« Cet ouvrage qui a eu un grand succès, comme le prouvent ses éditions en anglais et en allemand, reste encore aujourd’hui un grand classique de l’Histoire naturelle. » Paris, Claude-Jean-Baptiste Bauche, 1757. In-4 de (8) pp., 190 pp., (1) f., xcvi pp., 275 pp., 1 grande carte dépliante et 19 planches dépliantes. Veau marbré, triple filet à froid encadrant les plats, dos à nerfs orné de fleurons dorés, pièce de titre de maroquin rouge, double filet or sur les coupes, tranches marbrées. Reliure de l’époque. 255 x 185 mm.
Rare édition originale de ce récit de voyage au Sénégal par le naturaliste Michel Adanson. « En 1757, Michel Adanson, jeune naturaliste de trente ans, élève de Réaumur et de Jussieu, publie son ‘Histoire naturelle du Sénégal’, livre dans lequel il apporte, après un séjour de cinq ans en Afrique, de très nombreuses nouvelles observations botaniques, zoologiques et ethnographiques. Cet ouvrage comporte une seconde partie intitulée ‘Histoire des coquillages’ qui contient, après une préface de 96 pages, 275 pages consacrées aux coquillages locaux, d’eau de mer ou d’eau douce, 19 planches de magnifiques dessins ainsi qu’une grande carte du Sénégal. Cet ouvrage qui a eu un grand succès, comme le prouvent ses éditions en anglais et en allemand, reste encore aujourd’hui un grand classique de l’Histoire naturelle. » (Bulletin de la Société pharmaceutique de Bordeaux). « ‘L’Histoire naturelle du Sénégal’, premier ouvrage de Michel Adanson (1787-1806), rassemble les observations faites au Sénégal pendant le séjour de cinq années qu’y fit ce jeune naturaliste élève de Réaumur et de Jussieu. Dans la première partie, Adanson donne une présentation complète des nouvelles plantes et des nouveaux animaux qu’il a découverts ; il rapporte également les caractères, modes de vie, mœurs et coutumes des habitants du pays. La deuxième partie, plus importante, est consacrée aux mollusques locaux et à leurs coquilles dont la description est précédée d’un chapitre proposant une nouvelle taxonomie… La mémoire de ce savant remarquable a été maintenant définitivement tirée de l’oubli et le monde scientifique s’attache à reconnaitre l’importance de l’œuvre de ce travailleur acharné que fut Michel Adanson, l’illustre auteur des ‘Familles des plantes’ et du ‘Voyage au Sénégal, à l’isle de Gorée et au fleuve Gambie’ ». (Guy Devaux, Revue d’Histoire de la Pharmacie) L’ouvrage est orné en premier tirage d’une grande carte dépliante du Sénégal et de 19 planches gravées dépliantes de mollusques et coquillages. Précieux exemplaire d’une grande fraicheur conservé dans sa reliure de l’époque parfaitement conservée.
Paris, Robert Laffont, 1947. 1 vol. (120 x 185) de 249 pp. Broché. Bandeau éditeur conservé. Exemplaire à l'état de neuf, dans le tirage post-attribution du prix littéraire dans lequel il est maintenu par le bandeau du « Prix Stendhal ».
Le petit cousin de Georges Bataille, alors étudiant en architecture, reçoit ce prix pour son premier roman. Il est l'un des rares, avec sa cousine germaine Marie-Louise, traductrice et éditrice - à «verser» dans le domaine des lettres et des arts parmi la famille Bataille et à avoir entretenu avec son oncle des rapports constants. Sans en avoir été toujours des soutiens indéfectibles, Marie-Louise et Michel Bataille furent les seuls à comprendre - et parfois pardonner - l'oeuvre de leur célèbre parent. Cet exemplaire est accompagné d'une lettre de Georges Bataille : (2 pp., sur 1 f. 140 x 215, encre noire. Vézelay, 1er octobre 1947. Papier frippé, deux tous de classeurs et manques marginaux, sans atteinte au texte) adressée à sa cousine Marie-Louise à l'occasion de la parution de ce livre : « Ma chère Marie-Louise, J'ai passé l'été dans un tel harassement dû à la fatigue et à un travail immense que je n'ai jamais été plus en retard. J'aurais voulu écrire longuement à Michel parce que j'ai beaucoup de sympathie pour son livre et cependant je ne puis pas du tout l'approuver. En tout cas je viens à Paris la semaine prochaine et peut-être pourrais-tu me téléphoner plus facilement que je ne puis moi-même (je crains toujours de déranger Victor) : tu me trouveras à l'Opéra 68-23 le matin avant 10 heures. Et dans la journée souvent chez Calmann (Opéra 08-02). Toutes sortes d'amitiés à tous, en particulier à Michel. Georges » Provenance : Marie-Louise Bataille
Trois années de travail auront été nécessaires pour élaborer cette campagne de publicité pour des sous-vêtements féminins qui envahissent les abribus parisiens et la presse féminine, dans un concept imaginé par Eric Flimon, à partir de 1995. Avec le résultat que l'on sait : 150 affiches, réparties sur 4 périodes, avec six photographes différents et une quinzaine de modèles, dont deux, seulement, posèrent pour le haut, et le bas. 25 tirages noir et blanc (150 x 210 mm) avec étiquette au dos. Boîte signée de Julie Nadot. Collection de 25 tirages originaux signés pour les « leçons de séduction » des fameuses campagnes de lingerie « Aubade », avec les légendes. Leçons 27, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 42, 43, 45, 46, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 53 (Hervé Lewis), 54, 55, 67, 72, 73, 95 et 99 (Michel Pérez).
