Superbe exemplaire provenant de la bibliothèque Guy Pellion avec ex-libris. Paris, Toussainct du Bray, P. Roccolet, Cl. Sonnius, 1631. In-4 de 27 pp., (1) p. d’extrait du Privilège, 400 pp., 56 pp. et (8) ff. Plein veau blond, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs richement orné, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge et vert, double filet or sur les coupes, tranches dorées. Reliure du XIXe siècle signée Niédrée. 237 x 178 mm.
Édition originale du Prince, « l’œuvre qui contribua à fixer la langue et constitue l’un des plus beaux monuments de la prose française ». « Edition originale ornée d’un beau titre-frontispice offrant le portrait de Louis XIII ». Tchemerzine, I, 355. Jean-Louis Guez de Balzac (1597-1654) bénéficie désormais d’un nouvel éclairage. Si l’on reconnaît toujours en lui le restaurateur de la langue française célébré par Ménage, on scrute avec plus d’intérêt ses conceptions de la morale et de la politique, « sa vieille Maitresse ». « A son retour d’Italie où il avait suivi le cardinal de la Valette, Balzac s’était déjà rendu célèbre par ses Lettres. Il fut accueilli comme un triomphateur et recherché de tout le monde élégant et lettré ; Richelieu, en particulier, fit tout ce qu’il put pour s’attacher un aussi précieux esprit. C’est probablement dans le milieu de la cour, qu’il ne fréquentait plus guère cependant après 1624, que Balzac conçut son projet d’écrire ce livre : peut-être lui fut-il plus ou moins directement commandé. On raconte qu’ayant entendu citer par un gentilhomme l’indignation d’un de ses amis, alors prisonnier des pirates barbaresques, provoquées par les insultes qu’on prodiguait devant lui au nom de Louis xiii, Balzac aurait eu l’idée de consacrer sa plume à retracer le bonheur de la France de vivre sous un sceptre aussi glorieux que celui de ce roi. Bien que « Le Prince » prétende à quelque généralité et que le nom du roi n’y figure pas, c’est en fait une peinture idéalisée de Louis xiii, héros digne de l’Antiquité. Pleine d’harmonie et d’une grande rigueur, cette œuvre contribua, au moins autant que les « Lettres », à fixer la langue et constitue un des plus beaux monuments de la prose française. Les idées politiques de Balzac ne sont d’ailleurs pas indifférentes, elles sont la parfaite expression de l’esprit de son temps ». (Dictionnaire des Œuvres, V, 511). « C’est d’Italie qu’il commença d’écrire ses ‘Lettres’ qui devaient un jour lui assurer la gloire. D’emblée, ou peu s’en faut, il s’acquit l’admiration de la haute société française. C’est dire que lorsqu’il revint à Paris, l’année suivante (1622), il se vit déjà célèbre. L’un après l’autre, tous les grands personnages se mirent à le rechercher ; Richelieu lui-même fit tout ce qu’il put pour s’en faire bien voir, tant il tenait à s’attacher un esprit aussi remarquable [...] Sitôt qu’il vit le jour, le recueil obtint un succès prodigieux : non seulement en France, mais dans toute l’Europe [...] En somme, Guez de Balzac a rendu à la prose le même service que Malherbe à la poésie. Il a préparé l’éclosion de la prose classique. » (Dictionnaire des Auteurs, I, 208). Le Prince (1631), découronné d’un prélude pastoral, mais éclairé d’arguments en 1634, prétend peindre « la révolution morale » entraînée par l’impérieux pouvoir de Richelieu. Balzac, cette fois, plaide pour un paternalisme monarchique, où « la Prudence soulage la Justice » selon une raison d’Etat soucieuse du bien public. Dans cet ouvrage riche de « toutes les vertus oratoires », Balzac s’efforce d’atteindre à « la perfection du genre sublime » en faisant fond sur les « Lettres Sainctes » et la tradition de Cicéron et Sénèque. Par ses contradictions mêmes Balzac instaure un nouvel « humanisme », héroïque et moderne, embrassant sous le nom de politesse le cœur, le goût et la raison. Prosateur et poète latin du premier rang, il comble l’ambition majeure des statuts de l’Académie par le triomphe indiscuté des lettres françaises. Résigné au Dieu caché, il a foi en une création rationnelle et s’efforce de repenser selon la nature la société et l’art. « Observateur », il élabore une politique où la culture pourrait rendre « plus humains » princes et sujets. Chantre de la retraite, mais mondain toujours, il plaide pour l’urbanité contre la double trahison d’une arrogante ignorance et du pédantisme. « Atticiste » enfin, il témoigne pour un travail à la Malherbe qui n’étouffe pas la spontanéité ni « la raisonnable fureur » d’un Théophile. Force et majesté, mais douceur ; diversité, mais ordre, économie et choix ; sérieux, mais finesse de la raillerie et gaieté, telles sont les marques de l’art de plaire et persuader qu’il propose à la cour et à la bonne société, et qui fondent un authentique classicisme Louis XIII. Précieux et fort bel exemplaire provenant de la Bibliothèque Guy Pellion avec ex-libris.
Précieux exemplaire d’une grande pureté conservé dans sa reliure de l’époque. Paris, Werdet, 1er juin 1836. 2 tomes reliés en 2 volumes in-8 de: I/ (2) ff., 4 pp. pour la Chronique de Paris, lv pp., 325 pp., (1) f. de table ; II/ (2) ff., 344 pp. y compris la table. Demi-chagrin vieux rouge à coins, dos à nerfs ornés de filets dorés, tranches jaspées. Dos très légèrement plus clairs. Etui. Reliure de l’époque. 194 x 126 mm.
