0 S.l.n.d. 2 volumes in-8, 1 f.n.ch.-394 pp./1f.n.ch.-208 pp.-XVI-190 pp., plein veau moucheté d'époque, dos orné à 5 nerfs, pièce-de-titre et de tomaison de maroquin rouge et vert bronze, tranches rouges. Bon exemplaire.
Reference : 35
Intéressante et assez peu courante édition des Mémoires de l'affaire Goezman. Elle est précédée d'un frontispice de Marillier, répété dans les deux volumes. Il est non signé, une explication du frontispice se lit en regard de celui-ci. (Cordier H., Bibliographie des oeuvres de Beaumarchais, 366).
Librairie Benoit Guilbert
M. Benoit Guilbert
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Les Mémoires du général de Gaulle : exemplaire offert à Sylvie Genevoix. Paris, Plon, (30 août) 1970 et (6 février) 1971. Paris, Plon, (8 mai) 1973, (13 mai) 1976 et (25 septembre) 1974. 2 vol. (135 x 210 mm) de 314 et 223 p. Cartonnage bleu éditeur. 3 vol. (135 x 210 mm) de 680, 712 et 653 p. Cartonnage bleu éditeur. Edition originale des Mémoires d'Espoir. Envoi signé: «Pour Mademoiselle Sylvie Genevoix, en respectueux hommage et témoignage. C. de Gaulle. 27.10.70». Retirage des Mémoires de Guerre.
Figure littéraire discrète mais influente, Sylvie Genevoix est la fille de Maurice Genevoix, que de Gaulle tenait en très haute estime. Il lui confiera en 1960 le projet du Mémorial de Verdun, dont la création est décidée le 23 octobre 1960, à l'issue de l'assemblée générale du Comité National du Souvenir de Verdun. L'État français, sous la présidence de Charles de Gaulle, lancera une grande souscription nationale pour financer le projet. Née le 17 mai 1944 à Châteauneuf-sur-Loire, Sylvie Genevoix grandit aux Vernelles, la demeure familiale acquise par son père en 1927. Elle y développe un profond attachement à la Loire et à la mémoire familiale, qu'elle évoquera dans son ouvrage La maison de mon père (2001). Après des études de lettres classiques à la Sorbonne, elle entame une carrière dans l'édition, chez Plon - l'éditeur historique de Charles de Gaulle depuis les Mémoires de guerre, en 1954. Elle y débute comme attachée de presse aux éditions 10/18, puis coordonne les services littéraires chez Plon-Perrin-Julliard, devenant directrice littéraire chez Julliard. De 1992 à 2005, elle sera directrice littéraire chez Albin Michel avant d'être nommée au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), où elle oeuvre pour le développement des télévisions locales et l'accessibilité des programmes aux personnes handicapées. Elle présidera par ailleurs la Mission langue française et francophonie. Charles de Gaulle exprime ici une confiance touchante à l'égard de cette héritière intellectuelle d'un écrivain qu'il admirait profondément et la jeune collaboratrice - elle n'a que 24 ans - de la maison d'édition qui le publie. L'ouvrage, publié deux mois avant la mort de de Gaulle, devait ouvrir une nouvelle trilogie. Seuls deux tomes paraîtront : Le Renouveau puis L'Effort, posthume. Ils constituent un testament politique et littéraire inachevé. Les premiers volumes du tome 1 arrivent à la Boisserie en octobre : «Pour son ultime ouvrage, de Gaulle consacra des séances de dédicace épuisantes, à la Boisserie. Il allait rencontrer un considérable succès. Le Général en signa près de cinq cents exemplaires [...]. La librairie Plon a annoncé qu'après un premier tirage de deux cent cinquante mille exemplaires, diffusés à partir de mercredi matin, elle avait dû vendredi entamer le tirage de cent mille exemplaires supplémentaires de cet ouvrage. Parmi les destinataires des dix-sept exemplaires portant la mention « imprimé spécialement pour... » et une dédicace de l'auteur, figuraient, outre Mme de Gaulle et ses enfants, Mme Eisenhower, en souvenir de son mari, le fils du chancelier Adenauer, le pape, la reine d'Angleterre, MM. Khrouchtchev et Macmillan, ainsi que les trois anciens premiers ministres du général. Pour sa part, M. Georges Pompidou avait reçu l'exemplaire qui lui était destiné dès mardi, peu avant son départ pour l'U.R.S.S. [...]. Les Mémoires du général étaient attendus avec un mélange d'impatience et d'appréhension, car ils traitent d'événements sur lesquels les passions et les préjugés restent forts. Mais le général de Gaulle prouve, une fois de plus, qu'il sait donner une perspective historique au passé récent.» (Le Monde, 12 octobre 1970). Le général de Gaulle décède quelques jours plus tard, le 9 novembre 1970. L'Effort paraîtra, posthume, au premier trimestre 1971, en même temps que la réédition, dans la même collection, des Mémoires de guerre. L'exemplaire Sylvie Genevoix de cette édition est jointe. Une carte de visite imprimée «Général de Gaulle » figurait dans le premier tome.