La marque, créée en 1875 par le docteur Bernard, puis rachetée en 1958 par Claude Pasquier, a toujours beaucoup innové dans l’industrie textile. Dans les années 1970, Aubade fait sauter les bretelles le premier puis crée le soutien-gorge dos nus. C’est « l’âge d’or » d’Aubade, confirme le sociologue de la mode Frédéric Monneyron, « avec une focalisation sur l’érotisme des sous-vêtements ». En cinquante ans, la marque haut de gamme s’est forgé une solide réputation et profite de l’engouement des Français – et des hommes – pour la lingerie. En 1995, Aubade réussit un premier « coup » avec ses « leçons de séduction ». Trois années de travail auront été nécessaires pour élaborer cette campagne de publicité pour des sous-vêtements féminins qui envahissent les abribus parisiens et la presse féminine, dans un concept imaginé par Eric Flimon : à chaque fois, une photo en noir et blanc en plan rapproché sur une paire de fesses ou de seins, accompagnée d’un message qui joue sur l’humour et le double sens : « feindre l’indifférence », « le prendre par les sentiments », « arrondir les angles » : « lui ôter les mots de la bouche », « le remettre à sa place », etc. Jamais un visage entier, parfois la bouche, n’apparaît sur ces images, d’où l’homme est absent, mais où il est omniprésent en creux. Pour Marie-Noëlle Bas, présidente des Chiennes de garde, l’explication de cette dichotomie est très claire : « Depuis longtemps, Aubade a une stratégie visant à émoustiller les hommes par des positions lascives et des corps hypersexualisés. » Fanny Anselme – un mannequin qui a posé pour Aubade dans une dizaine de « leçons ») –, tout en admettant que « les clients de la marque sont des hommes dans leur très grande majorité », défend la marque : « Pour beaucoup, les publicités d’Aubade sont certes, provocantes, mais pas sexistes. Et même plébiscitées par les consommatrices. » La collection compte environ 150 affiches, réparties sur quatre périodes, avec six photographes différents (Bernard Matussière au tout début, puis Hervé Bruhat, Hervé Lewis, Michel Pérez, Thomas Paquet et finalement Terry Tsiolis). Comme il semblait difficile, sinon impossible, de trouver la perle rare qui puisse poser à la fois pour le haut et pour le bas avec des formes parfaites, ce sont une quinzaine de jeunes femmes qui seront photographiées durant les dix premières années de la campagne. Deux, néanmoins, posèrent pour le haut, et pour le bas. Vanessa Demouy fut l’un d’elle (la comédienne a posé pour les leçons 5 à 12) puis, quelques années de castings effrénés plus tard, présentée par le photographe Hervé Lewis, une certaine Sophie, croisée dans la rue : « nous avons fait toutes les dernières Leçons avec elle. Sophie est une jeune étudiante de Montpellier », confie Françoise Barthélémy, responsable commerciale de Carlin, l’agence d’Aubade depuis 1994. Elle figure - à partir de la n° 30 - sur près d’un tiers des leçons ! Chaque tirage porte au dos une étiquette de provenance (Vente Artus Enchères |Aubade) ; 18 tirages sont signés par Hervé Lewis pour les (collections Printemps-Été et Automne-Hiver entre 1999 et 2003) et 7 tirages signés par Michel Perez (collections Printemps-Été et Automne-Hiver entre 2003 et 2009).
Exemplaire Maurice Genevoix, avec envoi signé. Paris, Gallimard, (20 avril) 1977. 1 vol. (140 x 205 mm) de 293 et [5] f. Broché. Édition originale. Un des exemplaires poinçonnés du service de presse. Envoi signé : «Pour Maurice et Suzanne Genevoix en souvenir d'une si bonne visite. Ce 13 mars 1979. Michel Tournier».
Le vent paraclet, c'est le souffle divin qui entoura les apôtres à la Pentecôte et qui leur permit de s'entendre et de se comprendre quelle que soit leur langue. On voit bien ce que souhaite en faire Michel Tournier : rendre compte de sa vie littéraire, depuis l'enfance à Saint-Germain-en-Laye jusqu'à sa retraite dans un presbytère de la vallée de Chevreuse, en composant un ouvrage à mi-chemin entre le récit autobiographique et l'essai, en six chapitres où son histoire se confond avec celle de ses livres et principalement ceux de sa trilogie romanesque (Vendredi ou les limbes du Pacifique, Le Roi des Aulnes, Les Météores). Bon exemplaire de belle provenance : Genevoix avait participer à couronner, en 1967, le premier roman de Michel Tournier, Vendredi ou les Limbes du Pacifique. Le roman obtient le grand Prix de l'Académie Française par sept voix sur onze, dont celle de Maurice Genevoix qui fut un farouche défenseur du livre. Le prix couronne d'ordinaire un romancier qui a déjà fait ses preuves. Or c'est ici un premier roman, dont la maîtrise surprend les critiques. Le 21 décembre 1967, le secrétaire perpétuel prononcera à l'Académie française un discours dans lequel il célèbre “ des symboles que je ne me chargerai pas d'expliquer, car le narrateur s'entend à brouiller les pistes, à cacher les mythes et les considérations philosophiques sous son goût de l'aventure deson observation de naturaliste ”. Suzanne Genevoix est associée à l'envoi ; c'est la seconde femme de Genevoix, qui, devenu veuf, l'épousa en 1943. Après la mort de Genevoix en 1980, elle travailla à la reconnaissance de son oeuvre, des pages combattantes de Ceux de 14 aux pages naturalistes et engagées sur la défense de la nature. Elle poursuivit cette tâche - avec sa fille Sylvie - jusqu'à sa mort en 2012, à l'âge de 101 ans.
