0 S.l.n.d. 2 volumes in-8, 1 f.n.ch.-394 pp./1f.n.ch.-208 pp.-XVI-190 pp., plein veau moucheté d'époque, dos orné à 5 nerfs, pièce-de-titre et de tomaison de maroquin rouge et vert bronze, tranches rouges. Bon exemplaire.
Reference : 35
Intéressante et assez peu courante édition des Mémoires de l'affaire Goezman. Elle est précédée d'un frontispice de Marillier, répété dans les deux volumes. Il est non signé, une explication du frontispice se lit en regard de celui-ci. (Cordier H., Bibliographie des oeuvres de Beaumarchais, 366).
Librairie Benoit Guilbert
M. Benoit Guilbert
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Londres, John Adamson, 1784-1789. 36 vol. in-12, demi-basane, dos lisse orné de filets dorés, le tome 34 est relié dans une reliure différente, la table est brochée (reliure de l'époque). Joint : Table alphabétique des auteurs et personnages cités dans les mémoires secrets. Bruxelles, 1866.
Collection complète des Mémoires secrets, dits de Bachaumont, qui constituent une des sources les plus abondantes et les plus précieuses pour l'étude du XVIIIe siècle. Les Mémoires secrets se voulaient l'écho de la vie publique et mondaine de leur temps et ils y sont parvenus. Rien ne manque à ce véritable répertoire, ni les événements politiques, littéraires et dramatiques les plus saillants, ni le menu détail des anecdotes, chansons, épigrammes, et autres pièces fugitives qui faisaient les délices de la société parisienne, pas même les rumeurs, fausses ou avérées, qui conditionnent les esprits et forgent les opinions.Bon exemplaire. Quelques traces de mouillure ; quelques feuillets abimés dans les marges. Joint le volume de table broché : Table alphabétique des auteurs et personnages cités dans les Mémoires secrets (Bruxelles, 1866), tirée à 200 exemplaires. Hatin, 66-67 ; Sgard, 904.
, Sans lieu ni date, [1747]. In-folio de 1 titre, 332 pp. (saut de chiffrage de 154 à 147), [3] ff.n.ch. de table, veau brun marbré, dos à nerfs cloisonné et fleuronné, encadrement de double filet à froid sur les plats, double filet doré sur les coupes, tranches rouges (reliure de l'époque).
Ce manuscrit attribué à Pierre-Joseph de Bourcet, constitue une pièce importante de l’histoire militaire des Alpes au XVIIIe siècle. Il réunit divers textes dont certains furent repris dans les Mémoires militaires sur les frontières de la France, du Piémont et de la Savoie publiés en 1801 à Berlin par Decker. Le manuscrit, intégralement réglé et aisément lisible, se compose de trois pièces liminaires et de six mémoires autonomes mais thématiquement liés.Composition et Contenu :I. Pièces liminaires. Ces textes préliminaires, insérés pour compléter le premier mémoire, traitent des fortifications dans le contexte des évolutions stratégiques après la Guerre de Succession d’Espagne : Une description actualisée d’Exilles (1745). Une description modernisée de Fénestrelles. Un nouveau projet de défense, succédant à celui élaboré en 1713.II. Les six mémoires. Ces études approfondies couvrent des aspects topographiques, stratégiques et historiques :Une analyse des frontières du Piémont et de la Savoie, essentielle aux mouvements et au campement des armées (pp. 21-115). Ce mémoire servit de base aux Mémoires militaires de 1801. Une étude détaillée du Briançonnais (pp. 117-149).Une exploration des cols alpins entre le Mont-Cenis et la vallée de Barcelonnette, essentiels aux itinéraires militaires vers la Lombardie (pp. 153-194).Une description des fortifications et routes en Italie, incluant le Milanais, le Mantouan et le Modénais, sans équivalent imprimé connu (pp. 195-284).Une étude des passages des Apennins, depuis le col de Tende jusqu’à Florence et Livourne (pp. 285-316).Un mémoire sur l’intérêt stratégique de rattacher au Dauphiné les vallées cédées au roi de Sardaigne par le traité d’Utrecht, avec un plan logistique pour la campagne de 1747 (pp. 317-332).Attribution et Contexte. L’attribution à Pierre-Joseph de Bourcet repose sur plusieurs indices convergents. Une note manuscrite mentionne son père, Daniel-André Bourcet, capitaine et guide des armées, comme possible auteur. Toutefois, la structure et le contenu du manuscrit, notamment les réflexions stratégiques sur les campagnes de 1707 à 1713, plaident pour Pierre-Joseph. Né en 1700, il aurait acquis ses premières expériences militaires dès son enfance, sous la tutelle de son père, avant de poursuivre une carrière brillante comme ingénieur militaire.Le manuscrit, élaboré après 1720 (année où le duc de Savoie devient roi de Sardaigne), présente des similitudes frappantes avec les textes des Mémoires militaires de 1801. Certains passages en sont une version précoce, enrichie de détails stratégiques et topographiques.Importance Historique et Technique. Outre la narration des campagnes militaires de la Guerre de Succession d’Espagne, le texte se distingue par sa richesse théorique et sa précision topographique. La dernière partie, consacrée à la description des vallées, cols et fortifications, illustre la maîtrise de Bourcet en géographie militaire, un domaine dans lequel il excella également par la réalisation de cartes détaillées.Ce manuscrit, véritable trésor documentaire, témoigne non seulement de la complexité des conflits alpins mais aussi de la compétence visionnaire de Pierre-Joseph de Bourcet, qui sut conjuguer savoir empirique et expertise théorique pour devenir une figure incontournable de la stratégie militaire en montagne.Restaurations à la reliure, spécialement aux coins, aux coiffes et sur la charnière inférieure.
