Exemplaire René Char avec envoi Paris, Gallimard, (17 juin) 1957. 1 vol. (110 x 170 mm) de 203 p. et [2] f. Broché. Édition originale de l'adaptation d'Albert Camus. Un des exemplaires numérotés sur alfa. Envoi signé : «En ce temps-là, cher René, beaucoup d'hommes savaient que l'amitié et l'honneur étaient les deux noms d'une même fidélité ; aujourd'hui, dans l'abaissement où nous sommes, ceux qui comme vous le savent encore, comment nous en passerions-nous ? A. C. 1957».
Cette dédicace, au coeur de l'année du Nobel, résume évidemment l'amitié, mais surtout l'alliance d'éthique et d'esthétique qui gouverne la période : Camus dramaturge, metteur en scène et traducteur, ancre son travail dans une fidélité d'amitié, d'histoire et de théâtre. Dès ses débuts algérois, Camus rêve de plein air, d'une scène populaire où la parole « marche vers sa fin » ; l'Espagne l'accompagne très tôt (de Révolte dans les Asturies à La Célestine montée avec l'Équipe), avant qu'une première collaboration décisive n'ait lieu en 1953 : Marcel Herrand lui commande l'adaptation de Calderón, La Dévotion à la croix, coup d'envoi d'un cycle hispanique qui culminera avec Lope de Vega en 1957 et ce Chevalier d'Olmedo. À Angers, Camus est la figure centrale de la 6e édition du Festival (21-30 juin 1957) : il y remanie et met en scène Caligula pour la première fois et dirige sa propre adaptation du Chevalier d'Olmedo. La « première » demeure, de manière légendaire, datée au 21 juin mais un orage d'une violence rare arrache décors et inonde plateau et gradins au moment d'allumer les remparts : la représentation est annulée, si bien que le festival s'ouvrira in fine le 22 par Caligula, et la vraie première d'Olmedo a lieu le 23 juin (puis les 26 et 29). Sans en « oublier le côté populaire », écrit-il en marge de ses brouillons sur la pièce. Car Olmedo vient nourrir le projet d'une tragédie moderne où « un seul sentiment marche sans arrêt vers sa fin », et préfigure le répertoire que Camus, à la fin de 1959, cerne pour la direction de théâtre qu'on s'apprête à lui confier : Lope (encore), Calderón, Tirso de Molina... Robert Kemp, dans sa critique de la pièce donnée dans Le Monde, saluera le rythme, la fraîcheur et l'innocence du texte de Lope servis par « la plume solide, aiguë » de Camus - la même qui vient d'écrire, sur la peine de mort, des pages fortes et saisissantes, qui ne convaincront pas les mainteneurs de la guillotine, mais exalteront les abolitionnistes. Rien d'anecdotique : Camus note que le dernier mot de la pièce - teatro - signifie aussi échafaud ; les tréteaux sont un gibet. « Il vaudrait mieux que l'exécution fût publique. Le comédien qui est en chaque homme pourrait alors venir au secours de l'animal épouvanté et l'aider à faire figure, même à ses propres yeux », écrit-il dans Réflexions sur la guillotine, dont la rédaction est strictement contemporaine. Ainsi, la fin de l'adaptation d'Angers n'est pas sans rappeler un motif qui parcourt l'oeuvre entière de Camus, du dernier voeu de Meursault, au pied de l'échafaud dans L'Étranger, jusqu'au rêve d'exécution publique dont parle Clamence à la fin de La Chute, publiée l'année précédente. Magnifique provenance. Cet envoi est l'une des 43 connus à René Char, l'ami, le frère : cette dédicace est, de loin, la plus longue des 43 référencées.
Paris, Galerie André Maurice, (20 avril) 1949. 1 vol. (145 x 225 mm) de 1, [6] et 1 f. Broché. Édition originale. Un des 300 premiers exemplaires sur vélin Marais (n° 47), bien complet de la planche hors texte.