Éditions de la Galerie Simon, (9 août) 1939. 1 vol. (120 x 170 mm) de 59 p. et [1] f. Veau gris poncé orné de formes arrondies, jeu de filets horizontaux en bordures au palladium, titre à l'oeser orange, doublure du même veau poncé, gardes de velours orange, couvertures et dos conservés, chemise et étui bordé (reliure signée de François Brindeau, 2003). Édition originale. 16 lithographies en noir d'André Masson dont une pour la couverture, 1 à double page et 2 hors texte. Un des 90 exemplaires sur vergé d’Arches (n° 84). L’exemplaire est signé par l'auteur et l’illustrateur à la justification. Envoi signé : «À monsieur Yves Poupard-[Lieussou], avec toute la sympathie de Michel Leiris».
C'est en 1924, à la demande d'Antonin Artaud alors directeur du Bureau des recherches surréalistes, que Michel Leiris entreprend son « glossaire du merveilleux » dont quelques premiers fragments paraissent dans La Révolution surréaliste. Il faudra près de quinze ans pour que ce projet devienne ce livre, nourri de 835 définitions qui composent une suite de fictions linguistiques, à la fois érudites, ludiques et poétiques. Publié chez Daniel-Henry Kahnweiler, le volume est l'une des seules publications de l'éditeur comportant des légendes pour les illustrations, offrant au lecteur une véritable clé d'interprétation. Il s'agit également du premier ouvrage paginé édité par Kahnweiler. La rencontre des gloses de Leiris et des lithographies de Masson en fait un dialogue d'amis, où texte et image atteignent une harmonie singulière qu'une belle reliure de François Brindeau vient renforcer. Skira 245 ; Hugues 28 ; Chapon p. 285 ; Saphire & Cramer 13 ; Galland p. 971.
Saint-Rémy, À distance, s.d. [2007]. 1 vol. (300 x 360 mm) non paginé en ff., sous étui cartonné, couverture à rabats rempliés. État de neuf. Édition originale. Tirage total limité à 35 exemplaires (n° 14) sur pur chiffon, signés par l'auteur et l'artiste.
Poème inédit de Michel Butor accompagné d'aquarelles originales de Quoniam, à pleine page. L'oeuvre de Stéphane Quoniam n'est ni figurative ni abstraite : elle est les deux à la fois. « Ces images n'existent que par le regard qu'on leur porte. Ce ne sont que des états d'âme, des moments d'une vie [...] Qui prend le temps de regarder un estran ? un brin d'herbe ? des morceaux d'algues en bord de mer ? Les détails de la Terre ? Personne [...]. Et c'est en cela que les gens posent des questions : cela représente tout cela, une symbolique de notre mémoire, de notre savoir, de notre propre mise en scène, et sans le regard de l'autre, ceci n'existerait pas. » Les travaux de compositions mixtes entre Michel Butor et Stéphane Quoniam ont donné lieu à plusieurs livres illustrés ainsi que, l'année passée, une exposition de 100 aquarelles légendées par l'écrivain, "Sans titre-Cent titres", merveilleux confluent entre le haïku, la poésie et la peinture.
Paris, Flammarion, (juin) 2001. 1 vol. (135 x 210 mm) de 369 p. et [1] f. Broché, sous chemise et étui. Édition originale et premier tirage (pas de grands papiers - il y a eu quatre tirages en 2001). Exemplaire signé par Michel Houellebecq au stylo bille noir.
Après la mort de son père, Michel, fonctionnaire quadragénaire et blasé, décide de partir en Thaïlande pour goûter aux plaisirs exotiques : « Dès qu'ils ont quelques jours de liberté les habitants d'Europe occidentale se précipitent à l'autre bout du monde, ils traversent la moitié du monde en avion, ils se comportent littéralement comme des évadés de prison. Je ne les en blâme pas ; je me prépare à agir de la même manière (...) Pourtant, j'aime bien les femmes. C'est un peu un regret, dans ma vie, le célibat. C'est surtout gênant pour les vacances. Les gens se méfient des hommes seuls en vacances, à partir d'un certain âge : ils supposent chez eux beaucoup d'égoïsme et sans doute un peu de vice ; je ne peux pas leur donner tort ». « Je ne hais personne, précise Houellebecq. Je suis dans une forme d'éloignement, de distance. C'est la position normale de l'écrivain. Je sais qu'il y a une demande pour que je condamne ce que je décris, notamment le tourisme sexuel. Je n'ai aucun jugement négatif. Ni sur tel ou tel comportement, ni sur l'homme en général. Dans le pire des cas, je suis compassionnel. » Qu'on ne s'y trompe pourtant pas : Plateforme n'est pas un roman sur le tourisme sexuel, mais, sur fond d'un « état des moeurs en Occident au début du XXIe siècle », un récit sur l'éternelle affaire des relations complexes entre les hommes et les femmes. De leur perpétuel malentendu, annulé, comme cela arrive parfois dans une vie, par une vraie rencontre, une sorte de miracle ou de révolution intime. Inattendue, mystérieuse, évidente, comme elles le sont - ou devraient toutes l'être.
