1807 Parigi, della tipografia de P. Didot maggiore, 1807; in-12°, plein cartonnage vert tendre de l'époque, dos lisse, filets dorés, titre doré sur étiquette de maroquin rouge; xxii, 235pp.; (2), 143pp.
Les 145 dernières pages renferment en français: Notes grammaticales et philologiques sur les lettres du cardinal Bentivoglio, par G. Biagioli (avec une nouvelle page de titre à la date de 1807). Bon exemplaire non rogné, dos légèrement jauni.(GrG)
Amsterdam, s.n., 1718. 3 vol. in-12, [4]-XVIII-427 pp. + [2]-426 pp. + [2]-408 pp., veau moucheté havane, filet à froid en encadrement sur les plats, dos à nerfs orné de caissons dorés, pièces de titre et de tomaison rouges, tranches mouchetées (minuscules manques et épidermures,
Édition contrefaite parue l'année suivant l'originale publiée à Nancy en 1717. Rédigés entre 1675 et 1677, ces Mémoires relatent principalement la Fronde dans laquelle le cardinal fut largement impliqué. Ex-libris manuscrit Mr de Grandmaison, maistre des comptes, ex-libris à la mine de plomb Paul [Illisible]. Peu commun. * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
Paris, chez Pillet, 1815. 2 vol. in-8, XXXI-455 pp. 1 pl. + 406 pp. 1 pl. dépliante, demi-basane brune, dos long orné de filets et fleurons dorés, pièce de titre rouge, tranches jaunies (petites épidermures, quelques rousseurs et taches éparses).
Édition originale de ces mémoires apocryphes du cardinal Dubois ornée de son portrait en frontispice gravé par Landon d'après Hyacinthe Rigaud et comportant, sur une planche dépliante reliée en fin du second volume, son emploi du temps. Ex-libris héraldique des Harcourt, de la bibliothèque du château de St Eusoge, propriété de la famille. * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
1880 Adresse datée de 4 lignes autograhes signées L. l. Bonaparte: " Pour la vénérée Mme la Baronne, par l'entremise de Mme la générale sa si digne soeur." Avec au bas de l'enveloppe " Cardinal Bonaparte à Rome Palais Gabrielli Xbre 1880 ".
Nous n'avons pas le contenu de l'envelopppe. Provenance ( Fonds Famille du général Galbois). (GrMCl2)
1752 Bourges, chez la veuve de Jacques Boyer, 1752; fort in-12° de (2) ff. - XI - 560pp.; plein veau brun granité, dos lisse, filets et petits fers dorés, titre doré, tranches mouchetées de rouge. Texte sur 2 colonnes, latin en regard du français. Ex-libris manuscrit au titre " Thérèse Zévort à Bourges".
Travail d'insecte à l'intérieur du 1er plat à l'angle inférieur, coupes frottées avec petits manques de cuir aux coins inférieurs, épidermure à la coiffe supérieure, le titre frotté a pratiquement disparu du dos. Exemplaire très correct. ( CO1/CH1)
Paris, Guillaume Morel, 1561. In-8, 88 pp., cartonnage bradel XIXe muet (dos frotté).
Peu courant. * Voir photographies / See pictures. * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
1756 Sans lieu, ni nom , 1756; in-12°, plein veau marbré de l'époque, dos à nerfs orné de petits fers dorés, titre doré sur étiquette de maroquin vieux-rouge, tranches rouge; (4), 6, 372pp.
Rares rousseurs, petite tache rousse au titre, trace de mouillure dans les marges des derniers 25 feuillets affectant parfois une ligne de texte, manque à la coiffe supérieure. Les catholiques et les jansénistess et la Bulle Uginetus contre laquelle oeuvra dans un premier temps le cardinal de Noailles. (Pour les Mémoires de l'abbé Dorsanne cf . notre ref. 9699).( Reu-CO1)
1833 Paris, Ladvocat, 1833; 2 volumes in-8°, pleine basane marbrée olive de l'époque, roulette dorée encadrant les plats, dos lisse très orné de jeux de quadruples filets, fleurons et palettes dorés, titre et tomaison dorés sur 2 pièces de maroquin rouge, tranches marbrées de brun et bleu, fer doré au 1er plat du Tome 1; (4),384pp.; 388pp.
Bel exemplaire avec, poussées au 1er plat du tome 1, les armes dorées de l'école de Pontlevoy. Ex-libris armorié de la bibliothèque de La Temblaie au 1er contreplat.Première édition française, augmentée de notes et documents par Bellaguet. Témoignage sur les relations de Napoléon et du Vatican. (Reu-CH1).
1844 Paris, Librairie de P. J. Camus, 1844; in-8°, demi-veau tabac à coins, double filet doré soulignant mors et coins, dos à nerfs, compartiments de doubles filets dorés ornés d'un fleuron doré, auteur doré sur étiquette de maroquin rouge, titre doré sur étiquette de maroquin vert, tranches et gardes peignées; (2), iv, 378 (1)pp. Portrait gravé en frontispice.
Bel exemplaire, relié vers 1860 , de la bibliothèque La Tremblaie avec son ex-libris armorié à l'intérieur du 1er plat (rarissimes rousseurs). Edition donnée par l'abbé Sionnet(GrD2).
Paris,Charpentier,1859 ; 4 volumes in-12°, demi-basane brune de l’époque,dos lisse orné de jeux de filets dorés et fleurons à froid,titre,auteur et tomaison dorés; 2ff.,LXXVIIpp.,1f.,351pp.; 2ff.,426pp.; 2ff.,472pp.; 2ff.,482pp.; quelques piqûres en début et fin des volumes,papier un peu jauni,petite tache d’encre angle inférieur du titre du T.IV et à 2 feuillets du T.I,reliure légèrement frottée aux coiffes, mais exemplaire très correct.
Ex-libris manuscrit à l’encre sur les faux-titre.Conforme à la description que donne Vicaire T.VI-1073.(S1)
Sans lieu, ni date ( Paris, Libma, 1937 ?) ; plaquette in-8° brochée, couverture beige imprimée en noir; 23pp. Très petites taches au 2ème plat de la couverture sinon bon état.L' édition originale est parue en 1936 à Pampelune. La BNF donne la présente édition vers 1937.
Texte de propagande anti-républicaine. (CLsp)
Versailles, Imprimerie de A.J. Lebel, 1817. 4 vol. in-8, X-420 pp. 1 pl. + 407 pp. + 548 pp. + 563 pp., veau havane, plats estampés à froid, filet doré en encadrement sur les plats, dos long orné de filets et frises dorés, tranches marbrées (petites épidermures).
Troisième édition revue, corrigée et augmentée. Elle est ornée d'un portrait de Fénelon en frontispice du premier volume, gravé par Leroux. Ex-libris héraldique des Harcourt, de la bibliothèque du château de St Eusoge, propriété de la famille. * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve.
