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‎ETIENNE DE LA BOETIE (1530-1563). BAIF, Ian-Antoine de.‎

Reference : LCS-17815

‎Œuvres en rime de Jan Antoine de Baïf secrétaire de la chambre du Roy. Rarissime première édition collective, en très grande partie originale, l’une des plus recherchées de la Pléiade présentant les Œuvres poétiques d’Antoine de Baïf, imprimées en 1572 et 1573.‎

‎Édition originale des œuvres en rimes, des jeux et des passe-temps de Baïf et première originale collective de l’ensemble de son œuvre. A Paris Pour Lucas Breyer Marchant libraire, 1573. Avec privilège du Roy. In-8. Les Amours de Ian Antoine de Baif. A Monseigneur le duc d’Anjou fils et frere de Roy. A Paris, Pour Lucas Breyer, 1572. In-8. Les Jeux. De Ian Antoine de Baïf. A Monseigneur le duc d’Alençon. A Paris, Pour Lucas Breyer, 1572. Avec privilège du Roy. In-8. Les Passe-temps de Ian Antoine de Baïf. A Monseigneur le Grand Prieur. A Paris, Pour Lucien Breyer, 1573. Avec privilège du Roi. In-8. Ensemble 4 volumes in-8. Maroquin bleu orné d’un médaillon fleuri au centre des plats, dos à nerfs ornés d’un fleuron répété, large dentelle intérieure, double filet sur les coupes, tranches dorées sur marbrure. Trautz‑Bauzonnet. 162 x 98 mm.‎


‎Édition originale des œuvres en rimes, des jeux et des passe-temps de Baïf et première originale collective de l’ensemble de son œuvre. Baïf fut choisi par Ronsard parmi les six meilleurs poètes de la célèbre « Brigade » pour constituer la Pléiade. « Ces poésies sont fort recherchées et ne se trouvent pas facilement complètes » notait déjà Brunet en 1863. D’origine angevine, né en 1532 à Venise où son père était ambassadeur, Jean-Antoine de Baïf suivit les leçons de Dorat avec Ronsard. Après avoir chanté l’amour en pur pétrarquiste, il le rencontra à Poitiers et le célébra avec ferveur dans les Amours de Francine (1555). Il fonda en 1570 une académie de musique et de poésie et imagina alors de faciliter la collaboration entre poètes et musiciens en adoptant la métrique gréco-latine, comme dans ces vers légers : Amour, amiables fillettes, Amour à la pénible chasse Ne se trouve point au marché Ne s’attrape pas à quester, Pour qui le voudroit acheter : Toyles ny rez rien ne lui font : - Aimer il faut pour estre aymé. - Aymer il faut pour estre aymé Mises en musique, les Chansonnettes mesurées charmèrent la cour et la ville. Mais le meilleur de Baïf est dans son adaptation des Psaumes et dans certains sonnets des Amours de Francine. « N’y m’esloigner du long des plus lointains rivages, Ny par les monts déserts, tout seulet, m’escarter, Ny dans les bois obscurs tout le jour m’arrester, Ny entrer dans le creux des antres plus sauvages, Ne m’ostent tant à moy, que de toy mille images Ne viennent à mes yeux par tout se présenter, Où que je sois caché, me venant tourmenter, Navrans mes yeux de peur, mon cuer de mille outrages. Si l’œil se jette en l’eau dedans l’eau je te voy ; Tout arbre par le bois me semble que c’est toy, Dans les antres, au mont, me recourt ton image. Or il faut bien qu’Amour soit aislé comme on bruit, Quand par tout où je fuy, léger, il me poursuit, Toujours devant mes yeux remettant ton visage. » L'œuvre de Baïf se distingue par son abondance, sa variété, et son caractère expérimental souvent audacieux. Esprit éclectique, « inventif et laborieux » selon ses propres termes, ce poète humaniste a passé sa vie à étudier et à écrire, et s'est essayé à tous les genres et à tous les styles avec une inégale persévérance : sonnet et chanson pétrarquiste, mignardise anacréontique, épigramme facétieuse et gauloise, narration mythologique, tragédie, comédie, églogue satire morale ou politique, poésie gnomique à base de proverbes et de sentences versifiées, fable ésopique, lyrisme religieux... Sa réputation d'érudition, d'abord flatteuse, semble ensuite s'être retournée contre lui, quand la postérité s'est plu à faire du « docte, doctieur et doctime Baïf » célébré par Du Bellay une caricature du pédant, lui reprochant son « érudition effréné e» (Chamard). Parce qu'il a beaucoup traduit et paraphrasé, en français et en latin, en prose et surtout en vers, rimés ou mesurés, parce qu'il a considéré la poésie comme un art de la mémoire et de la réécriture, « déversant dans ses œuvres, par imitation volontaire ou par simple réminiscence, tous les souvenirs de son humanisme » (Chamard), on a parfois douté de l'originalité de son talent. Il est juste de souligner sa parenté avec les poètes alexandrins de l'Antiquité, auxquels Dorat l'avait initié. Sa prédilection pour la mythologie et pour un certain réalisme rustique, ses procédés de composition maniéristes, son goût du mot populaire ou archaïque, ses recherches rythmiques sont autant de traits qui l'apparentent aux poètes des Ptolémées. Mais on retient surtout l'audace de ses recherches formelles et l'importance de sa contribution au renouveau musical de son temps. Après avoir expérimenté dans ses vers rimés nombre de combinaisons rythmiques inédites, cet esprit sociable, actif, curieux et entreprenant a orchestré au sein de son Académie une véritable métamorphose de la musique vocale. Peut-être trop dispersé dans ses intérêts, sans doute n'a-t-il jamais produit de véritable chef-d’œuvre ; son œuvre immense n'en incarne pas moins les hautes ambitions morales, intellectuelles et artistiques de la Pléiade. La recherche actuelle tend à lui restituer un rôle de premier plan dans le renouveau esthétique issu de l'humanisme. Rarissime première édition collective, en très grande partie originale, l’une des plus recherchées de la pléiade. Superbe impression homogène pour les quatre volumes, en caractères fins italiques. Les bois typographiques sont également utilisés de manière harmonieuse au travers des volumes. Elle réunit : - Les Amours. A Paris, Pour Lucas Breyer, 1572. (8) ff. et 232 ff. En partie originale. Contient 6 poèmes d'Etienne de la Boetie. - Les Jeux. A Paris, Pour Lucas Breyer, 1572. (4) ff. et 232 ff., le dernier chiffré par erreur 230. La date du titre, comme souvent, a été modifiée par l’adjonction manuscrite d'un I au chiffre mdlxxii. Edition originale. - Œuvres en Rime. A Paris, Pour Lucas Breyer, 1573. (10) ff. et 272 ff. Bien complet de l'extrait du privilège, et du rarissime feuillet a10, blanc avec fleuron typographique. En grande partie originale. - Les Passetems. A Paris, Pour Lucas Breyer, 1573. (4) ff. et 128 ff. chiffrés par erreur 126. Edition Originale. Tchemerzine, pp. 268-279 ; Jean Vignes, « Henri III et Jean-Antoine de Baïf, mécénat rêvé, mécénat réel », in Henri III mécène des arts, des sciences et des lettres, 2006, pp. 144 et suiv. Superbe exemplaire à très belles marges (hauteur 162 mm contre 157 mm pour l’exemplaire relié par Lortic vendu 245 000 FF (37 000 €) le 17 mai 1991, il y a 29 ans et 156 mm pour l’exemplaire H. Drury vendu 45 000 € le 15 décembre 2006, il y a 14 ans). Brunet souligne que ces quatre volumes sont très recherchés et ne se rencontrent pas facilement réunis et Deschamps, dans le supplément à Brunet, cite deux exemplaires en 4 volumes en reliure identique à celui-ci au prix de 1 500 F Or (en 1873) et 1 640 F Or (en 1876) sachant qu’un livre de bibliophilie pouvait alors s’acquérir à compter de 10 F Or. Des bibliothèques Robert Hoe et John Whipple Frothingham avec ex-libris.‎

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EUR25,000.00

‎WATTEAU, Antoine.‎

Reference : LCS-17943

‎L’Œuvre d’Antoine Watteau, Peintre du Roy. En son Académie Roïale de Peinture et Sculpture Gravé d’après ses tableaux & Desseins originaux tirez du Cabinet du Roy & des plus curieux de l’Europe. Par les Soins de M. de Julienne. « Ce somptueux recueil imprimé en 1735 est un des livres les plus beaux et les plus rares du XVIIIe siècle. Des 100 exemplaires qui furent tirés il y a près de trois siècles, à peine une trentaine existe encore aujourd’hui » (Cohen, en 1910, il y a 109 ans).‎

‎Selon Cohen, ce recueil vaut 30 fois le prix des Fables de la Fontaine illustrées par Oudry en 4 volumes in-folio, Paris, 1755-1759. A Paris, Fixé à cent exemplaires de pres épreuves. Imprimez sur grand papier. 2 volumes grand in-folio, vers 1735. 261 planches gravées. - Vol. 1 : 1 titre gravé, 1 f. de texte gravé, 1 frontispice gravé. 38 planches ; Figures de mode, dessinées et gravées à l’eau forte par Vatteau (sic). Paris : Duchange et Jeaurat, s.d. : 1 titre gravé, 11 planches ; Figures Françaises et comiques, nouvellement inventées par M. Watteau. Paris, Duchange et Jeaurat, s.d. : 1 titre gravé, 7 planches. Autres vues. Paris Duchange, Gautrot et Joullain, s.d : 52 planches dont 8 doubles. - Vol. II : Œuvres des estampes gravées, d’après les tableaux et dessins de feu Antoine Watteau. Quatrième et dernière partie. Paris, Gersaint, s.d. : 1 titre gravé et 153 planches. Soit un total de 261 gravures. Reliure en veau marbré, triple filet doré en encadrement sur les plats, dos à nerfs et caissons ornés, pièce de titre rouge et tomaison citron. Reliure de l’époque. Provenances : Comte Henry Greffulhe (1848-1932) (ex-libris gravés à ses armes) ; André Langlois (ex-libris). 637 x 468 mm.‎


