Paris,Editions d'Art Pelletan,1930 ;fort et grand in-8°,broché de 2ff.,464pp.,1f.;quelques jaunissures à une vingtaine de feuillets.Tirage limité à 750 exemplaires numérotés,celui-ci 1 des 700 sur vélin.
Portrait de Baudelaire par J.L.Perrichon d'après Courbet,vignettes dans le texte de P.-E.Vibert.Ce volume complet des "Curiosités Esthétiques" forment le tome 8 des Œuvres de Baudelaire parues chez Pelletan. (GrG)
Paris, Michel Lévy Frères, Librairie Nouvelle, 1873 ( la couverture porte 1872) ; grand in-18° broché, couverture bleu pale imprimée en noir; ( 4), 440pp.Petite étiquette de classement au 1er plat, ex -libris manuscrit au 1er plat et au titre.Dos de la couverture un peu jauni, petite trace de mouillure dans la marge supérieure de quelques feuillets, sinon intérieur très frais.
Ce Volume II des Oeuvres Complètes de Charles Baudelaire, de la Collection " Bibliothèque contemporaine ", renferme : Les Salons de peinture de 1845 à 1859. De l'essence du Rire. Quelques Caricaturistes français. Quelques caricaturistes étrangers. ( GrG)
Paris,Jean de Bonnot,1978 ;in-8°,pleine basane havane,décor à froid,titre et uateur doré au dos,tête dorée;247pp.,147pp.,18ff.nch.;plats de la reliure un peu éclaircis,sinon bon état.
Illustré de reproductions de gravures de Félicien Rops .(Gr)
1892 Paris, Lemerre, 1891 - 1892; 2 forts volumes petit in-12, de ( 4) - 481pp. ( 1f). ; (4) - 484pp. - (1). f. ; demi-chagrin beige à coins, double filet doré soulignant mors et coins, dos à nerfs orné de petits fers dorés dans des caissons de double filet doré, auteur et titre dorés sur 2 étiquettes de maroquin rouge, tête dorée, couverture conservée.
Ces volumes font partie des Oeuvres complètes de Baudelaire, parues dans la Collection " Petite bibliothèque littéraire" publiées par Lemerre.Chagrin foncé aux dos, les couvertures conservées ont jauni quelques traces sur le papier des plats, petit manque de papier à la 1ère garde du 1er volume, mais bon exemplaire, plaisamment relié. (CO2)
1944 Le Cheval de Bois, 1944; in- 4°en feuilles, couverture rempliée crème illustrée en noir et ocré avec titre en grenat, chemise cartonnée et étui illustrée en couleurs de tête de femmes de Grau Sala, titre en noir sur beige au dos de la chemise cartonnée ; 62- (1)pp., (2)ff. Illustré de 21 lithographies en couleurs, 1 pour la couverture, 1 en frontispice et 19 dans le texte. Tirage total à 50 exemplaires + 15 exemplaires de collaborateur, ici n° 44 , 1 des 30.
Edition établie par Grau Sala et Raymond Jacquet pour la typographie, les lithographeis de Grau Sala sont tirées par Edmond Desjobert. Bel exemplaire. (Reu-CH1)
Paris, Michel Lévy Frères, Librairie Nouvelle, 1885( la couverture porte 1891) ; grand in-18° broché, couverture jaune imprimée en noir; ( 4), 442pp.Petite étiquette de classement au 1er plat, ex -libris manuscrit au 1er plat et au titre.Petite rongeure en marge du 2ème plat de la couverture et des 5 derniers feuillets sans aucune atteinte au texte, pale trace de mouillure dans la marge supérieure des premiers feuillets
Ce Volume III des Oeuvres Complètes de Charles Baudelaire, de la Collection " Bibliothèque contemporaine ", renferme : L'Oeuvre et la Vie d' Eugène Delacroix. peintures murales d'Eugène Delacroix. Le peintre et la Vie Moderne. Peintres et aqua-fortistes. Vente la collection de M. E. Piot. L' art philosophique. Morale du joujou. Théophile Gautier. PIirre Dupont. Richard Wagner et Tannhauser. Conseils aux jeunes littérateurs. Les Drames et les Romans honnêtes. Réflexions sur mes contemporains. Critiques littéraires. ( GrG)
s. d. [mai 1854] | 13.9 x 21.7 cm | une page sur un feuillet
Lettre autographe signée de Charles Baudelaire adressée à Antoine Arondel, rédigée à l'encre noire sur un feuillet de papier bleu. Pliures inhérentes à l'envoi, d'habiles restaurations d'infimes manques n'affectant pas le texte, une petite déchirure sur la signature discrètement restaurée. Cette lettre a été retranscrite dans laCorrespondance I de Baudelaire (Collection de la Pléiade, p. 277) et datée par Claude Pichois de mai 1854. Baudelaire envoie des places de théâtre à son marchand d'art Antoine Arondel personnage sulfureux et sans scrupules qui profita du goût immodéré du poète pour les beaux-arts et excita sa manie de la collection. * Baudelaire possédant le génie de la poésie mais non celui des affaires, avait rapidement dépensé une grande partie de l'héritage paternel de 70 000 francs reçus à sa majorité en 1842. Son correspondant, le peintre-brocanteur Antoine Arondel, habitait en même temps que Baudelaire à l'hôtel de Lauzun, alors connu sous le nom de lhôtel Pimodan, sur l'île Saint-Louis. Au rez-de-chaussée, son dépôt de curiosités installé dans la cour de l'hôtel fut un « véritable lieu de perdition pour le prodigue »(Marie-Christine Natta, Baudelaire) : Arondel lui procura un grand nombre de « rêves peints sur la toile » - espagnolsà la manière du peintre baroque Zurbaran, et italiens dans le genre du Bassan.Le poète paya bien cher son antiquomanie, «s'endettant par des billets et des traites, dont le plus ancien remonte au 5 novembre 1843; plusieurs autres furent antérieurs à la dation du conseil judiciaire intervenue le 21 septembre 1844. Cet usurier fit tant et si bien que son client s'aperçut assez tôt qu'il était berné, mais sans pouvoir se dégager. D'où une moquerie décochée sous l'anonymat dans Les Mystères galans des Théâtres de Paris en 1844 et des mentions, mi-figue mi-raisin, dans les Salons de 1845 et de 1846.» (Claude Pichois, Lettres à Charles Baudelaire, 1973, p. 13). Baudelaire se vengea en effet dans un paragraphe sanglant des Mystères galans, qui visait également le baron Pichon à qui le poète louait ses appartements de lhôtel Lauzun: « N'avez-vous pas aujourd'hui MM. Hiéronyme Pichon, lordArundellet pas mal d'amateurs de rosses plus ou moins arabes, qui