C'est par Jean Grenier, qui présenta Camus à Maguet, et le peintre Marcel Damboise, dont il avait fait la connaissance en Algérie dans les années 30, que Camus s'intéressa aux peintures de Richard Maguet. Les deux peintres résidaient à la villa d'artistes d'Abd-el-Tif, alors que Camus était étudiant en philosophie, vers 1933, et avaient exposé ensemble. Camus avait longuement parlé de ce peintre dans une chronique d'Alger étudiant en 1942. Ce représentant de l'Ecole de Paris, fauché dans un bombardement le 16 juin 1940, à Sully-sur-Loire, sera honoré dès le lendemain par Jean Grenier dans un bel article paru dans Fontaine (n°15, septembre 1941), repris dans la première monographie qui lui sera consacrée, en 1941 toujours, à la Galerie Louis Reynaud, préfacée par Jean Alazard, professeur d'histoire de l'art et fondateur du Musée des beaux-arts d'Alger. Cette seconde exposition fait la part belle au texte de Camus : hormis une illustration - volante - de Maguet, le catalogue n'est constitué que de ce texte. L'ensemble est imprimé à 300 exemplaires, par Mourlot.
Un des 11 exemplaires de tête. Bruxelles, Dynamo, coll. «Brimborions», 14 janvier 1960. 1 vol. (120 x 190 mm) de 10 p. et 1 f. Broché. Édition originale. Un des onze premiers exemplaires sur hollande (n° 5).
C'est dans la revue Confluences, dans son numéro de juillet 1943, que paraît L'intelligence et l'échafaud. Les personnages « sont de curieux héros qui périssent tous de sentiments et vont chercher des maladies mortelles dans des passions contrariées », dit Camus, selon une tradition du roman français qui est d'aller droit au but, selon le prototype de La Princesse de Clèves. De son auteur, Mme de Lafayette, à Benjamin Constant et jusqu'à Proust, le texte est ici tout entier fondé sur l'admiration de l'art classique : Camus y reviendra deux ans plus, tard lorsqu'il préfacera les oeuvres de Chamfort ; il donnera également plusieurs résonances à ce texte dans les éditoriaux de Combat de l'année 1944. Celui du 12 octobre 1944 reprendra par exemple la formule de Goethe présente ici : «Mieux vaut une injustice qu'un désordre». Cette plaquette est achevée d'imprimer le 14 janvier 1960, soit 10 jours après le décès accidentel de Camus, sur les route de Bourgogne. Tirée à seulement 51 exemplaires, elle paraît simultanément à l'autre hommage rendu par Pierre Aelberts pour sa collection Brimborions, savoir le Albert Camus de Jean-Paul Sartre. Rare en grand papier.
45 Tirage de luxe à 150 exemplaires Orléans, Sisyphe, 2013. 1 vol. (200 x 260 mm) de 152 p. Cartonnage éditeur illustré. Catalogue de l'exposition qui s'est tenue du 5 au 8 septembre 2013 au Château de Lourmarin. Tirage de luxe à 150 exemplaires numérotés, en édition cartonnée, enrichis d'un tiré à part de Naissance et Jour levant d'une amitié.
De Tipasa à Lourmarin, une exposition pour le Centenaire a pris le parti de suivre l'oeuvre publiée d'Albert Camus, de A à Z, en montrant pour chaque titre, au moins une édition remarquable, un manuscrit, une photographie originales. Les pièces réunies dans ce catalogue, pour certaines, n'avaient jamais été dévoilées - pour exemple l'un des carnets de travail de La Peste (prêt BNF), l'exemplaire personnel de Camus du Nietzsche (collection particulière) ou encore quelques feuillets du manuscrit de L'Étranger. Ce catalogue est aujourd'hui une référence bibliographique en la matière. Près de 200 livres et documents : tous repris au catalogue, illustrés et légendés : lettres et manuscrits précieux, provenances, reliures et éditions originales. Reliures de Georges Leroux, Pierre-Lucien Martin, Paul Bonet, G. de Coster, Jean de Gonet, manuscrit originaux, épreuves corrigées et provenances remarquables. L'intégralité de l'oeuvre de Camus y est présentée, chronologiquement, et illustrée par les éditions originales ou illustrées.
100 Catalogue du centenaire Orléans, Sisyphe, 2013. 1 vol. (205 x 270 mm) de 147 p. et [2] f. Broché, sous couverture illustrée. Catalogue de l'exposition qui s'est tenue du 5 au 8 septembre 2013 au Château de Lourmarin.
