Antoine Jacques de Chamon (1767-1851), évêque de Saint-Claude. L.A.S., Saint-Claude, 6 octobre 1842, 1p 1/2 in-4. A Hippolyte de Saint-Anthoine (1806-1891), poète, médecin et secrétaire général de l'Institut d'Afrique qui militait pour l'abolition de l'esclavage et l'émancipation des esclaves (tout en promouvant la colonisation). « Monsieur, J'ai l'honneur de vous accuser réception du diplôme de Vice-Président de l'Institut d'Afrique dont le Conseil supérieur a daigné m'honorer par sa délibération du 1er septembre de la présente année 1842. Je vous serai on ne peut plus obligé, Monsieur, de donner connaissance au Conseil de cette réception et de lui offrir le nouvel hommage de reconnaissance et de satisfaction dont cette faveur remplit mon coeur. J'ai reçu, en même temps, la collection des Annales de l'Institut qui ont été publiées jusqu'à ce jour. À ces pièces, j'ai trouvé jointe, Monsieur, votre belle lettre du 26 septembre dernier. Cette seconde lettre que vous me faites la grâce de m'adresser est au moins aussi flatteuse et honorable pour moi que la première ; veuillez en recevoir ici tous mes remerciements. Cette lettre serait d'ailleurs bien propice à enflammer le zèle des personnes les plus apathiques et les plus indifférentes pour le bien, pour le soulagement des malheureux et exciter les plus grands efforts en faveur de ces infortunés. Je prie l'institut, par votre intermédiaire, Monsieur, de croire que je ferai tout ce qui dépendra de moi, dès que j'en verrai le moment favorable, pour engager et déterminer mes pieux et charitables diocésains à joindre leur zèle et leurs efforts aux miens, à l'effet de seconder de concert et de tout notre pouvoir ceux, si admirables, si touchants et à la fois si édifiants des membres qui composent ce charitable et si utile établissement. Je profite de cette occasion pour vous transmettre un mandat de cent francs, première somme et premier don que vous aurez la bonté de faire déposer de ma part, dans la caisse de l'Institut d'Afrique à qui j'exprime le vif regret de ne pouvoir faire davantage pour le moment. J'aurai grand soin de faire parvenir successivement mais exactement et régulièrement le montant de ma cotisation, aussi longtemps que je vivrai. Ah ! C'est principalement et surtout en semblables occasions que je me surprends parfois à regretter profondément les biens dont nos Pères avaient richement doté les sièges épiscopaux de l'Eglise de France. Toutefois, Monsieur, et je prie l'Institut de le croire, le Ciel m'est témoin que je n'ai jamais rien regretté et que je ne regrette rien pour moi personnellement. Veuillez aussi agréer la nouvelle assurance de la respectueuse et très haute considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être, Monsieur, Votre bien humble et très obéissant serviteur +Antoine-Jacques, Evêque de Saint-Claude ; V.Président de l'Institut d'Afrique ». Belle lettre. [484]
Antoine Jacques de Chamon (1767-1851), évêque de Saint-Claude. L.A.S., Saint-Claude, 2 janvier 1829, 2p in-4. A Ferdinand-Louis de Waters (1777-1836), qui fut notamment préfet de la Haute-Loire. Belle lettre amicale, répondant à des voeux, se doutant que l'évêque du Puy, Mgr de Bonald, allait bien l'accueillir. On y voit aussi un évêque pessimiste: « je vois comme vous, Monsieur le Comte, notre prochain avenir sous de sombres et bien tristes couleurs ». Il est aussi question de plusieurs amis communs. Waters avait en effet été préfet du Jura avant d'être nommé en Haute-Loire en novembre 1828. [484]