lésinent sur leur débauche, et grapillent sur le revenu du rat qu'ils paient, on ne fait aujourd'hui que de la débauche pot-au-feu». A la lecture de cette insulte, Arondel exigea que Baudelaire fasse des excuses à Pichon. Sous la menace, le poète consigna même par écrit sa rétractation. A lécriture de cette lettre en 1854, Baudelaire nétait toujours pas libre dArondel: «Les années passant, Baudelaire renouvelait les billets augmentés des intérêts. Arondel cherchait à recouvrer, multipliait les manuvres et se heurtait au refus de tout paiement par Ancelle[responsable de sa tutelle] » (Claude Pichois, ibid). Lune de ces manuvres fut de revendre les obligations à des hommes de paille. Désespéré, Baudelaire sollicite ici dans un cryptique et dramatique passage l'aide d'Arondel pour apaiser lun de ces désagréables personnages qui réclamait paiement : «Je vais vous écrire une lettre, dès ce soir, où je vous expliquerai très clairement ce que je puis faire, ce que je désire, - le possible, et l'impossible, puis vous m'écrirez pour me donner un rendez-vous pour voir votre Perducet, dont il faut absolument que je triomphe,- avec votre aide». Selon Pichois, «il nen fut rien», et Baudelaire nécrivit pas dautre lettre à son correspondant. Pour amadouer Arondel, Baudelaire lui offre des places de théâtre: «Je vous engage, si vous voulez voir mes merveilleux Chinois, à aller là-bas de bonne heure, car si vous vouliez esquiver le drame précédent, vous risqueriez fort de ne pas trouver de places, - le papier que je vous laisse étant un simple mot du directeur, et n'impliquant pas la retenue de places numérotées. » Cette troupe dacrobates avait satisfait le goût pour lexotisme de Baudelaire, qui louera « la grâce divine du cos
Honfleur 28 février 1859 | 13.10 x 20.50 cm | 3 pages sur un feuillet remplié
Précieuse lettre autographe signée de Charles Baudelaire à Auguste Poulet-Malassis, éditeur des Fleurs du Mal, datée du 28 février 1859 et écrite à Honfleur. 64 lignes à l'encre noire, quelques passages soulignés, présentée sous une chemise en demi-maroquin noir moderne. Baudelaire semble obsédé par «l'affaire Sainte-Beuve/Babou». Il s'agit d'une des innombrables querelles qui suivirent le procès des Fleurs du Mal, dans laquelle l'écrivain Hippolyte Babou accuse Sainte-Beuve de ne pas avoir pris la défense de Baudelaire lors du procès. Des passages de cette lettre furent cités par Marcel Proust dans son célèbre Contre Sainte-Beuve, déplorant la lâcheté de Sainte-Beuve dans l'affaire du procès des Fleurs du Mal et l'attachement immérité que Baudelaire portait à l'écrivain. * Le poète écrit à son éditeur de Honfleur, où il s'est retiré depuis janvier auprès de sa mère, figure sacrée «qui hante le cur et l'esprit de son fils». La lettre est écrite huit jours après un autre rebondissement dans l'affaire du procès des Fleurs du mal. Baudelaire, en proie à des sentiments complexes, se confie à Malassis alors que le 20 janvier, son ami Hippolyte Babou avait attaqué Sainte-Beuve dans un article de La Revue française. Il l'accusait de ne pas avoir défendu Baudelaire lors du procès du recueil: «Il glorifiera Fanny [d'Ernest Feydeau], l'honnête homme, et gardera le silence sur Les Fleurs du Mal» écrivit-il. Car malgré les prières de Baudelaire, Sainte-Beuve n'avait finalement jamais publié d'article défendant Les Fleurs du Mal. À la suite de cette attaque de Babou, Baudelaire reçut une «lettre épouvantable» de Sainte-Beuve: «Il paraît que le coup [...] avait frappé vivement [Sainte-Beuve]. Je dois lui rendre cette justice qu'il n'a pas cru que je puisse insinuer de telles choses à Babou». Bien qu'indigné par de telles accusations, Sainte-Beuve n'en tint pas Baudelaire responsable. La virulence dont fait preuve Sainte Beuve étonne Baudelaire, qui déclare à Poulet-Malassis: «Décidément, voilà un vieillard passionné avec qui il ne fait pas bon se brouiller [...] Vous ne pouvez pas vous faire une idée de ce que c'est que la lettre de Sainte-Beuve. Il paraît que depuis douze ans il notait tous les signes de malveillance de Babou». Baudelaire assiste, impuissant, à la querelle entre deux hommes estimés, et témoigne surtout de son attachement à Sainte-Beuve, qui est mis en danger par l'article de Babou: «Ou Babou a voulu m'être utile (ce qui implique un certain degré de stupidité), ou il a voulu me faire une niche; ou il a voulu, sans s'inquiéter de mes intérêts, poursuivre une rancune mystérieuse». Baudelaire vouait en effet une admiration sans bornes à «l'oncle Beuve», sénateur, académicien et maître incontesté de la critique, dont l'avis faisait loi dans les cénacles littéraires parisiens. Il guettait depuis des années un encouragement officiel de Sainte-Beuve, qui aurait conforté sa carrière chancelante, entachée par le scandale des Fleurs du Mal. Le poète se trouve donc tiraillé entre sa vénération pour Sainte-Beuve et son amitié de longue date pour Hippolyte Babou qui, selon la légende, lui aurait suggéré le titre Les Fleurs du Mal. Il confie son désarroi à Poulet-Malassis: «Ce qu'il y avait de dangereux pour moi là-dedans, c'est que Babou avait l'air de me défendre contre quelqu'un qui m'a rendu une foule de services». On peut se demander à quels services Baudelaire pouvait faire référence, sachant que Sainte-Beuve fit en somme assez peu pour sa carrière. Cette lettre fut citée dans le Contre Sainte-Beuve, célèbre et terrible réquisitoire de Marcel Proust publié à titre posthume en 1954. Proust y accuse Sainte-Beuve de méconnaître l'incontestable génie poétique de Baudelaire, et souligne sa lâcheté durant le procès des Fleurs du Mal. En effet, afin de protéger ses fonctions sénatoriales, Sainte-Beuve n'avait rien écrit en faveur de Baudelaire à l'exception d'un «plan de défense dont l'avocat était autorisé à
Poulet Malassis & De Broise | Paris 1857 | 12 x 18.7 cm | relié sous étui