De Tipasa à Lourmarin, une exposition pour le Centenaire a pris le parti de suivre l'oeuvre publiée d'Albert Camus, de A à Z, en montrant pour chaque titre, au moins une édition remarquable, un manuscrit, une photographie originales. Les pièces réunies dans ce catalogue, pour certaines, n'avaient jamais été dévoilées - pour exemple l'un des carnets de travail de La Peste (prêt BNF), l'exemplaire personnel de Camus du Nietzsche (collection particulière) ou encore quelques feuillets du manuscrit de L'Étranger. Ce catalogue est aujourd'hui une référence bibliographique en la matière. Près de 200 livres et documents : tous repris au catalogue, illustrés et légendés : lettres et manuscrits précieux, provenances, reliures et éditions originales. Reliures de Georges Leroux, Pierre-Lucien Martin, Paul Bonet, G. de Coster, Jean de Gonet, manuscrit originaux, épreuves corrigées et provenances remarquables. L'intégralité de l'oeuvre de Camus y est présentée, chronologiquement, et illustrée par les éditions originales ou illustrées.
Dernier titre publié chez Charlot Paris, Charlot, (1er mai) 1950. 1 vol. (165 x 255 mm) de 79 p. et [2] f. Broché. Édition originale. Texte dédié à Pierre Galindo. Un des 280 exemplaires sur vélin pur fil de Lana (n° 10) - outre les 45 exemplaires sur le même papier réservés à l'auteur.
Paru chez Charlot, son éditeur historique, Le Minotaure est le premier des huit essais qui constitueront le recueil de L'Été. Le manuscrit princeps est daté de 1939, mais la publication a été ajournée pour de multiples raisons et il faudra attendre 1946 pour voir le texte paraître en revue, grâce à Jean Amrouche, l'ami kabyle d'Albert Camus installé à Tunis. Ce dernier anime, depuis la fin de la guerre, la revue L'Arche d'Edmond Charlot. Dans son numéro 13 de février 1946, Camus publie donc une première version de sa « plaquette sur Oran », Le Minotaure, avec l'épigraphe suivante de Gide : «Je l'imaginais à la cour du roi Minos, inquiet de savoir quelle sorte d'inavouable monstre peut bien être le Minotaure ; s'il est si affreux que cela, ou s'il n'est pas charmant peut-être. » La version définitive en volume est prête en 1949, avec quelques corrections au texte et l'épigraphe de Gide remplacée par une autre de Hölderlin. Cette période marque la fin de la célèbre enseigne algéroise : Edmond Charlot fait faillite malgré les succès de librairie qui caractérisent sa période d'après-guerre et Le Minotaure est l'un des derniers titres de son catalogue, en même temps qu'il marque la fin de la collaboration de Camus avec Charlot, lequel lancera cependant une nouvelle maison d'édition à Alger, Rivages.
Tirage de tête sur Hollande Paris, Gallimard, (1er mars) 1971. 1 vol. (150 x 220 mm) de 231 p. et [3] f. Broché, non coupé. Édition originale. Un des 106 premiers exemplaires sur vélin de Hollande (n° 17).
Le premier roman d'Albert Camus, resté à l'état d'ébauche, rédigé en Algérie entre 1932 et 1936. Il constitue le premier volume des Cahiers Albert Camus. Neuf, non coupé.
Camus transpose et adapte Buzzati Paris, L'Avant-scène, n° 105, (mars) 1955. 1 vol. (185 x 270 mm) de 40 p. Agrafé, sous couverture illustrée. Édition originale de la traduction française.
Programme complet avec texte intégral de la mise en scène parisienne, donnée à Paris au Théâtre La Bruyère le 12 mars 1955. La pièce est mise en scène par Georges Vitaly, avec Daniel Ivernel. Camus transposition et adapte pour la scène le vertigineux Sept étages (1937), qui suit Giovanni Corte, serpentant d’un étage à l’autre d’une clinique où l’architecture classe les malades par gravité : une allégorie administrative de la fatalité que Camus resserre en une mécanique d’angoisse.
Tirage de tête sur hollande Paris, Gallimard, coll. «Les Essais», (février) 1954. 1 vol. (125 x 190 mm) de 188 p. et [2] f. Broché, non coupé, sous chemise et étui. Édition originale. Un des 25 premiers exemplaires sur vélin de Hollande (n° 18).