Bonne Presse 231 pages in-12. Sans date. broché. 231 pages. 3ème édition
Etat correct. Dos de la couverture bruni sinon bon état
Paris Editeurs Alfred Mame et Fils 1884 408 pages in-8. 1884. relié. 408 pages. Grand in-8 (299x216 mm) 408 pages (avec Tables des matières et des gravures). Livre relié Percaline décorée au 1er plat et au dos toutes tranches dorées. Nouvelle édition ornée de 10 grandes compositions de Joseph Blanc gravées par Méaulle et de nombreuses gravures d'après les monuments antiques. Percaline en bon état d'usage : frottements en tête et queue de dos coins émoussés quelques traces et salissures aux plats (notamment au plat arrière). Les coutures liant les cahiers se détendent (sans défoliation). Intérieur présentant de fines rousseurs éparses pages de garde dessinées au crayon gris quelques annotations en marge de certaines compositions (au crayon gris facilement gommable). Poids : 1850 gr
Paris, Garnier Frères, sans date (1869) ; grand in-8, demi-chagrin vert éditeur, dos à nerfs plats orné de caissons de filets dorés et petits fers dorés, titre et auteur dorés,tranches dorées, plats de toile granitée verte; 2ff., XXIpp., 1f., 486pp.,1f.nch. Illustré de nombreuses vignettes dans le texte et de 8 planches hors texte gravées sur bois d'après les dessins de Yan'Dargent.(Cf Vicaire T.7).
Plats de toile un peu défraîchis, sinon bon exemplaire.(GrMG)
COLLECTIF. [CARDINAL DE ROHAN, COMTESSE DE LA MOTTE-VALOIS, COMTE DE CAGLIOSTRO, RETAUT DE VILLETTE, FAGES, LE GUAY D'OLIVA, VAUCHER, LOQUE, BETTE D'ETIENVILLE, ETC.]
Reference : AMO-3060
(1786)
1. Mémoire pour Dame Jeanne de Saint-Remy de Valois épouse du Comte de La Motte. De l'imprimerie de Cellot, 1786 (1)-46 pages. 2. Mémoire pour le Comte de Cagliostro, accusé ; contre M. le Procureur Général, accusateur ; en présence de M. le Cardinal de Rohan, de la Comtesse de La Motte, et autres Co-assusés. De l'imprimerie de Lottin l’aîné, 1786 (février 1786). (3)-51 pages. 3. Requête au Parlement, [...], par le Comte de Cagliostro, [...] le 24 février 1786. De l'imprimerie de Lottin, Février 1786 7 pages. 4. Recueil de pièces authentiques, secrètes et intéressantes, pour servir d'éclaircissement à l'affaire concernant le Cardinal Prince de Rohan. s.l.n.d. (1786) 32 pages. 5. Mémoire pour la demoiselle Le Guay d'Oliva, fille mineure, émancipée d'âge, accusée, contre le Procureur Général, en présence de M. le Cardinal-Prince de Rohan, de la Dame de La Motte-Valois, du sieur de Cagliostro, et autres tous co-accusés. A Paris, chez P. G. Simon et Nyon, 1786 (1)-46 pages. 6. Défense à une accusation d'escroquerie. Mémoire à consulter et consultation. De l'imprimerie de L. Cellot, s.d. (1786) 30 pages. 7. Second Mémoire à consulter et Consultation pour Jean-Charles de Bette d'Etienville, bourgeois de Saint-Omer, en Artois ; détenu ès prisons du Châtelet, de Paris, accusé. De l'imprimerie de Cailleau, (Paris, 1786) (1)-29 pages. 8. Mémoire pour le sieur de Bette d'Etienville servant de réponse à celui de M. de Fages. A Paris, de l'imprimerie de Cailleau, 1786 (1)-30 pages. 9. Mémoire pour M. le Baron de Fages-Chaulnes, garde du corps de Monsieur, Frère du Roi, accusé, contre les sieurs Vaucher et Loque, marchands bijoutiers, accusateurs, et encore contre Monsieur le Procureur-Général. A Paris, de l'imprimerie de Prault, s.d. (1786) (1)-30 pages. 10. Réponse pour la Comtesse de Valois-La Motte, au mémoire du Comte de Cagliostro. A Paris, de l'imprimerie de Cellot, 1786 48 pages. 11. Second mémoire pour la Demoiselle Le Guay d'Oliva. Analyse et résultat des récolements et confrontations. A Paris, chez P. G. Simon et Nyon, s.d. (1786) 35 pages. 12. Requête au Parlement, par M. le Cardinal de Rohan. S.l.n.d. (1786) 35 pages 13. Mémoire pour les sieurs Vaucher, horloger, et Loque, bijoutier, accusateurs. Contre le sieur Bette-d'Etienville, le Baron de Fages-Chaulnes, et autres accusés. En présence de M. le Procureur Général. A Paris, de l'imprimerie de Prault, 1786 80 pages. 14. Mémoire pour Louis-René-Edouard de Rohan, Cardinal de la Sainte Eglise Romaine, évêque et prince de Strasbourg, landgrave d'Alsace, prince-état d'Empire, grand aumonier de France, commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit, Proviseur de Sorbonne, etc., accusé, contre M. le Procureur Général, en présence de la Dame de La Motte, du sieur de Villette, de la Demoiselle D'Oliva, et du Comte de Cagliostro, co-accusés. A Paris, de l'imprimerie de Lottin, 1786 112 pages. 15. Sommaire pour la Comtesse de Valois-La Motte, accusée, contre M. le Procureur Général, accusateur, en présence de M. le Cardinal de Rohan, et autres co-accusés. A Paris, de l'imprimerie de L. Cellot, 1786 49 pages 16. Réflexions rapides pour M. le Cardinal de Rohan, sur le Sommaire de la Dame de La Motte. De l'imprimerie de Cl. Simon, s.d. (1786) 24 pages. 17. Requête pour le sieur Marc-Antoine Rétaux de Villette, ancien gendarme, accusé, contre M. le Procureur Général, accusateur, en présence de M. le Cardinal Prince de Rohan, de la Dame de La Motte-Valois, du sieur Cagliostro, de la Demoiselle d'Oliva et autres co-accusés. A Paris, de l'imprimerie de Simon & Nyon, 1786 14 pages. 18. Requête à joindre au Mémoire du Comte de Cagliostro. De l'imprimerie de Lottin, Mai 1786 8 pages. 19. Arrêt du Parlement du 31 mai 1786. A Paris, de l'imprimerie de Caude Simon, 1786 20 pages. Soit un ensemble de 19 pièces imprimées au format in-4. 2 volumes in-4 (24,5 x 18,5 cm), reliures pleine basane fauve de l'époque, dos à nerfs, pièces de titre et tomaison de maroquin vert. Reliure solides avec quelques petits défauts d'usage (coiffes, coins, épidermures sur les plats, petites galeries de vers). Intérieur du premier volume très frais. Le deuxième volume présente des mouillures marginales claires sans gravité (l'intégrité du papier n'est pas touchée). Collationné complet des pièces énumérées. Les pièces imprimées qui ne comportent pas de page de titre ne doivent pas en avoir.