Édition originale, imprimée sur vélin dAngoulême, avec les coquilles habituelles et comportant les six poèmes condamnés, un des quelques exemplaires remis à lauteur et « destinés à des amis qui ne rendent pas de services littéraires ». Reliure en plein maroquin lie-de-vin, dos à cinq nerfs orné de multiples filets estampés à froid, couvertures dites de troisième état, plats encadrés de multiples filets estampés à froid, gardes et contreplats de papier marbré, dentelle intérieure dorée, toutes tranches dorées, étui de papier marbré bordé de maroquin, reliure signée Semet et Plumelle. Précieux exemplaire enrichi dun envoi autographe signé de lauteur à lencre sur la page de dédicace, adressé à Paul Meurice, dramaturge, journaliste et très proche collaborateur de Victor Hugo : « À Paul Meurice, témoignage damitié. Ch. Baudelaire » avec des corrections autographes de lauteur à la dédicace imprimée et à quatre poèmes : À la dédicace : deux corrections au crayon aux derniers mots de la première ligne. Baudelaire ajoute un pluriel à « ès langues françaises », « es » étant, en effet, la contraction de « en les ». Surprenante correction syntaxique au détriment de la cohérence que lauteur modifiera en 1861 par « Magicien es Lettres Françaises ». « La muse vénale », page 29 : une correction à lencre au dernier mot du dernier vers du premier tercet. « GuèreS » : une des premières coquilles corrigées par Baudelaire, qui lui avait pourtant échappé sur les épreuves, comme dailleurs la suivante. « Le chat », page 110 : une correction à lencre, au deuxième vers du sixième quatrain, « au » devient logiquement « un ». « Don Juan aux enfers », page 43 : trois corrections à lencre, au troisième vers du troisième tercet. La première, pourtant simple coquille, « errantS » avait déjà tourmenté Baudelaire sur les épreuves. Mais sa correction dalors navait pas été répercutée. Les deux autres, « les rivages », ne sont pas des corrections orthographiques mais constituent lune des deux premières variations poétiques, absente de la plupart des exemplaires offerts, annonçant la prochaine réécriture complète des Fleurs et la nouvelle édition originale de 1861. « Le reniement de Saint Pierre », page 217 : une correction au crayon au quatrième vers du deuxième quatrain. Le « D » qui remplace le « C » de « Cieux » est souligné trois fois. Pourtant, cest exactement linverse que nous dévoilent les épreuves, « Les Dieux » était alors corrigé par un « C » également énergiquement souligné ! Repentir anticlérical ou altérante allitération ? Cette correction, présente sur de rares exemplaires, attirera lattention du poète sur une autre coquille, restée intacte sur notre exemplaire, quil corrigera sur les envois tardifs : « au X doux bruit ». Baudelaire a également inscrit un large « C » au crayon, p. 52, 73, 91, 187, 191 et 206, en tête des six poèmes condamnés le 20 août 1857 à être expurgés des exemplaires en librairie. Il a reporté ce même « C. » sur la table des matières en regard des 6 titres incriminés : Les Bijoux, Le Léthé, À celle qui est trop gaie, Lesbos, Femmes damnées : À la pâle clarté et Les Métamorphoses du vampire. Soit en tout, 20 interventions autographes de Charles Baudelaire. * Lami prodigieux Cette exceptionnelle dédicace manuscrite de Charles Baudelaire à Paul Meurice, frère de substitution de Victor Hugo, porte le rare témoignage du premier échange entre les deux géants de la littérature française. Lhistoire ne retiendra en effet que quatre interactions majeures entre Charles Baudelaire et Victor Hugo : après une précoce mais médiocre entrevue en 1840 à la demande dun Baudelaire lycéen, le don des Fleurs du Mal, constituera la première rencontre réussie entre les deux poètes. Elle sera suivie, deux ans plus tard de la préface-controverse de Hugo sur Théophile Gautier. Enfin, en 1865, Baudelaire sollicitera une dernière fois Hugo afin de le faire intercéder auprès de Lacroix et Verboeckhoven, en vain. Quatre
Biponti Dimanche matin 14 [août 1864] | 13.40 x 20.60 cm | 3 pages sur un feuillet remplié
Lettre autographe signée, en partie inédite, rédigée à l'encre noire, adressée à sa mère et datée du «dimanche matin 14». Quelques soulignements, biffures et corrections de l'auteur. Ancienne collection Armand Godoy, n°188. Baudelaire crépusculaire: «L'état de dégoût où je suis me fait trouver toute chose encore plus mauvaise.» Attiré par la promesse d'une glorieuse renommée, Baudelaire se rend en Belgique en avril 1864 pour quelques conférences et l'espoir d'une rencontre fructueuse avec les éditeurs des Misérables, Lacroix et Verboeckhoven. Ceux-ci ne se déplaceront pas, les conférences seront un échec et Baudelaire nourrira contre la «Pauvre Belgique» une rancur démesurée. Pourtant, malgré les multiples sollicitations de retour, le poète passera le reste de ses jours dans ce pays honni, menant une vie de bohème mélancolique. Hormis quelques courts séjours à Paris, Baudelaire ne rentrera en France que le 29 juin 1866 terrassé par une attaque cérébrale qui le laisse hémiplégique pour une dernière année d'agonie silencieuse en maison de santé. Rédigée seulement quelques mois après son arrivée à Bruxelles et ses premières déceptions, cette lettre laisse transparaître tous les principes de la mystérieuse haine passionnelle qui retiendra définitivement le poète en Belgique. Durant ses dernières années françaises, éreinté par le procès des Fleurs du Mal, humilié par le refus de sa candidature à l'Académie, orphelin littéraire après la faillite de Poulet-Malassis et auteur déshérité par la vente des droits de ses traductions à Michel Lévy, Baudelaire est surtout très affecté sentimentalement par la déchéance inéluctable de Jeanne Duval, son éternel amour, alors que s'est tarie sa passion pour la Présidente, dont la poétique perfection n'a pas résisté au prosaïsme de la