Après les querelles idéologiques que ses adversaires ont infligées à L'Homme révolté, Albert Camus se tourne vers un travail plus littéraire en composant ce recueil. Les récits qui le composent ont été écrits entre 1939 et 1953, au rythme des lieux visités ou habités : Oran dont la nouvelle « Le Minotaure » dresse un fabuleux portrait ; Alger, ville de sa jeunesse... Les textes, notamment le célèbre « Retour à Tipasa », sont parcourus par un lyrisme qui les place dans la continuité de Noces. Signalons qu'il s'agit d'un des plus petits tirage en grands papiers pour une oeuvre de Camus : il suit, par le nombre, les 13 exemplaires du Malentendu et des Justes, les 14 de L'État de siège, les 15 du Mythe de Sisyphe et les 21 du Minotaure ou la halte d'Oran -lequel sera justement repris dans L'Été. Signalons néanmoins que 10 exemplaires d'auteurs ont été tirés hors commerce, sur alfa mousse. Tel que paru.
Un des cinq exemplaires de tête hors commerce Paris, Calmann-Lévy, (27 mai) 1957. 1 vol. (210 x 140 mm) de 238 p., 1, [2] et 1 f. Broché, à toutes marges, non coupé. Édition originale. Introduction et Étude de Jean Bloch-Michel. Le tirage est constitué de 260 exemplaires sur vélin teinté, 60 exemplaires sur vergé d'Arches et 45 exemplaires sur vergé de Hollande. Un des 45 premiers exemplaires sur vergé de Hollande, celui-ci une des cinq hors commerce.
Sous ce titre sont réunis deux plaidoyers contre la peine de mort : Réflexions sur la potence d'Arthur Koestler et Réflexions sur la guillotine d'Albert Camus. Le premier texte est également passionnant d'un point de vue historique : il retrace de manière documentée l'utilisation au cours des siècles en Grande-Bretagne de la potence, «le plus obscène symbole de cette tendance propre à l'espèce humaine qui la conduit à vouloir sa propre destruction morale». Quant au texte de Camus, il prolonge un combat que l'auteur a mené depuis toujours et dont les échos sont présents dans tous ses textes, qu'il soient essais ou fictions. Dos insolé.
Broché, 24X15 cm, 2011, 596 pages, photos en noir, éditions Flammarion. Bon exemplaire.
Exemplaire Jack Kerouac Paris, Gallimard, (novembre) 1960. 1 vol. (120 x 185 mm) de 172 p. et [2] f. Broché. L'exemplaire personnel de Jack Kerouac. Avec le tampon officiel de ces archives de la succession Kerouac : « Property of the Estate of Jack Kerouac, John Sampas, Executor the Estate of Jack Kerouac », enrichi du timbre à sec « Jack Kerouac Estate ».
C'est probablement au cours de son seul voyage en France que Kerouac acquiert et rapporte cet exemplaire de La Chute. Gallimard avait pour habitude de lui envoyer les éditions françaises de ses exemplaires, mais rarement d'autres ouvrages dans cette langue, hormis ceux qui pouvaient lui avoir été directement adressés par des écrivains français (comme c'est le cas du Delteil, que nous présentons également). Au début de ces années 1960, si une dernière destination hante bien l'écrivain, c'est la Bretagne, la France, ses racines. Kerouac s'en préoccupe de plus en plus, déclamant dans « Big Sur », face au Pacifique, que « Mon nom est Le Bris de Keroac, je vais enfoncer mes dents saines d'anglo-saxon dans la chair pitoyable des poissons, je ferais mieux de me souvenir que les poissons parlent breton. » Il sera donc temps pour lui, enfin, de traverser l'Atlantique. C'est chose faite en 1965, dans un voyage aussi mémorable que désastreux, qu'il relatera en partie dans Satori à Paris : « Arrivé à Paris, Kerouac passe chez l'éditeur qui a traduit Sur la route en 1960 : Gallimard. Sa dégaine n'inspire pas confiance. Les dames de la maison n'auraient pas cru qu'il s'agissait bien de lui. À la Bibliothèque nationale, ce sont les employés à la communication des livres qui lui disent que l'Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne qu'il demandait avait disparu des rayons. Ils veulent se débarrasser d'un client suspect » (Jean Lebrun, Kerouac, au bout de la route, la Bretagne, Le Vif de l'histoire, France Inter, mars 2022). Il se rend ensuite à Brest, non sans avoir égaré sa valise à Orly puis raté le vol d'Air Inter, direction donc la librairie de la Cité via la gare Montparnasse jusqu'à au 57 rue de Siam, non loin de la rade, tenue par un certain Pierre Le Bris de Kerouac. Kerouac pense se rapprocher d'un cousin. Les deux hommes faisant connaissance, finissent