Envoi signé Paris, Plon, (5 octobre) 1954, (29 mai) 1956, (25 septembre) 1959. 3 vol. (140 x 225 mm) de 680, 712 et 653 p. + cartes. Demi-chagrin marron à coins, dos à nerfs, titre doré, tête dorée, couvertures et dos conservés. Edition originale. Un des 1550 exemplaires numérotés sur roto blanc (no 1074). Envoi signé: «Pour M. M. Dalinval, Bien cordialement ! C. de Gaulle. 18.9.65.». Joint : lettre tapuscrite d'un député à Maurice Dalinval, donnant suite à sa demande d'autographe.
Rédigés entre sa démission du gouvernement le 20 janvier 1946 et son rappel en 1958, les Mémoires de guerre auront permis à Charles de Gaulle de préciser les faits historiques associés au combat pour la libération de la France : il y exposa avec minutie l'épopée de la France Libre, se plaçant en défenseur patriote luttant pour la grandeur de son pays : «Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l'inspire aussi bien que la raison [...] Seules, de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays, tel qu'il est, parmi les autres, tels qu'ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans la grandeur.» C'est grâce à Charles Orengo, et par fidélité à la maison qui l'avait édité juste avant le conflit, que de Gaulle s'était tourné vers les éditions Plon pour la publication de ces volumes, contre l'avis de Malraux qui lui conseillait les éditions Gallimard. Il restera fidèle à Plon pour la suite de ses mémoires (Mémoires d'espoir, Discours et Messages puis Lettres, notes et carnets). Contrairement à tant d'hommes d'État, de Gaulle, fils d'un professeur de lettres, a rédigé lui-même tous ses discours et tous ses ouvrages. L'examen de ses manuscrits prouve son extraordinaire souci de la composition et du style. Pour ces Mémoires de guerre, c'est un total cumulé de quelque deux millions et demi d'exemplaires vendus en France, des éditions dans près de vingt-cinq langues étrangères, un accueil enthousiaste de la presse et du public lors des parutions, une édition de référence dans la Bibliothèque de la Pléiade. Un succès que seul a dépassé, dans le même registre, celui des Mémoires sur la Deuxième guerre mondiale de Churchill. Le texte fut récemment au centre d'une polémique : pouvait-on, oui ou non, faire figurer ce texte au programme de la terminale littéraire, pour la section «Littérature et débats d'idées» ? Il semble évident que oui. De la bibliothèque de Maurice Dalinval (ex-libris).
Les Mémoires de guerre : exemplaire Maurice Genevoix Paris, Plon, 1954, 1956 et 1959. 3 vol. (145 x 230 mm) de 680, 712 et 653 p. + 1 carte. Brochés, sous jaquettes tricolores. Édition originale. Un des exemplaires numérotés sur Alfa Cellunaf, réservés « aux anciens de la France Libre et aux membres des associations combattantes et résistantes de la guerre 1939-1945 ». Envoi signé : « à Maurice Genevoix, en témoignage de ma haute estime pour lui et pour son grand talent. Charles de Gaulle, 15 octobre 1954 ».