Paris, Jean Aubier, (mai) 1956 1 vol. (190 x 235 mm) de 30 p., [3] et 2 f. Broché, couverture illustrée, non coupé. Édition originale. Tirage limité à 311 exemplaires. Un des 267 exemplaires sur vélin du Marais, sous une couverture illustrée par Joan Miró. Le plus rare et l'un des livres les plus réussis de Miró, et le derniertitre édité par les soins de Jean Aubier, mort peu de temps avant la publication.
Le plus rare et l’un des livres les plus réussis de Miró, et le dernier titre édité par les soins de Jean Aubier, mort peu de temps avant la publication. Le recueil est considéré comme l’un des livres illustrés le plus abouti du genre, notamment pour les 44 exemplaires du tirage de tête sur Auvergne qui comportent six lithographies originales de l’artiste, « parmi les plus belles qu’il ait données pour des livres. Au moment de leur publication, le tirage sur Auvergne, très restreint, était entiè-rement souscrit » (cf. Antoine Coron, Cinquante livres illustrés depuis 1947, n ° 18). Précieux exemplaire de René Char : « À René Char, qui sait que l’intempestif est une des facettes du temps. Affectueusement, Michel Leiris, Paris, 22 novembre 1956 ». Ce livre ravissant fut mis en œuvre par Jean Aubier, « qui affectionnait un style de livres aussi proche que possible de ceux de Daniel-Henry Kahnweiler à sa meilleure époque ». Il ne verra l’achèvement de son travail puisqu’il décède en avril 1956. Onze exemplaires de tête, pour ses amis, seront réservés en sa mémoire. « Éditeur des poètes – Frénaud, Ponge, Tzara – il fit appel à Miró pour ces Bagatelles végétales de Michel Leiris qui seront intégrées aux Mots sans mémoire en 1969. Le texte est un de ces détournements de langue, de celle usée par l’emploi d’échange, que ravivent les jeux de mots, les contaminations phonétiques » (Coron), dans la lignée de Glossaire, j’y serre mes gloses, que Daniel-Henry Kahnweiler publia en 1939. L’exemplaire est enrichi d’un prospectus à parution, sur un bi-feuillet imprimé sur le même vélin Marais.
Paris, 8 avril 2013 et 20 août 2014. 2 cartes bristol (140 x 105 et 130 x 110 mm), à en-tête l'une de l'Académie française, l'autre de la Nrf, enveloppe conservée. " Cher Maximilien, c'est bien de collectionner des autographes, mais je vous encouragerais plutôt à collectionner des livres… et à les lire ! Michel Déon, 08.04.XIII " ; conseil suivi d'effet puisque : " Votre chaleureuse lettre m'a fait plaisir. Continuez à lire, à vous promener dans la littérature française avec le même bonheur, et croyez bien à mes vœux pour vos réussites scolaires. Michel Déon, le 20.08.XIV "
Exemplaire Max-Pol Fouchet avec envoi. Paris, Gallimard, (5 mars) 1975. 1 vol. (140 x 205 mm) de 544 p. et [1] f. Broché. Édition originale. Exemplaire poinçonné du service de presse. Envoi signé : «Pour Max-Pol Fouchet, en toute amitié, Michel Tournier». Bandeau éditeur conservé.
C'est le troisième roman de Tournier - désormais académicien Goncourt - après Vendredi ou Les limbes du Pacifique et Le Roi des aulnes. Un roman double : celui de l'oncle scandaleux, homosexuel et grand pourfendeur d'hétérosexuels et de lesbiennes, qui règne sur les tas d'immondices de la SEDOMU (Société de Ramassage des Ordures Ménagères), « prince des gadoues » autoproclamé ; celui de la gémellité et du tour du monde de frères jumeaux, Jean et Paul, l'un à la poursuite de l'autre. Un tour du monde que Michel Tournier a entrepris, littéralement, pour écrire son roman : il a interrogé de nombreux jumeaux et jumelles, rencontré le Professeur René Zazzo, grand spécialiste de la gémellité, séjourné dans une maison pour enfants handicapés, pataugé dans les dépôts d'ordure de Miramas près de Marseille, fait des tournées avec les éboueurs, visité l'usine d'incinération d'Issy-les-Moulineaux. « Aucun livre ne m'a demandé autant d'enquêtes car ce sont des choses qui ne s'inventent pas», précise t-il. Ce qu'il apprend lui permet d'écrire l'histoire de ces deux vrais jumeaux qui, lorsqu'ils dorment, sont « rendus au plus intime d'eux-mêmes, ramenés à ce qu'il y a de plus profond et de plus immuable - ramenés à leurs fonds-commun - [...] sont indiscernables. [...] Leur ressemblance immaculée est l'image des limbes matriciels d'où ils sont sortis. Le sommeil leur restitue cette innocence originelle dans laquelle ils se confondent.»
Le premier roman de Houellebecq.Premier tirage, avec billet autographe Paris, Maurice Nadeau, (août) 1994. 1 vol. (135 x 210 mm) de 180 p. et [2] f. Broché, sous couverture illustrée. Édition originale. Premier tirage d'août 1994 (suivi de trois retirages en septembre, octobre et décembre). On joint : photographie de Houellebecq jeune - 1 tirage numérique en couleurs (115 x 75 mm) - avec cet envoi autographe : «pour Hélène, une photo que je suis bien incapable de dater, Michel Houellebecq».
