volume in-12 de (2) ff. et 204 pages. Plein veau marbré glacé, dos lisse orné, tranches jaunes. Reliure de la fin du XVIIIe siècle. 162 x 85 mm.
Edition originale recherchée des « Mémoires » de l’auteur des Contes ou Histoires du temps passé, fort rare en élégante reliure ancienne. Tchemerzine, V, 188. Cette originale a été réimprimée en septembre 2010 par « Kessinger publishing ». Les Mémoires s’arrêtent après la rupture avec Colbert et furent publiées par l’architecte Pierre Patte. « Destinés à ses enfants, écrits avec une certaine candeur, ils révèlent des particularités curieuses sur Bernini et Riquet. » D’origine tourangelle, mais établie à Paris, la famille Perrault appartient à une haute bourgeoisie de robe de sensibilité moderne et janséniste dont les fils sont avocat (Jean), receveur général des finances (Pierre), architecte et médecin (Claude) ou docteur en théologie (Nicolas). Quant à Charles, s’il paraît suivre un banal cursus de futur robin (brillantes études littéraires au collège de Beauvais à Paris, licences en droit, et inscription au barreau en 1651), il rompt en réalité avec l’institution scolaire. Puis, on le voit s’essayer à célébrer les grands événements du royaume : odes sur la paix à l’occasion du traité des Pyrénées (1659), sur le mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse (1660), sur la naissance du Dauphin (1661), avec un talent littéraire discuté (par Racine) mais un succès politique croissant, au point d’apparaître bientôt au jeune roi et à ses administrateurs comme une recrue de choix pour mener à bien le projet culturel de remise en ordre de la France ; en même temps qu’il est commis à la surintendance des bâtiments royaux, Perrault qui vient encore de prouver sa science encomiastique (Discours sur l’acquisition de Dunkerque par le roi… 1663), est nommé, sur recommandation de Chapelain, secrétaire de la Petite Académie (future Académie des inscriptions été belles-lettres). Il est élu à l’Académie française (1671) dont il devient chancelier à la mort de Séguier (1672) et redéfinit les règles de fonctionnement. Son efficacité s’avère une nouvelle fois telle que, la même année, Colbert lui confectionne un office sur mesure (le contrôle général des bâtiments). A la mort de Colbert (1683), il est congédié de sa charge de contrôleur général et exclu de la Petite Académie par Louvois ; seulement resté directeur de l’Académie, il est de facto mis d’office, à cinquante-cinq ans, dans une retraite presque totale. Charles Perrault se consacre alors à l’éducation de ses enfants (il est veuf depuis 1678), mais surtout reprend et approfondit une réflexion religieuse (Épître chrétienne sur la pénitence, louange de Louis XIV protecteur de la religion catholique, 1683, ode Aux nouveaux convertis, 1685, etc.), qui s’avérera constituer le soubassement éthique de la querelle prochaine des Anciens et des Modernes. En témoigne sa consultation de deux religieux, anciens modérés, Bossuet et Huet, à propos de son Saint Paulin évêque de Nole (1686), épopée en six chants qui paraît suivie d’une épître à Fontenelle, Le Génie. Le 27 janvier 1687, la lecture publique du Siècle de Louis XIV de Charles Perrault, à la gloire des Modernes, fait éclater une querelle entre Anciens et Modernes, dont les enjeux dépassent les polémiques de leurs chefs de file respectifs, Boileau et lui-même. Elle se soldera d’ailleurs par la réconciliation (1694) de ceux qui n’étaient vraisemblablement que « différemment du même avis » (Boileau). Au fil de la querelle paraissent les quatre volumes des Parallèles des Anciens et des Modernes (1688 à 1697), où Perrault livre la somme théorique de ses positions en même temps qu’il propose une double parabole de sa réflexion sur l’ordre du monde : d’une part, sous forme théologique, La Création du monde (1691), devenu Adam ou la Création de l’homme, sa chute et sa réparation… (1697), et de l’autre sous la forme, apparemment naïve, de Contes en vers ou de Contes ou Histoires du temps passé (1691 à 1697). Fort intéressant Mémoires, rares en élégante reliure ancienne.
1784 1784 Paris, Liège : Plomteux, Panckoucke ; 1784 1 In -4 de 31 x 25 cm Reliure de luxe signée VERMOREL, parfaitement exécutée en plein maroquin rouge rubis, dos à nerfs orné d'un très beau décor doré style XVIIIe siècle, 4 filets d'encadrement sur les plats, double sur les coupes, belle dentelles intérieures, tête dorée, marges non rognées. ( Rel post.) 267 [pp] L'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert et ses "suites" : Titre complet : "Encyclopédie méthodique ou par ordre de matières par une société de gens de lettres, de savants et d'artistes ; précédée d'un Vocabulaire universel, servant de table pour tout l'ouvrage, ornée des portraits de MM. Diderot et d'Alembert, premiers éditeurs de l'Encyclopédie."Tome 3 bien complet des superbes 267 planches gravées en taille douce, signées BENARD dont de nombreuses sur double page. Complet en soi des lettres H-M, réparties ainsi : Horlogerie ( 2e partie) - Imprimerie - Instruments de mathématiques - Instruments de musique - Laminage de plomb - Lunetier - Luthier - Maçonnerie - Coupe des pierres - Marbrerie - Marbreur de papier - Maréchal-ferrant - Menuisier - Meunier - Miroitier - Monnayage, etc. :
Charles-Joseph Panckoucke, né le 26 novembre 1736 à Lille et mort le 19 décembre 1798 à Paris, est un écrivain et libraire-éditeur français.L'un des plus importants rôles éditoriaux joués par Charles-Joseph Panckoucke concerne la célèbre Encyclopédie de Diderot et d'Alembert. Après en avoir racheté les droits, l'éditeur lillois va en effet contribuer de manière intense à la diffusion de cette encyclopédie et des différentes suites qui lui seront données. "L'Encyclopédie méthodique, dite « Encyclopédie Panckoucke », est donc une encyclopédie monumentale fondée sur l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers de Diderot et dAlembert avec l'objectif de l'améliorer et de la compléter. À la différence de cette dernière, elle est divisée en matières réparties sur 40 dictionnaires scientifiques. On visait ainsi à remédier au fractionnement jugé excessif de l'ouvrage de Diderot, qui obligeait « à lire cent articles pour avoir une idée suffisante d'un sujet. On voulut essayer si, en procédant différemment, l'analyse et la synthèse n'aboutiraient pas à une meilleure conciliation».Elle fut lancée par souscriptions en 1782. Reliure en excellente condition, . Intérieur en très bon état général, frais et propre, plusieurs planches avec légère mouillure marginale ( déborde très rarement sur l'image), mouillure angulaire plus prononcée à partir de "Marbrerie" avec petite piqûres sur environ 40 planches qui débordent pas sur l'image. Une planche avec légère restauration marginale. Montage sur onglets. Reliure solide et très décorative qui ne craint pas d'être consultée. Frais de port inclus vers France métropole au tarif normal, délai d'acheminement sous 72h, pour les commandes > à 80 euros et poids < 1kg. Disponibilité sous réserve de vente en Boutique. Frais de port inclus vers France métropole au tarif normal, délai d'acheminement sous 72h, pour les commandes > à 80 euros et poids < 1kg. Disponibilité sous réserve de vente en Boutique. Disponibilité sous réserve de vente en boutique, prix valable frais de port inclus pour commande > 90 € et poids < 1 Kg
Edition originale du voyage du Comte de Chambord émigré dans les Highlands dédicacée à S.A.R. Madame la Duchesse de Berry. Exemplaire de présent offert à Henri V, Comte de Chambord, exceptionnellement enluminé à la main à son intention. Paris, Dentu, Palais Royal ; Edimbourg, 1835. Petit in-folio de : 137 pp. de texte, 1 portrait d’Henri V à pleine page, 1 fac-similé de la lettre de la Duchesse de Berri à M. d’Hardiviller, 28 lithographies hors texte sous serpente. Relié en plein maroquin vert à grain long, encadrement de filets dorés, fleur de lys aux angles, chiffre H ceint d’une guirlande fleurdelysée au centre des plats, dos à cinq nerfs fleurdelysé, coupes décorées, roulette intérieure, tranches dorées. Reliure armoriée de l’époque, signée de Marchant. 335 x 248 mm.