Précieuse édition originale de l’une des œuvres les plus recherchées de Balzac. Carteret, I, 72; Clouzot, Guide du bibliophile, 14; Vicaire, Manuel de l’amateur de livres du XIXe siècle, 202-203. «Rare et très recherché.» (Clouzot, 14). Dans ce grand roman d’amour, un peu à part dans l’œuvre de Balzac, l’écrivain, transposant dans une idylle aussi pure que passionnée son amour pour Laure de Berry, se remémore souvenirs d’enfance et de jeunesse et se fait le chantre ému de sa Touraine natale: «Ne me demandez plus pourquoi j’aime la Touraine; je ne l’aime ni comme on aime son berceau, ni comme on aime une oasis dans le désert, je l’aime comme un artiste aime l’art… sans la Touraine, peut-être ne vivrais-je plus». Le premier tome de cette édition originale reprend, avec de nombreuses variantes, le texte qui a commencé à paraitre dans «La Revue de Paris» du 22 novembre au 27 décembre 1835. Le roman est précédé de l’important«historique du procès auquel a donné lieu le Lys dans la vallée» qui n’a pas été maintenu dans les éditions postérieures. Balzac avait en effet confié la prépublication de son roman à la Revue de Paris. Ayant appris que Buloz, le directeur de cette revue, avait vendu à son insu à la Revue étrangère de Saint-Pétersbourg des épreuves du Lys dans la vallée, Balzac refusa de lui livrer la fin du roman. Furieux, Buloz intenta un procès à l’auteur. Après cinq pénibles mois, Balzac obtint satisfaction, et le roman parut début juin, précédé de cette mordante «Histoire du procès auquel a donné lieu ‘Le Lys dans la vallée’». Le retentissement de ce procès assura un succès immédiat au roman: 1800 des 2000 exemplaires imprimés furent écoulés le jour même de la mise en vente. «Le procès dont l’historique se trouve au commencement du tome I avait été intenté à Balzac par M. Buloz, directeur de la Revue de Paris, où a paru une partie du Lys dans la vallée. Balzac se plaignait de la publication de son roman à Saint-Pétersbourg, en octobre, alors que le premier feuilleton du Lys dans la vallée n’a paru à Paris que le 23 novembre. Balzac gagna son procès et le jour de la mise en vente, 1800 exemplaires furent enlevés, sur 2000 qui avaient été tirés» (Vicaire, 202-203). Précieux exemplaire d’une grande pureté conservé dans sa reliure de l’époque. L’exemplaire Hayoit, lavé et en reliure moderne, fut vendu pour 75000 francs à la vente Sotheby’s du 29 juin 2001 (soit environ 12000 €).
Rare réunion de deux textes recherchés de Guez de Balzac, dont son chef-d’œuvre Aristippe, reliés en vélin de l’époque à recouvrement. I -Paris, Augustin Courbé, 1657.II - Paris, Augustin Courbé, 1658. Soit 2 titres reliés en 1 volume in-12 de: I/ (49) ff. y compris le frontispice, le titre, l’épitre, la table, et le faux-titre, pp. 3 à 387, (1) p.bl. et (10) ff.; II/ (6) ff., pp. 3 à 278, (14) ff., (3) ff.bl. Plein vélin de l’époque à recouvrement, dos lisse avec le titre manuscrit. Reliure de l’époque. 132 x 75 mm.
I/ Première édition au format in-12, publiée l’année de l’originale in-4, plus rare et étonnamment plus chère que cette dernière (voir les enchères citées par Tchemerzine). Tchemerzine, I, 371; Brunet, I, 632. Les Entretiens sont un ensemble de petits essais sur divers sujets de littérature et d'histoire présentés sur le ton de la conversation et adressés à des seigneurs et hommes de lettres du temps, parmi lesquels Conrart, le marquis de Montausier (à qui d'ailleurs l'ensemble est dédié), Sarasin, Racan, Chapelain, Girard, … «Jean Louis Guez de Balzac (1595-1654) commença d’écrire d’Italie ses ‘Lettres’ qui devaient un jour lui assurer la gloire. D’emblée, il s’acquit l’admiration de la haute société française. Lorsqu’il revint à Paris en 1622, il se vit déjà célèbre. L’un après l’autre, tous les grands personnages se mirent à le rechercher; Richelieu lui-même fit tout ce qu’il put pour s’en faire bien voir, tant il tenait à s’attacher un esprit aussi remarquable. En 1634, il fut élu parmi les membres de l’Académie […] Partout sa phrase est construite à la perfection. En somme, Guez de Balzac a rendu à la prose le même service que Malherbe à la poésie. Il a préparé l’éclosion de la prose classique.» (Dictionnaire des Auteurs, I, 208). Cette édition posthume, publiée par Guillaume Girard, est ornée d'un beau frontispice, d’une vignette gravée sur le titre, ainsi que d'un bandeau et d'une lettrine au premier feuillet de l'épître dédicatoire au marquis de Montausier. C'est la seule édition, avec l’originale in-4, qui comporte 41 entretiens, le 40ème ayant été supprimé dans les éditions ultérieures. Cette première édition in-12 a de tout temps été la plus recherchée. Ainsi, il est intéressant de remarquer que Tchemerzine cite deux exemplaires de cette première édition in-12, reliés en veau et en vélin, qui furent vendus 125 fr. et 120 fr. avant 1918, alors que les deux exemplaires équivalents de la première édition in-4 étaient vendus 20 fr. et 10 fr. seulement à la même époque, soit 6 fois moins cher. II/ Première édition au format in-12 d’’Aristippe’, publiée l’année de l’originale in-4, plus rare et plus recherchée que cette dernière. Tchemerzine, I, 375; Brunet, I, 632. «Cet ouvrage est dédié à la reine Christine de Suède. Si, dans ‘Le Prince’, Balzac fait l’apologie de Louis XIII et de Richelieu, dans cet ouvrage, qui peut être considéré comme le chef-d’œuvre de l’auteur, Guez de Balzac étudie les mœurs de la cour et cherche les moyens de concilier le devoir avec la politique. Sainte-Beuve (‘Port-Royal’) loue Balzac d’avoir, le premier, donné à la prose française ‘les nombres’ et d’avoir possédé ‘cette sage économie du discours qui permet d’en continuer toujours la magnificence’. Ces remarques sont vraies pour les ‘Lettres’, mais lorsqu’on parle d’’Aristippe’, on doit ajouter que son style est soutenu, grave et élevé.» (Dictionnaire des Œuvres, I, 247). Bel exemplaire d’une grande pureté de ce recueil contenant deux textes recherchés de Guez de Balzac, conservé dans son vélin à recouvrement de l’époque. Aucune de ces deux éditions originales in-12 n’est passée sur le marché public depuis le début des relevés.