Antoine Jacques de Chamon (1767-1851), évêque de Saint-Claude. L.A.S., Saint-Claude, 16 novembre 1843, 2p in-4. A Hippolyte de Saint-Anthoine (1806-1891), poète, médecin et secrétaire général de l'Institut d'Afrique qui militait pour l'abolition de l'esclavage et l'émancipation des esclaves (tout en promouvant la colonisation). « Monsieur, Des dépenses tout-à-fait imprévues de plusieurs milliers de francs que je me suis trouvé dans l'indispensable nécessité de faire cette année, indépendamment d'autres non moins imprévues et très considérables, occasionnées par une maladie grave dont j'ai été attaqué le 14 juin dernier dans le cours de ma visite pastorale, qui m'a retenu hors de chez moi pendant trois mois et huit jours et dont je ne suis point rétabli, il s'en faut tant, ont épuisé mes ressources et bien au-delà, et m'ont mis, à mon grand et très grand regret, dans l'impossibilité de vous faire parvenir dans le courant d'octobre dernier la somme de cent francs pour l'Institut d'Afrique et de faire un grand nombre d'autres bonnes oeuvres qui étaient dans mon coeur. J'allais, en conséquence, Monsieur, vous expédier, pour ma cotisation de l'année de 1844, un mandat de vingt-cinq francs seulement, vu ma détresse, lorsque le directeur de la poste aux lettres de ma ville épiscopale est venu me présenter celui de l'institut, contenant valeur de cent francs. J'avais fort heureusement chez moi, en ce moment, l'un de mes vicaires généraux qui connaissant les embarras et l'état de gêne où je me trouve, m'offrit de m'avancer cette somme. Je l'acceptai pour échapper à la peine que j'aurais éprouvée en refusant de solder ce mandat et en entrant en explication à ce sujet avec celui qui en était porteur. C'est donc pour la seconde et dernière fois, Monsieur, et j'en ressens un chagrin profond, que je vous fais parvenir la comme de cent français pour ma cotisation, ) moins qu'il ne plaise à l'auteur de tout don et de tout bien, de me venir en aide dans la dernier année de mon long et pénible pèlerinage dans cette vallée de larmes et de misère de tout genre : mais c'est ce que je ne puis ni ne dois espérer. Il est bien à craindre, au contraire, que mes besoins ne s'accroissent tous les jours davantage. Et que m'adviendrait-il si l'on venait, comme nous en menacent certaines familles publiques, à supprimer le budget du clergé sous lequel repose ma seule et unique espérance ? Je n'ai, en effet, Monsieur, ainsi que plusieurs de mes vénérables collègues dans l'épiscopat, d'autre revenu que celui que me procure mon modeste et bien trop faible traitement, insuffisant pour acquitter les charges énormes, continuelles et multipliées qui pèsent sur le premier porteur d'un diocèse. D'ailleurs, Monsieur, ou je me suis bien mal exprimé dans la lettre que j'ai eu l'honneur de vous écrire en vous annonçant le don de cent francs que je faisais au noble et charitable Institut d'Afrique, dont j'avais l'honneur et le bonheur de devenir membre, ou bien vous avez interprété ce passage de ma lettre tout autrement que je croyais l'avoir conçu. Je me rappelle à merveille que mon intention formelle était de faire ce premier don, y compris ma cotisation de la première année 1843, à compter d'octobre 1842, et d'acquitter ensuite successivement d'année en année la cotisation ordinaire imposée aux membres de cette pieuse association. La prudence m'imposait impérieusement le devoir de ne point contracter un autre engagement envers elle, exposé comme je l'étais, à un pouvoir, comme on dit vulgairement, [mots illisibles] avec un traitement de dix mille francs par an pour tout revenu, pour toute ressource, ce qui, fort malheureusement, m'était déjà arrivé plusieurs fois. Dès le premier jour d'octobre dernier, je m'étais proposé de vous adresser une lettre à ce sujet et de vous envoyer en même temps ma cotisation de vingt-cinq francs. Mais le triste état de ma santé, l'excessive faiblesse, compagne inséparable 'une longue et douloureuse maladie, ont mis... [484]