‎Edition originale. « Ce somptueux recueil en deux volumes est un des livres les plus beaux et les plus rares du XVIIIe siècle. Des cent exemplaires qui furent tirés, à peine une trentaine existe encore aujourd’hui (en 1910, il y a 109 ans) les autres ayant été cassés par les marchands d’estampes. » (Cohen). Il est à observer que le Tome I contient uniquement des pièces à regarder en hauteur et le tome II des pièces à regarder en largeur. Quand il y a deux pièces sur la même planche, au tome I, ce sont donc des pièces en largeur au tome II, des pièces en hauteur. - [Avec] : WATTEAU, Antoine. Figures de différents caractères de Paysages & d’Etudes dessinées d’après nature, par Antoine Watteau. Peintre du Roy en son Académie Royale de peinture et Sculpture, Gravées à l’Eau-forte par des plus habiles Peintres et Graveurs du temps, tirées des plus beaux cabinets de Paris. A Paris, chez Audran, graveur du Roy en son Hôtel royal des Goblins et chez F. Chereau, graveur du Roy, rue Saint-Jacques, aux deux pilliers d’or, Roland scrips. F. Baillieul l’aisné sculpsit, s.d. (vers 1735). 2 tomes reliés en 1 volume grand in-folio. Tome I : (7) ff. gravés (titre, portrait de Watteau par lui-même gravé par Boucher, Vie, 2 ff. ; épitaphe, 2 ff., préface 1 f. et 132 sujets sur 101 planches. Tome II : (3) ff. (titre, avertissement, frontispice par Boucher) et 120 (ou parfois 121) ff. contenant les sujets 133 à 350. Reliure en veau marbré, aux armes de Samuel Bernard (OHR, 1043), triple filet doré en encadrement sur les plats, dos à nerfs, caissons ornés, pièce de titre et de tomaison en maroquin rouge, roulette sur les chasses, tranches rouges. Provenance : Samuel Bernard, comte Coubert (1651-1739). Reliure armoriée de l’époque. 509 x 337 mm. Edition originale de ce précieux recueil publié par les ordres de M. de Julienne qui, selon Mariette, grava lui-même les n°221 et 222. Les aquafortistes des autres planches sont Jean et Benoît Audran, Boucher, Cars, Caylus, Cochin, Desplaces, Lépicié, Sylvestre et Carle Vanloo. Cette édition, la seule bonne est fort rare. Cartonné, non rogné, 1 500 fr. OR, catalogue Fontaine 1874, n°2493. En veau ancien, 2 500 frs Or Bulletin Morgand (1891), n°20348. En demi-reliure de Pagnant 3 000 frs Or, Bulletin Morgand (1899), n° 35457 ; en feuilles, 3 500 frs Or ibid. n°36821. Soit de 18 000 à 23 000 F Or pour les deux œuvres en 1912 selon Cohen soit 30 fois la valeur de la grande édition des Fables de La Fontaine illustrées par Oudry en 4 volumes in-folio, Paris 1755-1759 dont un bel exemplaire de premier tirage en maroquin se vend aujourd’hui 30 000 €. L’œuvre de Watteau est le plus rare des recueils de gravures du XVIIIe siècle. Il a été formé par les soins de Jean de Jullienne, ami et protecteur de Watteau, et tiré chez lui, à la manufacture des Gobelins, à cent exemplaires. Nous résumons brièvement, d'après les précieuses recherches de MM. Dacier et Vuaflart (Jean de Jullienne et les graveurs de Watteau), l'historique de cette magnifique entreprise. Le travail de gravure débuta en 1717, soit quatre ans avant la mort d'Antoine Watteau, et se continua jusqu'en 1735. Pour ces gravures, M. de Jullienne sut faire appel aux meilleurs artistes du moment : Jean Audran, Desplaces, Dupuy, Cochin père, Edme Jeaurat, Benoît Audran, fils de Jean, Siivestre, Laurent Cars, Bernard Lépicié, Carle Vanloo, Trémolières, François Boucher, alors âgé de dix-neuf ans, Jean de Jullienne lui-même, son ami le comte de Caylus et un anonyme qui signe M et pourrait être M. de Montullé, cousin germain de Jullienne, Tardieu, Maurice Baquoy, Louis Crépy, Nicolas de Larmessin, Thomassin, Jean Moyreau, Gabriel Huquier, spécialiste des arabesques, Bernard Baron, François Joullain, les frères Liotard, de Genève, Aveline, François Chédel, Jacques Ph. Le Bas, Marie-Jeanne Renard du Bos, Louis Jacob, Etienne Fessard, soit en tout trente-six artistes. Watteau lui-même a gravé dix pièces qui furent retouchées par les graveurs professionnels. « En 1716 Watteau céda aux instances de Crozat et vint s'installer chez le célèbre collectionneur. Crozat possédait, rue de Richelieu, au coin des boulevards un magnifique hôtel avec parc. Il avait à Montmorency un château somptueux. Watteau bénéficia de ce luxe, mais pas longtemps. La brillante société qui fréquentait chez le financier lui prenait beaucoup trop d'instants qu'il eut préféré consacrer aux commandes dont il était surchargé. Il quitta Crozat pour aller chez Sirois dont il accepta l'hospitalité, défendant qu'on fit connaître sa demeure à ceux qui la demanderaient. » « C'est à partir de cette époque que Watteau se libéra des manières et des influences précédentes et trouva définitivement et l'esprit et la technique qui allaient constituer cette poésie qui est si particulière à son œuvre. Quant à l'esprit, il abandonne les scènes de mascarades du répertoire de Gillot, et se consacre désormais aux manèges de l'amour, depuis les jeux retenus des premières rencontres : « La proposition embarrassante », jusqu'aux ultimes passes d'armes : « La surprise ». Il aime aussi à décrire les plaisirs de la musique : « Les Charmes de la vie ». Il isole parfois des personnages dans le but d'approfondir leur portrait psychologique : « La Finette » et « L'indifférent », tous deux au Louvre, « Le donneur de sérénades » de Chantilly. Mais c'est peut-être encore plus la technique picturale nouvelle qui constitue la grande originalité de l'art de Watteau dans sa brève maturité : d'une part il ne met plus en scène des personnages détachés devant un fond de décor, au contraire, par une touche hachurée, il fait un tout des personnages et de l'espace dans lequel il se meuvent ou se situent, s'imbriquant dans les herbes, les branchages, la brume légère. S'il avait été auparavant sensible aux exemples des peintres de genre flamands, la pratique des collections de Crozat lui permet de découvrir ses véritables sources avec le sens de la grande décoration, l'aisance du dessin, des raccourcis, des arabesques élégantes, chez Véronèse, et le sens de la pâte picturale généreuse et sensuelle, la traduction voluptueuse de la lumière dorée enveloppant les beaux corps chez Titien. Cependant, il n'avait toujours pas peint son morceau de réception pour l'Académie, qui l'avait accueilli en quelque sorte sur parole, et qui commençait à s'impatienter. Ce fut en 1717 que Watteau lui présenta enfin « L'embarquement pour Cythère », qui lui valut aussitôt le titre de « peintre des fêtes galantes ». Ce titre bien que justifié ne traduit que le côté le plus anecdotique du talent de Watteau. En fait on aurait pu mieux le dire « peintre de la nostalgie des fêtes galantes », ce qui aurait traduit plus justement le climat poétique propre aux prétendues fêtes de Watteau. En outre, par-delà le sujet, si prenant soit-il, c'est bien plus le rythme de la composition, la gamme colorée, chaude et dorée, la technique, légère et nerveuse, par petites touches spirituelles, entrecroisant les tons, le dessin, alerte, éblouissant, des personnages et du paysage, l'accord, la fusion, entre êtres et choses, acteurs et décor, personnages et nature, qui créent la poésie chez Watteau. » Précieux exemplaire de l’un des plus beaux livres illustrés par un peintre au XVIIIe siècle. Les exemplaires complets de toutes leurs planches, comme celui-ci, sont rarissimes : du tirage originel à cent exemplaires en 1735, un nombre infime a échappé aux marchands d'estampes qui ont souvent préféré vendre les gravures à part. (Cohen-de Ricci, col. 1053-1065).‎

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EUR185,000.00

‎Kahn Gustave [John Antoine Nau]‎

Reference : 16459

‎Lettre autographe signée de condoléance au frère du premier Prix Goncourt, John Antoine Nau‎

‎. "Billet envoyé de Monfort l’Amaury à Charles Torquet (frère d’Eugène Torquet, véritable nom de John Antoine Nau) Cachet du 9 avril 1918. ""Veuillez transmettre à Madame John Antoine Nau et agréer pour vous mes très sincères condoléances pour le grand deuil qui vous frappe et [croyez] à tous mes regrets de la disparition de l’écrivain de grand talent que vous pleurez. Bien Amicalement à vous."" Gustave Kahn (1859-1936), né à Metz, fut tour à tour et souvent en même temps, journaliste, poète, directeur de revue et critique d’art. Ami de Jules Laforgue, c’est grâce à lui qu’il devint le secrétaire du grand collectionneur d’art, Charles Ephrussi.Il dirigea La Revue Indépendante, Le Symboliste et surtout La Vogue dans laquelle Rimbaud fut publié pour la première fois. John-Antoine Nau (nom de plume de d’Eugène Léon Edouard Torquet) né à San Francisco (U.S.A) le 19 novembre 1860, mort à Tréboul, dans le Finistère, le 17 mars 1918 est le premier récipiendaire du Prix Goncourt en 1903 pour Force Ennemi. Le roman, qui bien que primé, passa presque inaperçu du public, avait été publié aux éditions de la Revue Blanche."‎


EUR80.00

‎SAINT-EXUPERY (Antoine de)‎

Reference : 28220

(1940)

‎« Huit heures à vivre ».‎

‎ Scénario de film, inédit : une traversée de l'Atlantique... en bateau ! S.l.n.d. [circa 1940]. 12 pages en 13 f. (210 x 270 mm) à l'encre noire, chiffrés à la mine de plomb et d'une autre main ; plis de papier d'envoi postal. Scénario de film, inédit, parmi sept projets connus, dont seulement trois sont autographes. ‎


