Alexandre Vialatte (1901-1971), écrivain. L.A.S., Clermont-Ferrand, 23 décembre 1930, 1p in-4. A l'historien de l'art et aviateur André Dezarrois (1889-1979). « Monsieur, J'ai reçu le chèque de quatre mille francs que vous avez eu la bonté de m'envoyer et vous prie de recevoir mes remerciements les plus sincères et les plus chauds. Je souhaite prouver bientôt que le geste si généreux auquel vous vous associez n'a pas été inutile et je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur, l'expression de ma vive reconnaissance et de ma respectueuse sympathie. A Vialatte ». Dezarrois était membre du jury du prix Blumenthal qui fut décerné de 1919 à 1959. Il avait été créé par Florence Meyer Blumenthal (1875-1930), morte peu de temps avant cette lettre, le 21 septembre. Les 4000 francs envoyés sont vraisemblablement le don annoncé par Blumenthal en juin 1930 (une lettre de Vialatte à Blumenthal, en notre possession, le montre bien). Tache sur la droite, au niveau du texte, sans empêcher la lecture. Peu commun. [375]
Alexandre Vialatte (1901-1971), écrivain. L.A.S., 4 juillet 1930, 1p 1/2 in-4. A l'historien de l'art et aviateur André Dezarrois (1889-1979). « Monsieur, voudrez-vous m'excuser de répondre si tard à une lettre si aimable, si flatteuse et qui m'a causé tant de plaisir ? Je ne suis revenu que depuis trois ou quatre jours à Clermont et c'est à ce moment seulement que je l'aie lue. Le souci de ma femme malade, de gros travaux de traduction promis à date fixe et un état de surmenage qui m'empêche de faire une lettre sans en déchirer quatre ou cinq brouillons m'ont empêché de vous répondre. J'en suis confus et je vous serais infiniment reconnaissant de bien vouloir m'en excuser. La bourse Blumenthal va me permettre de sortir de bien des contraintes et c'est vous dire la reconnaissance que je vous garde pour la promptitude de votre mot. Je me ferai évidemment un plaisir d'envoyer mes travaux et le rapport demandé. J'ai déjà exprimé à Madame Blumenthal la gratitude que m'inspire sa générosité : mais j'espère pouvoir le faire de vive voix à mon prochain passage à Paris. Veuillez agréer, Monsieur, avec mes remerciements les plus vifs et les plus sincères, l'expression de mes sentiments très distingués. AVialatte ». Vialatte avait en effet eu un prix de 4000 francs. Florence Blumenthal (1873-1930) meurt 2 mois plus tard, le 21 septembre. [410]
L.A.S., Clermont-Ferrand, 28 juin 1930, 1pœ in-4. Longue lettre à Florence Blumenthal (1873-1930), philanthrope américaine. Il a bien trouvé le télégramme de Blumenthal en rentrant à Clermont-Ferrand, télégramme qui semble-t-il annonce un don à Vialatte. « Voilà si longtemps que je cherchais à réaliser l'avance financière qui me permettrait de travailler à des choses personnelles et je pensais y arriver pour l'automne quand, pour la cinquième fois depuis trois ans, la malchance s'est mise à la traverse ; ma femme est tombée malade et tout allait être à recommencer quand j'ai reçu votre télégramme. C'est vous dire le plaisir qu'il m'a causé. Je me demande bien, à vrai dire, si la littérature doit gagner à ce que je fasse du roman plutôt que des traductions ; mais je travaillerai avec plus de liberté d'esprit et j'espère que mon travail y gagnera ». Il viendra la remercier lors de son prochain passage à Paris. On ne sait pas s'il pu la remercier. Blumenthal est décédée le 21 septembre à cause d'une pneumonie. Notons aussi que Vialatte avait proposé son premier roman Battling le ténébreux pour le prix Blumenthal en 1928. Il avait obtenu ce prix. C'est certainement depuis cette époque qu'il connait Florence Blumenthal, fondatrice de la fondation. Notons enfin que Vialatte n'a pas publié d'autre roman avant 1937 (Badonce et les créatures), signe que le télégramme de Blumenthal n'a pas dû être suffisant pour lui donner la liberté tant désirée. Discret cachet de collection. Mouillure ayant entrainé un petit trou, réparé au dos (manque à une lettre d'un mot). Très beau document autour de son désir d'écrire des romans.