Edition originale rarissime dédicacée à S.A.R. Madame la Duchesse de Berry, du voyage du Comte de Chambord emigré dans les Highlands en 1832, lors de son exil qui suivit la révolution de 1830. Exemplaire personnel d’Henri V, comte de Chambord, entièrement enluminé à son intention. Henri-Charles-Ferdinand-Marie-Dieudonné d’Artois, duc de Bordeaux, puis comte de Chambord, dit Henri V, fils posthume de Charles-Ferdinand, duc de Berry et de Marie-Caroline-Ferdinande-Louise de Bourbon-Sicile, naquit à Paris le 29 septembre 1820 après la mort de son père et fut titré duc de Bordeaux ; lorsqu’une souscription publique lui eut offert en 1821 le château de Chambord, il porta le titre de comte de Chambord qu’il échangea en 1830 contre le nom d’Henri V, Charles X et le duc d’Angoulême ayant abdiqué en sa faveur. Il épousa en 1846 Marie-Thérèse-Béatrix-Gaétane, archiduchesse d’Autriche-Este, fille du duc de Modène François IV, et mourut en exil, sans postérité, le 24 août 1883 à Frohsdorf en Autriche. Le volume est l’œuvre du peintre Charles Achille d’Hardiviller (1795-1835). Elève de David, il avait été le professeur de dessin du duc de Bordeaux devenu Comte de Chambord. Il fut lié à son destin et à celui de la duchesse de Berry jusqu’à la révolution de 1830, qui ruina sa carrière. Son œuvre de lithographe, qui commence dès 1821, retrace depuis l’enfance la vie du duc de Bordeaux. On retiendra de cette période deux portraits du duc, l’un pour la duchesse de Berry, l’autre pour la duchesse d’Angoulême ; le portrait de Mlle de Berry ; l’un des quatre tableaux commandés par la duchesse de Berry, représentant les fêtes qu’elle avait données ; Le martyre de S. Etienne (ministère de l’Intérieur) ; Jeanne Hachette (Hôtel de ville, Beauvais) ; Le martyre de S. Donatien et S. Rogatien, pour la ville de Nantes. Hardiviller grava entre 1830 et 1835 de nombreux portraits, parmi lesquels celui de Lafayette, de Sébastien Erard, de Walter Scott, du duc de Reichstadt (d’après Tassaert). Ses dernières œuvres portent la date de 1835. Dans ce somptueux volume, l’artiste dessine maintes fois Henri V devant les paysages des Highlands, seul ou accompagné. Hardiviller dédie son livre à « S.A.R. Madame la Duchesse de Berri ». Le volume contient la dédicace à SAR et la « Lettre de Son altesse Royale Madame la Duchesse de Berri à Monsieur d’Hardiviller » datée « Gratz 27 octobre 1833 ». Le volume se compose de 137 pages de texte écrites par l’artiste relatant le voyage d’Henri V, d’une lettre gravée de la Duchesse de Berry et de 29 lithographies originales merveilleusement gouachées à l’époque. Notre exemplaire est ainsi conforme à l’exemplaire non colorié de la British Library quant au nombre de lithographies. L’on sait que le nombre de lithographies varie selon les exemplaires ; de 32 dans les exemplaires du tirage courant à 29 dans les exemplaires de luxe, d’Hardiviller ayant jugé trois de ses estampes indignes d’orner les exemplaires de présent. Précieux exemplaire de présent imprimé sur grand papier vélin relié en maroquin vert de l’époque au chiffre d’Henri V, comte de Chambord, l’un des rarissimes connus avec l’ensemble des lithographies en somptueux coloris main de l’époque. L’exemplaire porte l’étiquette : « De la bibliothèque du Comte de Chambord (Henri V de France, duc de Bordeaux) né en 1820. Acquise par Maggs Bros Ltd de Londres ».
Précieuse réunion de deux ouvrages érotiques de la fin du XVIIIe siècle ornés de 18 figures libres. A Londres, [Paris, Cazin], 1782. - Etrennes aux amateurs de Vénus. A Paphos, ou Cythère [Paris], s.d. 2 ouvrages en 1 volume in-12. I/ 1 frontispice gravé, 43 pp. et 5 eaux-fortes érotiques hors texte de Borel gravées par Elluin, non signées; II/ (1) f. bl., (2) ff. de titre, (1) f. d’avis aux amateurs, 12 ff. d’Airs accompagnés d’autant d’eaux-fortes libres hors texte. Papier restauré sur le f. Aiii (Parapilla), 8 planches remontées au format de l’édition. Maroquin brun, décor de filets dorés et pointillés et de fleurons aux angles des plats, dos à nerfs orné, doublures et gardes de soie rose, tranches dorées sur témoins. Reliure signée de Semet & Plumelle.