possession physique. Aussi, le 24 avril 1864, décide-t-il de fuir ces «amours décomposés» dont il n'a su «garder la forme et l'essence divine». La Belgique, ce très jeune pays qui semble né d'une révolution romantique francophone contre le joug financier hollandais, s'offre fantasmatiquement aux yeux du poète comme le lieu d'une possible reconnaissance de sa propre modernité. Page vierge sur laquelle il voudrait imprimer la puissance de sa langue en affirmant son indépendance économique, le plat pays est un miroir sur lequel Baudelaire projette son puissant idéal mais qui lui renverra plus violemment encore le spleen de ses ultimes désillusions. Publiée dans la Revue de Paris de novembre 1917, amputée du délicat paragraphe sur ses lavements froids, cette lettre emblématique évoque tous les travaux poétiques, littéraires, artistiques et pamphlétaires de Baudelaire: d'abord à travers la figure tutélaire et rassurante de l'éditeur des Fleurs du Mal, Poulet-Malassis: «Si je ne demeurais pas si loin de lui, je crois vraiment que je lui paierais une pension pour manger chez lui»; puis par l'évocation concrète de la «valeur vénale» de ses Curiosités esthétiques: «tous ces articles que j'ai si douloureusement écrits sur la peinture et la poésie». Baudelaire confie ensuite à sa mère les espoirs de publication de ses dernières traductions de Poe qui, à son grand dam, «ne paraissent pas à L'Opinion, à la Vie Parisienne, au Monde illustré». Il conclut enfin sur ses Lettres belges, dont Jules Hetzel lui fait annoncer qu'après négociation avec le Figaro, «[s]es lettres sont acceptées avec joie». Cependant, souligne littéralement Baudelaire, celles-ci sont «à ne publier que quand je serai revenu en France». Leitmotiv de sa correspondance belge, ce retour en France sans cesse imminent: «Décidément, je crois que j'irai à Paris jeudi» et sans cesse repoussé («je retarde mon voyage à Paris jusqu'à la fin du mois», corrige-t-il, huit jours plus tard), semble exciter la férocité du poète contre ses nouveaux concitoyens auprès desquels il se plaît à répandre lui-même les pires rumeurs le concernant (espionnage, parricide, anthropophagie, pédérastie et
[Paris] 13 [juillet] 1858 (mal datée « juin ») | 13.30 x 20.60 cm | 2 pages sur un feuillet remplié sous chemise et étui
Lettre autographe signée de Charles Baudelaire, rédigée au crayon de papier, adressée à sa mère. Papier en-tête à tampon sec du Grand Hôtel Voltaire, Faubourg Saint-Germain. Adresse de Madame Aupick à Honfleur (Calvados) de la main de l'auteur ainsi que plusieurs tampons postaux en dates des 13 et 14 juillet 1858. Quelques soulignements, biffures et corrections de l'auteur. Trace de sceau de cire avec initiales de Charles Baudelaire au crayon, probablement de la main de l'auteur. Un morceau de papier du second feuillet a été amputé, sans atteinte au texte. Cette lettre a été publiée pour la première fois dans la Revue de Paris le 15 septembre 1917. Ancienne collection Armand Godoy, n°102. Notre lettre est présentée sous une chemise en demi maroquin noir, plats de papier à motifs abstraits, étui bordé du même maroquin noir, plats de papier à motifs abstraits. Précieux document, témoignage d'un moment décisif de la vie du poète: la réconciliation avec la désormais veuve Aupick, cette mère sacrée «qui hante le cur et l'esprit de son fils». * Baudelaire, victorieux, a surmonté l'obstacle que représentait l'encombrant beau-père, dont il a même souhaité la mort: il est prêt à reprendre sa place auprès de sa mère dont il s'est souvent senti délaissé. Après le décès de son mari en avril 1857, cette dernière invite son fils à venir vivre à ses côtés dans sa «maison-joujou» de Honfleur. Cette lettre nous montre un Baudelaire en proie à des sentiments complexes: déchiré entre son aspiration à un idéal fusionnel et son inexorable attraction vers le spleen. Pour le «bas bohème» (comme l'appellent les Goncourt) harcelé par les créanciers, Honfleur et l'attention exclusive de sa mère, sont les promesses de l'accomplissement de sa destinée poétique. C'est en ces termes que le poète fait part de cet espoir à ses amis, notamment Antoine Jaquotot (d'ailleurs cité à la fin de la lettre que nous proposons): «Je veux décidément mener cette vie de retraite que mène un de mes amis, [...] qui, par la vie commune qu'il entretient avec sa mère a trouvé un repos d'esprit suffisant pour accomplir récemment une fort belle uvre et devenir célèbre d'un seul coup.» (20 février 1858) «Tu vas, dans peu de jours, recevoir le commencement de mon déménagement [...]. Ce seront d'abord des livres tu les rangeras proprement dans la chambre que tu me destines.» Avec ses livres, il confie à sa mère le soin de lui composer un univers de création idéal. Mais en marge de ses promesses et espoirs d'une vie enfin paisible et sereine, Baudelaire laisse transparaître son attachement à sa vie de poète maudit: «Tu sais cependant bien que ma destinée est mauvaise.» Au-delà de ses «nouveaux embarras d'argent» c'est bien son uvre qui le retient à la capitale: «Si mon premier morceau à la Revue contemporaine a été retardé, c'est uniquement parce que je l'ai voulu; j'ai voulu revoir, relire, recommencer et corriger.» Le «premier morceau» évoqué par Baudelaire n'est autre «De l'Idéal artificiel, le Haschisch», premier texte des Paradis artificiels à venir (1860), qui ne paraîtra que dans le numéro du 30 septembre 1858 de la revue. Ce passage de la lettre, montrant l'acharnement perfectionniste de Baudelaire, rappelle la complexité tentaculaire des brouillons et épreuves du poète qui, jusqu'au dernier instant (jusque sur les premiers exemplaires de ses Fleurs du Mal, voir notre exemplaire), n'a de cesse de le corriger méticuleusement. En dépit de ses problèmes financiers, le poète corrige et modifie sans relâche, ne pouvant alors proposer qu'un nombre d'articles très restreint. Pourtant Baudelaire croit plus que jamais à son enrichissement par l'écriture et promet: «Cette fois-ci je m'en tirerai à moi tout seul, sans emprunter un sol.» Baudelaire ne quittera finalement Paris pour Honfleur qu'en janvier 1859 et n'y restera pas. Au bout de quelques semaines, il s'ennuiera de l'effervescence parisienne et surtout de Jeanne Duval qui le réclame: il qui