Résumé de l'affaire : L'enfance de la comtesse de La Motte avait été des plus misérables. Depuis Henri II, la lignée était descendue au plus bas. Son père avait épousé une paysanne, qu’il laissa bientôt veuve. Jeanne était envoyée mendier sur les chemins par sa mère, en demandant « la charité pour une pauvre orpheline du sang des Valois ». Une dame charitable, la bonne marquise de Boulainvilliers, étonnée par cette histoire, prit des renseignements, et vérifications faites, entreprit les démarches pour lui obtenir une pension du roi, et lui fera donner une bonne éducation dans un couvent situé près de Montgeron. En 1780, Jeanne épouse à Bar-sur-Aube, un jeune officier d’apparence fort recommandable, Nicolas de La Motte, qui sert dans les gardes du corps du comte d’Artois, second frère du roi. Le ménage, peu après, se délivre de sa propre autorité le titre de comte et comtesse de La Motte. Jeanne ne se fait plus désormais appeler que comtesse de La Motte-Valois. À cette date, elle fait un voyage à Saverne, rejoindre Mme de Boulainvilliers qui lui présente son ami le cardinal Louis de Rohan-Guéménée, auquel elle fait appel financièrement pour sortir de la misère avec laquelle elle continue de se débattre plus ou moins. C’est là aussi qu’elle rencontre le mage Giuseppe Balsamo, qui se fait appeler comte de Cagliostro. Celui-ci gravite aussi autour du cardinal de Rohan, en lui soutirant de l’argent en échange de prétendus miracles. Il changerait, entre autres, le plomb en or et la silice en diamant ! Profitant de ce que Versailles est largement accessible au public, Mme de La Motte tente de se mêler à la Cour. Elle parvient à convaincre le cardinal qu’elle a rencontré la reine Marie-Antoinette et qu’elle en est même devenue l’amie intime. Et l’amant de Mme de La Motte, Marc Rétaux de Villette (un ami de son mari), possédant un utile talent de faussaire, imite parfaitement l’écriture de la reine. Il réalise donc pour sa maîtresse de fausses lettres signées Marie-Antoinette de France (alors qu’elle ne signait, bien sûr, que Marie-Antoinette, les reines de France ne signaient que de leur prénom, et en tout état de cause, Marie-Antoinette n’était pas de France mais de Lorraine d’Autriche...). La comtesse va ainsi entretenir une fausse correspondance, dont elle est la messagère, entre la reine et le cardinal dont le but serait de les réconcilier. La reine et le cardinal ont, en effet, un vieux contentieux : en 1773 le cardinal, qui était alors ambassadeur de France à Vienne, s’était aperçu que l'Impératrice Marie-Thérèse, la mère de Marie-Antoinette, jouait un double jeu et préparait en sous main le démantèlement de la Pologne, de concert avec la Prusse et la Russie. Il avait écrit une lettre à Louis XV pour l’en avertir, lettre qui avait été détournée par le duc d’Aiguillon, ministre des Affaires Étrangères, qui l’avait remise à la comtesse du Barry, favorite de Louis XV, détestée par Marie-Antoinette. La comtesse l’avait lue publiquement dans un dîner, et circonstance aggravante, le ton de cette lettre était ironique et très irrespectueux envers l’Impératrice (le cardinal la dépeignait notamment, « tenant d’une main un mouchoir pour essuyer les larmes qu’elle versait à propos du démantèlement de la Pologne, et de l’autre main un couteau pour couper sa part du gâteau »...). D’autre part, la vie dissolue du cardinal à Vienne, ses dépenses effrénées, ses maîtresses affichées, ses parties de chasse fastueuses en tenue laïque, avaient scandalisé la pieuse Marie-Thérèse horrifiée de voir un représentant du Roi Très-Chrétien et surtout un prince de l’Eglise se comporter de cette façon. On l’avait même vu un jour couper à cheval une procession de la Fête-Dieu. L’Impératrice avait demandé à Versailles le rappel de cet ambassadeur peu convenable et l’avait obtenu. Depuis ces épisodes, la reine, fidèle à la mémoire de sa mère, était plus qu’en froid avec le cardinal. Ce dernier se désespérait de cette hostilité. La comtesse de La Motte fit espérer au cardinal un retour en grâce auprès de la souveraine. Ayant de gros besoins d’argent, elle commença par lui soutirer au nom de la reine 60 000 livres (en deux versements), qu’il était trop heureux d’accorder tandis que la comtesse lui fournissait des fausses lettres reconnaissantes, de plus en plus bienveillantes, de la reine, annonçant la réconciliation espérée, tout en repoussant indéfiniment les rendez-vous successifs demandés par le cardinal pour s’en assurer. Or, le comte de la Motte a très opportunément découvert qu’une prostituée, Nicole d’Oliva, opérant au Palais Royal, s’est forgé une jolie réputation due à sa ressemblance étonnante avec Marie-Antoinette. Ses clients l’ont d’ailleurs surnommée la petite reine. Mme de La Motte la reçoit et la convainc de bien vouloir, contre une généreuse somme, jouer le rôle d’une grande dame recevant en catimini un ami, dans le but de jouer un tour. Le 11 août 1784, le cardinal se voit donc enfin confirmer un rendez-vous au Bosquet de Vénus à onze heures du soir. Là, Nicole d’Oliva, déguisée en Marie-Antoinette, le visage enveloppé d’une gaze légère, l’accueille avec une rose et lui murmure un « Vous savez ce que cela signifie. Vous pouvez compter que le passé sera oublié ». Avant que le cardinal ne puisse poursuivre la conversation, Mme de La Motte apparaît, signalant que les comtesses de Provence et d’Artois, belles-soeurs de la reine, sont en train d’approcher. Ce contretemps abrège l’entretien. Le lendemain, le cardinal reçoit une lettre de la « reine », regrettant la brièveté de la rencontre. Le cardinal est définitivement conquis, sa reconnaissance et sa confiance aveugle en la comtesse de La Motte deviennent plus que jamais inébranlables. Jusqu’ici, la comtesse de la Motte se bornait, on le voit, à l’abus de confiance d’assez petite envergure. Mais, désormais toute-puissante sur l’esprit du cardinal, et jouant sur la réputation de passion de la reine pour les bijoux, Mme de La Motte va entreprendre le coup de sa vie, en escroquant cette fois le cardinal pour la somme fabuleuse de 1,6 million de livres. Le 28 décembre 1784, se présentant toujours comme une amie intime de la reine, elle rencontre le bijoutier qui lui montre le collier. Tout de suite elle imagine un plan pour entrer en sa possession. Elle déclare au joaillier qu’elle va intervenir pour convaincre la reine d’acheter le bijou, mais par le biais d’un prête-nom. De fait, le cardinal de Rohan reçoit bientôt une nouvelle lettre, toujours signée « Marie-Antoinette de France », dans laquelle la reine lui explique que ne pouvant se permettre d’acquérir ouvertement le bijou, elle lui fait demander de lui servir d’entremetteur, s’engageant à le