Précieuse réunion de deux ouvrages de la fin du XVIIIe siècle, orné de figures libres. Cohen, col. 176; Pia, Les Livres de l'Enfer, col. 424 et 995; Gay-Lemonnyer, Bibliographie des ouvrages relatifs aux femmes et à l'amour, III, 629-631; Drujon, Catalogue des ouvrages poursuivis, supprimés ou condamnés, 1879, p. 298. Édition Cazin recherchée, tirée sur papier vergé. Elle connut plusieurs rééditions et copies. Etrennes aux amateurs de Vénus, avec le texte gravé et encadré d’un double filet. Illustration: Parapilla: premier tirage des 6 figures libres hors texte: non signées, elles ont été gravées par Elluin d'après Borel ; Etrennes: 12 eaux-fortes libres. Tirage: Etrennes aux amateurs de Vénus, un des quelques exemplaires sur papier vergé légèrement bleuté. Charles Bordes se lia à Voltaire et devint l’ennemi de Jean-Jacques Rousseau qui le critiqua beaucoup. Parapilla, paru en 1776 «à Florence chez Cupidon», eut un succès immédiat. On décrivit cet ouvrage comme s’il avait été traduit de l’italien (l’auteur se disait issu «de l’académie des Arcades») ce qui lui accordait «le rare mérite de traiter d’un sujet obscène en n’employant que de décentes expressions». Poème facétieux et érotique, Parapilla s'inspire de la Novella dell'angelo Gabriello publiée à Paris en 1757. «Le sujet est licencieux, mais les expressions sont honnêtes; l'ouvrage a été comparé à Vert-Vert, mais il offre plus d'intérêt, l'action marche plus rapidement, et, s'il n'était rare à cause de la nature de son sujet, tout le monde y reconnaîtrait sans difficulté un des meilleurs poèmes badins qu'on ait faits jusqu'ici » (Gay III, 630). Le poème illustre les vagabondages de “Parapilla”, une tige qui se métamorphosa grâce à l'intervention de l'archange Gabriel en un instrument de jouissance. Ces errances libertines se terminent par l'apothéose de la plante magique: «Le beau Phénix, transporté dans les Cieux, Devint le page & l'amant des Cometes.»Un ouvrage renié et banni. Alors que Charles Borde n'a jamais avoué être l'auteur de Parapilla, il en distribua lui-même des exemplaires; cet ouvrage lui est donc généralement attribué, même si d'autres comme Mirabeau l'ont revendiqué. Le texte a été réimprimé, en 1778, dans un recueil de pièces libres intitulé Le plus joli des recueils. Parapilla fut retiré par ordre à la vente Auvillain, en 1865, et sa réimpression condamnée sous le Second Empire. Etrennes aux amateurs ne mentionne aucune date de parution mais a dû être édité avant le 19 mai 1815, date de sa condamnation par un arrêt de la cour royale de Paris. Bel exemplaire de ce rare erotica provenant de la prestigieuse bibliothèque Charles Hayoit avec ex libris.
Dans ces deux œuvres, Perrault propose une double parabole de sa réflexion sur l’ordre du monde: d’une part sous forme spirituelle avec «Adam» et de l’autre, sous la forme apparemment naïve d’«Histoire ou Contes du Temps passé». Paris, Jean Baptiste Coignard, 1697. In-12 de (5) ff., 93 pp. et (1) p. de privilège, vignette de Coypel gravée par Simonneau en tête de chaque chant, notes manuscrites dans la marge inf. des pp. 2, 4, 5, 8. Plein veau brun granité, dos à nerfs richement orné, pièces de titre de maroquin rouge, coupes décorées, tranches mouchetées. Reliure de l’époque. 162 x 97 mm.
Edition originale la plus rare de Charles Perrault (1628-1703) parue en 1697, simultanément avec les Histoires ou Contes du temps passé et leur faisant pendant. Tchemerzine, V, 177; Conlon, Prélude, 8322. «Edition originale, très rare, de ce poème orné d’une vignette en-tête gravée par C. Simonneau d’après Coypel». (Debacker, 971). Au fil de la querelle des Anciens et des Modernes paraissent les quatre volumes des Parallèles des Anciens et des Modernes (1688 à 1697), où Perrault livre la somme théorique de ses positions en même temps qu’il propose une double parabole de sa réflexion sur l’ordre du monde: d’une part, sous forme spirituelle avec Adam ou la Création de l’homme, sa chute et sa réparation… (1697), et de l’autre sous la forme apparemment naïve des Contes ou Histoires du temps passé (1697). En bon courtisan et sachant l’intérêt que le roi portait aux écrivains de son règne, Perrault y exaltait la supériorité des auteurs modernes sur leurs devanciers. Boileau, Racine et quelques autres gens de lettres d’une solide culture, agacés par cet encens prodigué au souverain et par la faveur et les multiples charges, honorifiques et lucratives, dont bénéficiait Perrault, protestèrent avec ironie ou violence. La «querelle des Anciens et des Modernes» était ouverte, qui devait durer trois longues années. Cette lutte, qui passionna l’opinion, occasionna des discussions, des débats publics et des brouilles innombrables, fut marquée par une floraison d’ouvrages. Perrault débuta par quatre volumes intitulés Parallèle des Anciens et des Modernes, dans lesquels Boileau s’indigna, à juste titre, de voir Quinault mis au-dessus de Racine et le peintre Lebrun au-dessus de Raphaël. Ces contes font de Charles Perrault le créateur d’un genre littéraire, inconnu avant lui. Ecrits pour des enfants, ces récits ont charmé les contemporains et bientôt pris rang de chef-d’œuvre. Est-ce par l’originalité des sujets traités? Nullement! Ces récits, en qui de savants auteurs ont cru voir un reflet des contes d’Orient, comme ils ont rapproché les fées des péris, étaient déjà connus et répétés avec mille variantes par les nourrices à leurs marmots. «Qu’est-ce que ma Mère L’Oye, a écrit Anatole France, sinon notre aïeule à tous, et les aïeules de nos aïeules, femmes au cœur simple, aux bras noueux qui firent leur tâche quotidienne avec une humble grandeur et qui, desséchées par l’âge, n’ayant comme les cigales ni chair ni sang, devisaient encore au coin de l’âtre, sous la poutre enfumée et tenaient à tous les marmots de la maisonnée ces longs discours qui leur faisaient voir mille choses?» Ces «longs discours», d’autres, avant Perrault, avaient en vain tenté de les fixer. Notre grand conteur y a réussi. Il leur a donné leur forme concise, classique, définitive, celle d’une œuvre d’art. Une scène de la rue, un mur blanc, un morceau de charbon sont, depuis la plus haute Antiquité, les éléments de tous les graffiti, mais qu’un Callot ou qu’un Forain saisisse le charbon et l’œuvre d’art surgit! Quand La Fontaine avait écrit ces vers prophétiques: Si Peau-d’Ane m’était conté, J’y prendrais un plaisir extrême. Le monde est vieux, dit-on: je le crois; Cependant, Il le faut amuser encor comme un enfant! il y mettait une nuance d’ironie. Il marquait nettement que le conte n’était pas encore entré dans notre littérature. Il n’aurait plus osé écrire ces vers après Perrault, car on vit surgir alors une floraison, presque soudaine, de contes dus, non plus à des nourrices, mais à la fine fleur des dames de la cour et de la ville. Perrault est le chef d’école dont, deux siècles plus tard, Meilhac et Halévy (Barbe-bleue), Théodore de Banville (Riquet à la houppe), Armand Silvestre (Grisélidis) et d’autres s’inspireront pour en tirer des spectacles en prose ou en vers. En l’année 1697, Charles Perrault (1625-1703) livre ses deux plus rares éditions originales: Adam et Histoires ou Contes du temps passé. Dans ces deux œuvres, Perrault propose une double parabole de sa réflexion sur l’ordre du monde: d’une part sous forme spirituelle avec «Adam» et de l’autre, sous la forme apparemment naïve d’Histoire ou Contes du Temps passé. Superbe exemplaire à grandes marges conservé dans sa pure reliure de l’époque.