Maurice Nadeau publie à la fin de l'été 1994 le premier roman d'un jeune homme, ancien élève de l'Institut national d'agronomie, encore fonctionnaire à l'Assemblée nationale : Michel Houellebecq. Ce dernier a déjà publié trois ans auparavant un essai sur Lovecraft et deux recueils de poèmes (Rester vivant et La Poursuite du bonheur), où l'on trouve cet alexandrin fondateur : « Mon père était un con solitaire et barbare ». Il est alors question, enfin, d'un premier roman. Ce sera Extension du domaine de la lutte, qui peint, avec un réalisme inquiétant, la misère sexuelle et affective du mâle occidental dans la compétition généralisée du libéralisme : un univers de boîtes de nuit et de centres commerciaux, où le narrateur, qui a « l'impression d'être une cuisse de poulet sous cellophane dans un rayon de supermarché », décrit le monde qui l'entoure, dans une écriture blanche, descriptive et analytique qui rend parfaitement compte de l'anomie où croupissent ses journées. Le jeune informaticien y comprend son malheur, mais est démuni face à lui. « Une théorie complète du libéralisme débridé, qu'il soit économique ou sexuel », résumera Houellebecq. Parfait état, tel que paru. Rare ainsi.
Edition originale. Exemplaire Suzanne Genevoix, avec envoi. Paris, Mercure de France, (30 octobre) 1981. 1 vol. (145 x 220 mm) de 398 p., [1] et 1 f. Broché. Édition originale et premier tirage. Envoi signé : « Pour Madame Maurice Genevoix, en hommage amical, Michel Tournier ».
Le Vol du vampire est un recueil de notes de lecture. Publier un livre, nous dit Michel Tournier, c'est procéder à un lâcher de vampires, un oiseau sec, avide de chaleur humaine, et, lorsqu'il s'envole, c'est à la recherche d'un lecteur sur lequel il pourra se poser afin de se gonfler de sa vie et de ses rêves. Une cinquantaine de livres sont donc venus se poser sur le lecteur Tournier, qui en livre critiques et notes, depuis Charles Perrault à Kant, des Affinités électives de Goethe à l'oeuvre d'Émile Zola en passant par Gros-Câlin d'Émile Ajar. Tournier avait été honoré en 1967, pour Vendredi ou les Limbes du Pacifique, du Grand prix du roman de l'Académie française, remis par son Secrétaire perpétuel d'alors, Maurice Genevoix. Tournier ne manquait pas depuis de lui faire parvenir ses ouvrages dédicacés, coutume poursuivie après la disparition de l'écrivain en envoyant à sa veuve, Suzanne Genevoix, ses livres à parution.
1940 Paris, Les grands romans policiers, sans date (1940), volume in-12 broché, 164 pages, couverture illustrée par J. Saunier (daté de 1940), très bon état
KASANTZEV Alexandre, CARSAC Francis, LIMAT Maurice, JEAN-CHARLES Jehanne, DUZAL Jean, SERVAN Michel, Mc LEWIS Shane
Reference : 3663
(1958)
1958 Paris, Edition Satellite, 1958, volume in-12 broché, 128 pages, couverture illustrée en couleurs, très bon état
Édition originale. Paris, Calmann-Lévy, 1925 & Paris, André Delpeuch, 1928. 2 vol. (150 x 205 mm) de 246 p., [1] et 1 f. Broché. Édition originale. On joint. Michel Corday. Anatole France d'après ses confidences et ses souvenirs
Liège, Ed. Dynamo, Pierre Aelberts, 1971 1 vol. (140 x 185 mm) de 15 pp. + planches. Cousu. Édition originale. Un des 40 exemplaires sur vélin blanc (n° 6). Carte autographe de Michel Tournier jointe.
Cette plaquette est illustrée de vues photographiques de Francfort (1900) et de la gravure de Mérian (1639) montrant l'entrée des troupes de Gustave-Adolphe en 1631 à Francfort-sur-le-Main. Elle a été réalisée à l'occasion de sa visite à la foire du livre de Francfort en septembre 1969 : Tournier y établira une distinction de l'humanité en deux catégories : « les gens du livre et l'immense foule des autres, ceux qui peuvent vivre sans la drogue imprimée ». Non sans outrecuidance, il évoque également la parution prochaine du Roi des Aulnes. Excellente condition.
Paris, Editions de Minuit, 1957 1 vol. (145 x 225 mm) de 299 pp. Broché. Envoi signé : "Pour Melle Joze-Roland, bien cordialement, Michel Butor". Ancienne trace de scotch au premier feuillet et en quatrième de couverture. Tache angulaire à la première de couverture.
Paris, Berger-Levrault, 1987 1 vol. de 264 pp. Envoi signé : "à Jacques Vergès, avec espoir au coeur, M. Aurillac". Carte de visite jointe. Michel Aurillac a été ministre de la coopération de 1986 à 1988. De la bibliothèque Jacques Vergès (tampon).
Paris, Albin Michel, 1993 1 vol. (160 x 240 mm) de 407 pp. Broché. Edition originale. Envoi signé : « Pour Jacques Vergès, ces conversations sans concessions... qui, je l'espère, sont dignes des nôtres... En témoignage d'amitié. J.-L. Remilleux 21.01.1993 ». De la bibliothèque Jacques Vergès (tampon).
Soumission dans une parfaite reliure de Renaud Vernier Paris, Flammarion, (décembre) 2014. 1 vol. (130 x 210 mm) de 300 p., 1 et [1] f. Buffle gris, titre à la chinoise au premier plat, contreplat et garde de chèvre velours gris, tranches dorées sur témoins, couvertures et dos conservés, chemise et étui bordés (reliure signée de Renaud Vernier - Claude Ribal, 2024). Édition originale. Un des 120 premiers exemplaires sur vélin Rivoli (n° 119).