‎En habitué des salles obscures, Saint-Exupéry fut, comme tous les jeunes gens de sa génération, un amoureux du cinéma. Ses velléités de scénariste se manifestent entre 1931 et 1936, période pendant laquelle il écrit sept projets et participe à l'adaptation pour le cinéma de certains de ses livres. On peut rapprocher ce scénario d'un passage de sa Lettre à un otage : le recueil débute précisément par l'évocation de sa traversée vers les États-Unis depuis le Portugal, en décembre 1940, où il décrit les joueurs de roulette et de baccara, pour la plupart des réfugiés en partance. Lauren Bacall et Humprey Bogart auraient pu être convoqués ! Huit heures à vivre raconte une histoire aux antipodes de l'univers romanesque du Petit Prince : un monde sombre et peuplé de truands, d'escrocs et de prostituées qui débute dans les bas-fonds de la ville de Rio pour se poursuivre dans les soutes d'un paquebot frappé par une épidémie de peste. Le bateau atteindra finalement Lisbonne avec à son bord 1 500 émigrés, dont beaucoup de malades. Cinq terroristes, à bord du navire, vont profiter du désarroi et de la panique du capitaine pour commettre les pire méfaits. Ce scénario s'inspire de celui d'Igor, un script confié à Pierre Billon à l'été 1940, à Nice, juste avant le départ de l'écrivain pour les États-Unis : « Ceci est pour vous. C'est un sujet de film. Si je reviens nous y travaillerons ensemble, sinon vous le réaliserez tout seul. » Il ajouta en souriant : « Ne l'égarez pas. C'est l'unique exemplaire... et je l'ai tapé moi-même ! » Présenté à l'exposition Antoine de Saint-Exupéry aux Archives nationales de novembre 1984 (n° 450), ce dactylogramme est composé de vingt feuillets avec quelques corrections manuscrites. Christian Janicot, dans sa préface à l'Anthologie du cinéma invisible, souligne combien l'univers d'Igor est éloigné du registre habituel de Saint-Exupéry, ainsi que le résume Pierre Billon : « L'essentiel de cette histoire n'est pas la révolution. C'est, avant tout, le drame qui se passe à bord d'un vieux paquebot à vapeur qui, partant d'Amérique du Sud, regagne un pays d'Europe. Au cours de la traversée deux hommes sacrifient leur vie pour qu'un troisième arrive et puisse accomplir sa mission qui est de diriger le soulèvement qui délivrera son pays d'un régime d'oppression. » Pour Igor, il n'existe aucun manuscrit. Huit heures à vivre, qui en constitue une version remaniée et plus littéraire, à vraisemblablement été composé aux Etats-Unis, dans le deuxième semestre de l'année 1940. À bord du paquebot, une exploratrice amoureuse suicidaire malade de la peste, son amant malade également, des terroristes auteurs d'un attentat, dont un certain Felicio, arrêté par la police du pays et qui refuse de livrer ses complices en fuites, qui se fondent dans la foule des autres voyageurs. L'exploratrice craint elle de perdre son amant et lui apprend qu'elle a la peste ; elle se suicide. S'ensuit un long passage sur la question du suicide comme devoir : « - N'est-ce pas, docteur ?, le suicide est une lâcheté. Un suicide par une femme c'est même violent. Est-il responsable de cette mort ? Non bien sûr ! Il n'est responsable de rien. Le suicide ne se comprend... que... que par exemple s'il sauve des compagnons. Alors oui. Que s'il défend une cause. Alors il est même non seulement excusable, mais je dirais même un devoir.» Tiendra-t-elle les dernières heures de la traversée pour survivre ? Saint-Exupéry en donnera une réécriture, sous la forme d'un manuscrit non titré reprenant l'intrigue mais cette fois-ci depuis l'Afrique ; il avait été présenté en 2011 chez Artcurial (9 mai 2011, section Saint-Exupéry, n° 269). L'écrivain produira par ailleurs un dernier scénario - un film sur la Résistance -, en 1941. En 1935, il avait donné écrit le scénario d'Anne-Marie, l'histoire d'une jeune femme ingénieur qui rêve d'apprendre à voler et gravite dans un groupe de camarades pilotes, tous amoureux d'elle. Raymond Bernard réalise le film la même année, Annabella incarnant le rôle titre, archétype de la femme moderne et séduisante, aviatrice et aventureuse. C'est le seul scénario original qui sera porté à l'écran. Vol de nuit, sorti un an plus tôt, mais auquel Saint-Exupery n'a participé en rien, a été un grand succès qui le persuade d'adapter Courrier Sud, auquel il songeait depuis 1931. Son scénario est prêt en 1936, pour lequel une toute jeune débutante, Françoise Giroud, l'assiste ; il est communiqué au réalisateur Pierre Billon. Deux producteurs sont trouvés : André Aron et son associé l'aviateur Édouard Corniglion-Molinier, ami et compagnon d'aventures de Malraux. Le tournage a lieu à la fin de l'année 1936 à Mogador (aujourd'hui Essaouira), au Maroc. Le film sort sur les écrans en 1937. Pour Anne-Marie et l'adaptation de Courrier Sud, on ne connaît que des tapuscrits corrigés et aucun manuscrits ni même brouillons autographes. Citons également le projet inachevé d'un film, inspiré par le raid manqué Paris-Saigon du 31 décembre 1935 qui se termina, après un atterrissage forcé en plein désert, par un sauvetage grâce à une tribu de nomades. Le projet avait été rédigé sous forme d'un dactylogramme de quinze feuillets, présentés à l'exposition Antoine de Saint-Exupéry aux Archives nationales en novembre 1984 (n° 448), ainsi que Sonia, un synopsis sur un dactylogramme de neuf pages, offert à Raymond Bernard, le réalisateur d'Anne-Marie. Ce synopsis contient un élément qui servira, transformé, pour Huit heures à vivre : y figure le personnage d'une danseuse espagnole pestiférée, laquelle contamine le navire et entame la traversée de l'Atlantique. Vente Antoine de Saint-Exupéry, (Artcurial, 2012, n° 146) ; Histoire postale, héros de l'aviation (Artcurial, 2018, n° 96) ; Paule Bounin, L'oeuvre cinématographique de Saint-Exupéry. Études littéraires, 2001, p. 113-124 ; Christian Janicot, Anthologie du cinéma invisible, 1995. ‎

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EUR8,000.00

‎BLONDIN (Antoine)‎

Reference : 29352

(1976)

‎Sur le Tour de France.‎

‎ Manuscrit autographe S.l., [1976-1977] et Paris, Mazarine, (26 avril) 1979. 114 f. sur papier quadrillé et 1 vol. (140 x 225 mm) de 112 p. et [3] f. Broché, sous couverture illustrée. L'ensemble est conservé dans un emboîtage signé de Julie Nadot. Manuscrit autographe signé. Il est complété par l’exemplaire du texte en édition originale, dédicacé par Blondin. Envoi signé : « Pour toi, Pierre [Salviac], sans qui ce livre n’existerait pas, en amitié, Antoine Blondin », enrichi d’une lettre autographe signée au même - 1 p. en 1 f. (130 x 210 mm) encre noire. ‎


‎Merveilleux manuscrit, complet, du premier texte d'importance que Blondin consacre au cyclisme, lui qui oeuvre alors depuis de longues années au journal L'Équipe comme chroniqueur. C'est à la demande et sous la direction de Pierre Salviac qu'un ouvrage intitulé Joies de la bicyclette doit voir le jour en 1977. Ce dernier sera successivement reporter à l'ORTF en 1964, grand reporter à France Inter jusqu'en 1976, puis journaliste sportif, comme adjoint de Robert Chapatte, chef du service des sports à Antenne 2. Il couvre alors divers sports pour la jeune émission « Stade 2 » - créée en décembre 1975 - en particulier le cyclisme et le Tour de France. C'est dans ce contexte que les éditions Hachette, qui souhaitent enrichir leur collection des « Joies de... », font appel à lui. Salviac demande alors plusieurs textes aux spécialistes du genre de l'époque (Jean-Paul Ollivier, Dominique Grimault, l'historien Raymond Huttier), ainsi qu'une préface à Robert Chapatte au texte principal d'Antoine Blondin. Le livre paraîtra en édition séparée deux ans plus tard, constituant la première oeuvre « sportive » de Blondin éditée : l'exemplaire de l'édition originale est joint, dédicacé à Pierre Salviac, « sans qui ce livre n'existerait pas, en amitié », par Antoine Blondin. Dans sa lettre, Blondin donne son accord et demande quelques précisions quant au texte attendu de lui : « j'aimerais avoir quelques précisions sur le contenu que tu souhaites y trouver, en tant que maître d'oeuvre : faut-il traiter de l'histoire du Tour : sa naissance, ses vicissitudes, ses transformations ? Toutes choses très emmerdantes dans le cadre d'un ouvrage placé sous le signe des ‘joies de...'. Ou bien, puis-je me cantonner dans le récit, à la signification athlétique et sociologique de cette haute fresque ? Éclaire-moi ». L'auteur d'Un singe en hiver avait suivi vingt-huit Grandes Boucles ; en dehors d'être lassé par la pintade servie chaque soir au dîner, «si ce volatile doit faire le Tour avec nous, qu'on lui mette un dossard !», le chroniqueur glorifie une «épreuve de surface qui plonge des racines dans les grandes profondeurs» et, telle L'Iliade et l'Odyssée de la Grande Boucle, divinise ses héros, de Coppi à Gimondi, d'Anquetil à Merckx, célébrant leurs victoires sur le champ de bataille et applaudissant aux «fêtes champêtres» que la caravane inspire dans chaque bourgade. Il en appelle à Saint-Exupéry, à Victor Hugo, et jusqu'à la comtesse de Noailles : «L'important n'est pas d'être sage, c'est d'aller au-devant des dieux». Comme le rappelait Jérôme Garcin à l'occasion de la réédition en 2016 du volume, «Blondin, qui pratiquait en orfèvre le calembour buissonnier et la digression vagabonde, aimait à dire qu'il avait plus d'un Tour dans son sac. Videz-le, c'est le bonheur. In velo veritas.» (Le Nouvel observateur, 30 juin 2016). Blondin donnera ensuite Le Tour de France en quatre et vingt jours en 1984, avant la reprise de toutes ses chroniques publiées dans L'Équipe, rassemblées dans L'Ironie du sport en 1988. ‎

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EUR20,000.00

‎SAINT-EXUPÉRY (Antoine de)‎

Reference : 29523

(1929)

‎Courrier Sud.‎

‎ Exemplaire Joseph-Henry Rosny, avec envoi, sur pur fil Paris, Gallimard, (30 avril) 1929. 1 vol. (120 x 185 mm) de 227 p. et [2] f. Broché, chemise et étui (Devauchelle). Édition originale. Un des 697 exemplaires sur vélin pur fil (n° 321). Envoi signé : «À monsieur Rosny aîné. En hommage respectueux, Antoine de Saint-Éxupéry». ‎


‎Très bel exemplaire offert par Antoine de Saint-Exupéry à J.-H. Rosny aîné : une dédicace parlante, et de circonstance pour le jeune romancier - rappelons que c'est son premier livre - qu'il adresse au président du plus prestigieux prix littéraire : celui décerné par l'académie Goncourt. L'ouvrage ne sera pas retenu dans la liste finale du prix (qui sera décerné à L'Ordre de Marcel Arland) ; Vol de nuit sera, deux ans plus tard, un peu mieux envisagé, puisqu'il parviendra jusqu'à la sélection finale. Il obtiendra la prix Femina. Pseudonyme de Joseph Henri Honoré Boex, J.-H. Rosny l'aîné est né le 17 février 1856 à Bruxelles. C'est l'un des grands fondateurs de la science-fiction moderne, avant les ouvrages de H.G. Wells : il est également l'auteur, avec son frère, du célèbre roman La Guerre du feu, en 1909. Les frères Boex seront tous deux, selon la volonté d'Edmond de Goncourt, nommés pour siéger à l'Académie éponyme, dont Rosny l'aîné occupe la présidence de 1926 à sa mort, en 1940 ; son frère l'y succédera. C'est vers 1925 que Saint-Exupéry rencontre, dans le salon parisien de sa cousine Yvonne de Lestrange, la fine fleur des éditions Gallimard : Gaston Gallimard, Jean Schlumberger et André Gide. Ces rencontres vont jouer un rôle fondamental dans son entrée en littérature. Gide poussera le jeune homme à écrire, lui qui vient d'échouer à l'École navale et suit un stage de perfectionnement à l'école de navigation aérienne de Brest. Engagé en 1926 par la compagnie Latécoère (la future Aéropostale), il transporte le courrier à destination de l'Amérique du Sud depuis Toulouse via l'Espagne, le Maroc, la Mauritanie jusqu'à Dakar, où ce courrier embarque sur un bateau pour l'autre continent. C'est d'après ses souvenirs et ses mémos qu'il rédige Courrier Sud : le roman relate les notes du pilote Jacques Bernis à travers ses lettres envoyées depuis ses différentes escales. Saint-Exupéry en lira des passages à son cousin Honoré Estiennes d'Orves, son futur lecteur attitré. L'ouvrage est accepté par Gaston Gallimard. Premier livre, premier chef-d'oeuvre : «Un ciel pur comme de l'eau baignait les étoiles et les révélait. Puis c'était la nuit». La poésie se mêle, sans cesse, à la réalité et celle des hommes : l'Aéropostale des débuts, c'est un quatuor d'amitiés fortes et de pilotes intrépides, les mousquetaires que sont Jean Mermoz, Henri Guillaumet, Antoine de Saint-Exupéry et Marcel Reine. ‎