Ses « Lettres » demeurent un document de premier ordre sur l’histoire de la langue. Sonore, claire et harmonieuse, la prose de Balzac est un modèle des lettres classiques. Paris, Augustin Courbé, 1647. 2 tomes en 2 volumes in-8 de : I/ (12) ff. dont 1 frontispice, 640 pp., (8) ff., de table ; II/ (1) f., 683 pp., (17) pp. Ex libris manuscrit dans la marge blanche de la p. 15 du 1er volume, répété p. 31 du second volume. Plein veau brun granité, double filet doré encadrant les plats, dos à nerfs ornés, tranches marbrées. Reliure de l’époque. 219 x 137 mm.
Édition originale des 258 lettres choisies de Guez de Balzac, écrites de 1637 à 1647, « son œuvre littéraire la plus significative ». Elle fut plusieurs fois réimprimée (Brunet, I, 632). Tchemerzine I, 415. L’un des rarissimes exemplaires de luxe imprimé sur grand papier mesurant 25 à 30 mm de plus que les exemplaires du tirage courant, conservé dans ses élégantes reliures de l’époque. « En 1647 paraissent les Lettres Choisies, 258 lettres en sept nouveaux livres (OC., L. X-XVI). Balzac y vise une éloquence du cœur, excitant les passions douces et humaines, où «la puissance de contraindre, est desguisée en Art de persuader », où règnent la raillerie fine et l’atticisme. Balzac instaure un nouvel « humanisme », héroïque et moderne, embrassant sous le nom de politesse le cœur, le goût et la raison. Prosateur et poète latin du premier rang, il comble l'ambition majeure des statuts de l'Académie par le triomphe indiscuté des lettres françaises. Résigné au Dieu caché, il a foi en une création rationnelle et s'efforce de repenser selon la nature la société et l'art. « Observateur », il élabore une politique où la culture pourrait rendre « plus humains » princes et sujets. Chantre de la retraite, mais mondain toujours, il plaide pour l'urbanité contre la double trahison d'une arrogante ignorance et du pédantisme. « Atticiste » enfin, il témoigne pour un travail à la Malherbe qui n'étouffe pas la spontanéité ni « la raisonnable fureur » d'un Théophile. Force et majesté, mais douceur ; diversité, mais ordre, économie et choix ; sérieux, mais finesse de la raillerie et gaieté, telles sont les marques de l'art de plaire et persuader qu'il propose à la cour et à la bonne société, et qui fondent un authentique classicisme Louis XIII. » « Ayant commencé cette correspondance durant son séjour à Rome, Balzac y emploie les termes raffinés d'une conversation de société. Il exprime ses jugements sur les œuvres du temps, raconte sa vie, témoigne de l'intérêt à tout ce qui lui semble digne d'être vécu. II réserve surtout ses épîtres élégantes à Chapelain, à Boisrobert, à Voiture et à Conrart, Dans une forme parfaite, mais aride, l'écrivain juge des choses de son époque et fait entendre sa voix de critique littéraire. » « Véritable oracle des « précieux » et de l’Hôtel de Rambouillet, il cherche à imposer la loi en matière de style ; sa compétence fait de lui le réformateur de la prose française comme Malherbe avait été celui de la poésie. II s'adresse, par exemple, au chancelier Séguier, pour lui dire sa gratitude et le louer de sa sagesse. Ou bien il remercie une dame pour quelque sachet de parfum ; ou un personnage, pour certaine recommandation ; ou encore des amis, pour quelque cadeau. Il lui arrive aussi de se défendre contre les critiques malveillants qui attaquent son style ou de proclamer que la vertu a plus de prix que la situation sociale. Il disserte sur la manière dont, à Rome, sont élus les Papes, ainsi que sur les plaisirs de la ville ; il cherche à ramener un litige à des justes proportions, il discute de politique et montre sa déférence à l'égard des Jésuites. Son argumentation raffinée, toujours sûre, est parfois présentée de manière pompeuse. » Ses « Lettres » demeurent un document de premier ordre sur l’histoire de la langue. Sonore, claire et harmonieuse, la prose de Balzac est un modèle des lettres classiques. Brunet (I, 632) ne cite qu’un seul exemplaire imprimé sur grand papier vendu au prix élevé de 95 F OR en 1858. De la bibliothèque Albert Natural avec ex-libris.
Très rare réunion des trois dixains en éditions originales, l’incendie de décembre 1835 ayant détruit une grande partie du stock. Paris, Gosselin puis Werdet, 1832-1833-1837. 3 volumes in-8 de: I/ 396 pp., (2) ff. d’errata et table ; II/ 416 pp.; III/ 369 pp., (1) p. bl., (3) ff. de notes, table et errata. Plein maroquin chocolat, encadrement de six filets dorés autour des plats, dos à nerfs ornés de caissons aux cinq filets dorés, encadrement intérieur de 6 filets or, double filet doré sur les coupes, tranches dorées sur marbrures, couvertures imprimées conservées hormis le 2nd plat du tome III. Reliure signée Chambolle-Duru. 207 x 130 mm.