Édition originale absolument rarissime de « La Marquise de Salusses, ou la patience de Grisélidis » de Charles Perrault, conservée dans sa reliure de l’époque. Paris, chez la Veuve de Jean-Baptiste Coignard et Jean-Baptiste Coignard Fils, 1691. In-12 de (6) ff., 324 pp., (1) f.bl. Petit trou de vers dans la marge blanche des 5 premiers feuillets, sans la première garde blanche. Relié en plein veau brun de l’époque anciennement restauré, dos à nerfs orné de fleurons dorés, tranches mouchetées. Mors et dos frottés. Reliure de l’époque. 166 x 91 mm.
Édition originale absolument rarissime de ce conte de Charles Perrault parue quelques semaines avant la première édition séparée. Il s’agit ici de l’édition originale avec le titre à l’adresse de la veuve et du fils de J.B. Coignard. Certains exemplaires de cette édition originale portent l’adresse de J.B. Coignard, d’autres celle de sa veuve et de son fils. J.B. Coignard est décédé en 1688 et certains des livres imprimés sur les presses familiales en 1690 portent l’adresse de sa veuve. Mais de nombreux livres sont encore imprimés avec l’adresse de J.B. Coignard jusqu’en 1697. Ainsi, la première édition séparée de La Marquise de Salusses, qui paraît à la fin de 1691, est encore imprimée avec l’adresse de J.B. Coignard. Il est donc extrêmement difficile de savoir lequel des deux feuillets de titre, celui avec l’adresse de l’imprimeur ou celui avec l’adresse de sa veuve et de son fils, fut imprimé avant l’autre. Il est probable que quelques exemplaires de l’édition originale aient été remis dans le commerce à la fin de l’année 1691 avec un titre de relais. Mais donner l’antériorité à l’un ou l’autre feuillet de titre semble difficile. Le 25 aout 1691, l’abbé de Lavau lit à l’Académie Française ‘La Marquise de Salusses ou la patience de Grisélidis’, qui est accueillie avec beaucoup d’applaudissements. La nouvelle en vers de Charles Perrault paraît peu après dans le ‘Recueil’ de l’Académie pour 1691, où figure également ‘A Monsieur ** en luy envoyant la Marquise de Salusses’, ainsi que différents textes de lui. Elle sera aussi, toujours en 1691, publiée séparément chez Jean-Baptiste Coignard. Seule l’édition séparée qui paraît quelques semaines plus tard est décrite par Tchemerzine et déjà qualifiée par lui de « rarissime » (V, 172). Seuls Gumuchian (n°4472), Stoerer et Tannery (n°402) décrivent la présente édition (à l’adresse de J.B. Coignard). « Il est probable que cette nouvelle soit ici en édition originale » écrit Tannery. La lecture du volume, « achevé d’imprimer le 22 septembre 1691 », soit moins d’un mois après la première lecture du texte, ne laisse aucun doute. Dans le passage intitulé « A Monsieur ** en luy envoyant la Marquise de Salusses », page 195, le conteur écrit « Si je m’estais rendu à tous les differents avis qui m’ont esté donnez sur l’Ouvrage que je vous envoye, il n’y seroit rien demeuré que le conte tout sec & tout uni, & en ce cas j’aurois mieux fait de n’y pas toucher & de le laisser dans son papier bleu où il est depuis tant d’années…Ensuite de cette conférence j’ay pris le parti de laisser mon Ouvrage tel à peu près qu’il a esté lu dans l’Académie… J’apprendray du public ce que j’en dois croire et suivray exactement tous ses avis, s’il m’arrive jamais de faire une seconde édition de cet ouvrage ». Cette seconde édition est décrite par Tchemerzine comme originale puisqu’il ignore l’existence de la nôtre. Le récit puise sa source dans le Décaméron de Boccace. A nouveau publiée en 1694, la nouvelle est alors suivie de deux autres contes également en vers, Peau d’Ane et Les Souhaits ridicules dont ce sont les éditions originales. Précieux exemplaire à grandes marges conservé dans sa reliure en plein veau de l’époque.
« Un ouvrage fort utile pour ceux qui s’intéressent à la littérature du XVIIe siècle». Séduisant exemplaire conservé dans sa première reliure en vélin souple de l’époque. Amsterdam, Henry et Theodore Boom, 1672. In-12 de (4) ff. dont 1 frontispice gravé et 472 pp. Plein vélin souple, dos lisse. Reliure de l’époque. 132 x 73 mm.
