Auguste Toulmouche (1829-1890), peintre. L.A.S., Blanche Couronne, mardi 26 [septembre], 3p 1/2 in-8. Très belle lettre au compositeur Ernest Reyer (1823-1909). « Mon cher Reyer, J'ai depuis quelques jours déjà la réponse de [William] Bouguereau que je n'ai pas osé vous envoyer dans la crainte qu'on ne fit suivre ma lettre en Hollande et que ce ne soit perdu. Je n'ose pas encore l'envoyer dans la crainte que vous ne soyez pas de retour aussitôt. Aussitôt que vous m'écrirez de Paris, je vous l'enverrai, elle est charmante pour vous cette lettre et quoiqu'elle ne contienne pas un engagement formel, vu que Bouguereau est à La Rochelle et qu'il ne peut pas s'engager sans avoir vu ses amis. Elle me paraît vous garantir la voix de mon aimable voisin. [le peintre Jules-Elie] Delaunay est ici depuis 4 jours avec un temps affreux à ne pas mettre un chien dehors. Tous les trois, nous soupirons après vous. Vous manquerez de plus en plus comme homme et comme musicien. Delaunay travaille sa figure qui est devenue très jolie. Si la statue ou l'institut ne remplissent pas votre mois d'octobre, revenez mon cher Reyer. Delaunay va probablement passer le mois d'octobre chez nous et à Nantes et reviendra ici si vous y venez. Tout le monde vous embrasse par ma bouche. tout à vous. A. Toulmouche. Mon jeune soldat gémit à Evreux et se recommande à vous. Votre article sur Félicien David est un chef d'oeuvre, il nous a fait le plus grand plaisir. Le mot de la fin est joliment bien trouvé ». [442]
Auguste Toulmouche (1829-1890), peintre. L.A.S., Menton, samedi 20 mars [1869 ou 1875?], 4p in-12. Très belle lettre au compositeur Ernest Reyer (1823-1909). « mon cher Reyer, Votre lettre de ce matin nous a fait le plus grand plaisir. C'est très gentil à vous de nous avoir écrit. Vous n'êtes pas seulement l'ami du plaisir, vous êtes de ceux qu'on trouve toujours, ma femme a été très sensible à cette attention. Elle vous en remercie. Nous suivions déjà depuis quelques jours vos succès à Pasdeloup. Ils ont été très grands et nous savions que votre ouverture avait été redemandée, ce qui est le signe d'un succès très rare. Notre départ nous a fait manque bien des choses charmantes car nous aurions été bien heureux d'assister à ce concert et à la première de Bizet. Enfin, notre voyage n'aura pas été inutile puisque, sans notre présence ici, mon petit beau-frère serait inévitablement mort et que nous allons le ramener sauvé. Le voilà en pleine convalescence et certainement, dans une huitaine, nous le ramènerons à Paris. J'espère que nous pourrons encore nous amuser un peu ce printemps. Nous ne reprendrons pas de vendredis mais nous les remplacerons par de petits diners plus amusants. En tout cas, préparez-vous pour Blanche Couronne mais vous n'y serez reçu cette fois qu'en signant à l'avance un bail plus long que la dernière fois. Vous n'aurez pas à faire de discrétion, vous n'êtes pas difficile à nourrir et c'est tant bénéficier de vous recevoir. Je vais conduire aujourd'hui ma femme à Monte-Carlo, ce sera sa première distraction depuis qu'elle est ici. J'y suis allé déjà 4 ou 5 fois et j'y ai gagné déjà mille francs. À part cela, nous nous ennuyons à mourir. La seule distraction ici c'est d'aller compter les poitrinaires sur la promenade: toujours la même mélodie. La mélodie du crachat de poumons ou patins sur les crachats, c'est délirant. Au revoir mon cher Reyer, recevez toutes nos amitiés, nous serons ravis de vous revoir. Ma belle-mère prend sa part de l'intérêt que vous nous montrer et vous en remercie. Tout à vous. A. Toulmouche ». Il est fort probable que cette lettre soit de 1869. La première de Bizet est la symphonie Roma créée le 13 mars 1869 sous la direction de Jules Pasdeloup. [442]
1 page in8 - adresse au dos - trés bon état -
Il compte sur lui pour aider son ami Paul Baudry "qui est pris dans une faillite avec des complications qui l'ennuie beaucoup" - Il sera ravi de le revoir -
2 pages in8 - trés bon état -
Il a envoyé à Srasbourg sa note et une lettre explicative - Mais il n'a reçu aucun mot de son "abruti de parent qui est probablement trop occupé pour avoir le temps" - "Comment va votre femme ?" - Il a été content de ses dessins - "Il y avait un progrès notable" - Il a un ami qui voudrait placer 100 000 francs - Alors, s'il entend parler d'une propriété "n'importe laquelle, d'un placement avantageux" - "Mes respects à Madame Meys" -
1 page in8 - trés bon état -
Sa femme et lui acceptent "avec le plus grand plaisir" leur invitation -
1 page 1/2 in8 - trés bon état -
Il lui envoie deux cartes pour la durée du salon - Avec ses cartes,il peut entrer le matin à 8 heures - "Vous mettrez vos noms dessus" - Vous pourrez entrer dimanche prochain, jour du vernissage : "c'est la vraie ouverture" -
1 page 1/2 in16 - trés bon état -
Il est arrivé depuis deux jours et n'a pas encore eu le temps de le voir - "J'ai trouvé à mon arrivée des lettres de marchands qui me prennent" - Il a vu "Delaunay qui [lui] a parlé de [son] fils"- Il lui parlera de tout cela en détail et serait bien aise de voir les dessins -
4 pages in12 - trés bon état -
Les visiteurs se succèdent à Blanche Couronne depuis leur départ de Paris - Ils sont de véritables ingrats de ne pas être venu les remercier de leur acceuil - "la pluie tombe par torrents" - Ils préparent les bagages - Il travaillera jusqu'au 16 parce qu'il a fait venir ses modèles de Paris et qu'il veut les utiliser - Puis il lui demande des nouvelles de sa famille -
4 pages in8 - trés bon état -
Il n'a pas écrit, car depuis qu'ils sont à la campagne, "Blanche Couronne est un véritable hopital", sa cuisinière, sa belle mère puis sa mère - Delaunay lui a écrit après sa visite - Il lui a beaucoup plu et "il mettra un grand intérêt à diriger votre petit Marcel" et en fera "un artiste distingué" - Il a reçu une lettre "des pauvres femmes" qui annoncent leur départ pour Strasbourg - Il craint qu'elles ne regrettent Jersey - Il travaille ici sans répit -
4 pages in8 - trés bon état -
Il a fait "une horrible chute de voiture" au début de son séjour: "je suis tombé sur le cervelet" et a été une heure sans connaissance - Il a été un mois sans "pouvoir travailler ni écrire"- Il est fort en retard pour un tableau et "travaille sans perdre haleine pour rattrapper" - Son ami Cléry est venu passer quelques jours - Il aurait bien aimer le recevoir cet été dans son "grand couvent" - Il a abandonné l'idée d'aller à Jersey et pense revenir à Paris vers la fin octobre: "le mois de novembre est trop triste à la campagne" - Il expédie à Brodier le jugement qu'il lui envoie et parle de cette "triste affaire qui suit son cours lentement" - Ils reçoivent souvent des lettres "des pauvres femmes qui ne se trouvent pas bien heureuses dans leur exil" - [Il évoque sans doute des femmes de Jersey ayant trouvé du travail à Strasbourg] -