rembourser en versements étalés dans le temps – quatre versements de 400 000 livres – et lui octroyant pleins pouvoirs dans cette affaire. En outre la comtesse s’est ménagé la complicité de Cagliostro, dont le cardinal est fanatique (il ira jusqu’à déclarer « Cagliostro est Dieu lui-même! »). Devant le cardinal, le mage fait annoncer par un enfant médium un oracle dévoilant les suites les plus fabuleuses pour le prélat s’il se prête à cette affaire. La reconnaissance de la reine ne connaîtra plus de bornes, les faveurs pleuvront sur la tête du cardinal, la reine le fera nommer par le roi premier ministre. Le 1er février 1785, convaincu, le cardinal signe les quatre traites et se fait livrer le bijou qu’il va porter le soir même à Mme de La Motte à Versailles. Devant lui, elle le transmet à un prétendu valet de pied portant la livrée de la reine (qui n’est autre que Rétaux de Villette). Pour avoir favorisé cette négociation, l’intrigante bénéficiera même de cadeaux du joaillier. Immédiatement les escrocs ont démonté le collier et commencé à revendre les pierres. Rétaux de Villette a quelques ennuis en négociant les siennes. Leur qualité est telle, et, pressé par le temps, il les négocie si en-dessous de leur valeur, que des diamantaires juifs soupçonnent le fruit d’un vol et le dénoncent. Il parvient à prouver sa bonne foi et part à Bruxelles vendre ce qui lui reste. Le comte de La Motte part de son côté proposer les plus beaux diamants à deux bijoutiers anglais de Londres. Ceux-ci, pour les mêmes raisons que leurs collègues israélites, flairent le coup fourré. Ils envoient un émissaire à Paris: mais aucun vol de bijoux de cette valeur n’étant connu, ils les achètent, rassurés. Les dernières pierres sont donc vendues à Londres. Pendant ce temps, la première échéance est attendue par le joaillier et le cardinal pour le 1er août. Toutefois, l’artisan et le prélat s’étonnent de constater qu’en attendant, la reine ne porte pas le collier. Mme de La Motte les assure qu’une grande occasion ne s’est pas encore présentée, et que d’ici-là, si on leur parle du collier, ils doivent répondre qu’il a été vendu au sultan de Constantinople. En juillet cependant, la première échéance approchant, le moment est venu pour la comtesse de gagner du temps. Elle demande au cardinal de trouver des prêteurs pour aider la reine à rembourser. Elle aurait, en effet, du mal à trouver les 400 000 livres qu’elle doit à cette échéance. Mais le bijoutier va précipiter le dénouement. Ayant eu vent des difficultés de paiement qui s’annoncent, il se rend directement chez la première femme de chambre de Marie-Antoinette, Mme Campan, et évoque l’affaire avec elle. Celle-ci tombe des nues et naturellement va immédiatement rapporter à la reine son entretien avec Boehmer. Marie-Antoinette, pour qui l’affaire est incompréhensible, charge le baron de Breteuil, ministre de la Maison du Roi, de tirer les choses au clair. Le baron de Breteuil est un ennemi du cardinal de Rohan. Découvrant l’escroquerie dans laquelle le cardinal est impliqué, il se frotte les mains, et compte bien lui donner toute la publicité possible. La prétendue comtesse, sentant les soupçons, s’est entre-temps arrangée pour procurer au cardinal un premier versement de 30 000 livres. Mais ce versement, d’ailleurs dérisoire, est désormais inutile. L’affaire va éclater aux yeux de la Cour ébahie. Le roi est prévenu le 14 août. Le 15 août, alors que le cardinal – qui est également grand-aumônier de France – s’apprête à célébrer en grande pompe la messe de l'Assomption dans la chapelle de Versailles, il est convoqué dans les appartements du roi. Il se voit sommé d’expliquer le dossier constitué contre lui. Le naïf prélat est atterré de comprendre qu’il a été berné depuis le début par la comtesse de La Motte. Il envoie chercher les lettres de la «reine». Le roi explose: « Comment un prince de la maison de Rohan, grand-aumônier de France, a-t-il pu croire un instant à des lettres signées Marie-Antoinette de France! ». La reine ajoute: « Et comment avez-vous pu croire que moi, qui ne vous ai pas adressé la parole depuis 15 ans, j’aurais pu m’adresser à vous pour une affaire de cette nature ? ». Le cardinal tente de s’expliquer. « Mon cousin, je vous préviens que vous allez être arrêté. », lui dit le roi. Le cardinal supplie le roi de lui épargner cette humiliation, il invoque la dignité de l’Église, le souvenir de sa cousine la comtesse de Marsan qui a élevé Louis XVI. Le roi est assurément ébranlé par cet appel à la clémence, mais se reprend devant les larmes de la reine. Il se retourne vers le cardinal: « Je fais ce que je dois, et comme roi, et comme mari. Sortez. » (Cf. Funck-Brentano, op. cit.) Le cardinal quitte le cabinet du roi et repasse, chancelant et « pâle comme la mort », dans la galerie des Glaces. Au moment où le cardinal paraît, le baron de Breteuil lance : « Qu’on arrête Monsieur le cardinal ! ». La stupéfaction et le scandale sont immenses. Le cardinal est emprisonné à la Bastille. Il commence immédiatement à rembourser les sommes dues, en vendant ses biens propres, dont son château de Coupvray (à la fin du XIXe siècle, les descendants de ses héritiers continueront de rembourser sporadiquement par fractions les descendants du joaillier). La comtesse de La Motte est arrêtée, son mari s’enfuit à Londres avec les derniers diamants, Rétaux de Villette étant déjà en Suisse. On interpelle aussi Cagliostro et Nicole d’Oliva. Le roi laisse au cardinal le choix de la juridiction qui aura à se prononcer sur son cas: ou bien s’en remettre directement au jugement du roi, ou être traduit devant le Parlement de Paris. Ce qui s’avère fort malhabile de la part de Louis XVI: le cardinal décidant de mettre l’affaire dans les mains du Parlement qui est toujours, plus ou moins, en fronde contre l’autorité royale. Le 22 mai 1786, le procès s’ouvre devant le Parlement, qui le 30 rend son verdict. Le cardinal est acquitté. La prétendue comtesse de La Motte, condamnée à la prison à perpétuité à la Salpétrière, après avoir été fouettée et marquée au fer rouge sur les deux épaules du « V » de « voleuse » (elle se débattra tant que l’un des « V » sera finalement appliqué sur son sein). Son mari est condamné aux galères à perpétuité par contumace, et Rétaux de Villette est banni. Enfin, Nicole d’Oliva et Cagliostro sont mis hors de cause, Cagliostro étant cependant invité à quitter le territoire français dans les plus brefs délais. Marie-Antoinette est au comble de l’humiliation. Elle prend l’acquittement du cardinal comme un camouflet. De la part des juges, cet acquittement signifie qu’on ne saurait tenir rigueur au cardinal d’avoir cru que la reine lui envoyait des billets