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‎LA SALE, Antoine de.‎

Reference : LCS-18422

‎Histoire et Cronicque du Petit Jehan de Saintré et de la Jeune Dame des Belles Cousines, sans aultre nom nommer ; Collationnée sur les manuscrits de la Bibliothèque Royale et sur les éditions du XVIe siècle. Superbe édition illustrée du Petit Jehan de Saintré, l’un des 200 exemplaires finement coloriés‎

‎L’illustration se compose de 5 gravures enluminées dont une à pleine page et de nombreuses lettrines, ornements et fleurons enluminés et rehaussés à l’or. Paris, Firmin Didot frères, 1830. In-4 de (2) ff., 7 pp. d’Avertissement, (1) f. de titre enluminé, ccclxix pp., (7) ff. de table, 36 pp., (1)f.hors texte avec une gravure enluminée à pleine page et 3 gravures peintes et enluminées dans le texte. Plein maroquin rouge, triple filet doré autour des plats, dos à nerfs richement orné, double filet doré sur les coupes, large roulette intérieure dorée, tranches dorées. Étui. Reliure signée Cuzin. 237 x 145 mm.‎


‎[embed]https://youtu.be/hKwWCcf7rmg[/embed] Premier tirage, limité à 250 exemplaires, de cette superbe édition illustrée du Petit Jehan de Saintré. Morgand et Fatout, n°8934; Carteret, III, 292; Graesse, III, p.459. Ces 250 exemplaires ont été «imprimés sur un papier façon parchemin, fabriqué exprès pour une collection des anciens romanciers dont le Petit Jehan de Saintré sera le spécimen.» (Avertissement). «Texte imprimé en caractères gothiques avec vignettes, lettres ornées, fleurons d’après une édition du XVIe siècle; environ 250 gravures. Tirage en noir et 200 exemplaires coloriés. Livre très caractéristique de l'époque romantique, illustré de façon charmante par Eugene Lami...» (Carteret). «Il y a des ex. sur pap. parcheminé, avec les vignettes et les fleurons coloriés (60 fr. – 40 fr. Asher)» Graesse, III, p.459. «Récit d’Antoine de La Salle (1388-1469 environ) intitulé: Histoire et plaisante chronique du petit Jehan de Saintré et de la jeune dame des Belles Cousines. Composée en 1456, cette œuvre fut publiée pour la première fois en 1517 et réimprimée à différentes reprises. Un jeune page, Jehan de Saintré, est attaché à la Maison du roi de France Jean II le Bon et se prend d’amitié pour une jeune femme, la Dame des Belles Cousines. Sachant que le page n’a d’attachement pour personne, sinon pour une enfant d’une dizaine d’années, la Dame songe à faire son éducation afin qu’il devienne un vrai chevalier. Pour ce faire, elle lui donne quelques conseils et le pousse à tenter de grandes entreprises. En attendant, elle veille à ce qu’il soit vêtu comme l’exige sa condition et le pourvoit du nécessaire. Puis elle le fait nommer écuyer du roi et l’engage à partir pour des terres lointaines. Assez vite, d’aventure en aventure et de tournoi en tournoi, Jehan devient célèbre. La dame lui assignant des tâches toujours plus difficiles, le valeureux jeune homme se voit récompensé par des honneurs et des charges. Mais la dame entre en galantes relations avec un riche abbé. Très affecté par cette découverte, le beau chevalier tente de reprendre la première place dans le cœur de la Dame. Et il luttera jusqu’à ce qu’il ait démasqué l’impudent séducteur et réduit la Dame au repentir. Le contraste que forment les amours paillardes de l’abbé et les sentiments de Jehan, éclate de la manière la plus brillante, tandis que la narration garde un cours extrêmement rapide, en dépit des considérations, des dialogues et des descriptions variées. L’œuvre est celle d’un homme qui admire ce monde harmonieux du XVe siècle français, fatalement destiné à la décadence. Le style est toujours clair, mais il manifeste certaine complaisance pour une prolixité, qui s’alimente moins aux sources d’une première Renaissance qu’aux thèmes traditionnels. En effet, le Petit Jehan de Saintré s’apparente encore à la littérature du Moyen Age, bien que l’auteur, sous couleur d’exalter la chevalerie finissante, s’en moque avec une délicieuse et impitoyable ironie.» (Dictionnaire des œuvres, V, p.237). «Antoine de La Sale (ou La Salle), écrivain français, né vers 1398, mort après 1461. On a peu de détails sur sa vie. Il fit, jeune encore, le voyage d’Italie. Lui-même nous apprend qu’en 1422 il se trouvait à Rome. Là vivait toute une génération de littérateurs spirituels et sceptiques, qualités qui se reflètent sensiblement dans les écrits de La Sale. Parmi ces écrivains, nous signalerons surtout le Pogge, auteur des ‘Facéties’, imité par La Sale dans la cinquantième des ‘Cent Nouvelles nouvelles’, et si souvent mis à contribution dans l’ensemble de ce recueil. En 1424, après son retour en France, La Sale remplissait dans les états de Louis III, duc d’Anjou, roi de Sicile et comte de Provence, l’office de viguier d’Arles. Il était en outre attaché à ce prince à titre de secrétaire. En 1425 il accompagnait de nouveau le roi de Sicile à Naples. Louis III étant mort en 1434, La Sale continua ses services auprès de René d’Anjou, frère et successeur de Louis. Il devint écuyer, chambellan de ce prince, et précepteur de Jean d’Anjou, duc de Calabre (fils ainé de René), qui vit le jour en 1427. [...] La Sale composa, dans le même lieu et vers le même temps (1456), un autre livre dont le mérite littéraire ne le cède à aucun des précédents. L’Hystoire et plaisante Cronicque du petit Jehan de Saintré et de la jeune dame des Belles-Cousines, sans autre nom nommer, s’ouvre, dans les manuscrits, par une épître dédicatoire. Cette épître est signée Antoine de La Sale et datée de Geneppe, le 25 septembre 1459. L’auteur, dans ce préliminaire, dédie son œuvre, qui est son chef-d’œuvre, à ce même Jean d’Anjou, duc de Calabre et de Lorraine, dont il avait été le précepteur. » Nouvelle biographie générale, XXIX, pp.711-712. L’illustration se compose de 5 gravures enluminées dont une à pleine page et de nombreuses lettrines, ornements et fleurons enluminés et rehaussés à l’or. «Nous nous plaisons à croire que les bibliophiles nous sauront gré du soin que nous avons mis à la publication de ce volume, quand ils remarqueront que les ornements se composent de cinq vignettes principales, de quatre-vingt-seize initiales, de dix-sept fleurons et de dix marges de pages ornées, dont une entr’autres est formée de sept cents petites fleurs en or, outre les fleurs de couleur et les ornements...» (Avertissement). Superbe exemplaire, l’un des 200 coloriés, conservé dans sa reliure en maroquin rouge signée de Cuzin. Provenance: Léon Rattier et Jean Jacobs avec ex-libris.‎

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EUR3,500.00

‎WATTEAU, Antoine.‎

Reference : LCS-18268

‎Figures de différents caractères de Paysages & d'Etudes dessinées d'après nature, par Antoine Watteau, Peintre du Roy en son Académie Royale de Peinture et Sculpture, Gravées à l’Eau-forte par les plus habiles Peintres et Graveurs du Temps, tirées des plus beaux cabinets de Paris. Édition originale « fort rare » (Cohen) des Figures de Différents caractères d’Antoine Watteau, l’un des plus beaux livres de l’histoire de la bibliophilie française.‎

‎Précieux exemplaire, conservé dans ses belles reliures de l’époque, cité par Cohen (col. 1056) provenant des bibliothèques du Comte Greffulhe et d’André Langlois avec ex-libris. Paris, Audran et Chereau, [1726-1728]. 2 volumes in-folio de : T. I / (4) ff. gravés (frontispice dessiné et gravé par Boucher, épitaphe, et autoportrait de Watteau gravé par Boucher), et 101 planches portant 132 sujets numérotés. Sans le titre, la Vie (2 ff.) et la préface (un f.), gravés, jamais reliés dans l'exemplaire (voir ci-après) ; T. II / 121 planches portant les sujets numérotés de 133 à 350 et 1 gravure non numérotée entre la 270 et 271. Sans le titre et le f. d’Avertissement. Veau marbré, triple filet à froid encadrant les plats, dos ornés de filets, fleurons, et étoiles, pièces de titre et tomaison de maroquin rouge et noir, tranches dorées. Reliure de l'époque. 495 x 325 mm.‎


‎Edition originale et premier tirage « de ce précieux recueil » (Cohen, col. 1064), l’un des plus beaux et des plus rares livres illustrés français de tous les temps. « Cette édition, la seule bonne, est fort rare ». (Cohen, col. 1064). Sander, Illustrierten franz ö sischen Bücher des 18. Jahrhunderts, 2042 ; Berny, Livres anciens, romantiques et modernes, III, …, 90 ; Esmerian, XVIIIe siècle, livres illustrés, 107. Précieux et célèbre exemplaire cité par Cohen (col. 1056) provenant des bibliothèques du Comte Greffulhe et Jacques Langlois. Le « recueil Julienne », le plus beau et le plus rare des recueils de gravures du XVIIIe siècle, fut composé par les soins de l’ami et protecteur de Watteau, Jean de Julienne, lequel s’entoura peu de temps après la mort de Watteau d’une trentaine d’artistes reconnus dans le but de propager l’œuvre de son ami. L’entreprise de publication s’étendit sur une douzaine d’années. Les quatre volumes (dont les Figures de différents caractères sont consacrés aux dessins et l’Œuvre à ses peintures et ornements) furent imprimés chez lui, à la manufacture des Gobelins. Le travail de gravure débuta en 1717, soit quatre ans avant la mort d'Antoine Watteau. Les Figures de différents caractères furent mises en vente en 1726 et 1728 (et l’Œuvre en 1735). Julienne fit appel aux plus grands artistes du temps : quinze graveurs travaillèrent aux Figures de différents caractères, dont Jean Audran (131 pièces), Cochin père, Nicolas Silvestre, Laurent Cars et François Boucher alors âgé de dix-neuf ans, qui grava 105 pièces. Jean de Julienne lui-même, son ami le comte de Caylus et peut-être Montullé, cousin germain de Julienne, ont enfin gravé une quinzaine de pièces. Au total, 352 gravures immortalisant les dessins de Watteau : outre son autoportrait, la plupart sont des études de personnages pour ses tableaux de scènes galantes ou de comédie italienne, mais aussi d’artisans de petits métiers, de femmes dans leur vie quotidienne, et de personnages exotiques. Le goût personnel de Julienne, aquafortiste amateur, influe sur la technique des graveurs. C'est à l'eau-forte qu’eurent recours ces derniers pour obtenir une atmosphère aux valeurs claires, évanescentes que ne pouvait traduire le burin. Le succès de l’ouvrage fut considérable et les gravures accrochées dans tous les intérieurs français, ainsi qu’en Angleterre et en Allemagne. Quelques années après la parution des Figures de différents caractères en 1726-1728, les deux volumes de l’Œuvre de Watteau virent le jour en 1735 ; le Comte Greffulhe possédait initialement ces quatre volumes : Les Figures en 2 volumes in-folio, et L’Œuvre en 2 volumes grand in-folio. Il est cité par Cohen dans sa description de L’Œuvre parmi les rarissimes exemplaires connus (col. 1056). L’ensemble des volumes fut titré L’Œuvre au dos, raison pour laquelle les deux volumes des Figures portent ici ce titrage, et explique l’absence (d’origine) des titres, de la préface et de la Vie de Watteau, lesquels furent remplacés par le frontispice de Boucher, relié ici en tête du T. I mais habituellement en tête du T. II. Ce superbe exemplaire du Comte Greffulhe compte parmi les rares conservés dans leur élégante reliure de l’époque bien conservée. L’exemplaire passa ensuite dans la bibliothèque André Langlois, une des provenances les plus distinguées pour les beaux livres du dix-huitième siècle. En mai 2000, il y a 16 ans un exemplaire de ces deux volumes de Figures de différents caractères en reliure anglaise restaurée était vendu 350 000 F (environ 53 300 €) (Réf : Livres précieux – mai 2000, n° 140).‎