Séduisant exemplaire conservé dans sa première reliure en vélin souple de l’époque. Première édition imprimée à l’étranger, revue et corrigée, de ce traité de Charles Sorel, de nouveau réimprimé en 1974 puis en 1981. Barbier, Anonymes, I, 692 ; Brunet, V, 458; Willems 1866.L’édition originale avait paru l’année précédente à Paris, également en 1 volume in-12.« Ce traité ‘De la Connoissance des bons livres’, Paris, 1671, ou Amsterdam, 1672, in-12, contient quelques particularités qui le font encore rechercher » (Brunet).« Les connaissances bibliographiques de Charles Sorel lui permirent d’écrire deux ouvrages fort utiles pour ceux qui s’intéressent à la littérature du XVIIe siècle : ‘La Bibliothèque française’ en 1664, puis ‘De la connaissance des bons livres’ en 1671. Il y dresse un panorama de la littérature française et livre ses propres analyses. » « Ni son siècle ni même la postérité n’ont mis en sa vraie place ce romancier, critique, érudit, historien français. Et ce pour plusieurs raisons dont la plus évidente est que Sorel n’a jamais signé ses œuvres » (Jacques Brosse).Le volume contient quatre parties : De la connoissance des bons livres de nostre langue – De l’histoire & des romans – De la poësie Françoise, & des comédies – De la manière de bien parler, & de bien écrire en nostre langue. Du bon stile, & de l’éloquence ; et du nouveau langage Français.« Son dernier ouvrage, ‘De la connaissance des bons livres’ (1672), constitue en quelque sorte ‘l’art poétique’ de Sorel : ouvrage particulièrement intéressant car, en établissant la supériorité de la narration historique sur la fiction poétique, Sorel s’oppose à toute la tradition critique, d’inspiration aristotélicienne, qui dominait en Europe depuis un siècle, et qui a fourni les principes de l’esthétique classique. [...] on y peut pêcher bien des passages intéressants et originaux, et ses réflexions en marge sont d’une grande importante pour qui veut connaître la vie intellectuelle de la première moitié du siècle. » Jacques Brosse.En outre, une récente thèse sur Molière publiée par la Sorbonne relie 5 œuvres pour « La valorisation du naturel et la défense des peintures ‘d’après nature’ en littérature » :La Clélie (1656-1660) de Scudéry,Les Nouvelles Nouvelles de Donneau de Visé, qui attribuent précisément le succès de la Clélie au fait d’avoir su « parler des choses du temps »,Un discours de Guez de Balzac, Du caractère et de l’instruction de la comédie,La préface du Roman comique (1666) de Furetière,Le traité De la connaissance des bons livres (1671) de Sorel. Provenance: ex libris manuscrit sur le titre daté de 1771.
Précieux exemplaire, l’un des rares contenant la pièce en vers de 9 feuillets d’Etienne Pasquier. Paris, Denis du Pré, 1572.In-4 de 53 ff., (1), 9 gravures à pleine page dans le texte et une gravure dépliante hors texte ; 10 ff., 26, (2) ff. dont 1 bl., 9, (2) ff.bl., 6 gravures à pleine page dans le texte. Ex libris manuscrit sur le titre. Relié en plein veau brun granité, filet à froid encadrant les plats, dos à nerfs orné, coupes décorées, tranches mouchetées. Restaurations anciennes au dos. Reliure du début du XVIIIe siècle. 235 x 157 mm.
Édition originale de l’une des plus belles entrées de la Renaissance française contenant plusieurs dizaines de pièces de Ronsard, Antoine de Baïf, Amadis Jamyn, Jean Dorat, Du Faur de Pibrac, Pasquier,... en édition originale. Mortimer, French, 205-206 ; Rahir, Dutuit, 676 ; Picot, Rothschild, 3117 ; Brunet, II, 1001; Pichon, 4897; Fairfax Murray, French, 152. Un des beaux livres de fêtes français du XVIe siècle relatant le couronnement de la reine Elisabeth d’Autriche, épouse de Charles IX et fille de l’Empereur Maximilien II, qui avait eu lieu à l’abbaye de Saint-Denis, ainsi que l’entrée des souverains dans la capitale. L’ouvrage est dû à l’échevin parisien Simon Bouquet que ses collègues de l’Hôtel de Ville avaient chargé d’ordonner la fête et de diriger l’agencement des décors ; celui-ci en avait confié la mise en scène à Ronsard et à Dorat qui en fixèrent le thème : l’heureuse rencontre de la France et de la Germanie. Ce sont ces deux poètes qui firent appel à Germain Pilon pour les sculptures, à Le Conte pour les travaux de charpenterie, et pour les perspectives et les peintures à Pierre d’Angers et à Nicolo dell’Abbate, le célèbre émule du Primatice à Fontainebleau. L’édition comporte 16 planches sur bois à pleine page dont une dépliante, dues au tailleur et graveur en pierres précieuses Olivier Codoré, nom abrégé, selon Mariette, du valet de chambre et graveur en pierres fines du futur Henri IV, surnommé Coldoré à cause de l’abondance de colliers qu’il exhibait volontiers. L’illustration figure les architectures éphémères, arcs triomphaux, berceaux de lierre et de feuillage, fontaines,... dressés sur le chemin du cortège royal. Elle présente l’intérêt d’être, elle-même, « à transformations ». Ces cérémonies avaient été retardées pendant une dizaine d’années, Charles IX ne pouvant faire son entrée solennelle dans la capitale que grâce à la récente conclusion de la paix de Saint-Germain, le 11 août 1570, qui mettait un terme provisoire à une décennie de guerres de religion. « L’entrée du roi est ornée de 10 figures dont 9 mesurent 200 x 140 ; la dizième, plus grande (208 x 212) représente la perspective de la peinture dressée place du Chatelet. Ces bois offrent des similitudes avec ceux de l’Entrée de Henri II. L’Entrée de la reine est ornée de 6 bois formés chacun de deux parties : la partie inférieure est la reproduction exacte de la figure correspondantes de l’entrée du roi ; la partie supérieure seule a été regravée, avec des sujets différents. La reine ayant fait son entrée 23 jours après celle du roi, on avait dû conserver les mêmes décors et remplacer les allégories et inscriptions par d’autres mieux appropriées. Toute cette décoration serait de Codoré ainsi que le laisse entendre le privilège. Selon Mariette, Codoré serait le surnom de Fontenay, graveur en pierres fines de Henri IV. » (Brun, Le Livre français illustré de la Renaissance, p. 181). Le volume comporte une remarque de premier tirage : le mot « vouloir » au f.34 v° n’a pas été ajouté à la ligne 7. Brunet (II, 1001) mentionne « A quelques exemplaires la page ‘Simon Bouquet’ est suivie d’une pièce en vers signée E. Pasquier Parisien intitulée ‘Au Roy Congratulation de la paix faicte par sa Majesté entre ses sujets l’onzieme jour d’Aoust 1570’, 9 feuillets » Notre exemplaire est l’un des très rares à posséder cette pièce en vers de Pasquier. La reine étant souffrante, une autre fête fut organisée en son honneur trois semaines plus tard. Les mêmes architectures éphémères furent employées mais on les décora de nouvelles figures allégoriques. Précieux exemplaire grand de marges et non lavé, conservé dans sa reliure du XVIIIe siècle. Les exemplaires en reliure ancienne sont rares, la plupart ayant été reliés à nouveau - et lavés par la même occasion – à la fin du XIXe siècle.