« J'aime bien qu'on me lise dans l'ordre [...]. Ce qui explique le mieux un livre c'est ceux que l'on a écrits avant. » (Houellebecq, interview télévisée, août 2015). Pour ceux qui suivront cet avis, il faut donc lire tout particulièrement Plateforme, le roman précédent de Michel Houellebecq où il traite déjà le thème de l'Islam. Avant même la mise en vente, le 7 janvier 2015, de l'édition originale de Soumission, ce roman avait fait naître une polémique d'envergure. Les attaques terroristes de Charlie Hebdo et de l'hypermarché casher le jour même de sa sortie n'avaient évidemment rien arrangé. Depuis, et à maintes reprise, Houellebecq a tenté d'expliquer que toutes interprétations et relectures des faits n'avait aucun sens. Traduit depuis, en voici les meilleurs passages, éclairant mieux qu'aucune autre préface les lignes de ce sixième Houellebecq : « Pourquoi ce livre ? J'ai constaté de grands changements à mon retour en France [Houellebecq venait de passer 12 ans en Irlande], changements qui ne sont pas spécifiquement français d'ailleurs, qui sont occidentaux en général. [...] Je pense que la deuxième raison est que mon athéisme n'a pas vraiment résisté à la succession de morts que j'ai connu [ses parents, son chien]. Ça m'a apparu insoutenable en fait [...]. Et la troisième raison pour laquelle j'ai écrit ce livre, c'est que le début me plaisait bien. J'ai écrit à peu près d'un seul coup du tout début jusqu'à la page 26. Et je trouvais cela très convainquant parce que je m'imagine très bien un étudiant choisissant Huysmans comme ami et lui consacrant sa vie. Cela ne m'est pas arrivé : j'ai lu Huysmans beaucoup plus tard, vers 35 ans je crois, mais ça m'aurait bien plu : ma chambre n'était pas terrible, le restaurant universitaire n'était pas terrible non plus et j'imagine bien ce qu'il aurait pu faire de tout ça. Je pense qu'il aurait pu être un vrai ami pour moi. Et donc, après avoir écrit ça, je n'ai rien fait pendant quelque temps. C'était en janvier 2013, et j'ai du reprendre le texte à l'été 2013. Mais mon projet était très différent au départ. Cela ne devait pas s'appeler Soumission, le premier titre était La Conversion. Et dans mon premier projet le narrateur se convertissait aussi mais au catholicisme. C'est-à-dire qu'il suivait le même parcours que Huysmans, à un siècle de distance : partir du naturalisme pour devenir catholique. Et je n'ai pas réussi à faire ça [...]. De manière générale, il y a un sentiment d'entropie encore plus fort que dans mes autres livres. Un côté crépuscule morne qui donne à ce livre un ton assez triste. Par exemple, si le catholicisme ne marche pas, c'est que ça a déjà servi, ça paraît appartenir au passé, ça s'est défait. L'islam a une image à venir. Pourquoi la Nation ça ne marche pas ? Parce qu'on en a trop abusé.» (in Entretien avec Sylvain Bourmeau, 19 décembre 2014, publié dans The Paris Review). Exemplaire parfait, dans une non moins parfaite reliure de Renaud Vernier.
Paris, Flammarion, (décembre) 2018. 1 vol. (135 x 210 mm) de 347 p. et [2] f. Broché. Édition originale. Envoi signé : « pour Hélène, Michel Houellebecq, à Paris, le 9 décembre 2020 ».
Sérotonine est un précis de décomposition, où il est question du déclin de l'Occident, de l'Union européenne, de la France, de Dieu. Le héros - ou anti-héros -, Florent-Claude Labrouste, est un ingénieur agronome de 46 ans, employé au ministère de l'agriculture, en couple avec une Japonaise de 26 ans, qui se meurt « de chagrin » et doit sa survie à un médicament, le Captorix, qui stimule la production de sérotonine, une « hormone liée à l'estime de soi », qu'il définit dès l'incipit : « C'est un petit comprimé blanc, ovale, sécable ». Il décide de disparaître. D'abord dans un hôtel Mercure près de la place d'Italie, puis en Basse-Normandie, « un territoire à l'abandon, peuplé d'agriculteurs suicidaires et condamnés par la politique européenne de Bruxelles ». Houellebecq, l'écrivain de la solitude de l'homme contemporain, cogne toujours sur le même clou, avec obstination, quitte à simplifier, avouant pour autant que, oui, « enfin je simplifie, mais il faut simplifier sinon on n'arrive à rien ». Houellebecq dévoile ainsi son intention : « Si nous avions été dans une comédie romantique, j'aurais fait ainsi [...]. Eussions-nous été dans un film porno que la suite eût encore été bien davantage prévisible [...]. Nous étions dans la réalité, de ce fait, je suis rentré chez moi ». Implacable machine désabusée.
Paris, Flammarion, (août) 1998. 1 vol. (115 x 195 mm) de 135 pp., 1 et [4] f. Broché. Édition originale et premier tirage, dont il n'a pas été tiré de grand papier.
"Tout devrait au fond se transformer en un livre unique, que l'on écrirait jusqu'aux approches de la mort ; ça me paraît une manière de vivre raisonnable, heureuse, et peut-être même envisageable en pratique." Michel Houellebecq
Paris, Flammarion, (mars) 1996. 1 vol. (130 x 200 mm) de 117, [3] et 1 f. Broché, sous chemise et étui papier (Elbel). Édition originale et premier tirage - rare. Envoi signé : "Pour Max, une édition rare, Michel Houellebecq". Avec un tirage photographique en couleurs (130 x 185 mm) signé par l'auteur.
