Paris, J. Andriveau-Goujon, 1841. En 15 sections montées sur toile et repliées, formant une carte de 508 x 625 mm ; étiquette au dos de l'Atelier de Collage de Cartes Géographiques, Tableaux etc d'Auguste Logerot à Paris.
Belle carte figurant le système de défense de Paris en 1841, dressée et publiée par Jules Andriveau-Goujon à Paris en 1841. Elle a été imprimée par Kæppelin et C.ie à Paris. Les limites de Paris sont marquées par l'enceinte de Thiers, aquarellée en vert et jaune pour les parties en cours d'exécution, et en vert pour les parties achevées. Le plan montre également le mur des Fermiers Généraux, construit entre 1784 et 1790, afin de permettre la perception, aux points de passage appelés barrières, d'un impôt sur les marchandises entrant dans la ville. Les travaux de l'enceinte de Thiers, du nom de l'homme politique qui conçut le projet, débutèrent en septembre 1841, à la demande de Louis-Philippe, qui souhaitait faire construire autour de la capitale une enceinte bastionnée qui rendrait la ville imprenable. Constituée de 94 bastions, 52 entrées, 17 portes (en particulier pour le passage des voies ferrées), 23 barrières et 12 poternes, elle englobait non seulement Paris mais aussi les faubourgs environnants compris entre l'enceinte et le mur des Fermiers Généraux, tels Montmartre, Batignolles, Passy, Auteuil, Gentilly, Ivry, Bercy, Charonne ou encore La Villette. Tout autour de cette enceinte, on fit construire une première ceinture de forts dans un rayon de 5 à 10 km autour de Paris, constituée de seize forts détachés : forts de la Briche, de la Double-Couronne, de l'Est, d'Aubervilliers, de Romainville, de Noisy, de Rosny, de Vincennes, de Nogent, de Charenton, d'Ivry, de Bicêtre, de Montrouge, d'Issy et du Mont-Valérien. Tous sont visibles sur le plan, à l'exception des forts de Vincennes et d'Aubervilliers. Ces forts sont aquarellés en vert et rouge. Le château de Vincennes est aquarellé en rouge. Le plan indique également les espaces réservés pour les établissements militaires, désignés par la lettre a, les ouvrages en terre exécutés en 1832, désignés par la lettre b, et les routes stratégiques, aquarellées en rouge. Une seule route stratégique figure sur le plan, allant de Pantin au fort de Nogent, en passant par les forts de Romainville et de Noisy. Le réseau hydrographique est aquarellé en bleu. L'échelle est au 1/50,000e. La carte met également l'accent sur l'activité agricole et industrielle autour de la capitale : culture de grains, de vignes et de légumes entre Colombes et La Garenne-Colombes ; grains, pois et lentilles à Gennevilliers ; grains, vignes et asperges entre Houilles et Bezons ; vignes et carrières de pierre à bâtir au nord de Carrières-Saint-Denis, renommée Carrières-sur-Seine en 1905 ; terres labour, plâtre et moellons (pierre de construction) au nord de Nanterre ; vignes et arbustes près du fort d'Issy ; grains, vignes, légumes, pierres de liais (calcaire), moellons, plâtre, glacière près de Châtillon ; terres labourables, carrières et fours à plâtre d'une excellente qualité au sud de Villejuif ; carrières à plâtre et arbres fruitiers dans l'ancienne commune de Charonne ; terres labourables et troupeaux de mérinos (moutons) au sud de Bondy ; terres labourables où l'on voit errer des troupeaux de pure race mérinos, entre Blancmenil ou Le Blanc-Mesnil et l'ancien hameau de Savigny, etc. Très bel exemplaire aquarellé à l'époque. Bibliographie de la France, ou Journal général de l'Imprimerie et de la Librairie, 6 février 1841, p.72, 20 ; L'Iconographe, paraissant le 15 et le 30 de chaque mois, ou Journal général des gravures, lithographies, cartes géograph. et plans, 15 février 1841, p. 132, 1590 ; manque à Vallée.