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EUR29,000.00

‎GUIBERT, Jacques-Antoine-Hippolyte.‎

Reference : LCS-18002

‎Eloge du roi de Prusse. Par l’Auteur de l’Essai Général de Tactique... « L’œuvre de Guibert a eu une grande influence sur les conceptions militaires de Napoléon, qui avait lu et médité ses écrits ».‎

‎Edition originale rare de cette analyse des campagnes de Frédéric II jugées par le célèbre tacticien français Jacques-Antoine-Hippolyte Guibert, ouvrage qui eut une grande influence sur les conceptions militaires de Napoléon. Londres, 1787.In-8 de 304 pp. Conservé dans sa brochure d’origine de papier orangé, pièce de titre de papier en tête du dos, non rogné. Brochure de l’époque.212 x 137 mm.‎


‎Edition originale rare de cette analyse des campagnes de Frédéric II jugées par le célèbre tacticien français Jacques-Antoine-Hippolyte Guibert, ouvrage qui eut une grande influence sur les conceptions militaires de Napoléon.Jacques-Antoine-Hippolyte Guibert est un général et auteur militaire français né le 12 novembre 1743 à Montauban et mort le 6 mai 1790 à Paris.« Le 1er juin 1772, M. de Guibert avait fait parvenir au Roi, par l’entremise de d’Alembert, son ‘Essai général de tactique’ ; il arriva lui-même à Postdam le 14 juin 1773, et écrivit à Frédéric une lettre. Aux pages 215 et suivantes, M. de Guibert parle de la conversation qu’il eut avec le Roi le 17 juin, et de son séjour à Postdam. Dans le second volume de son ‘Journal’, il parle des manœuvres et des revues auxquelles il avait assisté en Silésie, aux mois d’août et de septembre 1773. Son séjour à Berlin, à Postdam et en Silésie, ses conversations avec Frédéric, et la connaissance assez intime qu’il avait faite avec M. de Catt, l’abbé Bastiani, le colonel Quintus Icilius, les généraux d’Anhalt et de Rossières, et avec beaucoup d’autres personnages très capables de le mettre au fait de l’histoire de la Prusse et du caractère de Frédéric, lui donnèrent l’idée et lui fournirent les moyens d’écrire ‘l’Eloge du roi de Prusse’. A Londres (Paris), 1787, 304 pages in-8. Cet ouvrage a été souvent réimprimé ; il a été traduit deux fois en allemand, et en italien. On en trouve une critique sévère dans la ‘Lettre du comte de Mirabeau à M. le comte de... sur l’Eloge de Frédéric, par M. de Guibert’, 1788. Il est souvent fait mention de M. de Guibert dans la correspondance de Frédéric. » (Œuvres de Frédéric le Grand). Guibert entre en 1756, à l'âge de treize ans, au régiment d'Auvergne avec le grade de lieutenant. Il devient capitaine en 1758 et prend part à la guerre de Sept Ans. Il y accompagne son père, Charles-Benoît, comte de Guibert. Il est décoré de la Croix de Saint-Louis lors des opérations en Corse. À l’issue de la campagne, il est nommé colonel et reçoit le commandement de la Légion corse à sa création. Il publie à Liège son Essai général de tactique, accompagné d'un Discours où il se propose « ...de tracer le tableau politique et militaire de l’Europe » et en particulier de sa Nation. Par prudence, il se retire en Prusse en attendant de voir l'effet que son ouvrage aura sur l'opinion : c’est ainsi qu'en 1773, Frédéric II le Grand reconnaît en lui un grand tacticien avec lequel il conversera souvent sur les questions militaires. Sa Défense du système de guerre moderne mettait en lumière les méthodes de défense raisonnée et scientifique utilisées par l'armée prussienne. Ce fut la base de son travail lorsqu'en 1775 il coopéra avec le comte de Saint-Germain dans une série de réformes de l'armée française.Il est élu à l'Académie française le 15 décembre 1785. À la veille de la Révolution, il est rappelé au conseil de l’administration de la guerre en 1787. En 1788, il est nommé maréchal de camp et inspecteur divisionnaire d'infanterie de l'Artois. Il est emporté par une courte maladie le 6 mai 1790. L’œuvre de Guibert a eu une grande influence sur les conceptions militaires de Napoléon, qui avait lu et médité ses écrits. « Traditionnellement, on présente Napoléon comme l’héritier direct de Guibert et de ses théories. Jean Tulard n’émit pas en 1977 un avis différent dans son fameux Napoléon ou le mythe du Sauveur : « Les idées stratégiques de Napoléon n’étaient pas neuves ; elles venaient tout droit de Guibert et du principe divisionnaire ». Dans le très bon ouvrage de vulgarisation de Thierry Lentz, Napoléon : « Mon ambition était grande », publié en 1998, à la page 71, sur la page de présentation du chapitre IV intitulé « Le Dieu de la Guerre (1800-1810) », nous avons droit à une photographie de la trousse de campagne de l’Empereur, mise en valeur par un montage photographique avec deux livres grands ouverts. Sur la page droite du livre aux dimensions les plus réduites, nous pouvons lire ce titre : Essai général de tactique. Ce joli montage est en parfaite adéquation avec ce que Thierry Lentz écrit à la page 86, affirmant que ‘jeune, il avait découvert le fondement de sa stratégie dans les commentaires de Guibert sur les campagnes de Frédéric le Grand’. »Bel exemplaire conservé broché et à toutes marges.‎

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EUR2,000.00

‎SAINT-EXUPÉRY (Antoine de)‎

Reference : 30812

(1942)

‎Pilote de guerre.‎

‎ Précieux exemplaire nominatif de tête avec envoi New York, Éditions de la Maison française, [1942]. 1 vol. (185 x 230 mm) de 253 p. Demi-maroquin bleu nuit à bandes, titre doré, tête dorée, couverture et dos conservés, étui bordé (reliure signé d'A.[lain] Lobstein). Édition originale. Un des 25 premiers exemplaires sur Strathmore (après un exemplaire unique réservé a l’auteur). Celui-ci est nominatif pour Madame la Comtesse de Montgomery avec un envoi signé : « avec toute ma profonde amitié, Antoine Saint-Exupéry ». ‎


‎« Je combattrai quiconque prétendra asservir à un individu - comme à une masse d'individus - la liberté de l'homme. » Avant de reprendre ce combat où il laissera sa vie, démobilisé après la « drôle de guerre », Saint-Exupéry se réfugie aux États-Unis, et c'est à New York qu'il écrit ces lignes. Cette édition, parue en février 1942, est également la première intégrale puisqu'y figurent (p. 34) les sept mots d'une phrase où l'auteur traite collectivement « d'imbéciles » son ordonnance, un ponte de l'état-major et Hitler «qui a déclenché cette guerre démente» et dont la censure en France exigera la suppression dans l'édition Gallimard de décembre 1942. Le texte paraît en pré-originale, en anglais, en janvier 1942 dans la revue Atlantic Monthly, puis en volume le mois suivant : l'oeuvre sera en tête des best-sellers pendant six mois : « ce livre est un grand et beau livre, peut-être le vrai livre de la guerre de 1939 » écrit Pierre Mac Orlan dans le journal Les Temps nouveaux le 8 janvier 1943. Précieux exemplaire de tête offert à la Comtesse de Montgomery : née à Paris en 1899, Madeleine de Montgomery passe son enfance au château de Fervaques, acquis en 1831 par son arrière-grand-père, le marquis de Portes. Elle tient à partir de 1930, dans son somptueux appartement du 77 avenue de Malakoff, un salon très prisé. Jeune, élégante et influente, sa beauté et sa personnalité font de ses réceptions l'un des lieux des plus populaires de Paris et le monde littéraire s'y presse : éditeurs, patrons de presse et écrivains. Kessel, Cocteau, Malraux et Colette en sont des habitués, comme Saint-Exupéry qui s'y rend à plusieurs reprises, d'autant que la jeune femme est passionnée d'aviation et possède son propre aéronef, un Morane-Saulnier avec lequel elle est représentée sur une photographie publiée à la une du Figaro en mai 1935. Maîtresse du patron de presse Jean Prouvost, elle deviendra directrice du journal Marie-Claire, que son amant lance en 1937. Pendant, la guerre elle agit comme une véritable héroïne de la Résistance, se réfugiant en Normandie où elle fonde un Centre maternel et infantile dans son manoir pour accueillir de nombreux enfants de mobilisés ; elle deviendra ensuite directrice des sections féminines et sanitaires de la Mission française auprès de la Croix-Rouge aux États-Unis en 1943. C'est probablement pendant ce séjour à New York qu'elle peut rencontrer à nouveau Saint-Exupéry : des retrouvailles suffisamment importantes pour qu'il lui réserve un exemplaire nominatif de son livre. Elle reprendra son salon après-guerre et sera plusieurs fois citée dans le journal de Pierre Lazareff, qui la voit en « Diane chasseresse aux attaches fines et nerveuses, avec ses cheveux cendrés, ses yeux d'aigue-marine et ses longues mains fines qui accentuaient chacune de ses phrases comme autant de point d'exclamation, elle inspirait par sa seule présence d'interminables tournois d'idées et d'éloquence ». C'est également pendant cette mission à New York qu'elle rencontre celui qui allait, en 1946, devenir son époux : le général Antoine Béthouart, Compagnon de la Libération et figure de proue du commandement militaire français libre pendant la Seconde Guerre mondiale. Celui-là même qui, promu général de division et désigné chef de la Mission militaire à Washington, rencontre Saint-Exupéry au début de l'année 1943 : il va y négocier avec le gouvernement américain les livraisons de matériel permettant de rééquiper l'armée française. Mais surtout, c'est lui qui signera, le 1er avril 1943, le tant attendu ordre de mission que trépigne d'obtenir un Saint-Exupéry désespéré de ne pas servir son pays. Ses amis tentent de le faire changer d'avis, mais le 4 mai 1943, après un départ précipité et alors que Le Petit Prince est en cours de publication, il débarque à Alger où l'attend Georges Pélissier ; Béthouart le rejoindra quelques mois plus tard, en novembre 1943, lorsqu'il est nommé chef d'état-major de la Défense nationale à Alger et promu général de corps d'armée. Il accompagnera à ce titre le général de Gaulle dans ses différents voyages à Rome, Londres et débarquera avec lui à Courseulles en Normandie le 14 juin 1944. On connaît par ailleurs les exemplaires offerts à Consuelo, à Léon Werth, à Bernard Lamotte, à Jane Lawton, à Curtice Hitchcock, à Elisabeth Reynal, à Jacques Maritain, à Isaac Molho, à Anne Morrow et Charles Lindbergh, Jean Renoir, à Natalie Paley, à Nadia Boulanger et à Lewis Galantière. Très belle provenance sur ce papier de tête du grand texte de Saint-Exupéry sur le second conflit mondial. Des bibliothèques Michel Demont (ex-libris) et Jean-Claude Mocellin (Alde, « Un siècle de littérature», 19 mai 2022, n° 50). ‎