par convenir hélas qu'ils ne sont pas parents... Jack Kerouac regagne alors son domicile, dans le sud des États-Unis. Il vivra les derniers mois de sa vie dans un modeste bungalow au 5169 10th Avenue North, à St. Petersburg, en Floride, en compagnie de sa mère Gabrielle-Ange, avec qui il aura conversé toute sa vie en français - et de sa troisième femme, Stella. Il meurt ruiné, méprisé par les critiques et plombé par des années d'alcoolisme et de fuite en avant. Sa mère lui survivra quatre ans ; sa femme, vingt et un ans. À sa mort, c'est son frère, John Sampas, qui devient l'exécuteur testamentaire des archives et des biens de la famille Kerouac. Adolescent, Kerouac avait découvert la lecture des romans et fréquente assidûment la bibliothèque municipale de Lowell, où il dévore les grands auteurs américains, mais aussi français : il y lit, dans le texte et en version originale, Proust, Balzac, Rimbaud, puis Verlaine, Genet, Cendrars, Camus et Céline, son écrivain favori. C'est dans l'imprimerie de son père qu'il apprend à taper à la machine et qu'il y acquiert une redoutable dextérité de frappe dont s'extasieront ses amis. L'exemplaire porte le tampon officiel des archives de la succession Kerouac : « Property of the Estate of Jack Kerouac, John Sampas, Executor the Estate of Jack Kerouac » enrichi du timbre à sec « Jack Kerouac Estate ».
Paris, Gallimard, (novembre) 1964 1 vol. (130 x 200 mm) de 350 pp., [1] ff. Broché, non coupé. Édition originale. Un des 310 exemplaires sur vélin pur fil Lafuma (n° 248).
De l'âge de vingt-deux ans jusqu'à sa mort, en 1960, Albert Camus consigna ses réflexions, des extraits de lecture, les ébauches de ses romans, des confidences. « Sans constituer un journal à proprement parler » ces notes sont une sorte de gigantesque préface à l'oeuvre entière, à partir de ces notes consignées de 1935 à 1960 ; asssez tôt, il songea à les faire dactylographier, les faisant ainsi accéder au statut de textes. Il procède alors - les manuscrits le montrent bien - à tout un travail de correction, d'ajouts et de retraits qui dévoilent sa volonté de conserver toujours la maîtrise du texte ; d'un semblant anecdotique, elles révèlent au contraire beaucoup sur l'homme et son oeuvre.
La Nouvelle Revue française, 1er mars 1960 1 vol. (140 x 225 mm) de pagination continue, pp. 397 à 620, [4] ff. Broché. Edition originale.
Exemplaire sur Hollande, en maroquin d'Alix Paris, Gallimard, (6 février) 1958. 1 vol. (115 x 185 mm) de 69 p. et [3] f. Maroquin rouge, dos lisse, titre doré, date en pied, tranches dorées sur témoins, doublures et gardes de chèvre velours havane, couvertures et dos conservés, étui bordé (Alix). Édition originale. Un des 56 exemplaires sur vélin de Hollande (n° 32).
Les Discours de Suède sont un ensemble de deux allocutions prononcées par l'écrivain à la suite de l'obtention du prix Nobel de littérature : celui du 10 décembre 1957, prononcé à Stockholm pour la remise du prix, et celui du 14 décembre 1957 prononcé à l'université d'Upsala, intitulée L'artiste et son temps - un texte rédigé en 1953, en guise de préface au texte de Wilde, La Ballade de de la gêole de Reading. Une postface clôt l'ouvrage, où il est question des deux totalitarismes, de l'art pour l'art, du réalisme socialiste et du fameux « engagement » de l'intellectuel - en des termes qui n'ont rien perdu de leur acuité. Qu'on en juge : « C'est ainsi que beaucoup de nos artistes aspirent à être maudits, ont mauvaise conscience à ne pas l'être, et souhaitent en même temps l'applaudissement et le sifflet » ; ou encore : « L'académisme de droite ignore une misère que l'académisme de gauche utilise ». Le texte est imprimé sur les presses de l'Imprimerie Moderne à Montrouge, le 6 février 1958. Il est dédié à Louis Germain, à qui Camus avait écrit dès novembre : « Ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j'étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé. Je ne me fais pas un monde de cette sorte d'honneur. Mais celui-là est du moins une occasion pour vous dire ce que vous avez été, et êtes toujours pour moi, et pour vous assurer que vos efforts, votre travail et le coeur généreux que vous y mettiez sont toujours vivants chez un de vos petits écoliers qui, malgré l'âge, n'a pas cessé d'être votre reconnaissant élève. » Bel exemplaire en pleine reliure d'Alix.