1779 Neuchâtel: De l'imprimerie de Samuel Fauche, 1779-1783. Complet en 8 vol. in-4: 19.5 x 25 cm. I/ 1 front., xxxi-[1] pp., 1 tab. dép., 574 pp., 1 f. d'errata + 14 pl. dép.; II/ 2 ff., ii-524-[1] pp. + 33 pl. dép., 1 tab. dép.; III/ xvi-579-[1]-iii pp.; IV/ 2 ff., XX-366-2 pp., 2 ff., 502 pp., 1 f. d'errata.; V/ 2 ff., IV-394-[2]-2 pp. + 8 pl. dép., 2 ff., 412 pp., VI/ 4 ff., xxiv-427-[1] pp; VII/ 2 ff., viii-698 pp.; VIII/ 2 ff., x-xiv-509 pp. Edition originale collective in-4 parue du vivant de l'auteur et avec sa collaboration en même temps que l'éd. en 18 vol. in-8. Edition bien complète en 8 vol., les vol. 4 et 5 étant doubles. Collection illustrées d'un total de 55 pl. grav. dépliantes traitant d'histoire naturelle, d'un portrait de l'auteur gravé en frontispice, de bandeaux historiés gravés par Brandt, notamment 1 bandeau gravé représentant la demeure de l'auteur à Genthod en tête de la première partie des "Observations sur le Pucerons". Faisant référence au contenu, les vignettes de titre sont différentes dans chaque volume. Nombreuses tables comprises dans la pagination à l'exception d'un grand tableau dép. au vol. II. Reliures de l'époque en basane imitant le veau marbré. Dos à cinq nerfs. Pièces de titre en maroquin rouge, pièces de tomaison en maroquin vert, caissons ornés aux petits fers. Deux filets dorés sur les coupes. Gardes recouvertes de papier marbré. Tranches rouges. Traces d'usage aux reliures. Manque à la coiffe du 1er vol. Rares rousseurs. Collection en bon état général.
Contenu. I: Traité d'Insectologie ou Observations sur les Pucerons (4 pl.). Observation diverses sur les insectes (10 pl.). II: Mémoires d'histoire naturelle (2 pl., 1 tab.). Recherche sur l'usage des feuilles dans les plantes (31/32 pl. annoncées. manque pl. IX). III: Considérations sur les corps organisés. IV: Contemplation de la nature (en 2 parties). V: Ecrits d'histoire naturelle (8 pl.) (en 2 parties, dont plusieurs "Mémoires" sur la Salamandre). VI: Essai analytique sur les facultés de l'âme. VII: La Palingénésie philosophique. VIII: Essai de psychologie et écrits divers. Devenu célèbre à lâge de vingt ans avec sa découverte de la parthénogenèse des pucerons, Charles Bonnet (1720-1793) a construit une uvre importante dans le domaine de la biologie et de la botanique avant de se tourner vers la psychologie et la philosophie. On le considère aisément aujourd'hui comme le père de la biologie moderne. Fruit de la collaboration de l'auteur et de l'imprimeur Samuel Fauche, ces "uvres d'histoire naturelle" constituent une des grandes entreprises déditions réalisées à Neuchâtel au 18e siècle (Schlup, "Samuel Fauche imprimeur de Charles Bonnet", 2010.) (Brunet, I, 1103) (Hoefer, Zoologie, 1873: 295-302).
[Berthold Mann.] - Dickens, Charles.
Reference : LCI-1947
(1941)
ISBN : Berthold Mann.
Marseille, Club du Livre 1941-1946 3 in-4 Broché couverture rempliée 374 [p.p]358 [pp]363 [pp] Le chef-d'œuvre comique de Dickens qui lança sa carrière. Suivez les pérégrinations de Samuel Pickwick et de ses compagnons à travers l'Angleterre victorienne. Entre quiproquos savoureux, critiques sociales acerbes et portraits de personnages inoubliables (comme le fidèle Sam Weller), cette œuvre est un hymne à l'amitié et à l'observation des travers humains.Dickens possède cette capacité unique d'hyper-focalisation sur le détail social. Il ne se contente pas de raconter, il crée un système de personnages interconnectés où chaque tic de langage, chaque costume est un code. Pour un lecteur sensible aux structures, l'univers de Pickwick est un labyrinthe de signes parfaitement ordonné derrière son apparente fantaisie.Sur le plan de l'émancipation, Pickwick est une œuvre qui réhabilite la dignité des "petites gens" et dénonce l'absurdité du système judiciaire et carcéral (notamment la prison pour dettes). Dickens utilise l'humour comme un levier de développement de la conscience sociale, prouvant que la comédie est parfois l'outil le plus puissant pour transformer le regard sur les exclus.
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1943 Lausanne, André Gonin, 1943. En feuilles : 18,5x26 cm. Ouvrage orné de 20 lithographies originales de René Auberjonois. EDITION ORIGINALE tirée à 219 exemplaires, plus 20 hors-commerce pour les collaborateurs. Exemplaire H.C. pour les collaborateurs numéro XII, "Imprimé pour Monsieur Charles-Albert Cingria", signé : André Gonin, R. Auberjonois et C. A. Cingria. Couverture rempliée. Chemise-étui en demi-parchemin. Etat: comme neuf.
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1926 Paris Piazza 1926 1 in 8 carré Reliure Demi-Chagrin Vert à nerfs et à bandes, fleuronné, dos insolé 162 [pp] Justification du tirage : Exemplaire 241 / 250 sur papier Japon. Couvertures conservées
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MENESTRIER, Claude-François (1631-1705) / SILVESTRE, Charles-François (1667-1738)
Reference : 9326
(1696)
1696 A Lyon, chez Thomas Amaulry, ruë Mercière, au Mercure Galant, 1696. Un volume in-12° de [10]+298+[26] pages, titre en noir et rouge, frontispice et très nombreuses planches héraldiques gravées. (Relié avec) Méthode courte et facile servant dintelligence à la carte du jeu de blazon, pour apprendre en peu de temps & en joüant, tout ce qui regarde cette science. Par le sieur Silvestre. A Paris, s. n. e., [de limprimerie de J. Bapt. Delespine], 1702, in-12° de 65+[1]. Reliure de lépoque en pleine basane marron, dos à nerfs orné, tranches mouchetées de rouge. Petite fissure en tête de la charnière supérieure, plats légèrement frottés. Ex-libris héraldique gravé (entre 1780 et 1819) au premier contreplat, ayant appartenu à Jean-François-Paul Grand (Paris, 1752 Lausanne, 1829), banquier à Paris (Grand & Cie), associé de son père dès 1775, administrateur de la Caisse dEscompte de 1784 à 1790, acquéreur du domaine de Valency à Lausanne en 1794. Il réunit dans la maison, toujours existante, une «importante bibliothèque», que Charles Morton put encore examiner vers 1930 chez ses descendants (Charles Morton: Anciens ex-libris héraldiques vaudois, no 87). Un grand classique des manuels héraldiques, en très bel état.