LA BEAUMELLE (Laurent Angliviel de) & MAINTENON (Françoise d'Aubigné, marquise de).
Reference : 15383
(1755)
A Amsterdam, Aux depens de l'auteur [puis] Aux depens de l'éditeur, 1755-1756. 15 vol. in-12, veau fauve marbré, dos orné à nerfs, pièces de titre en maroquin rouge et de tomaison en maroquin havane, filet d'encadrement à froid sur les plats, filet doré sur les coupes, guillochis dorés sur les coiffes, signet de soie verte, tranches rouges (reliure de l'époque).
Précieux exemplaire de La Beaumelle avec sa signature autographe au recto du frontispice du premier volume et un feuillet autographe (relié entre les pages 70-71) dans le dernier volume des Mémoires : Pièces justificatives. 34 lignes de son écriture fine et lisible dans lesquelles La Beaumelle reprend un sonnet satirique (p. 68) attribué à Antoine Hamilton d'après la note en bas de page dans laquelle Mme de Maintenon est accusée de « vice avant l'âge de quinze ans ».Dénoncé comme apocryphe, bien que La Beaumelle avait jamais prétendu qu’ils aient été rédigés par elle ou voulu les faire prendre pour tels, les Mémoires furent composés grâce à l'appui discret des religieuses de Saint-Cyr. Cette virulente annotation manuscrite justifie pleinement le soin qu’il a pris pour rétablir la vérité dans son ouvrage, et non pas noircir celle qu’il rend responsable de la Révocation de l’Édit de Nantes : « Ces vers sont contraires absolument à la vérité de l'histoire… Édition originale des Mémoires pour servir à l'histoire de Madame de Maintenon (6 volumes) et des Lettres de Madame de Maintenon (9 volumes) publiés par La Beaumelle. La page de titre du premier volume des Mémoires est ornée d'une gravure de la médaille de Louis XIV relative à la fondation de Saint-Cyr. Portrait-frontispice gravé de Mme de Maintenon jeune dans ce même volume, et portrait frontispice du tome III où Mme de Maintenon apparaît plus âgée. Par ailleurs, la page de titre du tome IX des Lettres de Madame de Maintenon précise que les lettres contenues dans ce volume ont été recueillies par l'abbé Berthier et que cet ouvrage a été publié à Bruxelles en 1755. La Beaumelle n'est cité qu'à partir de la seconde édition.« Après une vive polémique suscitée par la question de l'authenticité des lettres de Mme de Maintenon, il est aujourd'hui avéré qu'aucun doute ne doit subsister. La Beaumelle a eu communication des papiers de Mme de Maintenon et, pour des raisons particulières, les altérations du texte ont été concertées entre les dames de Saint-Cyr et lui : mais on ne peut dire que Mme de Maintenon n'a pas écrit ces lettres puisque les manuscrits subsistent » (Bourgeois et André, II, 1188).Provenance : Philibert Cholet et Jules-germain Cholet (1763-1890) à Cublize en Haut-Beaujolais ; Léon Picard (1903) au Château de Montperroux à Saint-Léon (Allier). Bel exemplaire dans une reliure uniforme, tomaison continue. Tchemerzine, IV, 320 et 322 ; Quérard, IV, 330-331 ; Brunet, III, 1321-1322 : « Édition la plus belle que l'on ait de cet ouvrage de La Beaumelle et du recueil des lettres de Mme de Maintenon qui l'accompagne. Les deux articles ne doivent pas être séparés ».
Paris, Imprimerie de Clousier, 1781-1784. 9 pièces reliées en 1 vol. in-8, titre général, basane marbrée, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l'époque).