Broché, 23X15 cm, 2002, 203 pages, éditions l'harmattan. Très bon état.
Pierre-François Camus dit Merville (1781-1853), dramaturge, médecin, comédien.
Reference : 010265
Pierre-François Camus dit Merville (1781-1853), dramaturge, médecin, comédien. L.A.S., 6 février 1827, 2p in-4. Belle lettre au vicomte de La Rochefoucauld, directeur du département des Beaux-arts, afin que celui-ci présente son livre au Roi. Il compliment longuement dans ce but. Peu commun. [325]
Geneviève Le Camus (1693-1760), abbesse de l'abbaye Saint-Michel de la Ferté Milon (Aisne).
Reference : 008280
Geneviève Le Camus (1693-1760), abbesse de l'abbaye Saint-Michel de la Ferté Milon (Aisne). L.A.S., 18 juillet 1755, 2p in-4. Lettre à Monsieur de Pronleroy, près Saint-Just (Picardie) donnant des nouvelles notamment d'une demoiselle de Lancry, probablement une fille du destinataire. La famille Lancry était en effet seigneurs de Pronleroy. Elle recommandera le petit fils de M. de Pronleroy au marquis de Longeron. Adresse au verso du second feuillet qui a été doublé sur le recto. [267]
Paris, Gallimard, 1954. Uncut in the original printed wrappers. Excellent copy.
First edition, Service de presse-copy, i.e. review-copy (""S.P"" to bottom of title-page and to verso of back wrapper), with an excellent presentation-inscription, of Camus' magnificent and highly influential collection of essays entitled ""Summer"". The copy is inscribed to Camus' close friend and ally in numerous respects, Jean Paulhan: ""a Jean Paulhan/ en affectueuse pensée/ Albert Camus"" on half-title. The famous French writer, literary critic and publisher Jean Paulhan (1884-1964) shared many things with Camus, with whom he grew very close. Not only did he participate actively in the publication of Camus' first books by Gallimard, was one of the first to see the true value of Camus' ""The Stranger"", he was also a confidante of Camus, who considered Paulhan one of the main reasons that he became a proper author. In a letter to Paulhan dated September 17, 1952, at the moment of break with Sartre, Camus writes: ""Ever since I (thanks to you) became what is called an author, I have not ceased to be astonished by my brethren. Sometimes, it is true, in the sense of admiration. Today it is in another sense."" (Depuis que je suis devenu (en peu grâce à vous) ce qu'on apelle écrivain, je n'ai pas cessé d'être étonné par mes confrères. Parfois dans le sens de l'admiration, il est vrai. Aujourd'hui c'est dans un autre sens.).Paulhan was an early and active member of the French Resistance, director of the literary magazine Nouvelle Revue Française (NRF) (from 1925 to 1940 and again from 1946 to 1968) and a great translator of Malagasy poetry, which attracted the interest of the likes of Guillaume Apollinaire and Paul Éluard. He also wrote numerous works of literary criticism, ""The Flowers of Tarbes, or Terror in Literature"" (1941) probably being the most famous, and he wrote several autobiographical short stories. After the war, Paulhan he founded ""Cahiers de la Pléiade"", and in 1953 he re-launched NRF.Interestingly, especially in connection with Camus' famous essays in ""L'été"", which are devoted entirely to his beloved Algiers, Paulhan was loudly against independence for Algeria. He caused great controversy by opposing independence and supporting the French military during the Algerian War. This not only caused public problems for him, it also cost him on the personal front, as for instance Maurice Blanchot denounced him. The essays in ""L'été"" are devoted to Algiers and represent a very personal side of Camus, who provides a marvelous poetic and humorous picture of the provincial simplicities of Oran and Algiers. For many Camus-devotees, ""L'Été"" constitutes one of the most beloved works, as it gives the feel of a certain intimacy with the author that few of his other works does. ""In ""Return to Tipasa"", perhaps the most confessional essay in ""Summer"", which dates from a long trip to Algeria in December 1952, Camus issues his now famous testimony of survival - ""In the depths of winter, I finally learned that within me lay an invincible summer"" (Hawes: Camus, A Romance, 2009, pp. 181-82).