Très rare réunion des trois dixains en éditions originales, l’incendie de décembre 1835 ayant détruit une grande partie du stock. Clouzot, p.20; Carteret, I, p.63; Vicaire, I, 189. «Un des romantiques les plus rares, autant par l’importance de son texte que par la difficulté de la réunion de ces trois Dixains, qui ont paru de 1832 à 1837, avec un écart de cinq années entre le second et le troisième. Cet ouvrage en reliure du temps, ou broché avec les couvertures, sera toujours le merle blanc!» (Carteret). «Les trois volumes des Contes drolatiques, en édition originale, sont très rares et très recherchés. Celui du troisième dizain est même particulièrement rare, l’incendie de la rue du Pot de fer ayant détruit une partie de l’édition.» (Vicaire). «La couverture du tome III sur papier jaune est datée de 1838. Le tome III, le plus difficile à rencontrer, a été remis en vente en 1839 sous le titre ‘Berthe la Repentie’. Il est extrêmement difficile de rencontrer ces trois volumes en reliures uniformes d’époque ou en reliures modernes avec leurs couvertures.» (Clouzot) Le quatrième Dixain annoncé n’a jamais paru. Le 12 décembre 1835, une partie des Contes Drôlatiques fut détruite par le désastreux incendie de la rue du Pot-de-Fer. «L’incendie de la rue du Pot-de-Fer, écrivait Balzac à Mme Hanska, m’a consumé les 160 premières pages imprimées à mes frais du troisième dixain des Contes drolatiques et 500 volumes, qui me coûtaient quatre francs pièce, des premier et deuxième dixains. Non seulement je perds trois mille cinq cents francs en argent et les intérêts, mais je perds également un marché de six mille francs que je touchais pour payer ma fin d’année et qui se trouve rompu, puisque je ne puis rien livrer à Werdet, et à un associé, pour cette affaire, qui m’achetaient les trois dixains». (Lettres à l’étrangère, I, 287). Le vrai Dieu tutélaire de ce recueil est Rabelais, imité dans les pures malices d’un style apparemment naïf, très coloré et savoureux, dans la triomphante sensualité sans préjugés et même dans les longues énumérations de termes synonymes auxquelles il s’est tant complu. En effet, Balzac se vante d’être «tourangeau» comme son grand prédécesseur, et son livre porte comme titre complet: Les Cent Contes drolatiques colligez es abbaiès de Tourayne, et mis en lumière par le sieur de Balzac, pour l’esbatement des pantagrueliste et non aultres. Rabelais lui-même figure dans un de ces récits («Le Prosne du joyeulx curé de Meudon»). Balzac tire joyeusement de chaque Conte, «selon les maximes des grands auteurs anciens», un précepte ou un «enseignement» où il plaisante souvent la religion ou la morale traditionnelle, sur un ton d’aimable scepticisme qui sera plus tard celui d’Anatole France. Malgré l’insistant archaïsme de la langue, cette œuvre se place dans le goût du XVIIIè siècle: dans ce courant d’art narratif livresque, malicieux et plaisamment irrespectueux, plein de savoureux appels à la tradition «gauloise», qui fut inauguré par le grand maître des parnassiens Théophile Gautier et qui trouva sa conclusion splendide dans La Rôtisserie de la reine Pédauque, de l’ex-parnassien Anatole France. La puissance habituelle de Balzac marque certains récits du signe de son génie. Précieux exemplaire, particulièrement grand de marges (hauteur: 207 mm), finement relié par Chambolle-Duru avec les couvertures imprimées conservées.
Rare édition originale dans sa reliure d'origine du seul grand roman d’amour de Balzac. Paris, Werdet, 1er juin 1836.2 tomes en 2 volumes in-8 de : I/ (2) ff., lv pp., 325 pp., (1) f. de table ; II/ (2) ff., 344 pp. y compris la table. Demi-toile bleue à coins, dos à lisses, pièces de tire de maroquin bordeaux, coiffes légèrement frottées, couvertures jaunes imprimées conservées, non rognés. Reliure de la fin du XIXe siècle.223 x 136 mm.
Précieuse édition originale, l’une des plus recherchées parmi les œuvres de Balzac.Carteret, I, 72 ; Vicaire, Manuel de l’amateur de livres du XIXe siècle, 202-203.« Rare et très recherché. » (Clouzot, Guide du bibliophile, 14).Dans ce grand roman d'amour, un peu à part dans l'œuvre de Balzac, l'écrivain, transposant dans une idylle aussi pure que passionnée son amour pour Laure de Berry, se remémore souvenirs d'enfance et de jeunesse et se fait le chantre ému de sa Touraine natale : « Là se découvre une vallée qui commence à Montbazon, finit à la Loire, et semble bondir sous les châteaux posés sur ces doubles collines ; une magnifique coupe d'émeraude au fond de laquelle l'Indre se roule par des mouvements de serpent. A cet aspect je fus saisi d'un étonnement voluptueux que l'ennui des landes ou la fatigue du chemin avait préparé - Si cette femme, la fleur de son sexe, habite un lieu dans le monde, ce lieu, le voici.L'amour infini, sans autre aliment qu'un objet à peine entrevu dont mon âme était remplie, je le trouvais exprimé par ce long ruban d'eau qui ruisselle au soleil entre deux rives vertes, par ces lignes de peupliers qui parent de leurs dentelles mobiles ce val d'amour, par les bois de chênes qui s'avancent entre les vignobles sur des coteaux que la rivière arrondit toujours différemment, et par ces horizons estompés qui fuient en se contrariant. Si vous voulez voir la nature belle et vierge comme une fiancée, allez là par un jour de printemps...En ce moment, les moulins situés sur les chutes de l'Indre donnaient une voix à cette vallée frémissante, les peupliers se balançaient en riant, pas un nuage au ciel, les oiseaux chantaient, les cigales criaient, tout y était mélodie. Ne me demandez plus pourquoi j'aime la Touraine ; je ne l'aime ni comme on aime son berceau, ni comme on aime une oasis dans le désert, je l'aime comme un artiste aime l'art.., sans la Touraine, peut-être ne vivrais-je plus. »« Le Lys dans la vallée tient, parmi l'œuvre de Balzac, toute proportion gardée, la place du Cantique des Cantiques dans la Bible ; c'est la montagne des aromates du Liban transplantée au sein de la Touraine, et la magnificence des poésies orientales prodiguée pour un amour obscur. L'auteur a fait à son lys une lumineuse atmosphère avec les souffles tremblants de la brise, les rougeurs pudiques de l'aurore et les brumes bleuâtres de l'encens ; il a trouvé pour le peindre de ces tons blancs comme en ont les anges de Swedenborg (…) Cette histoire psychologique, dont les événements consistent en un serrement de main furtif, une inflexion de voix plus ou moins attendrie, un battement de cœur aussitôt étouffé, demandait, pour être fixée sous la forme du roman, l'immense puissance de cristallisation que possédait Balzac ; lui seul a pu en faire un livre ». Théophile Gautier.Précieux exemplaire de cette édition originale rare, très grand de marges car non rogné (hauteur : 223 mm), relié avec les couvertures jaunes imprimées conservées.
Édition originale de La Vieille Fille, « l’un des tableaux les plus réussis de la vie de province», imprimée sur papier rose, conservée dans sa précieuse brochure de l’époque. Paris, Werdet, 1837. In-8 de (2) ff., 359 pp. Conservé broché, non rogné. 222 x 143 mm.