Un des 179 premiers sur Ingres d'Arches ; reliure de Renaud Vernier Paris, Fayard, 2005 1 vol. (130 x 210 mm) de 485 p. et [1] f. Buffle bordeaux, contreplats et gardes de chèvre velours bordeaux, titre doré, tranches dorées sur témoins, couvertures et dos conservés, chemise et étui bordés (reliure signée de Renaud Vernier - Claude Ribal, 2024). Édition originale. Un des 179 premiers exemplaires sur Ingres d’Arches (n° LXIX), celui-ci hors commerce.
Houellebecq avait donné de sa personne pour l’écriture de son quatrième roman : ce n'est pas peu dire, si l'on considère qu'il fraya avec la secte des raéliens et trinqua avec Claude Vorilhon, alias Raël son grand gourou (grand voyou), qui eut l'idée de s'inventer une rencontre extraterrestre, laquelle le désignait bien entendu prophète... Houellebecq suivra de près les élucubrations savamment orchestrées depuis Genève de cette entreprise d'utilité privée. Le personnage de La Possibilité d'une île, Daniel, et ses clones, Daniel25, Daniel26 sont tout droit sortis de la holding raëlienne, laquelle prétendait avoir réussi le premier clonage humain... « D'où vient que l'on finit par se convaincre que Houellebecq a réussi son voyage au bout de l'humanité ? Simplement parce qu'il est un romancier. Un formidable romancier même, noir et désespéré. Non pas, comme Daniel 1 le dit de lui-même, ‘une espèce de Zarathoustra des classes moyennes', mais plutôt un conteur d'histoires doublé d'un éclaireur hyperréaliste de la société d'aujourd'hui et du monde de demain, convaincu que tout ce que la science permet, y compris le moins souhaitable pour l'homme, sera réalisé. » (Franck Nouchi, Le Monde, 1er sept. 2005) Un régal et un beau champ d'investigations pour Houellebecq, sacré « prêtre honoraire » par Raël lui-même, comme Michel Onfray qui l'apprit par voie de presse et répliqua n'avoir rien demandé à cette « tribu de demeurés ».
Le volume contient une carte générale et 18 cartes des routes, portant, en marge, une légende des distances, des heures de départ et d’arrivée. A Paris, Rue St Jacques, à l’Enseigne du Globe, 1765. In-8 : titre gravé par Aubin, dédicace à Cassini de Thury gravée d'après Baisiez, 19 cartes gravées, et aquarellées : traits surlignés, villes pointées de rouge, océans et fleuves en vert. 1. carte générale de la France ; 2.Banlieues de Pans avec les "grandes routes branchées sur Paris" et la minéralogie de la région parisienne (chiffré 1) ; 3. De Paris à Nantes, (ch. 2) ; 4. De Paris à Bordeaux et Toulouse, carte dépliante (ch. 3) ; 5. De Paris à Lyon par la Bourgogne et le Bourbonnais (ch. 4) ; 6. De Paris à Strasbourg (ch.5); 7. Routes de Champagne, Lorraine… (ch. 6) ; 8. Troisième route de Paris à Strasbourg [par Soissons] (ch. 7) ; 9. Troisième route de Paris à Strasbourg... [par]... Langres (ch 8); 10. Routes des Provinces de Picardie (ch. 9) ; 11. Route de Paris à Londres..., carte dépliante (ch. 10) ; 12. Route d'Amsterdam à Marseille (ch. 11) ; 13. Seconde partie de la Route d'Amsterdam à Marseille... , carte dépliante (ch. 12); 14. Grande route de Strasbourg à Vienne (n. ch.), carte dépliante ; 15. Routes et chemins de Bretagne (ch. 14), l'océan n'est que légèrement teinté ; 16. Routes et chemins... compris entre les 4 grandes routes de Paris à Nantes, Rennes, Toulouse, Bordeaux (ch. 15) ; 17. Continuation des routes occidentales et méridionales (ch. 16) ; 18. Routes et chemins... compris entre les deux grandes routes de Pans à Toulouse (ch. 17) ; 19. Continuations des routes orientales et méridionales de Pans à Marseille (ch. 18), la mer est teintée de vert ; Prospectus du Guide des Voyageurs pour les Routes Royales (2 pp.) ; Catalogue alphabétique du Supplément (10 pp.). Veau marbré, roulette à froid autour des plats, dos à nerfs orné. Reliure de l’époque. 210 x 113 mm.