doux, lui accordait des rendez-vous galants dans le parc de Versailles et achetait des bijoux pharaoniques par le biais d’hommes de paille en cachette du roi. C’était sous-entendre que de telles frasques n'auraient rien eu d'invraisemblable de la part de la reine. Et c’est bien dans cet esprit que le jugement fut rendu, et pris dans l’opinion. La reine obtient donc du roi qu’il exile le cardinal de Rohan à l'abbaye de la Chaise-Dieu, l’une des abbayes en commende du cardinal, après l’avoir démis de son poste de grand aumônier. Il restera trois mois dans cette abbaye, après quoi il ira sous des cieux plus cléments, à l’abbaye de Marmoutier près de Tours. Ce n’est qu’au bout de trois ans, le 17 mars 1788, que le roi l’autorisera à retrouver son diocèse de Strasbourg. On ne saurait mieux résumer le résultat de cette affaire que par l'exclamation d'un magistrat du Parlement de Paris au lendemain du verdict : "Un cardinal escroc, la reine impliquée dans une affaire de faux ! Que de fange sur la crosse et le sceptre ! Quel triomphe pour les idées de liberté !"... Bien que Marie-Antoinette ait été, d’un bout à l’autre, absolument étrangère à toute cette affaire, l’opinion publique ne voulut pas croire à l’innocence de la reine. Accusée depuis longtemps de participer, par ses dépenses excessives, au déficit du budget du royaume, elle subit à cette occasion une avalanche d’opprobres sans précédent. Les libellistes laissèrent libre cours aux calomnies dans des pamphlets où la reine se faisait offrir des diamants pour prix de ses amours avec le cardinal. Bien pire, Mme de la Motte, parvenue à s'évader de La Salpêtrière, publie à Londres un immonde récit, dans lequel elle raconte sa liaison avec Marie-Antoinette, la complicité de celle-ci depuis le début de l'affaire et jusqu'à son intervention dans l'évasion. Par le discrédit qu'il jeta sur la Cour dans une opinion déjà très hostile, ce scandale aura indirectement sa part de responsabilités dans la chute de la royauté quatre ans plus tard et dans le déclenchement de la Révolution. "Cet évènement me remplit d'épouvante", écrit Goethe dans sa correspondance, "comme l'aurait fait la tête de Méduse". Peu après, développera-t-il : "Ces intrigues détruisirent la dignité royale. Aussi l’histoire du collier forme-t-elle la préface immédiate de la Révolution. Elle en est le fondement...", (Cf. Le Grand Cophte (1790), pièce inspirée à Goethe par l’histoire de Cagliostro). L'ensemble des pièces imprimées relatives à l'affaire du collier ont fait l'objet de tirages au format in-8 et in-4. Les pièces imprimées au format in-4 sont les plus recherchées et forme une collection intéressante. Bon exemplaire de cet ensemble relatif à l'affaire du collier de la reine Marie-Antoinette.
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[Affaire de la Régale] César d'Estrées, cardinal, Exceptionnel recueil de lettres concernant l'affaire de la Régale. Manuscrit, 1680-1681. In-folio, 754p écrites. Exceptionnelle réunion des brouillons des lettres envoyées envoyées par le cardinal d'Estrées à Louis XIV entre le 1er décembre 1680 et le 18 décembre 1681, totalisant 50 lettres et 1 mémoire, et 754p écrites. De nombreuses lettres font donc plus de 10 pages et certaines atteignent 45, 52 voire 60 pages. Le mémoire et les 21 premières lettres sont écrites sur la moitié droite, laissant une large marge pour d'éventuelles longues corrections. Ces lettres totalisent 370p écrites, les lettres de 52 et 60 pages en font partie. Les 29 autres lettres sont écrites à pleine page, avec quelques corrections entre les lignes, parfois (rarement) semblant être de la main du cardinal. Cette partie totalise 384p, les deux lettres de 45p en font partie. Les lettres originales sont conservées dans les archives du Ministère des Affaires étrangères, où les lettres reçues sont classées chronologiquement sans distinction des expéditeurs. L'intérêt de notre ensemble, vraisemblablement complet, est donc de ressembler tous ces lettres en un unique volume et de voir les corrections qui ont pu être faites. On notera aussi que les premières lettres sont écrites alors que le cardinal n'est pas encore à Rome. On le suit ainsi à Turin, Ferrare, Scarperie et Florence. L'affaire de la Régale commence suite aux déclarations de février 1673 et 1675 visant à étendre le droit de Régale à la totalité du royaumes. Il s'agissait de récupéré les revenus des diocèses vacants au profit de la Sainte-Chapelle dans le but de financer la conversion des protestants. L'affaire prend une autre tournure quand l'évêque de Pamiers, François de Caulet, meurt le 7 août 1680 et que les vicaires sont arrêtés : Jean-Michel d'Astorg d'Aubarède est embastillé et Rech est enfermé au château d'Ax. Habile diplomate, le cardinal fut envoyé à Rome pour négocier pour le roi dans l'affaire de la Régale. Bien que prince de l'Eglise et proche du cardinal Odescalchi, devenu Innocent XI, il défendit vigoureusement la position de Louis XIV et les libertés de l'Eglise gallicane face à ce pape. Ces longues lettres, qui sont tout autant des mémoires, racontent l'avancée des négociations, les démêlés du cardinal, ses rencontres, ses jugements sur les hommes, les propos de couloir, la position des différents personnages (alliés ou opposants), etc. Il semble que la mission du cardinal se finit fin 1681, quand Louis XIV convoque une assemblé extraordinaire du clergé, aboutissant à la Déclaration des Quatre articles en 1682, acte d'une grande importance pour les libertés de l'Eglise gallicane. Le conflit prendra fin en 1693. On joint deux documents, d'une même main et en latin : -Une copie du « bref du Pape Innocent XI à Monsieur le Cardinal D'Estrées touchant la Regalle », 28 février 1680. Ce texte est bien connu et se retrouve par exemple dans un recueil conservé à la bibliothèque de Carpentras (L 236, fol.132). -Une copie de la « Response de M. Le Cardinal D'estrées au bref du Pape touchant la Regalle », 31 mai 1680, portant la signature autographe du cardinal en fin. Ce texte est, lui-aussi, bien connu et se trouve, par exemple, dans le même recueil à Carpentras (fol.133) ou dans un manuscrit de la BnF (Ms Français 4302, fol.75), précisant « Cette lettre rappelle au pape combien Louis XIV a mérité et mérite tous les jours davantage de l'Église, notamment par ses édits contre les protestants ». Provenance : Château de Couvres (Aisne), avec un ex-libris gravé aux armes de la famille Bertier de Sauvigny. Le château de Couvres fut le château de la famille d'Estrées à partir de l'achat par Jean d'Estrées, arrière-grand-père du cardinal. Demi-parchemin fin XIXe, mors partiellement fendus et fragiles. Exceptionnel témoignage de premier ordre.