Poulet Malassis & De Broise | Paris 1859 | 11.50 x 18 cm | relié
Édition originale, dont il n'a été tiré que 500 exemplaires. Portrait de Théophile Gautier gravé à l'eau forte par Emile Thérond en frontisipice. Importante lettre préface de Victor Hugo. Reliure en plein maroquin rouge, dos à cinq nerfs sertis de filets noirs, date dorée en queue, gardes et contreplats de papier à la cuve, ex-libris baudelairien de Renée Cortot encollé sur la première garde, couvertures conservées, tête dorée. Pâles rousseurs affectant les premiers et derniers feuillets, bel exemplaire parfaitement établi. Rare envoi autographe signé de Charles Baudelaire: «à mon ami Paul Meurice. Ch. Baudelaire.» Un billet d'ex-dono autographe de Victor Hugo adressé à Paul Meurice à été joint à cet exemplaire par nos soins et monté sur onglet. Ce billet, qui ne fut sans doute jamais utilisé, avait été cependant préparé, avec quelques autres, par Victor Hugo pour offrir à son ami un exemplaire de ses uvres publiées à Paris, pendant son exil. Si l'Histoire ne permit pas à Hugo d'adresser cet ouvrage à Meurice, ce billet d'envoi, jusqu'alors non utilisé, ne pouvait être, selon nous, plus justement associé. Provenance: Paul Meurice, puis Alfred et Renée Cortot. * Cette exceptionnelle dédicace manuscrite de Charles Baudelaire à Paul Meurice, véritable frère de substitution de Victor Hugo, porte le témoignage d'une rencontre littéraire unique entre deux des plus importants poètes français, Hugo et Baudelaire. Paul Meurice fut en effet l'intermédiaire indispensable entre le poète condamné et son illustre pair exilé, car demander à Victor Hugo d'associer leurs noms à cette élégie de Théophile Gautier fut une des grandes audaces de Charles Baudelaire et n'aurait sans doute eu aucune chance de se réaliser sans le précieux concours de Paul Meurice. Nègre de Dumas, auteur de Fanfan la Tulipe et des adaptations théâtrales de Victor Hugo, George Sand, Alexandre Dumas ou Théophile Gautier, Paul Meurice fut un écrivain de talent qui se tint dans l'ombre des grands artistes de son temps. Sa relation unique avec Victor Hugo lui conféra cependant un rôle déterminant dans l'histoire littéraire. Plus qu'un ami, Paul se substitua, avec Auguste Vacquerie, aux frères décédés de Victor Hugo: «j'ai perdu mes deux frères ; lui et vous, vous et lui, vous les remplacez ; seulement j'étais le cadet ; je suis devenu l'aîné, voilà toute la différence.» C'est à ce frère de cur (dont il fut le témoin de mariage au côté d'Ingres et Dumas) que le poète en exil confia ses intérêts littéraires et financiers et c'est lui qu'il désignera, avec Auguste Vacquerie, comme exécuteur testamentaire. Après la mort du poète, Meurice fondera la maison Victor Hugo qui est, aujourd'hui encore, une des plus célèbres demeures-musées d'écrivain. En 1859, la maison de Paul est devenue l'antichambre parisienne du rocher anglo-normand de Victor Hugo, et Baudelaire s'adresse donc naturellement, à cet ambassadeur officiel. Baudelaire connait bien Meurice depuis une première intercession en sa faveur auprès de Hugo qui lui valu un exceptionnel exemplaire des Fleurs du Mal en « témoignage d'amitié ». Mais les deux hommes partagentégalement un ami commun, Théophile Gautier, avec lequel Meurice travailla dès 1842 à une adaptation deFalstaff. Il est donc l'intermédiaire idéal pour s'assurer la bienveillance de l'inaccessible Hugo. Baudelaire avait pourtant déjà brièvement rencontré Victor Hugo. à dix-neuf ans, il sollicita une entrevue avec le plus grand poète moderne, auquel il vouait un culte depuis l'enfance: «Je vous aime comme on aime un héros, un livre, comme on aime purement et sans intérêt toute belle chose.». Déjà, il se rêvait en digne successeur, comme il lui avoue à demi-mot: «à dix-neuf ans eussiez-vous hésité à en écrire autant à [...] Chateaubriand par exemple». Pour le jeune apprenti poète, Victor Hugo appartient au passé, et Baudelaire souhaitera rapidement s'affranchir de ce pesant modèle. Dès son premier ouvrage, Le Salon de 1845, l'iconoclaste Ba
Paris, E. Dentu [impr. L. Tinterlin et Cie], 1861, in-12 (17,2 x 11,5 cm), relié demi basane verte, dos à 5 nerfs rehaussés de filets doré et de double filets de part en part (reliure de l'époque), 70 p., (1) f. blanc. Edition originale. Sur le faux-titre, envoi autographe signé au crayon : à M. Gaston de Saint Valry témoignage d'amitié C B. Baudelaire connaissait et appréciait la musique de Wagner depuis plusieurs années, il le jugeait déjà être " celui que l'avenir consacrera le plus illustre parmi les maîtres ". En janvier et février 1860 il assista aux concerts que Wagner donna au Théâtre-Italien, dirigeant lui-même l'orchestre et les chœurs. Il confia à Poulet-Malassis : "Si vous aviez été à Paris, ces jours derniers, vous auriez entendu les ouvrages sublimes de Wagner; ç'a été un événement dans mon cerveau" puis " cette musique, une des grandes jouissances de ma vie ; il y a bien quinze ans que je n'ai senti pareil enlèvement. " Les fortes émotions éprouvées par la rencontre des deux grands artistes, Baudelaire les analyse dans ce volume. La première de Tannhäuser, eut lieu à l'Opéra le 13 mars 1860. L'hostilité du public et des critiques obligea Wagner à retirer sa partition après trois représentations. Au lendemain Baudelaire s'attela à sa défense. Le texte parut dans la Revue européenne en avril 1861, puis Dentu le publiera au mois de mai en librairie remanié et augmenté d'un épilogue, célébrant