Rare exemplaire sur papier de couleur, broché, à toutes marges, avec sa couverture d’origine. Vicaire, I, p. 198; Talvart, I, p. 154; Carteret, I, p.69; Clouzot, p.21. Édition originale de La Vieille Fille et seconde édition de La Grande Bretèche. Il s’agit de l’un des très rares exemplaires sur papier de couleur, celui-ci sur papier rose. «De ces volumes des ‘Scènes de la vie de Province’ ont été tirés quelques exemplaires sur papier de couleur, que l’on rencontre séparément et qui sont fort recherchés.» Clouzot. Guide du bibliophile. La Vieille Fille: «‘La Vieille Fille’ est un roman d’une remarquable analyse psychologique: le personnage de MlleCormon est un des types les plus vivants de ‘La Comédie humaine’; Balzac, ici, ne simplifie pas, l’analyse est nuancée et profonde. Mais ‘La Vieille Fille’ est également un des tableaux les plus réussis de la vie de province: les soirées en ville, les mille intrigues, les intérêts politiques et financiers, les exclusives des classes entre elles, tout cela est dépeint avec un étonnant sens du réel et une grande fidélité.» (Dictionnaire des Œuvres, VI, 668). En 1816, à Alençon, une vieille fille de bonne famille bourgeoise, Rose Cormon, espère que le retour de la paix et des Bourbons lui amènera enfin un mari. De ce sujet drolatique, Balzac fait une fable politique, grâce à la rivalité de deux prétendants de partis opposés. La Grande Bretèche: La Grande Bretèche date des débuts du véritable Balzac, celui qui commence avec LeDernierChouan et La Physiologie du mariage. La Grande Bretèche raconte l'histoire de Madame de Merret que son mari surprend en flagrant délit d'adultère : son époux entreprend d'emmurer vivant l'amant de sa femme dans le cabinet où il s'est caché. «Dans ce court récit, Balzac veut donner un exemple frappant de drame de la jalousie. La découverte progressive du mystère est très habilement amenée et les coups de théâtre se succèdent, enfermant peu à peu cette femme coupable et victime dans les atroces conséquences de son faux serment». (Dictionnaire des Œuvres, III, 278). Cette édition originale, imprimée sur papier de couleur, est rare, et rarissime conservée dans sa brochure de l’époque. Un autre exemplaire de cette édition, sur papier jonquille mais, hélas, relié vers 1900 par Champs, et donc lavé, fut vendu le 29 juin 2001, il y a 11 ans, pour € 26000.
Edition originale «rare et recherchée» Paris, Levavasseur - Urbain Canel, 1830. 2 volumes in-8de: (2) ff., pp. (vij)-xxxv, (2) ff., 328 pp. mal chiffrées 332; 352 pp. Demi-veau vert foncé à coins, dos à nerfs ornés de motifs dorés et à froid, tranches mouchetées. Reliure de l’époque. 203 x 126 mm.
Edition originale «rare et recherchée» (M. Clouzot) de ce livre lucide et cruel qui peut être considéré comme la première œuvre personnelle de Balzac. Carteret, I, p.58 ; Destailleur, 1363. Exemplaire de tout premier tirage avec l'erreur de pagination au tome I (p. 332 au lieu de 328). Édition originale, parue sans nom d'auteur, avec une introduction signée H. B ... c. Elle porte en exergue, sur la page de titre, cette phrase : Le bonheur est la fin que doivent se proposer toutes les sociétés. Partant de quelques réflexions que Napoléon confiait au Conseil d'État lors de la discussion du Code civil, Balzac voit dans le mariage une aventure charnelle, nécessairement décevante, une affaire d'intérêts financiers, dont le gros problème est l'adultère. Proche, par ses anecdotes, du vaudeville, l'ouvrage apparaît comme une des clefs de la Comédie humaine, où la morale du mariage est l'objet d'une observation sociale et politique non exempte de féminisme. Parmi les nombreuses anecdotes relatives aux ingéniosités et aux artifices des amants, Balzac rapporte, comme sienne, celle de la méditation XXIV du Point de lendemain de Vivant Denon, dont il rappelle, à la page 204, le récit imprimé à vingt-cinq exemplaires par Pierre Didot. C'est sur l'exemplaire n° 24 que l'auteur a pris des éléments de cette narration qui a le mérite de présenter à la fois de hautes instructions aux maris ; et aux célibataires la peinture des mœurs du siècle dernier. En tête de l'errata du second volume, Balzac raille : Pour bien comprendre le sens de ces pages, un lecteur honnête homme doit en relire plusieurs fois les principaux passages ; car l'auteur y a mis toute sa pensée. Se remémorant sa pratique d'imprimeur, l'écrivain s'est diverti en remplissant les pages (207)-210 d'un galimatias de lettres en partie sens dessus-dessous, ne formant aucune phrase ni mot intelligibles et abondamment caviardées de signes dénués de signification ; elles sont disposées sous un intitulé de chapitre portant Des religions et de la confession considérées dans leur rapport avec le mariage ; à la suite est rappelée la boutade de La Bruyère : C'est trop contre un mari que la dévotion et la galanterie : une femme devrait opter. Cette édition a la particularité de posséder 4 pages en grande partie illisibles, en l’occurrence le chapitre I de la 15è méditation, traitant des «Religions et de la confession considérées dans leur rapport avec le mariage» (pages 207 à 210 du tome 2), fait de lettres à l’endroit et à l’envers, de blocs, tirets, parenthèses, etc. «On trouve au tome II, Méditation XXV, chapitre 1er, à la cinquième ligne, pages 207 à 210, une composition typographique incohérente, énigmatique, sorte de fantaisie dans le genre de Sterne, et dont Balzac donne, tome II, page 347, une explication pleine d’humour.» (Carteret, I, p.58) Bel exemplaire en reliure de l’époque, provenant des prestigieuses bibliothèques Bourbon de Rouvre et d’Henri Beraldi. Il fut relié sans le feuillet d’avertissement aux Lecteurs. A la vente Beraldi (III – 1934, n°9) sa reliure était reproduite hors texte et il était sobrement décrit: «Rare et bel exemplaire dans sa reliure de l’époque».
Edition originale « rare et précieuse » (Dirkx) de ce roman de Balzac. Paris, Dumont, 1844. 2 tomes en 2 volumes in-8 de : I/ 331 pp. ; II/ 319 pp. Qq. très légères piqûres. Demi-toile chagrinée verte, dos lisses ornés de filets dorés, tranches jaspées. Reliure de l’époque. 188 x 125 mm.