Très bon
1649 S. l., s. n. e., 1649. Un volume in-8° (210 x 132 mm) de 3 feuillets+[6]+263+[1bl] pages, bien complet du grand portrait frontispice de Charles Ier gravé au premier feuillet, du bois gravé aux armes dAngleterre au second feuillet, et de la grand planche gravée dépliante allégorique de William Marshall au troisième feuillet; exemplaire entièrement réglé en rouge carmin. Superbe reliure de lépoque en maroquin rouge, plats ornés de doubles compartiments dorés avec des fleurons au centre et aux angles du compartiment interne, dos lisse orné, roulettes dorées sur les coupes, tranches dorées. Ex-libris manuscrit au dessus des armes dAngleterre au second feuillet: «Lettice Morris, of the guift of Mr Thomas Poney, 1649», repris sur la page de titre: «Lettice Morris». Eikon Basilike, limage ou le portrait royal, est aujourdhui généralement considérée comme étant luvre du Dr John Gauden, évêque dExeter, puis de Worcester, qui utilisa des écrits rédigés par Charles Ier durant sa détention pour justifier sa politique. Dun roi inculpé dabus de pouvoir et de trahison, on fit un roi martyr, dont les souffrances sassimilaient à celles du Christ et qui devint rapidement lobjet dune sorte de culte, tout empreint de culpabilité : «They Suffirings [sic!] and thy Death let no man name, / It was thy Glory, but the Kingdomes Shame». La première édition de notre ouvrage fut publiée le 9 février 1649, soit dix jours après la décapitation du roi, et cest plusieurs dizaines déditions qui suivirent immédiatement, certaines datées de 1648, et la plupart de 1649, parfois antidatées.
1888 Paris Librairie Ch. Delagrave 1888 1 in -8 Plein chagrin marron, dos orné avec veine 188 [pp] Récit romancé de la vie de Jacques Coeur, grand marchand français du XV° siècle, par l'écrivan et dramaturge Charles Deslys
Bon état, quelques rousseurs, jaunissement Frais de port inclus vers France métropole au tarif normal, délai d'acheminement sous 72h, pour les commandes > à 80 euros et poids < 1kg. Disponibilité sous réserve de vente en Boutique. Disponibilité sous réserve de vente en boutique, prix valable frais de port inclus pour commande > 90 € et poids < 1 Kg
1892 London Murray, John 1892 1 In 12 Couverture percaline verte 432[pp] Cartonnage Editeur;
. Etat de conservation très bon , Intérieur frais , charnière , talon légèrement marqués. Frais de port inclus vers France métropole au tarif normal, délai d'acheminement sous 72h, pour les commandes > à 80 euros et poids < 1kg. Disponibilité sous réserve de vente en Boutique. Disponibilité sous réserve de vente en boutique, prix valable frais de port inclus pour commande > 90 € et poids < 1 Kg
LUCAS (Charles) - Recueil provenant de la bibliothèque personnelle de Charles Lucas
Reference : 37107
Ensemble de 62 pièces reliées en 4 volumes in-8°, 3 de demi-chagrin vert, dos à nerfs et un de demi-maroquin vert, dos lisse orné d'un décor romantique doré (reliures de lépoque).
Précieux recueil de 62 pièces (dont 15 en double), composé en partie de ses propres uvres, constitué par Charles Lucas pour sa bibliothèque personnelle. Chaque volume est précédé d'un index de sa main.Charles Lucas (1803-1899) est l'homme "qui, sans conteste, pendant le XIXe siècle, a le mieux incarné les ambitions et les ambiguïtés de la réforme pénitentiaire (...) et a fondé la Science des prisons" (J.G. Petit).Il personnifia le libéralisme pénal de la Restauration, jetant les bases d'un système pénitentiaire qui récusait l'emprisonnement perpétuel. Guizot le nomma inspecteur des prisons dès le changement de régime, en 1830. Il demeura trente-cinq ans à ce poste.À partir de 1830, l'engouement pour l'amélioration du système pénitentiaire suscita des centaines d'ouvrages. Charles Lucas se constitua une très riche bibliothèque spécialisée, augmentée des nombreuses brochures que l'inspecteur général des prisons recevait. On trouve ici une importante réunion de 21 plaquettes traitant de la colonie agricole du Val d'Yèvre qu'il avait fondée, en 1841, pour recevoir des jeunes délinquants. Après avoir acheté 140 ha de marais au Val dYèvre près de Bourges, Charles Lucas soumit son projet au ministère de lIntérieur qui ne le retint pas. En 1846, il décida de se lancer personnellement dans "laventure". La construction coûta 450.000 francs et lEtat alloua 80 centimes par jour et par colon qui furent transférés de la prison de Fontevraud dès 1847 : 100 en 1850 puis 400 en 1860. En 1865, Charles Lucas devenu aveugle fut remplacé par son fils docteur en droit. En 1872, la colonie fut louée, puis acquise par lEtat et "nationalisée". La loi de 1912 sur les tribunaux pour enfants entraîna une réduction progressive des effectifs jusquen 1924 pour le Val dYèvre ferma définitivement.