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Paris Chez Ioseph Bovïllerot 1627 1 vol. in-8 ( 12 x 18 cm ) ( poids = 700 g ) T. , (25) ff. n. ch. , frontisp. , 708 ( i. e. 698 ) pp , (6) ff. n. ch. . En frontispice , portrait gravé du cardinal ," M. Tavernier fecit 1627 ". Contient : Advertissemnt sur cette dernière édition ; Préface ; Tarqvinii Gallvcii S. I. P. oratio in fvnere .... ; Epitaphe de Monsieur le cardinal d' Ossat ; Harangue funèbre ....; Elogivm illvstri viri Arnaldi card. Ossati , avec traductions ; Lettres en 5 Livres jusqu' à la fin de l'année MDXCIX ; Table . Au titre , armes de France et de Navarre ; bandeaux , lettrines , culs-de-lampe . Plein vélin de l' époque . Dos lisse , titre manuscrit en partie effacé . Toutes tranches rouges . A la première contregarde , quatre lignes manuscrites à l' encre du XVII ou XVIII s concernant la biographie du cardinal . Au titre , ex-libris à l' encre d' un jésuite . Bon état . P. 49 ch. 46 ; p. 135 ch. 531 ; p. 311 ch. 211 ; p. 337 ch. 347 , p. 338 ch. 348 et ainsi de suite ... Petit travail de vers aux premières gardes et aux trois premiers ff. . Mouillure étendue mais claire p. 40 à p. 68 . ( Collat. complet )
L' un des plus grands classiques de la diplomatie française , dont Bouillerot avait fait paraître une édition en 1624 , l' année de l' originale . D' origine pyrénéenne modeste , Arnauld d' OSSAT ( 1537 - 1604 ) fut remarqué par un gentilhomme local , point de départ d' une ascension sociale fulgurante . Ambassadeur à Rome en 1584 , il obtint du pape qu' il absolût Henri IV , puis qu' il évitât une condamnation officielle de l' édit de Nantes . Evêque de Rennes puis de Bayeux , il reçut le chapeau de cardinal en 1599 . Dans " Les ambassades henriciennes : un âge d' or de la négociation . Les premières éditions imprimées de la correspondance des ambassadeurs de France sous Henri IV " ( Publications de l' Ecole française de Rome ) , Sylvio Hermann De Franceschi , citant abondamment La science du gouvernement, ouvrage de morale, de droit et de politique .... de Réal de Curban , écrit : " Une diplomatie raisonnable, et efficace parce que fondée en raison tel avait été le legs imprescriptible du cardinal dOssat à la tradition diplomatique du gouvernement français [ .... ] Aux Lettres du cardinal dOssat, publiées en 1624, puis rééditées en 1627, en 1641 et en 1643, avant lédition commentée quen proposait en 1697 Abraham-Nicolas Amelot de La Houssaye (1634-1706) [ ....] Réal de Curban réservait ses plus grands compliments . Après avoir noté que lédition de 1624 était fautive et que les erreurs en avaient été rectifiées dans la seconde édition de 1627 , Réal de Curban délivrait un vibrant éloge [.... ] : lon doit dire des lettres de dOssat à tous les négociateurs ce quHorace a dit des uvres dHomère à tous les écrivains de son tems : Quils doivent les lire nuit et jour.De dOssat, Réal de Curban affirme quil est un modèle du parfait négociateur, un exemple aussi de réelle vertu et de politique intégrité : DOssat est un de ces hommes dÉtat dont les ouvrages doivent passer à la postérité pour servir de modèle à leurs successeurs. Ses lettres doivent être le bréviaire des ministres publics ; ils ne sçauroient trop se remplir de la lecture dun recueil de lettres où paroissent avec éclat la profondeur du génie, lexpérience, la capacité, et tout ensemble la sincérité et la bonne foi de celui qui les écrit.Diplomate accompli, doué dune scrupuleuse conscience et dun jugement infaillible, dOssat était parvenu à allier franchise et succès, réussite et morale : Cet habile et religieux négociateur, instruit des grands principes et uniquement préoccupé du bonheur de sa patrie, avoit un sens si droit et une application si assidue aux affaires quon ne trouve pas que, dans la multitude des affaires générales qui ont passé par ses mains, il lui soit arrivé de faire une fausse démarche . De surcroît, les lettres de dOssat constituaient un modèle de style et de composition dont les diplomates devaient sinspirer le prélat savait susciter lintérêt de son lecteur par le goût du détail pittoresque, le souci de sappuyer sur des sentences et des maximes politiques, la multiplication enfin de propos judicieux . [ .... ]Dans son Tableau de la littérature française au XVIIe siècle avant Corneille et Descartes publié en 1859, Jacques Demogeot , professeur déloquence française, place au premier rang des négociateurs Arnaud dOssat, « doux et sage vieillard mûri au grand soleil de la diplomatie romaine, mélange heureux de bonhomie et de finesse, Gaulois et Italien tout à la fois » , et dont la correspondance « offre la même espèce dintérêt quun jeu savant doù dépendrait la fortune de deux habiles adversaires et que lun deux prendrait la peine de vous expliquer avec une complaisance et une clarté parfaite » . "
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LAVIGERIE, Cardinal / HAMMAN, A. / ZOUGRANA / PHILIPPE, A. / BAUNARD / GRUSSENMEYER, A. C.:
Reference : 110173aaf
Paris, Bernard Grasset, 1966, (gr. in-8vo,) 263 + 155 + 182 + 393 + 172 + 361 + 526 + 550 + 696 + 558 + 536 p., brochure originale.