Edition originale « rare et précieuse » (Dirkx) de ce roman de Balzac. Carteret, I, 80 ; Clouzot P.24 ; Vicaire, I, 222. Ce récit avait d’abord paru en feuilleton en 1842 dans la revue La Législature sous le titre Le Danger de la mystification. On y retrouve Joseph Bridau, le peintre de La Rabouilleuse, élève d'Hippolyte Schinner. Dans ce court récit en trois parties, le personnage principal est un adolescent, Oscar, qui a honte de sa pauvreté, et de sa mère. Il est à l’âge où l’on rêve de « faire carrière ». Balzac y maintient avec talent le suspense dans un style vif qui semble un défi aux reproches qu’on pouvait lui faire sur ses descriptions interminables. Le point de départ du roman est un texte dû à la plume de sa sœur Laure Surville, publié sous la signature de Laure en 1854, sous le titre de Voyage en coucou. Balzac a remanié ce conte, le transformant en une étude plus approfondie. Il écrivit ce roman lors d'une de ses nombreuses visites à L'Isle-Adam. Il est difficile de trouver un exemplaire de cette originale dans une jolie reliure de l’époque. Séduisant exemplaire de l'édition originale de ce roman de Balzac, rare dans cette condition.
Précieux exemplaire conservé tel que paru, broché et non rogné. Scènes de la vie privée, avec une introduction.., par Félix Davin. - Première série. Paris, Madame Charles Déchet, 1834-1835, 4 volumes in-8. Imp. A. Barbier pour les tomes I, III, IV, et Fond. A. Everat pour le tome II. 1835, pour les deux premiers volumes ; 1834, pour les deux derniers. Tome I : (2) ff., 401 pp., (1) f. de table ; Tome II : 361 pp. y compris le faux-titre et le titre, (3) ff. ; Tome III : (2) ff., 386 pp., (1) f. ; Tome IV : 398 pp., (1) f. de table, (8) ff. d’annonces. Scènes de la vie de Province. - Deuxième série (édition originale). Paris, Madame Ch. Béchet, 1834-1837, 4 volumes in-8. 1834, Béchet pour les deux premiers volumes. Imp. A. Barbier ; 1837, Werdet pour les deux derniers. Imp. par Bourgogne et Martinet. Tome I contenant Eugénie Grandet : 384 pp., plus (1) f. table et 1 f. bl. (page 12 numérotée 20 par erreur) ; Tome II : 387 pp., plus (1) f. table ; Tome III : (2) ff., 359 pp. ; Tome IV : (4) pp. d’annonces, (2) ff., 357 pp., (1) f. de table, plus (4) ff. d’annonces. Les couvertures des volumes 4 et 5 ont été interverties au moment de l’impression. Scènes de la vie parisienne. 1834-1835. – Troisième série (édition originale) : Paris, Madame Ch. Béchet, 1834-1835, 4 volumes in-8. Imp. A. Barbier, pour les t. II et III ; Imp. A. Everat, pour les t. I et IV. Tome I : 339 pp. ; Tome II : (2) ff., 366 pp. plus (1) f. de table ; Tome III : (2) ff., 349 pp. plus (1) f. table ; Tome IV : 390 pp. (+ 1 f. de table inconnu des bibliographes), pte. déchirure anciennement restaurée p. 390. Ensemble de 12 volumes in-8, conservés brochés et non rognés, tels que parus. 223 x 140 mm.
Edition originale du premier essai de la Comédie humaine. « De plus en plus recherché. Plus rare encore en reliures uniformes d’époque qu’en reliures modernes avec couvertures. (Clouzot) Se divise en trois séries qui se vendent séparément : 1° Scènes de la vie privée. 1834-1835 ; 4 volumes. Reproduit le texte de l’édition de 1832 augmenté des œuvres suivantes en édition originale : la Fleur de Pois (devenu le Contrat de mariage), la Recherche de l’absolu et les deux derniers chapitres de la Femme de trente ans. 2° Scènes de la vie de province. 1834-1837. 4 volumes. Contient « Eugénie Grandet », « La Femme abandonnée », « La Grenadière », « L’illustre Gaudissart », « La Vieille Fille et les Illusions perdues (première partie), en éditions originales. Eugénie Grandet se vend souvent séparément. 3° Scènes de la vie parisienne. 1834-1835. 4 volumes. Contient en éditions originales : les Marana, Histoire des treize, la Fille aux yeux d’or, La Comtesse aux deux maris (devenu le Colonel Chabert) » (M. Clouzot). Riche en inédits et première forme complète de « La Comédie humaine », cette édition peut être considérée comme « l’un des grands événements de l'histoire littéraire ». C’est en 1834 que paraissent « Les Études de mœurs » dont « Les Scènes de la vie privée » ne forment qu’une simple subdivision à côté d'autres « Scènes » déjà écrites ou projetées, telles « Les Scènes de la Vie de province » ou « Les Scènes de la Vie Parisienne ». La Préface dictée par Balzac à l'un de ses amis Félix Davin, brosse pour la première fois le projet et le plan de la vaste entreprise du Romancier qui est de parvenir à l'étude de la Comédie Humaine : « Son unité devait être le monde, l'homme n'était que le détail ; car il s'est proposé de le peindre dans toutes les situations de sa vie… de montrer la société incessamment dissoute, incessamment recomposée ; enfin d'arriver au dessin de son ensemble en en reconstruisant un à un les éléments ». De nombreux romans de Balzac paraissent donc ici en édition originale, certains sous un titre différent de leur titre définitif : notamment « Eugénie Grandet » et le premier volet des « Illusions perdues », mais aussi « Le contrat de mariage », « La Recherche de l'absolu », « La Femme abandonnée », « La Grenadière », « L'illustre Gaudissart », « La Vieille fille », « Les Marana », « Ferragus », « La duchesse de Langeais », « La Fille aux yeux d'or ». Les bibliographes sont unanimes à souligner la rareté des beaux exemplaires de ce premier essai d’édition collective des Romans de Balzac. Précieux exemplaire particulièrement grand de marges (hauteur : 223 mm contre 201 mm pour un exemplaire relié à l’époque), conservé tel que paru, broché et non rogné, condition très recherchée pour les originales de Balzac.
Remarquable exemplaire d’une exceptionnelle grandeur de marges (hauteur 223 mm). Paris, Madame Charles-Béchet, 1834. 1 volume in-8, demi-maroquin bleu à coins, dos lisse. Exemplaire à toutes marges, couvertures conservées. 223 x 138 mm.