Rivages [Edmond Charlot] | Alger 1939 | 15.2 x 20.5 cm | Broché
Deuxième numéro de la revue Rivages, revue de culture méditerranéenne qui ne comptera que deux numéros publiés en décembre 1938 et février-mars 1939. Poèmes d'Eugenio Montale en langue originale accompagnés de leur traduction par Filippo Donini, poèmes de Jean Tardieu, extrait deDe toutes mes forcesde Claude de Fréminville, essai d'Emmanuel Roblès sur les Curanderos d'Andalousie. Quelques infimes déchirures marginales, petit manque sans gravité sur le dos. Contributions dAlbert Camus, Jules Supervielle, Emmanuel Roblès, Jean Tardieu, Gabriel Audisio, Federico Garcia Lorca, Antonio Machado, Eugenio Montale... Rare exemplaire du deuxième numéro de cette éphémère revue créée par Camus avec Gabriel Audisio et Jacques Heurgon, qui sera interrompue par la censure. Le jeune écrivain y publie pour la première fois"L'été à Alger", qui fera partie deNoces. * Lorsque Camus lance Rivages sous légide de son éditeur et ancien camarade Edmond Charlot, le jeune écrivain avait déjà terminé ses études supérieures, fondé le Théâtre du Travail puis celui de lÉquipe, milité pour le projet Blum-Viollette afin détendre le droit de vote en Algérie, contribué à lAlger Républicain, et même dirigé la Maison de la culture dAlger. Avec cette nouvelle revue, il appelle au développement dune littérature de la méditerranée dans la splendeur de son unité, mais surtout de ses contrastes?: «?Cest ce scintillement plein de vie que lon retrouve dans des uvres telles que LEnvers et lEndroit ou Noces, et même dans certains passages de LÉtranger.?» (Hélène Rufat, À travers et par la Méditerranée?: regards sur Albert Camus). Rivages est imprimée assez artisanalement sur les presses de son ami Claude de Fréminville, également contributeur de la revue, qui venait de créer une imprimerie rue Barbès, à Alger. Camus fonde avec lui les éditions CA-FRE (Camus-Fréminville) et publiera Jean Hytier, Léo-Louis Barbès, Christian de Gastyne et Blanche Balain. Ce second numéro deRivages contient en édition pré-originale le célèbre essai camusien "Lété à Alger", dédié à Jacques Heurgon, qui paraîtra en volume dans Noces, également publié chez Charlot. Le troisième et dernier numéro de Rivages consacré à Garcia Lorca ne paraîtra jamais. Les morasses seront saisies et détruites par les autorités, qui exerçaient un contrôle des imprimés dès avant la déclaration de guerre. Après la définitive interruption de Rivages, Camus étendra son engagement méditerranéen à lEurope tout entière victime des totalitarismes en prenant la tête du journal Combat. Rare exemplaire de ce numéro de revue contenant une des toutes premières productions littéraires de Camus. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Phone number : 01 56 08 08 85
Paris, Gallimard, 1954. Uncut in the original printed wrappers. A very nice copy housed in a beautiful brown half morocco box with gilt lettering to spine and gilt super ex-libris to front board.