Phone number : 33 01 47 07 40 60
In Parigi: P. Lassan, 1795. Complet en 4 vol. grand in-8: 15 x 23.5 cm. I/ 1 front., lxxix pp. de titre, Vita di Lodovico ariosto par Giovanni Andrea Barotti et des Avvertimenti di Geronimo Ruscelli, 360 pp. de texte des Chants I à XII + 24 pl. grav. II/ 452 pp. de titre et texte des Chants XIII à XXIII + 22 pl. Grav.; III/ 448 pp. de titre et texte des Chants XXIV à XXXV + 24 pl. Grav. IV/ 452 pp. de titre, titre des Chants XXXVI à XLVI et Tables de noms + 22 pl. grav. Belle édition parisienne de ce Roland furieux en italien richement illustrée dun portrait de lArioste par Titien gravé en frontispice par Fiquet daprès Eisen et de 92 figures hors-texte par Cipriani, Cochin, Greuze, Eisen, Monnet, Moreau le Jeune et gravées par Ponce, Bartolozzi, Choffard, de Launay, A. J. Duclos, Lingée, De Ghendt, Martini, J. B. Moreau, Prevost et Henriquez. Il sagit dune nouvelle édition de lOrlando Furioso édité par Baskerville (1773) comprenant le portrait par Eisen ainsi que les 46 figures prévues pour cette édition à laquelle on a ajouté la suite de 46 figures de Charles-Nicolas Cochin gravées par De Launay, Lingé et Ponce pour lédition parisienne chez Brunet (1775-1783). (Cohen, 95-98).Très belles reliures de lépoque en basane mouchetée. Dos lisses avec pièces de titre en maroquin rouge et pièces de tomaison, également en maroquin rouge, en forme de losange, caissons ornés de filets, dentelles et fleurons dorés. Discrètes dentelles en encadrement des plats. Gardes et tranches marbrées. Ex-libris: «M. De Charnières / Officier de Marine» (Charles de Charnières, officier de marine, démissionnaire en 1792, maire deSaumuren 1828). Ex-libris: André Gutzwiller. Rares rousseurs. Bel ensemble. Décoratif et désirable pour sa double suite de gravures.
1866 1866 Paris Achille Faure Libraire-Editeur 1866 1 in-12 Reliure dos lisse demi-percaline bleue, pièce de titre 290[pp] Avec Lettres inédites et Fac-similé (M. de Jouy, Frédéric Soulié, Lassailly, Chateaubriand, Mme de Récamier, Edouard Ourliac, Anténor Joly, Gérard de Nerval, Henry Murger, Jean Journet, André de Goy)
Edition Originale Bon, quelques pages un peu roussies mais exemplaire agréable et solide. Frais de port inclus vers France métropole au tarif normal, délai d'acheminement sous 72h, pour les commandes > à 80 euros et poids < 1kg. Disponibilité sous réserve de vente en Boutique. Frais de port inclus vers France métropole au tarif normal, délai d'acheminement sous 72h, pour les commandes > à 80 euros et poids < 1kg. Disponibilité sous réserve de vente en Boutique. Disponibilité sous réserve de vente en boutique, prix valable frais de port inclus pour commande > 90 € et poids < 1 Kg
1784 Paris: Cailleau, 1784. Complet en 2 vol. gr. in-8: 15 x 22 cm. I/ 1 front., 1 f., lxxii-184 pp., vii pp., pp. 187-344, 1 f. de tables chiff. 349-350, 1 f. d'errata, + 3 pl. grav.; II/ 2 ff., 493-[4] pp. + [8] pl. grav. Réimpression de l'édition de Ballard et Le Jay de 1779 (Quérard, II, 242). Illustré d'un portrait de Colardeau d'après Voiriot et de 11 figures hors-texte par Monnet gravées par Legrand, Mathieu, Baquoy, De Launay, Masquelier, Massard, Née et Ponce (Cohen: 246). Reliures de l'époque en veau marbré. Dos lisses avec pièces de titre et de tomaison lavallières, caissons ornés de lyres et de trophées dorés. Plats encadrés de trois filets dorés. Gardes recouvertes de papier bleu. Travail de vers à un mors de queue du deuxième tome. Rares rousseurs. Volumes en très bon état général et de belle présentation.
Contenu: I: [Vie de M. Colardeau [par Pierre Jabineau de la Voûte]. Éloge de M. Colardeau par M. de la Harpe. Réponse de M. Marmontel. Épitre de M. Dorat. Astarbé, tradégie (1758). Caliste, tragédie (1760). Les perfidies à la mode ou la Jolie femme, comédie en cinq actes et en vers.] II: [Lettre d'Heloïse a Abailard. Armide a Renaud, Héroide. Le Patriotisme. Épitre a Minette. Ode sur la poésie comparée à la philosophie (1762). Première nuit d'Young, traduite en vers françois. Seconde nuit d'Young. Le temple de Gnide. Épitre à M. Duhamel de Denainvilliers (1774). Les Hommes de Prométhée, poëme (1774). Pièce Fugitives.] Les meilleurs écrits de Charles-Pierre Colardeau (1732-1776) sont certainement l'Epitre à M. Duhamel, les Hommes de Prométhée et l'imitation de la Lettres d'Héloïse à Abailard de Pope. En 1776, il est choisi par l'Académie pour remplacer St-Aignan, mais une hydropisie de poitrine l'enleva alors qu'il travaillait encore à son discours de réception. (Michaud, 1854: t. VIII, 548-549)
RICHARDOT, Jean / SILLERY, Nicolas Brulart (marquis de) / BELLIÈVRE, Pompone de / DE SERCY, Charles (éd.)
Reference : 4783
(1667)
1667 Paris, Charles de Sercy, 1667. Complet en 2 vol. in-12 reliés: 9.5 x 16 cm, [17]ff.-487p., [12]ff.-595p. Seconde édition après celle de 1660. Reliures en plein veau moucheté, dos à 5 nerfs richement ornés. Pièces de titre de maroquin havane. Roulette dorée sur les coupes. Tranches rouges. Frontispice gravé du vol. 1 avec Henri IV. Les deux tomes portent le nom de "de Laboureys de Puygrenier". Un petit manque à l'une des coiffes et une garde décollée mais présente, sinon bon exemplaire, papier très frais. Envoi de photographies sur demande.
1943 Lausanne: André Gonin, 1943. En feuilles sous chemise et étui: 18,5 x 26 cm, 124-[4] pp. Édition originale du texte de Cingria illustré de 20 lithographies originales de René Auberjonois imprimées en noir. Tirage limité à 239 exemplaires signés par l'artiste, l'auteur et l'éditeur. Celui-ci, un exemplaire sur vélin à la forme, spécialement imprimé pour lauteur, Charles-Albert Cingria, parmi les 20 hors commerce (H.C. XII). Chemise en demi-parchemin, dos lisse avec titre en noir, étui assorti. Étui très légèrement frotté. Intérieur en excellent état.
Gourdon, "Charles-Albert Cingria", Paris, Bnf, 1984: no. 136
1927 Paris, Editions de l'Ibis, 1927. Complet en 2 vol. in-4 brochés: 25 x 33 cm, [6]-VIII-311-[1] p. + [5]-IV-344-[1] p. Édition originale tirée à 400 exemplaires. Un des exemplaires sur pur fil Lafuma-Navarre (tirage justifié par un portrait de profil en rouge). Ouvrage richement illustré, dans le texte et à pleine page, en noir et en couleurs, colorié au pochoir. Couvertures entièrement illustrées. Dos fragilisés, manques aux coiffes, intérieurs frais, bel ensemble.