Edition originale de l’un des plus grands romans de Balzac et l’une des œuvres majeures de la littérature européenne. Elle forme le Tome V sur les 12 des Etudes de mœurs au XIXè siècle. « Cette série de 12 volumes des ‘Etudes de mœurs’ est fort rare aujourd’hui ; elle se rencontre parfois à l’état broché, elle est rarissime en belle reliure du temps. C’est l’édition originale de Eugénie Grandet qui en fait la valeur. C’est pour cette raison qu’on collectionne ce volume séparément portant sur le titre : Tome I (des Scènes de la vie de Province) et Tome V (des Etudes de mœurs). Eugénie Grandet est le premier grand livre de Balzac, quelques-uns disent son chef-d’œuvre. L’œuvre resplendit d’une force d’art incomparable : le personnage d’Eugénie et celui de son père sont justement considérés parmi les plus heureux de tous les portraits dus à la plume de ce créateur de génie. Le style se montre, ici, mobile, pénétrant et beaucoup moins minutieux et lourd que dans bien d’autres œuvres du même romancier : pas de longues digressions morales qui, si elles confèrent à certaines de ses œuvres un réel intérêt, en gâtent souvent la pureté de lignes. Dans ce roman, Balzac décrit le destin d’une jeune femme au XIXè siècle confrontée à l’avarice d’un père et à la tristesse provinciale. Dans l’épilogue (p. 382), qui disparaîtra par la suite, Balzac écrit : « chaque département a son Grandet » et dans l’introduction : « Si tout arrive à Paris, tout passe en province : là, ni relief, ni saillie ; mais là des drames dans le silence ; là, des mystères habilement dissimulés ; là, des dénouements dans un seul mot ; là, d’énormes valeurs prêtées par le calcul et l’analyse aux actions les plus indifférentes. On y vit en public » (p. 21). Magnifique exemplaire, l’un des rarissimes à toutes marges, avec ses couvertures d’origine conservées, d’une exceptionnelle grandeur de marges (hauteur : 223 mm), enrichi du portrait de Balzac.
Albin Michel 1950 557 pages in8. 1950. broché. 557 pages. Recueil de lettres écrites par Honoré de Balzac à sa famille entre 1809 et 1850 comprenant également une série de lettres de Madame de Balzac à son fils. Publié avec une introduction et des notes de Walter Scott Hastings cet ouvrage offre un éclairage intime sur la vie et les relations familiales de l'écrivain
Bon état couverture légèrement insolée intérieur trés propre
Edition originale, rare en fine reliure de l’époque. Paris, L. Mame-Delaunay, Février 1833-Juillet 1833. 2 tomes en 1 volume in-8 de: I/ 360 pp.; II/ 326 pp., (4) pp. de catalogue de l’éditeur (sur les 8 que l’on trouve dans certains exemplaires), (1) f.bl. Demi-veau bleu nuit, dos lisse orné de filets dorés, tranches jaspées. Reliure de l’époque. 205 x 125 mm.
Rare édition originale de l’un des plus recherchés parmi les grands romans de Balzac. Carteret, I, 66-68; Clouzot, p.21. Ce roman fait partie des «Scènes de la vie de campagne». Balzac l’écrivit à une période de sa vie où, déçu par son amour de la comtesse de Castries, et par l’échec de ses ambitions politiques, il traverse une «crise» qui le métamorphose. Le «lion» parisien reçu dans les salons du faubourg Saint-Germain renonce aux vanités du dandysme, aux gilets brodés et aux cannes fameuses pour faire retraite dans son œuvre. Le roman porte en exergue la phrase suivante, où l’on devine l’écho d’une expérience personnelle: «Aux cœurs blessés, l’ombre et le silence». Bel exemplaire, particulièrement grand de marges (hauteur: 205 mm), revêtu d’une élégante reliure de l’époque.
Précieux exemplaire, immense de marges et l’un des rarissimes avec les titres datés 1843. Paris, Hippolyte Souverain, 1843. Deux volumes in-8 de : I/ 355 pp. ; II/ (2) ff., 325 pp. Quelques rares piqûres. Demi-veau blond, dos à nerfs, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge et vert, têtes dorées. Reliure de l'époque. 217 x 134 mm.
Édition originale dédicacée à Georges Sand. Carteret, I, 78 ; Talvart, Bibliographie des auteurs modernes, I, 161 ; Clouzot, 30 ; Vicaire, Manuel de l’amateur, I, 218. Ce texte, très original dans l'œuvre de Balzac, est l'un des rares composés sous forme d'une correspondance entre deux amies. « Ce roman d’Honoré de Balzac, qui fait partie des ‘Scènes de la vie privée’, est l’étude très minutieuse de deux caractères de femmes qui se révèlent à travers la correspondance qu’elles échangent, correspondance complétée par les lettres de différents personnages. » (Dictionnaire des Œuvres, IV, 478). Balzac s'en explique dans la préface. « La publication d'une correspondance, chose assez inusitée depuis bientôt quarante ans, ce mode si vrai de la pensée sur lequel ont reposé la plupart des fictions littéraires du dix-huitième siècle, exigeait aujourd'hui les plus grandes précautions. Le cœur est prolixe. Tout le monde approuvera le changement des noms, déférence due à des personnes qui sortent de maisons historiques dans deux pays. Cette correspondance, en désaccord avec les vives et attachantes compositions de notre époque si amoureuse de drame, et qui fait momentanément bon marché du style, pourvu qu'on l'émeuve, demande une certaine indulgence. Elle se place naturellement sous la protection des lecteurs choisis, rares aujourd'hui, et dont les tendances d'esprit sont en quelque sorte contraires à celles de leur temps. » Notre exemplaire est le seul cité par Carteret. Précieux exemplaire, immense de marges, avec de nombreux témoins, le seul cité par Carteret (Le Trésor du Bibliophile, I, page 78) et l’un des rarissimes avec les titres datés 1843. Provenance : H. Destailleur et Pierre Duché avec ex libris.
Editions Bossard. 1922. In-8° broché. 193 pages. Edition tirée à 2.500 exemplaires numérotés. Très propre.
N.R.F. 1955. In-8° br. 540 pp. Mention de 11e éd. (à la date de lE.O.). Bandeau conservé.
Bon état. Exemplaire de Jean-Jacques Pauvert comportant son cachet d'ex-libris.