First edition, Service de presse-copy, i.e. review-copy (""S.P"" to bottom of title-page and to verso of back wrapper), of Camus' magnificent and highly influential collection of essays entitled ""Summer"", inscribed to the famous critic of literature and drama, the writer Guy Dumur (1921-1991): ""à Guy Dumur/ l'une des/ [ÉTÉ]s [ÉTÉ being printed an L' crossed out in front, with s added in Camus' hand]/ son vieil et fidele ami/ Albert Camus"" on half-title.The younger Guy Dumur was a close friend of Camus, who hired him to work on ""Combat"" with him. It is reported that he had a great talent for discovering new talent. Since childhood, he was extremely passionate about the theatre and came to work with all the great dramatic figures in Paris at the time. He is also famous for a number of well respected novels. The essays in ""L'été"" are devoted to Algiers and represent a very personal side of Camus, who provides a marvelous poetic and humorous picture of the provincial simplicities of Oran and Algiers. For many Camus-devotees, ""L'Été"" constitutes one of the most beloved works, as it gives the feel of a certain intimacy with the author that few of his other works does. ""In ""Return to Tipasa"", perhaps the most confessional essay in ""Summer"", which dates from a long trip to Algeria in December 1952, Camus issues his now famous testimony of survival - ""In the depths of winter, I finally learned that within me lay an invincible summer"" (Hawes: Camus, A Romance, 2009, pp. 181-82).
S.l., Koutoubia, (2010). Un vol. au format in-8 étroit (228 x 138 mm) de 189 pp., broché, sous couverture à rabats rempliés.
L'ouvrage s'agrémente de planches photographiques hors-texte. ''Cinquante ans après la mort d'Albert Camus, que reste-t-il de son oeuvre ? Par l'itinéraire qu'il nous propose entre l'Algérie d'hier et celle d'aujourd'hui, sur les lieux-mêmes où Camus se confronta à la condition humaine et aux drames de l'histoire, Stéphane Babey montre la force et la pertinence d'une pensée trop longtemps vouée à la vindicte et à l'incompréhension. D'Annaba où le destin de Camus rencontre celui de saint Augustin à Alger la blanche en passant par Oran la pestiférée, ce livre est un voyage au coeur de la passion algérienne qui anima Camus jusque dans l'exil. Sur les pas d'Albert Camus par le texte et par l'image.'' Excellente condition.
mardi 25 août | 13.4 x 20.9 cm | Une feuille
Lettre autographe signée d'Albert Camus adressée à « Madame Quentin ». Une page sur un feuillet rédigé à l'encre noire, à en-tête de la Nrf, accompagnée de son enveloppe portant l'adresse autographe de sa destinataire. Trace de pli horizontal inhérente à la mise sous pli de la lettre. « Je serai à Paris lundi ou mardi au plus tard (c'est donc le 31 ou le 1). Pouvez-vous demander à Madame Pinker, dès réception de cette lettre, de ne plus faire suivre mon courrier. J'espère que vous avez pu vous reposer un peu pendant le mois d'août et vous envoie mes biens fidèles pensées ». Lorsqu'il habite sa maison à Lourmarin, c'est à sa femme de ménage, Madame Quentin, qu'Albert Camus s'adresse pour les questions logistiques liées à son pied-à-terre parisien, au 4 rue de Chanaleilles, voisin de celui de René Char. L'écrivain réalise plusieurs allers et retours entre ses deux résidences de 1958 jusqu'au 4 janvier 1960, date à laquelle il trouvera tragiquement la mort dans un accident de voiture à Villeblevin dans l'Yonne. L'une de ses ultimes lettres datée du 23 décembre 1959 sera adressée à cette « chère Madame Quentin », dans laquelle, en plus d'une généreuse étrenne de fin d'année, Camus précisera la date de son retour à Paris, comme il le fait dans cette lettre. On joint un télégramme adressé à nouveau à Mme « Quentin 86 Rue de Varennes », en date du « 5-59 ». Les lettres autographes signées d'Albert Camus sont aujourd'hui très recherchées. Celle-ci témoigne du langage prévenant qu'emploie l'écrivain envers Madame Quentin, qui exerce la même profession qu'occupait sa mère. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Phone number : 01 56 08 08 85
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Photo prise lors de la représentation de "L'Etat de siège" de Camus en 1948, au théâtre Marigny. On y voit Camus, Jean-Louis Barrault, le metteur en scène, Arthur Honneger, Maria Casarès, Madeleine Renaud, Pierre Brasseur,Jean Desailly, Pierre Brasseur, Gabriel Cattand, et Balthus qui avait fait les décors. Photographie originale, tirage sur papier baryté, 21 x 20,2 cm. Tampon Lipnitzki - Viollet au dos. Très bon 0