Edition originale. «Nous reproduisons le N.B. qui se trouve au bas du titre et qui indique quel soin a présidé à la confection de cet ouvrage: ‘Personne ne doit ignorer Combien cet Ouvrage a coûté de Peines et de soins pendant plusieurs Années pour le rendre digne du Public. Le Sr. Michel persuadé de l’Avantage que l’Indicateur Fidèle ou Guide des Voyageurs peut procurer aux Commerçants, Navigateurs, Voyageurs et à tous ceux qui seront Curieux de s’instruire de la Distance d’un lieu à un autre, Se Flatte de l’avoir rendu si Complet que les Amateurs y trouveront tout ce qu’on peut désirer dans un Ouvrage où l’on n’a rien épargné pour le porter à la Perfection dont il Était susceptible.’ Le titre est suivi d’un très beau frontispice contenant la dédicace: ‘A Monsieur Cassini de Thury…’. En tête, les armes de M. Cassini de Thury; à la partie inférieure, un coche par eau trainé par des chevaux, une diligence, monuments et paysages dans le fond; le tout encadré d’arbres et de rochers. Le volume contient une carte générale et 18 cartes des routes, portant, en marge, une légende des distances, des heures de départ et d’arrivée. Il se termine par le Prospectus ou Guide des voyageurs, et le catalogue alphabétique des routes royales et particulières.» (Bulletin de le Société archéologique…, vol. 2, 1905). «Il n’est pas de voyageur un peu curieux de sa route qui ne s’avise d’aller, avant de s’aventurer, acheter un Joanne, un Badeker, ou, à tout le moins, un Indicateur Chaix. La précaution est sage, si sage même que nos pères, qui n’étaient pas plus mal avisés que nous, avaient aussi leurs Guides; et ces Guides fournissaient abondance de renseignements utiles. Nous avons trouvé l’Atlas dont suit le titre en respectant scrupuleusement la rédaction: ‘L’Indicateur fidèle ou Guide des Voyageurs, qui enseigne Toutes les Routes Royales…, Paris, 1765’. Ce titre est long, mais combien il est suggestif! L’Indicateur Fidèle est remarquablement gravé; c’est un travail consciencieux et artistique. Le pittoresque s’y joint à l’exactitude. Bois, rivières, côtes, sont rehaussés d’une teinte verte, bleue, bistre. Il est vrai qu’il avait son prix; car l’exemplaire in-4 se vendait 15 livres; et chaque route détachée, sur feuille particulière, valait 15 sous.» (Le Magasin pittoresque, vol. 61, p. 206). Le réseau français se trouvait dans un piteux état au début du règne de Louis XV. Tous les témoignages du temps sont unanimes sur ce point, et le pénible voyage de Marie Leczinska à travers les provinces de l'Est pour rejoindre Paris en 1725 en fut la meilleure illustration. Avec le développement régulier des transports terrestres, l'entretien des routes se présentait de plus en plus comme une entreprise insoluble, une sorte de rapiéçage sans fin qu'on pratiquait toujours à la dernière extrémité et qui craquait à nouveau presque aussitôt. Cette situation de sauvetage chronique, qui faisait des routes du royaume le pire des goulots d'étranglement pour l'administration et pour une économie en pleine expansion, ne pouvait se prolonger indéfiniment. Tout en ordonnant la réfection progressive de tous les grands axes routiers du royaume et d'abord de ceux qu'empruntait la poste, le contrôleur général Orry, et avec lui l'intendant Trudaine, décidèrent de créer des voies entièrement nouvelles partout où les nécessités politiques et économiques du temps l'exigeaient. C'était donc, envisager, en plein XVIIIème siècle, la mise en chantier de ce que nous pourrions appeler maintenant un réseau d’«hipporoutes », et décider que ce réseau devrait être capable de supporter un trafic régulier de voitures au galop. On se souvient des décisions qui furent à l'origine de cette patiente mais très profonde transformation des grandes routes françaises : la corvée des chemins, rendue obligatoire dans tout le royaume par l'Instruction du 13 juin 1738 du contrôleur général Orry, constituait le préalable à toute l'opération puisqu'elle devait procurer aux ingénieurs des Ponts et Chaussées de chaque province l'énorme, sinon très efficace, main-d'œuvre qui leur était nécessaire. La même instruction chargeait les ingénieurs, en accord avec les intendants des provinces, de commencer les ouvrages et de dresser les plans des routes à ouvrir ou à aligner. Leur plus grand effort, que l'on espérait cette fois-ci définitif, devait porter bien entendu sur les grands itinéraires partant de la capitale : il fallait avant tout qu'à travers ce très vaste royaume de France les ordres du gouvernement puissent parvenir plus rapidement et plus sûrement jusqu'aux provinces éloignées. Hors de cette priorité absolue pour un grand réseau centralisé, chaque ingénieur chercherait à améliorer les roules s'éloignant du chef-lieu de sa généralité, et particulièrement celles qui menaient aux chefs-lieux des généralités voisines. Enfin, on travaillerait également sur quelques routes de traverse présentant un grand intérêt économique ou stratégique. Daniel-Charles Trudaine, nommé à la Direction des Ponts et Chaussées en 1743, allait donner une impulsion vigoureuse à toute l'entreprise. Suivi plus tard par son fils, il coordonna avec autorité l'action des ingénieurs et veilla à élever leur niveau de recrutement et d'instruction. Son premier soin fut de créer à Paris en 1744 un bureau de dessinateurs, celui du géographe Mariaval, pour assurer la mise au net des plans de routes dressés par les ingénieurs. Le 14 février 1747, il confie la direction du bureau à Jean-Rodolphe Perronet qu'il a fait venir de la Généralité d'Alençon, et lui donne mission de former les futurs sous-ingénieurs. En 1750 enfin, au moment où les premiers élèves commencent à sortir de ce qui deviendra plus tard l’École des Ponts et Chaussées, Trudaine réorganise le corps des ingénieurs. Tout était alors en place pour le départ du plus large programme de travaux publics jamais entrepris jusqu'à ce jour en France. Cet Indicateur fidèle ou Guide du voyageur, véritable succès de librairie, offre un regard attrayant sur la France du XVIIIème siècle. Ses routes sont organisées; le pays est administré. Les grands travaux de construction d'un réseau routier moderne ont ici porté leur fruit. De la bibliothèque Maurice Lecomte.