ÉDITIONS R. SIMON 1936 284 pages in12. 1936. broché. 284 pages. Ce roman d'Honoré de Balzac explore la vie et les désillusions d'une femme Julie d'Aiglemont qui a épousé trop hâtivement un homme superficiel. L'œuvre dépeint la condition féminine au XIXe siècle les déceptions de la vie conjugale et les conséquences des choix personnels à travers une structure narrative composite issue de plusieurs nouvelles
Bon état
Éditions Garnier Frères 1955 402 pages in8. 1955. demi basane plat marbré. 402 pages. Le Colonel Chabert est une nouvelle ou court roman d'Honoré de Balzac publié en 1844. Il raconte l'histoire d'un colonel survivant des champs de bataille qui trahi par son propre passé cherche à retrouver son identité et sa place dans un monde qui l'a oublié. L'œuvre est connue pour son intrigue nette ses personnages représentatifs et sa densité thématique
Bon état
Il s’agit de l’un des très rares exemplaires sur papier de couleur, celui-ci sur papier beige. Paris, Madame Charles-Béchet, 1835. In-8 de 361 pp., (7) pp. Conservé broché, non rogné. 217 x 146 mm.
Rare exemplaire sur papier de couleur, broché, à toutes marges, avec sa couverture d’origine. Vicaire I, p. 196 ; Clouzot p. 21 ; Carteret, I, 68-69; Talvart, I, 153. Edition originale de La Fleur des Pois. Il s’agit de l’un des très rares exemplaires sur papier de couleur, celui-ci sur papier beige. Des douze volumes des Etudes de mœurs « ont été tirés quelques exemplaires sur papier de couleur, que l’on rencontre séparément et qui sont fort recherchés » (Clouzot). La Fleur des Pois : Le Contrat de mariage, sous son titre initial La Fleur des pois a été imaginé, écrit, composé, corrigé, imprimé et mis en vente entre août et novembre 1835. Le manuscrit et les épreuves sont conservés dans la collection Lovenjoul. La conception de l'ouvrage date d'août 1835, si l'on en croit la lettre du 24 août à Mme Hanska, qui comporte la première trace écrite de l'intention de l'auteur. La Revue étrangère de Saint-Pétersbourg publie les bonnes feuilles entre octobre et décembre 1835. L'édition originale est publiée par Madame Charles-Béchet. Une deuxième édition est publiée chez Charpentier en 1839. Lassé de la vie parisienne et des cours d'Europe, le comte Paul de Manerville retourne dans sa province natale, à Bordeaux, avec l'intention de se marier et de mener une vie de gentilhomme. « La Fleur des Pois » est le surnom que reçoit le dandy Paul de Manerville à son arrivée à Bordeaux. Il ne tarde pas à tomber amoureux de la jeune fille la plus à la mode de la ville, Natalie Evangelista, dont le père était autrefois très riche. Il demande bientôt sa main mais découvre assez vite que Mme Evangelista tente, avec la complicité de sa fille, de lui subtiliser sa fortune. La Paix du ménage : Le manuscrit complet est conservé dans la bibliothèque Lovenjoul. Il s'agit de l'un des textes les plus anciens de Balzac après Les Chouans et la Physiologie du mariage. L'édition originale date d'avril 1830, la seconde de 1832. Il s'agit ici de la troisième édition avant l'entrée dans La Comédie humaine de 1842. Ce court roman est placé par Balzac lui-même sous le double signe du « brillant » et de la rapidité d'action : ce « petit imbroglio », ce « petit drame » se déroule en effet en une heure à peine, au cours d'un grand bal donné sous l'Empire, chez le comte de Gondreville. Le mépris de l'avenir provoque une passion pour le luxe et les amours sans lendemain. Une inconnue, une «petite dame bleue » attire par sa beauté les regards du comte de Montcornet et du baron Martial de La Roche-Hugon. Les deux séducteurs se livrent à des paris cyniques. Précieux et rare exemplaire sur papier de couleur, broché, à toutes marges, avec sa couverture d’origine.
nrf 1955 1092 pages in12. 1955. reliure editeur sous rodhoid. 1092 pages. La Comédie humaine est une vaste fresque romanesque d'Honoré de Balzac visant à peindre toutes les « espèces sociales » de son époque. Elle explore systématiquement les groupes sociaux et les mécanismes de la société pour créer une « histoire naturelle de la société ». L'œuvre publiée notamment dans la collection de la Pléiade chez Gallimard (NRF) est considérée comme une somme du réalisme français
Très bon état
PANDORA / LE MILIEU 1978 154 pages in8. 1978. Broché. 154 pages. La Théorie de la démarche est un essai d'Honoré de Balzac paru en 1833 qui fait partie de l'ensemble Pathologie de la vie sociale. Le texte décrit comme méconnu et loufoque propose une analyse humoristique et philosophique de l'art de marcher et de l'élégance révélant le talent d'observateur de l'auteur
Bon état couverture légèrement jaunie intérieur en très bon état
Grands écrivains académie goncourt 1984 249 pages in12. 1984. Cartonnage editeur. 249 pages. Publié en 1984 ce roman d'Honoré de Balzac raconte l'histoire d'Eugénie Grandet une jeune fille de province et de son père Félix Grandet un riche avare. L'histoire se déroule à Saumur et explore comment l'amour de l'argent pervertit les relations familiales et amoureuses à travers le regard d'Eugénie qui incarne des valeurs d'un autre siècle
Très bon état
Michel Lévy Frères Éditeurs 1870 308 pages in12. 1870. demi basane. 308 pages. Les Parisiens en province est une nouvelle d'Honoré de Balzac publiée en 1833 faisant partie des Scènes de la vie de province de La Comédie humaine. L'œuvre propose une satire sociale mordante et une analyse subtile des personnages et de leurs motivations explorant les dynamiques entre Parisiens et provinciaux
Etat correct
ÉDITIONS ALBIN MICHEL 1959 389 pages in8. 1959. broché. 389 pages. Les Petits Bourgeois est un roman d'Honoré de Balzac commencé en 1843 et publié à titre posthume en 1855-1856. Il s'inscrit dans le vaste cycle de La Comédie humaine plus précisément dans les Scènes de la vie parisienne. L'œuvre explore et peint la vie les aspirations et les rouages d'un groupe social caractéristique de son époque
Bon état intérieur trés propre pages non coupées
Louis conard 1932 338 pages in8. 1932. demi-basane. 338 pages.
Etat correct