Collection des 9 premiers mémoires parus en livraisons sur les 18 que compte la collection complète achevée en 1789.Le comte Claude Antoine de Thelis, économiste et philanthrope né dans le Forez vers 1730 et mort vers 1790, embrassa l'état militaire tout en passant une partie de l'année dans ses terres à s'occuper d'améliorer le sort de ses vassaux. Il publia en 1779 un Plan d'Éducation nationale en faveur des pauvres enfants de la campagne : après avoir exposé quelques expériences personnelles ayant pour objectif de décharger les paysans de la corvée, Thélis, qui se penche particulièrement sur le malheureux sort des « journaliers », expose un plan d'éducation « citoyenne et militaire », destiné à rendre leurs enfants bons soldats ou bons cultivateurs. Louis XVI approuva ce plan et lui fit remettre une somme pour les frais de premier établissement. Ce fut dans le village d'Issy, que Thélis fonda son école pratique composée d'abord de vingt-quatre orphelins. Il put en recevoir un plus grand nombre les années suivantes ; et malgré les critiques dont on ne cessait de l'accabler, il la soutint jusqu'en 1787 ; alors il fut obligé de l'abandonner. Surpris d'avoir rencontré tant d'opposition à des vues dont l'utilité lui paraissait incontestable, il se retira dans une de ses terres, où il mourut découragé et complètement oublié vers 1790. En 1781, Thelis publia une deuxième édition du Plan d'Éducation nationale en guise de premier numéro des Mémoires concernant les Écoles Nationales. Parmi les auteurs des mémoires suivants - collaborateurs du comte de Thelis pour la plupart restés anonymes - on relève les noms de Jean-François Antoine Brun de Rostaing ou Mr. de Bruni (troisième mémoire avec son propre titre : Nouvelles vues sur l'éducation), Armand-Joseph de Béthune duc de Charost (cinquième mémoire) et de l'abbé Jean-Louis Soulavie (sixième mémoire).« Il est intéressant de rechercher à quel moment les expressions d' « éducation nationale », d' « écoles nationales », ont été employées pour la première fois dans notre langue. Ce n'est pas, comme on serait porté à le croire, la Révolution qui a créé ces termes : déjà vers le milieu du dix-huitième siècle les écrivains du parti philosophique avaient commencé à parler de la nation, de ses droits, de ses besoins, et l'adjectif national était devenu, grâce à eux, d'un usage courant. La Chalotais a le premier, croyons-nous, associé ce dernier mot à celui d'éducation : son Essai d'éducation nationale est de 1763. Après lui on trouve le Plan d'éducation nationale du comte de Thélis en 1779, les Mémoires concernant les écoles nationales en 1781, le Plan d'un établissement d'éducation nationale de Léonard Bourdon en 1788 » (Buisson).Bel exemplaire.INED, 4301 ; Buisson, Dictionnaire de pédagogie, p. 2012.
Paris, Moutardier, rue Gît-le-Coeur, n°4, 1829. 1 vol. in-8 de (4)-III-331 pp., demi-basane verte, dos à nerfs (relié vers 1860).
Édition originale avec titre de relais à la date de 1839 et mention de deuxième édition.L'ouvrage fut supprimé dès sa parution. L'éditeur précise dans sa préface : « Le lecteur qui se nourrit des Mémoires de Vidocq et de ses familiers pourra-t-il goûter les charmes des productions d'une imagination réglée et brillante ? Non sans doute : il faut pour dessiller ses yeux, pour le détourner de la fausse route, il faut qu'il voie l'horreur jusque dans sa dégoûtante nudité (…). Les Mémoires d'un Forban philosophe peuvent en ce sens être considérés comme un véritable antidote contre la dépravation du goût ; c'est le dernier degré d'horreur auquel on puisse arriver. Jamais on a produit rien de plus épouvantable : licence de la soldatesque, débordements des lieux de débauche, infamies des prisons et des galères, meurtres, crimes, trahisons, assassinats. L'éditeur espère que ces Mémoires seront le dernier sacrifice offert au goût du jour, et que la littérature des criminels sur son déclin pâlira désormais devant le dégoût du public éclairé ».Ce roman virulent et subversif est, pour partie, rédigé en argot. Il est célèbre pour avoir été utilisé par Victor Hugo dans Les Misérables et dans Le Dernier Jour d'un condamné. Dans l'inventaire de la bibliothèque de Victor Hugo à Guernesey, rédigé par Julie Chenay, l'ouvrage est attribué à un certain R. Buchez.« Les Mémoires d'un forban philosophe ne sont autre chose que la vie d'un marin célèbre qui a passé par toutes les étamines : infamie des prisons et des galères, meurtres, crimes, trahisons, assassinats, tout s'y trouve mis au grand jour par l'auteur lui-même, qui rachète en quelque sorte ses forfaits par des réflexions philosophiques, trop hardies, sans doute, mais qui relèvent toujours son récit » (catalogue de l'éditeur en 1835).Cellard, Anthologie de la littérature argotique, p. 103 : « L'histoire de l'ouvrage est enveloppée d'obscurité. Sitôt paru, il est saisi et détruit par la police de Charles X ; non pas pour des raisons de convenance sociale (l'argot et le récit lui-même), mais pour des raisons politiques. Inconnu de nous jusqu'à de meilleures recherches, l'auteur ne l'était certainement pas de la police royale, qui devait le tenir à juste titre pour un républicain dangereux ».Bon exemplaire. Quelques rousseurs.Yve-Plessis, Bibliographie raisonnée de l'argot, nº120 : « Cet ouvrage fut supprimé dès son apparition. On y rencontre beaucoup de passages argotiques ».