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EUR25,000.00

‎BLONDIN (Antoine)‎

Reference : 30633

(1999)

‎La Semaine buissonnière.‎

‎ Exemplaire de tête Paris, La Table Ronde, (mars) 1999. 1 vol. (160 x 230 mm) de 403 p., [1] et 1 f. Broché, non coupé. Édition originale. Un des 60 premiers exemplaires sur Rives, celui-ci hors commerce (n° VIII). ‎


‎En écho à son premier livre, L'Europe buissonière, La Semaine buissonnière est le titre de la chronique hebdomadaire tenue par Antoine Blondin dans le journal L'Équipe à partir de 1954 : le recueil présente ainsi (sur les quatre-vingt-dix présentés) soixante et onze articles qui n'avaient jamais été édités, où Blondin use d'une liberté de ton et de style qui en justifie la publication. On est saisi par l'ahurissante liberté de ton d'un auteur qui passe de la prose aux vers, du reportage à la fiction tout en évoquant Verlaine ou Paul Morand et Marcel Aymé, ses modèles littéraires. Avec un humour décapant, teinté d'autodérision : « L'incompétence, voilà mon privilège ! Accordez-moi pourtant qu'elle n'exclut ni l'intérêt ni la ferveur... » dit-il, renouant ainsi avec ces temps héroïques du reportage où les journalistes étaient contraints à l'exploit littéraire. Incompétent peut-être, mais passionné, avec l'assurance du pionnier qui se lance à l'assaut de nos mythologies sportives modernes : le Tour de France bien sûr, mais aussi les Jeux Olympiques, le football, le rugby, où tout est aussi prétexte à parler de géographie, d'amitié et de littérature. Outre l'abondance de jeux de mots fulgurants (« On aime d'abord l'ovale pour sa rondeur », « C'est à la tombée de la nuit que l'on a vu le football français sous son meilleur jour »), Blondin s'amuse, divertit mais ce qui frappe plus encore, c'est la justesse de son analyse : cette Semaine buissonnière améliore l'ordinaire journalistique et pousse l'exercice dans les bras de l'art et du sublime : « aujourd'hui encore, il reste l'incontestable référence du papier de haute voltige, capable de concilier information, pertinence et jubilation (...) Entre deux impertinences, il évoque la nécessité pour la France de se doter d'une arène digne de ce nom si cette dernière souhaite nourrir quelques espoirs de conquête ; puis, assistant à la première finale de Coupe d'Europe des clubs champions, il pressent « La Naissance d'une tradition ». Ceux qui connaissent plus parfaite introduction à la culture sportive sont priés de lever le doigt » (Jean-Philippe Bernard, Le Vestiaire, Antoine Blondin, Le Temps, juillet 1999). ‎

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‎SAINT-EXUPÉRY (Antoine de) ‎

Reference : 29967

(1931)

‎Vol de nuit .‎

‎ Envoi signé au juré Goncourt, Paul Neveux Paris, Gallimard, (30 mai) 1931. 1 vol. (120 x 185 mm) de 181 p., [1] et 1 f. Broché, sous chemise et étui (Devauchelle). Édition originale. Préface d'André Gide. Un des 647 exemplaires sur pur fil, (n° 605). Envoi signé : « Pour monsieur Pol Neveux. En hommage respectueux. Antoine de Saint-Exupéry ». ‎


‎En 1929, devenu directeur de l'exploitation de la compagnie « Aeroposta Argentina », Antoine de Saint-Exupéry a pour mission d'ouvrir une ligne vers la Patagonie et la Terre de Feu, quelque 2500 kilomètres au sud de Buenos Aires. Deux ans après Courrier Sud, il livre ici un chef-d'oeuvre et la confirmation d'un talent littéraire, porté par un humanisme, une passion pour les terres éloignées et pour les hommes qui les explorent et les habitent. Et un succès littéraire : l'ouvrage, préfacé par André Gide, reçoit les faveurs du public, et, du côté de la rue Sébastien-Bottin, on rêve d'un prix littéraire. Dès septembre, Vol de nuit est sélectionné dans la liste finale du Goncourt, en concurrence avec Philippe Hériat pour L'Innocent et Jacques Chardonne pour Claire. Las ! Victime de son succès, le roman remporte le 4 décembre le Femina, un prix créé en 1904 par vingt-deux femmes en contestation du Goncourt. Les membres de la prestigieuse Académie, sans doute mécontents de voir l'herbe coupée sous leurs pieds, donnent alors leurs voix à Jean Fayard pour Mal d'amour, un roman chargé jusqu'au trop plein de clichés sur les femmes. Un retour aux envoyeuses sans doute, mais tout à l'honneur de ces dames : Saint-Exupéry s'en émeut avec sincérité et avoue avoir « été aussi surpris que touché de voir mon livre aussi bien couronné par des femmes ». Sa surprise vient du fait que ces dernières lui « semblaient presque étrangères » à son roman : « L'homme qui s'habille la nuit pour prendre, dans le ciel, à l'avant d'un avion postal, son tour de garde semble se détacher déjà de sa maison, [...] et considérer comme un jeu, un loisir, l'exercice du bonheur. Le plaisir d'un vol de nuit est si violent, que déjà à la fenêtre, en suivant son vol on prend une âme de chasseur et j'ai vu bien des camarades, des hommes sains et rudes, ne plus souffrir aucune comparaison entre l'amour et le métier, comme si enfin ils allaient s'occuper de choses solides, graves, réelles, et quitter leur femme sans regret apparent, et même un peu dédaigneusement, avec un orgueil naïf de leur part. [...]. Je voudrais vous parler du bonheur. Je voudrais vous faire comprendre combien ce rôle est grand. Et j'imagine que c'est un peu le vôtre puisque nous recevons en récompense de vous des vertus humaines, des patiences de garde malade, des dévouements de soeurs aînées. Enfin les vertus humaines qui rechargent le coeur et prennent dans la maison le fragile visage du bonheur. » Le Femina suscita des jalousies et des inimitiés, qui s'exprimèrent avec violence dans la presse, pourtant si favorable au moment de la publication du livre, six mois plus tôt. On reproche à l'auteur son mysticisme et un style précieux et compassé ; mis à part l'amitié de quelques héros de l'air (Mermoz est un des premiers à le féliciter pour son prix), Saint-Exupéry est contesté avec la même irritation dans les milieux de l'aviation : se rappelant ses étourderies et erreurs de pilotages, ses camarades pilotes s'offusquent de constater que l'auteur est devenu le plus réputé aviateur de France non pas pour des exploits professionnels mais porté par une gloire littéraire qui lui confère un aura immérité à leur sentiment. Le public n'aura cure de ces piques vénéneuses. Vol de nuit se vend à plus de 150 000 exemplaires et Jacques Guerlain, en hommage, sort un parfum du même nom. Aux États-Unis, le livre - immédiatement traduit [Night Flight] - est un best-seller et est élu dans la sélection du Book of the Month Club. Enfin, Vol de nuit est l'un des premiers romans à être réédité en format de poche en 1953, dans la collection Le Livre de poche, où il porte le n° 3 (après Koenigsmark et Les Clés du royaume). Précieux exemplaire dédicacé par l'auteur à Pol Neveux, l'un des dix membres de l'Académie Goncourt, où il a été élu en 1924, au deuxième couvert (celui de Huysmans, Renard, Guitry et, depuis 2016, Eric-Emmanuel Schmitt). Un envoi qui annonce la rentrée littéraire de septembre et la bataille pour le prix. ‎

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EUR5,000.00

‎SAINT-EXUPÉRY (Antoine de) ‎

Reference : 30017

(1931)

‎Vol de nuit .‎

‎ Un exemplaire familial : celui offert à son oncle Dos habilement restauré. Paris, Gallimard, (30 mai) 1931. 1 vol. (120 x 185 mm) de 181 p., [1] et 1 f. Broché. Édition originale. Préface d'André Gide. Un des 647 exemplaires sur pur fil, (n° 100). Envoi signé : « Pour mon oncle Emmanuel de Fonscolombe et ma tante Yvonne. Avec toute la respectueuse affection de leur neveu, Antoine ». ‎