en Wagner la recherche d'un art total qu'il identifie avec ses propres théories poétiques (correspondances). Le compositeur lui exprima sa gratitude ; " immense satisfaction ". " Ne serait-il possible de vous dire bientôt, à haute voix, comment je m'ai senti enivré en lisant ces belles pages qui me racontaient comme le fait le meilleur poème... "Gaston de Saint-Valry (1828-1881), critique littéraire et journaliste - il dirigea le journal " La Patrie " jusqu'en 1870 - il collabora aussi à plusieurs journaux dont La Gazette de Paris dans laquelle il donna, le 28 septembre 1856, un compte-rendu favorable des Histoires extraordinaires d'Egard Poe dans la traduction de Baudelaire*.Saint-Valry fut, avec Poulet-Malassis, à l'origine de la refonte du Journal d'Alençon qui, transformé en journal littéraire, allait publier dans le numéro 49 du 18 juin 1857, le poème Le Vin des chiffonniers extrait des Fleurs du Mal. C'est avec ce dernier que Charles Baudelaire signe le contrat de publication des Fleurs du mal, le 30 décembre 1856. Le recueil est publié en 1857. Raymond Poggenburg note dans sa chronologie Baudelairienne que le poète et Saint-Valry se rencontrent juste après la parution du volume, en juillet-août 1857 et que, le 21 août, Emile Deschamps écrit à Baudelaire pour lui exprimer l'admiration que lui porte Gaston de Saint-Valry.*POE (Edgar Allan), Édition d'Ellerbrock (Karl Philipp), Classiques Garnier, Double assassinat dans la rue Morgue ! Edgar Allan Poe en traduction française, " Gaston de Saint-Valry. Extrait de : Critique littéraire (1856) ", p. 309-312 Claude Pichois et Jean Ziegler, Baudelaire. Fayard, 2005, pp. 517-521.Correspondance, I (1832-1860), 1973, pp. 666, 670-71L'exemplaire des Fleurs du mal dédicacé à Gaston de Saint-Valry contenant une strophe inédite manuscrite de Baudelaire au poème Les Bijoux, a été vendu le 22 Novembre 2019chez Art Valorem sous le n°102.L'exemplaire de Richard Wagner et Tannhäuser d'Auguste Poulet-Malassis a figuré dans la vente de la bibliothèque Pierre Bergé sous le n°387 le 9 novembre 2016.
ÉDITION PRÉ-ORIGINALE de XVIII poèmes (pp.1079 à 1093) [NOTE1, in fine], dans lesquels Baudelaire décrit la misérable humanité soumise au Diable : « Sur l’oreiller du mal c’est Satan trismégiste » (I,9), « qui tient les fils qui nous remuent » (I,13) ; ainsi, « Chaque jour vers l’Enfer nous descendons d’un pas » (I,16), toujours en compagnie de Lucifer : « Sans cesse à mes côtés s’agite le Démon » (VI,1), tentateur refoulé avec ses promesses de Paradis artificiel(s) qui « Accoutume ma lèvre à des filtres infâmes » (VI,8). Par ailleurs, pur hasard, coïncidence, éditoriale, voire diabolique, on notera que la première page chiffrée du second volume est frappée du sceau du Malin: "666", nombre satanique par excellence, inspirateur des paradis artificiels, annonciateur des démêlés de Baudelaire avec la « Justice » des hommes ; par la justice « Divine », Baudelaire se sait condamné d’avance [NOTE 2] : « Adorable sorcière, aimes-tu les damnés ? » (VIII, 31). Elucubrations fumeuses de ma part? Ce commentaire méphistophélique a déjà été étudié dans un texte au titre racoleur : Baudelaire’s Satanic Verses , par Jonathan D. CULLER, éminent professeur à la Cornell University [note3] . Jusqu’en 1855, seules quelques poésies éparses avaient été imprimées dans la presse ; dix ans auparavant, Baudelaire pensait donner à son recueil de poésies à venir, ce titre aussi provocateur que sulfureux: « Les Lesbiennes », projet aussitôt dénoncé… même par ses amis. Il fallut donc trouver autre chose : « Les Limbes » aussi furent très vite abandonnées. La « tradition attribue à Hippolyte Babou, écrivain et critique, la trouvaille du nouveau titre », au café Lemblin (ou Lamblin, au Palais Royal), après de longues palabres. Seulement voila : toute mystique entraîne le doute qui, lui-même, conduit à la révision… Bernard Delmay [note4] dénonce l’absence de documents probants et montre que « Les Fleurs du Mal » sont directement issues de la préface de Philippe de Chennevières aux poèmes d’Ernest Prarond ( Impressions et Pensées d’Albert. Paris, Michel Lévy, 1854), dans laquelle il dénonçait « les fleurs étiolées ou impures, d’un parfum affadissant ou malsain ». La paraphrase semble évidente. Ainsi donc disparaîtrait le malheureux Babou, dont c’est, de nos jours, le seul « titre » de gloire ! [NOTE 1] ce recueil est imprimé « à cheval » sur les cahiers 68 et 69 : - feuillet 68/8 [pp. (1079)-1080, titre et premier poème], - feuillets 69/1-7, le poème XVIII (et dernier) recto du septième feuillet (p.1093), le verso (p.1094) occupé par le début de la « chronique de la quinzaine). [NOTE 2] Perdu ! Baudelaire ne sera jamais mis à l’Index. Quoique… Un demi-siècle plus tard, en 1917, les démons de la Censure agitèrent le Vatican : le Saint-Office se pencha sur le cas de quelques auteurs sulfureux, décédés (Baudelaire, bien sûr, Barbey d’Aurevilly, Bloy, Huysmans, Verlaine) ou contemporains (Claudel, Mauriac et même le très catholique Francis Jammes) ; la procédure ne dura que dix ans et aboutit, après une lutte acharnée entre les pro- et les anti- condamnation, le 3 mai 1927, à la publication d’une « Instruction intitulée « De sensuali et de sensuali-mystico litterarum genere » [qui] ne mentionne aucun titre d’ouvrages, aucun nom d’auteur ». On y dénonce le côté immoral des œuvres [empreintes] d’une « sensualité maladive » sans fournir d’exemple » ; ce texte fut traduit dans quelques bulletins diocésains. (d’après Jean-Baptiste Amadieu, in L’année Baudelaire, Paris, Champion, 2018, hal.archives-ouvertes.fr) . [NOTE 3] Diacritics, , volume 28 n°3, 1998, pp. 86-100, publié par The Johns Hopkins University Press. [NOTE 4] in « persee.fr » (Littératures, 1987/ 16 / pp. 115-121) . B. Delmay : Deux notes sur Baudelaire (II-Les Fleurs du mal : Naissance d’un titre).