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Versailles 31 janvier 1776 | 18.3 x 24.4 cm | Bifeuillet
Lettre écrite par un secrétaire et signée par Louis XVI adressée au cardinal Ludovico Calini, rédigée à l'encre sur onze lignes. La signature de Charles Gravier, comte de Vergennes, figurant en pied du bifeuillet, accompagne celle du roi pour ces vux de nouvelle année. Est inscrit au verso le nom du destinataire : « Mon Cousin le Cardinal Calino ». Quelques mouillures, un trou discret à « qu'il vous ait ». « Mon Cousin, J'ai vu avec plaisir par votre lettre du 1er octobre et le témoignage de la sincérité des vux que vous formez pour moi au commencement de cette année. Vos sentiments me sont autant connues que vous devez être persuadé du désir que j'ai de vous donner des preuves de mon estime et de mon affection. Sur ce je prie Dieu qu'il vous ait, Mon Cousin, en sa sainte et digne garde. Écrit à Versailles le 31 janvier de 1776. » * Lors de la rédaction de cette lettre, Louis XVI est âgé de vingt-deux ans et règne seulement depuis deux ans. Le destinataire, le cardinal Ludovico Calini, nommé camerlingue du Sacré Collège en 1774 à l'avènement de Louis XVI, occupe alors l'une de ses dernières fonctions ecclésiastiques. Correspondance familière entre Louis XVI et le cardinal Ludovico Calini, dans laquelle le roi retourne à son destinataire « la sincérité des vux » reçue de sa part pour la nouvelle année 1776. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
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Editions du Cerf, 1994, fort in-8°, 1047 pp, 3 tableaux généalogiques, annexes, biblio, index, broché, couv. illustrée, bon état
Premier volume (sur 9 publiés de 1994 à 2003) des Carnets rédigés par le cardinal Baudrillart (1859-1942), du 1er août 1914 jusqu'à sa mort. Alfred Baudrillart a été pendant près de 40 ans un témoin privilégié et un acteur important de l'histoire de la France et de l'Eglise du XXe siècle. Recteur de l'Institut catholique de Paris de 1907 jusqu'à sa mort, en 1942, académicien en 1918, archevêque en 1928, cardinal en 1935, il a été régulièrement chargé de missions importantes. Son influence et son activité dans l'Eglise sont inséparables de l'autorité et de l'énergie qu'il déploie au service de la nation. A sa mort, il laisse une masse de documents mais surtout soixante-cinq carnets (de 1914 à 1942) dans lesquels il a inscrit quotidiennement les faits saillants de sa journée, sa réflexion sur les hommes rencontrés, les démarches effectuées... Ces « Carnets » constituent, pour les historiens, un témoignage irremplaçable. Ils ont le mérite de l'instantané : le soir même, Baudrillart y relate la conversation qu'il a eue avec Benoît XV ou Gasparri, Poincaré ou Alphonse XIII, le cardinal Suhard ou Pierre Laval. Le contenu des « Carnets » dépasse de loin la seule personne de Baudrillart. Ce dernier, ancien élève de l'Ecole normale supérieure et agrégé d'histoire, écrit manifestement pour l'histoire. — "Une monumentale contribution à l'histoire du XXe siècle " (Lucien Jerphanion) — "A partir du 1er août 1914, Alfred Baudrillart inscrit chaque jour dans un carnet les faits marquants de sa vie quotidienne : l'action qu'il mène au service de l'Eglise et de la nation en guerre, ses démarches, ses rencontres, sa réflexion sur les événements et son jugement sur les hommes. Issu d'une famille qui appartient aux milieux politique, littéraire et scientifique, à la tête du "Comité catholique de propagande française à l'étranger", aumônier de l'hôpital de Thiers, le recteur de l'Institut catholique de Paris nous livre ici ses conversations avec les représentants les plus qualifiés de la société de son temps. Ils sont tous là : le pape Benoît XV, les cardinaux Gasparri, de Laï, Billot, Amette, Luçon, Dubois, Mgr Pacelli, les supérieurs Le Floch et Verdier ; les religieux : Dom Chautard, les Pères Dudon et Sertillanges ; les hommes politiques : le roi d'Espagne Alphonse XIII, les présidents Poincaré et Wilson, les ministres Delcassé ou Denys Cochin, et Jules Cambon, Briand, Deschanel, Freycinet ; les hommes de lettres et les académiciens : Paul Claudel, René Bazin, Frédéric Masson, Gabriel Hanotaux ; les journalistes : le Père Berthoye ou Francisque Gay ; les militaires, mais aussi la famille de l'auteur et l'homme de la rue. A la suite du recteur qui l'entraîne de Paris à Rome, de Verdun à Lourdes, de Madrid et Grenade à Washington, le lecteur est témoin des atrocités de la guerre, de la vie au front ou à l'arrière, il entend les réflexions des blessés, il prend la mesure de l'anticléricalisme, du modernisme, de l'intégrisme, il assiste à l'ébauche de reprise des relations entre la France et le Vatican, et se rend compte des difficultés d'une paix de compromis proposée par Benoît XV, le monde de la Curie romaine et de la politique française, il note l'évolution des mentalités, célèbre la liesse populaire à Paris ou à Chicago, et parcourt tout en même temps avec le futur cardinal le chemin difficile qui mène à l'Académie. Ces carnets inédits, rédigés avec une franchise totale, sont aujourd'hui un document irremplaçable, une mine de renseignements de première main sur la Grande Guerre, qui nous restitue le foisonnement de la vie en ces années cruciales." (4e de couverture)
1749 1 A Paris: Chez P. G. Le Mercier , imprimeur-libraire, rue S. Jacques, au Livre d'Or, 1749
Deux tomes en un volume in-8. 14,5x21 cm. t. I: 12 ff. [Epître dédicatoire à Son Altesse Sérénissime la duchesse du Maine], I-LXXXVI [Préliminaire], 232 pp. [Eloge de M. le cardinal de Polignac, Livres I- IV], t. II: 4 ff. [page de titre], 338 p. [Sommaire, L'Anti-Lucrèce, Livres V-IX, Tables]. Portrait de Melchior, cardinal de Polignac, en frontispice, gravé par Jean Daullé (1703-1763), graveur du roi, d'après un portrait de Hyacinthe Rigaud (1659-1743). Ouvrage relié en plein maroquin rouge d'époque, plats avant et arrière encadrés d'un triple filet et marqués aux armes des marquis de Trans (famille de Villeneuve), dos à cinq nerfs, entrenerfs fleuronnés et encadrés au fer, pièce de titre en maroquin vert, roulette sur les chasses, tranches dorées, gardes collées en papier marbré. Ex-libris sur le premier contre-plat: prince Jean Furstenberg et André Gutzwiller. Ouvrage frais et en bon état, discrète éraflure sur l'un des plats. Edition originale de cet ouvrage de Polignac, dans sa traduction par Jean-Pierre de Bougainville (1722-1763), membre de l'Académie royale de Belles-Lettres. Cardinal, diplomate et poète, Melchior de Polignac (1661-1741) a été un personnage très respecté à la cour de Louis XIV. Envoyé par le roi comme ambassadeur extraordinaire en Pologne, puis comme plénipotentiaire à Utrecht, en 1712, il s'y fait connaître comme négociateur de talent. Profondément lettré, passionné de sciences, latiniste distingué, il est reçu en 1704 à l'Académie française au fauteuil de Bossuet et devient, en 1715, membre honoraire des Académies des sciences. "L'Anti-Lucrèce" est sans conteste son ouvrage le plus connu. Le cardinal de Polignac y a travaillé une partie de sa vie et l'a laissé inachevé. Complété par l'abbé de Rothelin (1691-1744), il est finalement publié en 1747 dans sa langue originale, le latin, sous le titre "Anti-Lucretius sive de Deo et Natura". Dans ce livre, Polignac mène une attaque en règle contre le poète Lucrèce, dont les écrits inspirés de l'épicurisme (notamment le fameux "De rerum natura") sont selon lui à l'origine de l'athéisme contemporain. En reprenant à son compte les principes de Descartes, dont il était l'ami et le défenseur, il donne des preuves logiques de l'existence de Dieu et de l'immortalité de l'âme. Cet ouvrage est traduit pour la première fois en français par Jean-Pierre de Bougainville (la présente édition, 1749). Ce texte a été réédité à de nombreuses reprises tout au long du XVIIIe siècle. Magnifique exemplaire (Sources: Pierre Paul, Le cardinal Melchior de Polignac, 1661-1741, Paris: Plon, 1922).