‎Dès septembre, Vol de nuit est sélectionné dans la liste finale du Goncourt, en concurrence avec Philippe Hériat pour L'Innocent et Jacques Chardonne pour Claire. Las ! Victime de son succès, le roman remporte le 4 décembre le Femina, un prix créé en 1904 par vingt-deux femmes en contestation du Goncourt. Les membres de la prestigieuse Académie, sans doute mécontents, donnent leurs voix à Jean Fayard pour Mal d'amour, un roman lourd de clichés sur les femmes. Un retour aux envoyeuses sans doute, mais tout à leur honneur : Saint-Exupéry avoue avoir « été aussi surpris que touché de voir mon livre aussi bien couronné par des femmes », car elles lui « semblaient presque étrangères » à son roman : « L'homme qui s'habille la nuit pour prendre, dans le ciel, à l'avant d'un avion postal, son tour de garde semble se détacher déjà de sa maison, [...] et considérer comme un jeu, un loisir, l'exercice du bonheur. Le plaisir d'un vol de nuit est si violent, que déjà à la fenêtre, en suivant son vol on prend une âme de chasseur et j'ai vu bien des camarades, des hommes sains et rudes, ne plus souffrir aucune comparaison entre l'amour et le métier, comme si enfin ils allaient s'occuper de choses solides, graves, réelles, et quitter leur femme sans regret apparent, et même un peu dédaigneusement, avec un orgueil naïf de leur part. [...]. Je voudrais vous parler du bonheur. Je voudrais vous faire comprendre combien ce rôle est grand. Et j'imagine que c'est un peu le vôtre puisque nous recevons en récompense de vous des vertus humaines, des patiences de garde malade, des dévouements de soeurs aînées. Enfin les vertus humaines qui rechargent le coeur et prennent dans la maison le fragile visage du bonheur. » Le Femina suscita des jalousies et des inimitiés, qui s'exprimèrent avec violence dans la presse, pourtant si favorable au moment de la publication du livre, six mois plus tôt. On reproche à l'auteur son mysticisme et un style précieux et compassé ; mis à part l'amitié de quelques héros de l'air (Mermoz est un des premiers à le féliciter pour son prix), Saint-Exupéry est contesté avec la même irritation dans les milieux de l'aviation : se rappelant ses étourderies et erreurs de pilotages, ses camarades pilotes s'offusquent de constater que l'auteur est devenu le plus réputé aviateur de France non pas pour des exploits professionnels mais porté par une gloire littéraire qui lui confère un aura immérité à leur sentiment. Le public n'aura cure de ces piques vénéneuses. Vol de nuit se vend à plus de 150 000 exemplaires et Jacques Guerlain, en hommage, sort un parfum du même nom. Aux États-Unis, le livre - immédiatement traduit [Night Flight] - est un best-seller et est retenu dans la sélection du Book of the Month Club. Enfin, Vol de nuit est l'un des premiers romans à être réédité en format de poche en 1953, dans la collection Le Livre de poche, où il porte le n° 3 (après Koenigsmark et Les Clés du royaume). Précieux et émouvant exemplaire offert, loin des tumultes, à ses oncle et tante Emmanuel et Yvonne de Fonscolombe. Son oncle, baron de la Môle et propriétaire du château du même nom, deviendra maire de ce petit village, situé à une trentaine de kilomètres de Saint-Tropez, entre Bormes-les-Mimosas et Cogolin. C'est dans ces terres que la mère de Saint-Exupéry a grandi, tous comme ses ancêtres, et où elle vivra la moitié de l'année à partir de 1904, après que le père de Saint-Exupéry, Jean, y décède, le 14 mars 1904 : « Après la disparition de Jean, l'existence de la famille se partage entre, l'hiver, le château de La Mole [...], qui appartient à la grand-mère de Fonscolombe, et, l'été, la propriété de la grand-tante, la comtesse de Tricaud, à Saint-Maurice de Rémens [...] dans l'Ain. Les déplacements entre le Var et l'Ain feront partie intégrante de l'univers magique de Saint-Exupéry [...] jusqu'à l'âge de 9 ans ». (Bernard Marck , Saint-Exupéry, le grand prince). C'est au château des Fonscolombre que l'écrivain perpétue l'apprentissage familial de la musique : son arrière-grand-père Emmanuel (premier) de Fonscolombe avait été maître de chapelle à Aix-en-Provence et compositeur ; son grand-père, Charles, initia ses enfants au solfège et au chant et sa mère perpétuera cette tradition en faisant venir une fois par semaine au château Anne-Marie Poncet, la fille du directeur de l'opéra de Lyon, pour qu'elle enseigne la musique aux enfants : ses soeurs étudient le piano et le chant, Antoine choisira le violon. Arrivé à Paris pour préparer le concours de l'École navale, il n'abandonnera pas la musique, lui et sa cousine Yvonne de Lestrange jouant ensemble, dans les années 1920, plusieurs pièces de Chopin. Rare et importante provenance familiale. ‎

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EUR10,000.00

‎ANTOINE (André)‎

Reference : 21933

‎2 lettres autographes signées‎

‎ (papier froissé) ‎


‎2 lettres autographes signées sans doute adressées à Georges Feydeau : 1- Lettre autographe signée à un destinataire non identifié évoquant la reprise d'un rôle ainsi que les écrivains Descaves et Donnay. Paris, 19 avril 1904. 1 p. 1/2 in-8 sur un papier à en-tête du Théâtre Antoine que l'auteur a repris en 1897. 2- Lettre autographe signée à un destinataire non identifié que l'auteur invite à dîner. Paris, jeudi. 1 p. in-8 sur un papier à en-tête du Théâtre Antoine. * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve. ‎

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EUR180.00

‎LEGRAND (Antoine)‎

Reference : 20440

‎Institutio Philosophiae, secundum principia Domini Renati Descartes: Novo Methodo Adornata & Explicata‎

‎ Nuremberg, Jean Zieger, 1683. Petit in-4, 856-[48] pp., parchemin souple ivoire, dos à nerfs, titre manuscrit au dos, tranches mouchetées de rouge (taches, rousseurs, une mouillure et une réparation sans atteinte au texte au titre). ‎


‎Deuxième édition allemande dont l'originale a paru à Londres en 1672. Elle est illustrée d'un portrait de l'auteur gravé par Joan Alexander Böner ainsi que 71 figures gravées à l'eau-forte en noir dans le texte. Il s'agit de l'oeuvre principale d'Antoine Legrand (ou Le Grand), philosophe et théologien franciscain. Il la rédige alors qu'il se trouve en Angleterre et la destine à l'usage des "jeunes universitaires" auxquels il enseigne la philosophie et la théologie. Dans son ouvrage, il applique la méthode cartésienne à l'étude des corps et de leurs caractéristiques en en simplifiant son explication et en l'appliquant à nombreux domaines. Ainsi, il aborde la logique, la théologie, la physique, la botanique, la zoologie, le corps et l'esprit humain. Cet ouvrage, mis à l'Index en 1709, aura comme résultat de populariser le cartésianisme en Gand-Bretagne grâce à son succès. Peu commun. Easton. "Antoine Legard" in Stanford Encyclopedia of Philosophy, 2023 [en ligne]. * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve. ‎

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EUR800.00

‎CRÉBILLON (Claude Prosper Jolyot de); BRET (Antoine); SARTINE (Antoine de)‎

Reference : 20294

‎Les Deux amies ou le Vieux Garçon : manuscrit autographe signé par l'auteur, Crébillon et Sartine‎

‎ S.l., 1761. In-folio, [32] ff., demi-chagrin à coins aubergine, doubles filets à froid sur les plats, dos à nerfs orné de caissons à froid. ‎


‎Manuscrit autographe signé par l'auteur (Debret), Crébillon et Sartine de cette comédie en trois actes et en vers mêlée d'ariette. Crébillon le signe en tant que censeur royal le 11 novembre 1761 et Sartine en tant que lieutenant général de police pour permettre la représentation de cette pièce. La pièce est représentée le 21 novembre suivant au Théâtre italien. Le manuscrit comporte des corrections et des ajouts. Bret a laissé une production importante en matière de théâtre mais également des romans, de la poésie et des contes. Il fut également censeur royal pour les opéras. Les autographes de Bret sont rarissime sur le marché. Bibliothèque dramatique de Monsieur de Soleinne (vente 1843, n°3060, en lot). * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve. ‎

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EUR2,000.00

‎BECQUEREL (Antoine et Edmond)‎

Reference : 19259

‎Éléments de physique terrestre et de météorologie‎

‎ Paris, Firmin Didot frères, 1847. In-8, 706 pp. 14 pl., demi-basane rouge, dos à nerfs orné de fleurons dorés, tranches mouchetées (petites épidermures, petites rousseurs, minuscules déchirures marginales à l'une des planches). ‎


‎Édition originale de ce manuel de physique, rédigé par Edmond Becquerel et son fils Antoine, tous deux physiciens formés à l'École polytechnique. Il est illustré de 14 planches gravés par Duclos, Adam, Legrand, reliées in fine. Il a été composé à partir des cours professés par Antoine au Muséum d'histoire naturelle. Voir photographie(s) / See picture(s) * Membre du SLAM et de la LILA / ILAB Member. La librairie est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 19h. Merci de nous prévenir avant de passer,certains de nos livres étant entreposés dans une réserve. ‎

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EUR80.00

‎[Société des Antiquaires de Normandie], Hippeau (Célestin), Beaurepaire (Eugène de Robillard de), Charma (Antoine), Mancel (G.)‎

Reference : 3457

(1855)

‎Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie. Histoire de la Société (1853-1854).Pièces relatives à lhistoire du château de Caen.Sur les fouilles pratiquées à Jort [Calvados], pendant les années 1852-1853, rapport lu aux séances du 7 avril et du 5 mai 1854.Du droit de patronage ecclésiastique, dans lancienne Normandie, relativement aux paroisses des campagnes.Quelques observations à propos dune enquête faite en lannée 1207, par le bailli de Caen, sur les chaussées de Corbon, de Troarn et de Varaville.Note sur une découverte de monnaies françaises et étrangères, à Bacilly, près Avranches.‎

‎ 1855 1855 Société des Antiquaires de Normandie, Le Blanc-Hardel, Le Brument, Derache, Didron, Caen, Rouen, Paris, 1855.In Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, 2e série, 10e volume, XXe volume de la collection, 3e livraison seule1 fascicule grand in-4 broché, pages LI à XCVI puis 321 à 396.Bon état malgré quelques rousseurs, à relier.‎


‎Contient :Histoire de la Société (1853-1854).Mancel (G.), Pièces relatives à lhistoire du château de Caen.Charma (Antoine), Sur les fouilles pratiquées à Jort [Calvados], pendant les années 1852-1853, rapport lu aux séances du 7 avril et du 5 mai 1854.Cauvet (Jules), Du droit de patronage ecclésiastique, dans lancienne Normandie, relativement aux paroisses des campagnes.Hippeau (Célestin), Quelques observations à propos dune enquête faite en lannée 1207, par le bailli de Caen, sur les chaussées de Corbon, de Troarn et de Varaville.Beaurepaire (Eugène de Robillard de), Note sur une découverte de monnaies françaises et étrangères, à Bacilly, près Avranches. La librairie est ouverte du mardi au samedi de 9h30 à 12h30 et de 13h30 à 19h00. Commandes par courriel ou téléphone. Envoi rapide, emballage soigné. La librairie est ouverte du mardi au samedi de 9h30 à 12h30 et de 13h30 à 19h00. Commandes par courriel ou téléphone. Envoi rapide, emballage soigné. ‎

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EUR50.00

‎La Fosse ou Lafosse Antoine de, Seigneur d'Aubigny .‎

Reference : 10162

‎Les oeuvres de Monsieur De La Fosse, nouvelle édition revues, corrigées et augmentées de ses poésies diverses‎

‎. Par la compagnie des libraires associés Paris, 1747, deux tomes en 1 vol. in-12 plein veau, dos à 5 nerfs, fers dorés, pièce de titre de maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l'époque). 2ff.-309pp.-1f.bl.-2ff.-238pp.-1f.bl.-2ff.(approbation et Privilège). Contient : Polixène (tragédie) / Manlius capitolinus (tragédie) / Thésée (tragédie) / Coresus & Calirrhoe (tragédie représentée pour la première fois en 1703) / traduction des Odes d'Anacréon / Poésies de Monsieur de La Fosse. Deux coins très légèrement frottés, très superficielle épidermure en bas du dos et deux petits trous de vers à un mord sinon très bon exemplaire tant de reliure que de papier. Antoine de La Fosse (1653-1708).‎