. Que penser de ces beaux découpages, montrant une fausse plaquette qui se termine joliment (p.1094), sur un fragment de texte, mieux encore, sur une césure (cf. note 1) , souvent richement reliés, quelquefois par des Maîtres ; parfois, le mal est moindre : on propose un tome X, seconde partie, débutant à la page (665)… Dans tous le cas, ce sont des « canards boiteux ». [NOTE 5] [ NOTE 5] Explications : un client pointilleux, quelque peu heurté par ce dernier propos m’a demandé de le justifier. Pour ce faire, j’ai utilisé, en bon Béarnais, une autre métaphore culinaire : comparaison –osée- avec un jambon de Bayonne, façon détournée de balancer mon porc… Dans cette image, le véritable intégriste exigerait la possession de la totalité du cochon, soit la collection complète de la Revue ! Plus modestement, un cochonnet pourrait figurer l’année complète. Je me limiterai au jambon : - la plaquette, forcément bricolée, représente la chiffonnade, tranche très, très fine [cf. note 1] ; - plus épaisse, une belle tranche de jambon, quasiment une rouelle : la livraison du premier juin 1855 (pp.889-1336), avec sa couenne (pardon, avec sa couverture d’origine) ; - enfin, demi-cuisseau, demi-cuissot, demie-cuisse, par mutilation du tome X. Le « canard » est bien boiteux ! Bel exemplaire, décoratif, très rare dans sa présentation d’origine : les mentions frappées sur les dos des reliures sont strictement utiles, nécessaires et suffisantes à la présentation de ces deux fragments de la Revue des Deux Mondes. BUR (H3/2)
30 mai 1865 | 13.70 x 21.10 cm | une page sur un feuillet
Lettre autographe signée de Charles Baudelaire adressée à Narcisse Ancelle, rédigée à l'encre noire sur un feuillet de papier bleu. Pliures inhérentes à l'envoi, trois infimes petits trous sans atteinte au texte. Cette lettre a été retranscrite dans les Oeuvres complètesvolume 11 publiées en 1949 parL. Conard. Emouvante missive bruxelloise adressée au célèbre notaire familial devenu en 1844 le conseil judicaire de Charles chargé de gérer sa rente et ses dettes exponentielles. Une relation complexe s'établit entre le poète et son tuteur, mêlant nécessité et défiance, mais témoignant néanmoins d'un véritable respect mutuel entre les deux hommes. Cette correspondance, dépourvue de l'affectivité des lettres à sa mère ou des circonvolutions dans ses échanges avec les créanciers, constitue une des plus précieuses sources biographiques du poète. En effet, la dépendance financière de Baudelaire le contraint à une très grande transparence avec son tuteur et chacune de ses lettres à Ancelle résume admirablement ses pérégrinations. Ainsi, cette lettre évoque-t-elle le terrible enlisement du poète en Belgique et son retour sans cesse reporté à Paris. Lorsqu'il écrit, Baudelaire est encore à Bruxelles à l'Hôtel du Grand Miroir, «28 rue de la Montagne» (mais il ne faut pas écrire le nom de l'hôtel, sinon les lettres ne lui parviennent pas directement), où il se meurt d'ennui, de maladie et de rancur contre un pays dans lequel, innocemment, il croyait trouver la gloire. Cette annonce de départ imminent pour Paris,"Deux ou trois jours après votre réponse je partirai", fait écho à toutes les promesses similaires que le poète adresse depuis près d'un an à ces correspondants. Celle-ci sera avortée, comme toutes les autres car, comme il l'avoue à Ancelle un quelques mois plus tôt, Paris lui «fait une peur de chien». Ce n'est qu'en août 1865 qu'il accomplira un ultime et court séjour en France avant son apoplexie fatale. Son retour, "Je suis très attendu à Paris et à Honfleur"était pourtant motivé par une raison impérieuse: négocier avec un éditeur, grâce à l'intervention de Manet, la publication de son recueil de réflexions sur ses contemporains qu'il a déjà intitulé «mon cur mis à nu» et dont le manuscrit est en partie chez sa mère à Honfleur. Nouvel échec, l'uvre ne paraîtra qu'en 1897, 30 ans après la mort de Baudelaire. Mais c'est sans doute la référenceaux «deux grands tableaux [qu'il veut] expédier à Honfleur», qui donne tout son sel à cette lettre. Baudelaire évoque en effet sa volonté de rapatrier des peintures de sa collection déposés chez divers prêteurs ou restaurateurs, et dont il avait déjà envoyé une liste à Ancelle quelques mois plus tôt. Parmi ceux-ci, quels sont ceux qu'il voulait ramener à sa mère? Le portrait de son père, le Boilly, le Manet, un Constantin Guys? Il n'est fait aucune mention dans les autres lettres de ce transport artistique et du «reste» auquel seront joints les tableaux. Cette volonté d'"expédier à Honfleur" ses biens précieux,témoigne pourtant du désir du poète affaibli de s'installer définitivement dans la «maison-bijou» de sa mère à Honfleur, ilot de sérénité dans lequel Baudelaire rêve d'une paisible retraite où tout ne serait à nouveau «qu'ordre et beauté,luxe, calme et volupté». Il y retournera en effet, paralysé et muet, mais pour une dernière année d'agonie après sa crise syphilitique. L'hôtel du Grand Miroir, quant à lui, restera sa dernière véritable demeure comme cela sera noté le mardi 3 avril 1866, sur le registre des entrants à la Clinique Saint-Jean : « Nom et prénoms : Baudelaire Charles. « Domicile : France et rue de la Montagne, 28. « Profession : homme de lettres. « Maladie : apoplexie. » Belle lettre à celui qui fut à la fois le persécuteur et le protecteur de Baudelaire. Il accompagna le poète jusqu'à sa mort, avant de devenir l'éxécuteur testamentaire de la famille. - Photographies et détails sur www.Edition-Originale.com -
Avec 5 eaux-fortes originales dont 2 de Manet. [BAUDELAIRE (Charles)] - ASSELINEAU (Charles).
