Lisbonne, 1899, in-12, 201 pp, 2 cartes repliées hors texte, broché, bon état
Au début du XXe siècle, le gouvernement portugais décida de confier l'exploitation de la majeure partie du Mozambique, pour une durée de cinquante ans, à trois entreprises privées auxquelles furent accordés les pouvoirs de l'État sur un territoire donné ainsi que le monopole de son exploitation, en échange d'une redevance versée au Portugal. Ces trois sociétés étaient : la Compagnie du Mozambique, la Compagnie de Zambezia et la Compagnie de Niassa, contrôlées et financées principalement par les Britanniques, qui mirent en place des lignes de chemin de fer vers leurs colonies voisines (l’Afrique du Sud et la Rhodésie). Bien que l'esclavage ait été légalement aboli au Mozambique, à la fin du XIXe siècle, les compagnies à charte ont mis en place une politique de travail forcé et ont fourni une main-d'œuvre africaine bon marché – souvent contrainte – aux mines et aux plantations des colonies britanniques voisines et de l'Afrique du Sud. Les sociétés concessionnaires ont construit des routes et des ports pour acheminer leurs marchandises vers les marchés, notamment une ligne de chemin de fer reliant l'actuel Zimbabwe au port mozambicain de Beira. Le bilan de ces sociétés s'est toutefois révélé décevant. Les politiques mises en place, qui visaient l'enrichissement des colons portugais et européens de la métropole, ont eu tendance à négliger le développement des infrastructures sociales (cliniques, écoles) et des équipements du pays. — La Compagnie du Mozambique (en portugais : Companhia de Moçambique) était une compagnie royale opérant au Mozambique portugais qui détenait la concession des terres de la colonie portugaise correspondant aux provinces actuelles de Manica et de Sofala, dans le centre du Mozambique (135.000 km²). Son capital était principalement français, mais comprenait également des capitaux portugais, britanniques et sud-africains. La société a été fondée le 11 février 1891 avec un capital social d'environ 5 millions de dollars. La concession fut accordée pour une durée de 50 ans, période durant laquelle la société pouvait non seulement exploiter les ressources et la main-d’œuvre disponible (en partie grâce au système de travail forcé dit « chibalo »), mais aussi octroyer des sous-concessions. La société se vit accorder le droit exclusif de percevoir des impôts, tout en bénéficiant elle-même d’une exonération fiscale de 25 ans. En contrepartie, l’État portugais percevrait 7,5 % des bénéfices de la société et 10 % des actions vendues. La société était également tenue d’accueillir 1.000 familles portugaises et d’assurer l’éducation et l’administration publique sur son territoire. Dans la pratique, la société n’a fait qu’un usage partiel des prérogatives qui lui avaient été accordées ; mais cela était contrebalancé par le fait qu’elle ne remplissait elle-même que très peu de ses obligations. Ne disposant que de capitaux limités, la société n'a guère contribué au développement de la région, tirant l'essentiel de ses revenus de ses droits de perception d'impôts et de son pouvoir de recourir à une main-d'œuvre réquisitionnée sur ses plantations et de la louer à des domaines voisins. La résistance au régime de travail forcé fut l'une des principales causes des rébellions contre la compagnie qui eurent lieu en 1902 et 1917. Bien que la compagnie fût tenue, en vertu de sa charte, de fournir des forces pour maintenir l'ordre public, elle se révéla incapable de faire face à ces crises, et à ces deux occasions, le Portugal dut mener des interventions coûteuses. La Compagnie du Mozambique avait son siège à Beira, où elle contrôlait l'administration publique et les bureaux de poste. La société a également fondé une banque privée, la Banco da Beira, qui émettait des billets libellés en livres. En raison de ses mauvais résultats et de la réorientation, sous le régime de Salazar, vers un contrôle portugais de l’économie au détriment du contrôle international, la concession de la société n’a pas été renouvelée à son expiration en 1942. Le gouverneur de Manica et de Sofala a déclaré : « Ils n’ont rien fait pour développer les richesses potentielles de toute cette région, préférant la piller et s'aliéner les autochtones. » Désormais les frais d'envoi sont de 6 € seulement pour les livres jusqu'à 1 kg (colissimo suivi), pour la France métropolitaine.