EUR140.00

‎Anonyme [Donzé de Verteuil (Joseph)], [Sabatier de Castres (Antoine)]‎

Reference : 2814

(1775)

‎Derniers sentiments des plus illustres personnages condamnés à mort, ou recueil des lettres qu'ils ont écrites dans les prisons, des discours qu'ils ont prononcés sur l'échafaud ; avec un précis historique de leur vie, de leurs procédures & des circonstances les plus intéressantes de leur mort‎

‎ 1775 1775 Moutard, Paris, 1775, première édition.2 volumes in-12 plein veau blond d'époque, dos à nerfs ornés de fleurons, pièces de titre et tomaison maroquin rouge, traces rouges, filets sur les coupes, gardes marbrées, faux-titre, page de titre, XVI pages de préface et errata, et 501 pages puis faux-titre, page de titre, 515 pages et [3pp.] de permission.Filets de coupes presque effacés, coiffes légèrement frottées sans manque, coins légèrement émoussés, l'ensemble est malgré tout très frais.‎


‎Dans nombre de bibliographies, l'ouvrage est fréquemment attribué à Antoine Sabatier de Castres. D'après Hoefer, il n'en est rien. Ce dernier attribue bien l'ouvrage à l'Abbé Joseph Donzé de Verteuil.Hoefer (Jean Chrétien Ferdinand), Nouvelle bibliographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Firmin Didot, Paris, 1863, tome 42, page 962. La librairie est ouverte du mardi au samedi de 9h30 à 12h30 et de 13h30 à 19h00. Commandes par courriel ou téléphone. Envoi rapide, emballage soigné. La librairie est ouverte du mardi au samedi de 9h30 à 12h30 et de 13h30 à 19h00. Commandes par courriel ou téléphone. Envoi rapide, emballage soigné. ‎

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EUR350.00

‎D'AGATA Antoine, DELORY-MOMBERGER Christine‎

Reference : 67901

‎Le désir du monde - Entretiens ‎

‎Téraèdre, L'écriture de la vie, 2008, 122 pp., broché, bon état.‎


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EUR8.00

‎SAINT-EXUPÉRY (Antoine de)‎

Reference : 28929

(1943)

‎Jeu du pendu représentant Silvia Hamilton.‎

‎ Saint-Exupéry joue au jeu du pendu : Silvia Hamilton ! S.l.n.d. [New York, premier trimestre 1943]. 1 f. (150 x 100 mm) à la mine de plomb. Saint-Exupéry pend Silvia Hamilton : terrible jeu du pendu sur lequel une figure de femme, dans la même tenue que le Petit Prince, se balance au bout d'une corde. L'auteur a ajouté : « Le mot à trouver était SILVIA [raturé au premier Y, transformé en i] ». ‎


‎Silvia Hamilton Reinhardt fut le grand amour new-yorkais d'Antoine de Saint-Exupéry : c'est à elle qu'il donna, avant son départ pour l'Afrique du Nord, le manuscrit original du Petit Prince (aujourd'hui conservé à la Pierpont Morgan Library), en témoignage de la trace qu'elle laissa dans ce livre, écrit à New York durant les mois de leur relation. Ils se séparèrent dans l'amertume en 1943, Saint-Exupéry soupçonnant - avec raison - une liaison entre Silvia (que l'auteur orthographiait « Sylvia » dans ses lettres) et le réalisateur et producteur de films d'origine allemande, Gottfried Reinhardt, qui travaillait pour les studios de la Fox. Ce crayonné est vraisemblablement l'esquisse, voire l'idée princeps, d'un autre fameux dessin, plus abouti, exécuté à l'encre et à l'aquarelle : il représente Saint-Exupéry, pendu sur sa planète, tandis que, sur la planète « Fox », un couple est enlacé. Ce dessin, repassé en vente en 2020 (étude Kâ-Mondo, juin 2020) faisait partie, des nombreux dessins de la vente de 1976 (Laurin-Guilloux-Buffetaud-Tailleur, Drouot RG, mai 1976) ; ils sont les deux seuls à évoquer de manière si tragique cette douloureuse séparation même si, dans la préface au catalogue, Silvia Hamilton en donna une toute autre version : elle impute la tristesse de l'auteur à la décision de la MGM de retirer de la circulation le film Vol de nuit. Cette interprétation, moins romantique, est devenue la version officielle de cette fin de relation et de ces deux dessins « aux pendus » : le premier, où l'une est à pendre, sans doute de colère, puis le second, où l'autre se pend, sans doute de désespoir. Saint-Exupéry dessine ici une seconde potence, et deux autres fleurs de pissenlit, détails emblématiques de son maître-ouvrage. Les lettres «AEX » - ses propres initiales - sont barrées dans l'angle inférieur droit : le pendu à trouver, ce n'est pas lui, c'est elle ! La seconde potence, si le jeu avait été poursuivi, aurait-il donné comme nom « Gottfried » ? Probable ! Silvia Hamilton-Reinhard livrera par la suite des souvenirs précis : « Quand nous nous sommes rencontrés il m'a raconté l'histoire du Petit Prince qu'il n'avait pas encore commencé d'écrire. Comme il faisait constamment de merveilleux croquis, je lui suggérai d'illustrer lui-même ce livre. [...] Au printemps 1943, il réussit enfin à rejoindre l'Afrique du Nord. Les conditions qu'il y trouva le rendirent malheureux, ce que décrivent particulièrement bien les deux dernières lettres qu'il m'adressa. [...] Le jour de son départ approchait (pour l'Afrique du Nord, avril 1943). Je lui fis faire un bracelet d'identité en or. [...] Je le lui donnai le matin où il vint me faire ses adieux. En partant il me dit : ‘Je voudrais te donner quelque chose de splendide, mais c'est tout ce que j'ai. Il me mit dans les mains son vieil appareil Zeiss Ikon et le manuscrit français du Petit Prince' » (Icare, n° 84, 1978 ; dans cette même livraison est reproduite la fameuse lettre-testament de mai 1942, écrite depuis Alger). De la collection Claude Seignolle. ‎

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EUR2,500.00

‎HAMILTON (Antoine) ‎

Reference : 650

(1793)

‎Mémoires du comte de Grammont. ‎

‎ 1793 Londres, Chez Edwards, [1793]. ‎


‎1 volume in-4 (27 x 20,5 cm), plein maroquin grain long marron glacé (reliure de l'époque), dos à nerfs ornés et caissons finement décorés, triple filet et large roulette en encadrement des plats, rehauts à froid, coins des coupes décorés, roulette intérieure, [4]-313-1 bl.-77-1 bl.-[2] pages (complet). Frottements angulaires, rousseurs. Bon état tout de même. Édition originale de ce récit récit de la vie et des exploits d’un libertin, un Français exilé en Angleterre, Philibert de Gramont, par son beau-frère écossais, Antoine Hamilton. Édition illustrée de 72 portraits hors texte gravés d'après les tableaux originaux. L'ouvrage dresse un portrait sans concessions des fidèles de la cour anglaise de Charles II et des intrigues amoureuses qui s’y jouent, récits de batailles, scènes de séduction, dans un mélange de grandeur et d’esprit canaille. La publication en 1713 est un succès immédiat : le livre apparaît comme l’exemple d’une mondanité brillante où un bon mot fait la renommée d’un gentilhomme aussi bien qu’une prouesse à la guerre. Gramont incarne une aristocratie qui maintient sur les champs de bataille, sur les tables de jeu, dans les alcôves et surtout dans le verbe une souveraineté en train de disparaître. Le bel esprit est une posture qui s’apprend. L’art d’Hamilton consiste, de manière fort moderne, à brouiller la relation du grand au petit, à confondre l’historique et le romanesque, la première et la troisième personne. Aux côtés des Mémoires de Saint Simon, des Historiettes de Tallemant des Réaux ou du Siècle de Louis XIV de Voltaire, il est temps de redécouvrir les Mémoires du comte de Gramont(Gallimard). Provenance : de la bibliothèque d'Abraham Wildey Robarts, avec son ex-libris armorié sur le contreplat. Abraham Wildey Robarts (1779–1858), de Hill Street, Berkeley Square, Middlesex, est un politicien et banquier anglais. Il est issu d’une famille de politiciens, fils d’Abraham Roberts et de Sabine Tierney (sœur de George Tierney). Dans sa jeunesse, il était écrivain pour la Compagnie des Indes orientales à Canton. Il est devenu administrateur de la Compagnie des Indes orientales, également partenaire dans la banque Robarts & Curtis, et a travaillé comme facteur des Antilles. Il a été membre du Parlement de 1818 à 1837. Benjamin Disraeli lui a succédé. Bel exemplaire. ‎

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EUR750.00

‎LALANNE (Antoine) ‎

Reference : 602

(1866)

‎Le Billard. ‎

‎ 1866 Paris, Auguste Aubry, 1866. ‎


‎1 volume in-8 (21,7 x 14 cm), demi chagrin vert à coins bordé d'un filet double (reliure de l'époque), dos à nerfs sertis, tête dorée, [4]-22-[2] pages (complet, première de couverture conservée). Rares piqûres, infimes frottements. Très bon état tout de même. Édition originale de ce poème en hommage à l'art d'agrément "qui procure à l'homme les distractions les plus dignes de ses loisirs." Édition illustrée d'un titre-gravé dans un encadrement floral et des deux gravures imprimées sur vergé, le tout par Maxime Lalanne. Exemplaire avec ENVOI du graveur (Maxime) au journaliste Auguste Vitu, au crayon sur le faux-titre. Antoine Lalanne (1799-1883) est un poète et greffier de Bordeaux, il est illustré par son fils Maxime Lalanne (1827-1886), un peintre, graveur et illustrateur français, connu pour ses eaux fortes. Rare exemplaire. ‎

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EUR280.00

‎VITRÉ (Antoine) ‎

Reference : 151

(1702)

‎La Sainte Bible, traduite en françois, le latin de la Vulgate à côté.‎

‎ 1702 Liège, chez Jean-François Broncard, 1702. ‎


‎3 volumes in-folio (38,5 x 25,5 cm), veau fauve glacé (reliure de l’époque), dos à nerfs orné, pièces de titre et de tomaison en maroquin grenat, roulette dorée sur les coupes et les chasses, tranches rouges, titre en rouge et noir, ex-libris manuscrit rayé sur une garde supérieure, [2]-xlvii-[1]-922 ; [2]-106 [sic 206]-xxvii-207 à 849-[1] ; [2]-502-22-[4]-171-[211]-23-[1] pages (complet). Mors, coins et coiffes restaurés, taches et épidermures sur les plats, feuillets brunis, rousseurs éparses. État correct. Nouvelle édition de la Bible, illustrée d’un frontispice, d’une planche hors-texte et de cinq cartes géographiques. Elle s’inspire des impressions d’Antoine Vitré (1587?-1674), imprimeur parisien, reprenant notamment ses traités de chronologie et de géographie, les sommaires des différents livres bibliques, ainsi que les tables. Présentée sur deux colonnes, cette Bible comprend la traduction française face au texte latin de la Vulgate. Bon exemplaire. ‎

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