Reference : 12837
(1869)
1869 P., Alphonse Lemerre, 1869, 1 vol. in-12 (182 x 115 mm), relié 1/2 basane marron époque, dos lisse, auteur, titre et série de 6 double-filets dorés, plats de papier marbré lie-de-vin, de (2) ff. (faux-titre et titre) - 109 pp. - (1) f. (table).Dos légèrement insolé, pâles rousseurs éparses.
Edition originale de la première biographie de Charles Baudelaire parue 2 ans après sa mort. Exemplaire sur papier fort.5 eaux-fortes originales représentant des portraits de Baudelaire : 1. gravé par Bracquemond daprès Emile Deroy (1844) en frontispice - 2. gravé par Bracquemond daprès un autoportrait de lauteur (1848) - 3. gravé par Bracquemond daprès Gustave Courbet (1848) - 4. Baudelaire de profil en chapeau peint et gravé par Manet (1862) - 5. Baudelaire de face peint et gravé par Manet (1865).Réf. biblio. : Vicaire, I-129 ; Clouzot, 9 : "Recherché surtout pour les 5 portraits de Baudelaire (). Assez souvent piqué et peu commun en reliure dépoque" ; Berès, Manet, dessins, aquarelles, eaux-fortes, lithographies1978, fiche 41 : Baudelaire de profil en chapeau - Eau-forte originale en 2e état, Manet ajoute son initiale M sur un petit rectangle hachuré - fiche 46 : Baudelaire de face III - Eau-forte, 4 états (?) : 1e tirage dans Asselineau en 1869.
Paris, Le Jaquemart,1947 ; in-4° en feuilles sous chemise et étui cartonnés jaunes, titre en bleu au dos de chemise; 53pp., (2)pp., ( 1)f.; 8 gravures sur bois à pleine page et 1 dans le texte .Tirage total à 420 exemplaires numérotés, celui -ci N° 123 , 1 des 125 sur vélin de Rives.
Exemplaire auquel il manque sa couverture grise imprimée en rouge.Quelques piqûres aux 3 premiers et 3 derniers feuillets sinon rès rares. ( GrG)
1923 Paris, chez Emile-Paul frères, 1923 ; in-8 étroit broché, de (2) ff. (1 bl., titre), 311pp. - (1) f. de justification couverture beige rosé illustrée d'un encadrement argenté sur les 2 plats, titre en noir au dos et sur les 2 plats. 1 des 81 exemplaires sur papier de coton rose du Mittineague mill.
Petits chocs sans manques en bordure des plats de la couverture, exemplaire non rogné, grande marge inférieure gardée avec témoins. Marge inférieure un peu gondolée en raison de sa taille. Bon exemplaire imprimé sur papier rose. (CO1)
1921 Paris, Editions de G. Crès et Cién 1921; in - 8 de VI - 450 pp. - (4) pp. ( Extrait du catalogue Crès); demi - basane maroquinée violine à coins, filet doré aux mors et coins, dos à nerfs orné en long de filets et fleurons formant deux rectangles cernant auteur et titre dorés, tête rouge, couverture et dos conservés.
Nom manuscrit au titre. Bon exemplaire bien relié de cette édition qui renferme notes et variantes. (CO2)
1946 Paris, Editions de Cluny, 1946 ; in-8 étroit broché, couverture rempliée illustrée d'une eau-forte avec titre en noir et rouge, chemise et étui cartonnés gris pâle, titre en noir au dos de la chemise cartonnée. Illustré dans et hors le texte d'eaux-fortes originales d'Elie Grékoff tirées en noir.
Tirage total à 350 exemplaires, celui-ci n° 46, 1 des 40 exemplaires sur vélin de Rives (2e papier après 10 japon), avec une suite en noir des illustrations. Bon exemplaire. (Reu-CO1)
1943 Paris, Editions de Cluny, 1943 ; 2 volumes in-8° étroit de 263 pp.; 168pp. Titre courant et titre de chaque oeuvre imprimée en ocre. Couverture illustrée au 1er plat d'un motif floral en noir , ocre et rouge, tItre en noir et ocre au dos et 1er plat. Edition tirée à 1800 exemplaires , celui-ci 1 des 1700 sur velin de Voiron.
Dos du 1er volume jauni, avec très petits accrocs en tête et pied, sinon bon état. (GrD2)
1945 Paris, Editions du Panthéon, 1945; in-8° broché, couverture crème de papier fort illustré d'un dessin en noir titre en grenat, titre en noir au dos; 204pp - (2) ff. 10 dessins hors texte en noir tirés sur papier couché.
Edition tirée à 2000 exemplaires, dos de la couverture très légèrement jauni. (GrD2)
1947 Paris, La Taille Douce, 1947; petit n-4° en feuilles,couveruire rempliée, titre en grenat et portrait en noir au 1er plat, sous étui et chemise cartonnés, titre en grenat au dos de la chemiset ; 43 ff. n. ch dont le frontispice et 10 hors-texte en couleurs. Tirage total à 275 exemplaires numérotés, celui-ci 1 des 125 sur Annam de Rives, n°190. Texte composé en caractères Firmin Didot, gravures tirées par Manuel Robbe, coloris par les ateliers Barry.
Chemise et étui un peu jaunis et poussiéreux, rares rousseurs en marge de quelques feuillets. Bon exemplaire. (Reu- CO1)
1974 Grenoble, Roissard, 1974-1975 ; 2 volumes grand in-8° brochés, chemise et étui cartonnés recouvert de percaline vert bronze, titre doré; 230pp., 1p.nch., 2ff.; 240pp., 1p.nch.,2ff.; illustré de reproductions de gravures du temps.
Tiré à 1000 exemplaires numérotés sur pur chiffon de Lana. Très bon état. ( CO1)
Paris, Société du Mercure de France, 1906 ; in-8°, broché, couverture jaune imprimée en noir; 555pp., (3)pp. + 8pp.( catalogue Mercure de France sur papier vert). Portrait en frontispice.Tache jaune au titre, au portrait et à la serpente.
Edition originale sur papier d'édition, portant le N° 133 ( seul 84 exemplaires sont en grand papier de Hollande ). (CO1)