Hachette, 1882, fort in-8°, xl-603 pp, introduction, pièces justificatives, imprimé sur vergé, reliure pleine toile écrue, dos lisse avec pièce de titre basane vemillon (“Lettres et Mémoires sur les affaires de Rome”), couv. conservées, bon état (Collection Les Grands écrivains de la France)
Forme le tome VII, complet en soi, des "Oeuvres du Cardinal de Retz" dans la collection des Grands écrivains de la France (10 volumes), remarquable travail de correction et de collation des textes manuscrits ou imprimés. — "Il y a quelques années, en poursuivant mes recherches sur le cardinal de Retz, dans les archives du ministère des Affaires étrangères, j'y trouvai une importante correspondance du prélat avec Louis XIV et avec plusieurs personnages de la cour, surtout avec le secrétaire d'État Hugues de Lionne. Retz était alors réconcilié avec le Roi, et avait été chargé par lui de régler avec le Pape certaines affaires, pour la plupart très graves. C'est sur ces diverses négociations que roule cette correspondance. De ces précieux documents inédits je composai une étude que je publiai sous ce titre : “le Cardinal de Retz et ses missions diplomatiques à Rome”, et j'y mêlai quelques fragments des dépêches du Cardinal. Aujourd'hui, c'est pour la première fois que toutes ces dépêches (avec les lettres et instructions de Louis XIV, de Lionne, etc., en appendice) paraissent dans un recueil des OEuvres de Retz. On verra qu'un grand soin a été apporté au commentaire. Un tel travail, disons-le, n'était pas sans difficulté car, d'une part, pour ces documents en si grande partie inédits, il était neuf ou presque neuf, et, d'autre part, les faits particuliers et les circonstances dont il s'agit dans les dépêches n'ont laissé, en général, que de faibles traces dans les annales du temps. Non seulement il fallait élucider les questions qu'eut à traiter le cardinal de Retz, déterminer quelle fut sa part d'action, de quelle manière il négocia ces grandes, ces difficiles affaires, et quelle en fut la conclusion, mais encore donner sur bien des personnes et des événements oubliés aujourd'hui les éclaircissements désirables." (R. Chantelauze, Avertissement)
Cardinal A. Linart Cardinal E. Tisserant F.-M. Abel A. d'Al¿s G. Bardy J. Bonsirven G. Brillet J. Chaine J.-B. Colon L. Delaporte L. Dennefeld E. Drioton J. Huby C.-F. Jean M.-J. Lagrange A. F. de Lapparent J. Lebreton P. Lemaire M. Lobignac E. Osty L. Pirot A. Robert - A. Tricot L. Vaganay R. de Vaux L. Venard P. Vigu A. Vincent M. Vloberg
Reference : DMD85AP
ISBN : B017MHKU5I
Desclee Et Cie Broch D'occasion tat correct 01/01/1939 150 pages
Amsterdam, 1718. Trois volumes in-12 (166 x 92 mm), 2 ff. n. ch., XVIII pp., 427 pp.; 1 f. n. ch., 426 pp.; 1 f. n. ch., 408 pp. Maroquin vieux rouge, filet d’encadrement à froid, dos à nerfs avec filets à froid, pièces de titre et de tomaison en maroquin brun, roulette dorée sur les coupes et sur les chasses, tranches dorées sur marbrures, dos uniformément et légèrement passé, légères épidermures sur un plat, rares petites rousseurs, petite déchirure sans manque aux pages 19, 51 et 217 du tome III, feuillets intervertis dans les cahiers C à K (reliure de l’époque).
Les Mémoires d’un des plus grands conspirateurs du XVIIe siècle. Ces Mémoires furent écrits entre 1675 et 1677. «Publiés au début du XVIIIe siècle en pleine Régence, dans un climat de réaction contre le Grand Siècle, ils effraient encore l’honnête homme par le modèle d’aventurier génial qu’ils proposent à la postérité bien avant ceux de Stendhal, de Malraux, de T.E. Lawrence» (Beaumarchais, Couty & Rey, Dictionnaire des écrivains de langue française). Cette édition parut un an après l’originale, très rare, publiée à Nancy en 1717. Jean-François Paul de Gondi (Montmirail 1613-Paris 1679), cardinal de Retz, fut un brillant orateur, l’un des grands acteurs de la Fronde et l’une des meilleurs plumes de son temps. Destiné à accéder au siège archiépiscopal de Paris que son oncle occupait, il fut confié aux Jésuites du collège de Clermont où il devint un élève brillant. Il écrivit à vingt-cinq ans la Conjuration du comte Jean-Louis de Fiesque (1638), véritable épopée de la transgression qui deviendra son bréviaire de sédition. Il participa la même année à la conspiration menée par le comte de Soissons contre Richelieu. En 1643, il fut nommé coadjuteur de l’archevêque de Paris par Anne d’Autriche. En 1648, il fut au premier rang des frondeurs contre Mazarin. En 1650, il s’allia à la reine contre Condé lorsque celui-ci fut défait par Turenne et fut promu cardinal de Retz. Au retour de Mazarin, il fut désavoué et emprisonné. En 1654, il devint de droit successeur de son oncle, décédé, sur le siège archiépiscopal ; Mazarin réclama sa démission en vain. Le cardinal de Retz réussit à s’évader. Il mena une vie errante dans toute l’Europe. En 1661, il accepta de démissionner pour retourner en France et fut exilé à Commercy qu’il ne quittera guère que pour participer aux conclaves en 1662, 1665, 1668 et 1670. C’est au cours de cet exil qu’il écrivit ses Mémoires. Bel et rare exemplaire en maroquin janséniste de l’époque.