Précieux exemplaire offert à Maurice Genevoix, devenu académicien au moment où de Gaulle entame la rédaction de ses Mémoires, en avril 1946. Juste avant la parution de troisième volume, Genevoix devient le secrétaire perpétuel de l’Académie, charge qu’il assumera pendant quinze ans, de 1958 à 1973. Charles de Gaulle, en 1959, viendra présider à Orléans les fêtes de Jeanne d’Arc, aux côtés de Genevoix : l’occasion pour ce dernier de le convaincre de la nécessité d’installer une université dans la ville, et de lancer une réflexion quant à la construction d’un Mémorial de la Grande Guerre, qu’il souhaite voir naître à Verdun. Dans un éditorial de 1960 opportunément nommé, « En avant pour le Mémorial de la bataille de Verdun », Maurice Genevoix indique très bien la « mission » - y compris au sens religieux du terme - dont les « Anciens » se sont chargés à l’égard des disparus, la « lourde tâche - la dernière en faveur des copains morts - pour assurer la perpétuité de leurs communs souvenirs. C’est grâce à eux que, dans le ciel de Verdun, s’élèvera une solide bâtisse, sorte de forteresse de l’amitié, du recueillement et de la souffrance évoquée. Là les hommes viendront et apprendront ce que furent les Français de 1916 » (in Archives départementales de la Meuse, « Le Combattant de Verdun », n° 68, nov.-déc.1960). À ce moment-là, de Gaulle est obsédé par la transmission d’une mémoire française qui rassemble. Maurice Genevoix, qui incarne pour lui une mémoire « pure » de 14-18 et débarrassée des discours politiques et voyant dans Ceux de 14 un chef-d’œuvre de fidélité et d’humanité – répond à ses attentes ; de Gaulle favorisera dès lors son rôle majeur dans les commémorations nationales, l’accompagnant plusieurs fois pour les célébrations du 11 novembre, dans l’Aisne ou dans la Marne. Surtout, il permettra l’aboutissement du projet du Mémorial de Verdun dont la création est décidée le 23 octobre 1960, à l’issue de l’assemblée générale du Comité national du souvenir de Verdun. L’État décide, pour financer le projet, de lancer une grande souscription nationale. Ce lieu de mémoire pour les anciens combattants de la Première Guerre mondiale sera inauguré à Fleury-sous-Douaumont, près de Verdun, le 17 septembre 1967. Sur les lieux mêmes ou, près de soixante ans plus tôt, le 2 mars 1916, le capitaine Charles de Gaulle, commandant de la 10e compagnie du 3e bataillon du 33e régi- ment d’infanterie, avait été fait prisonnier par les Allemands lors de la première prise du fort de Douaumont. Dans une lettre adressée à son supérieur le lieutenant colonel Boud’hors en décembre 1918, il avait raconté lui-même les circonstances de sa capture par les Allemands : « L’un d’eux m’envoya un coup de baïonnette qui traversa de part en part mon porte-cartes et me blessa à la cuisse. [...] Je restai un moment sur le carreau. » Dans le commandement, on le croit mort. Une citation à l’ordre de l’armée et la légion d’honneur lui est même décernée à titre posthume, le 7 mars 1916 ! Elles seront l’une et l’autre confirmées en 1919, à titre honorifique cette fois-ci. De Gaulle viendra inaugurer, l’année suivante, en 1968, le monument représentant « Ceux de 14 » à la butte de Chalmont, brique ultime d’un projet porté par Genevoix. À travers cette dédicace, Charles de Gaulle rend ici hommage à l’un des écrivains les plus essentiels de la mémoire française. Blessé dans les tranchées en 1915, Maurice Genevoix est l’auteur de Ceux de 14, œuvre monumentale dédiée à ses camarades tombés au front. De Gaulle, lui aussi ancien combattant de la Grande Guerre, y vit une parole rare : sobre, fraternelle, et fidèle. Le lien entre les deux hommes est fait de respect, de mémoire partagée, et d’une vision commune du devoir de transmission. Dans ses Mémoires de guerre, de Gaulle trace l’histoire du salut national ; Genevoix, dans ses récits, élève les souffrances individuelles au rang d’histoire collective. Deux écritures se croisent : l’une depuis les sommets du commandement, l’autre depuis la boue des tranchées. De Gaulle tenait Genevoix en haute estime, tant pour son œuvre littéraire que pour sa qualité de témoin de la Grande Guerre. Il le considérait comme la voix la plus juste et la plus humaine de cette génération de soldats. Genevoix, blessé en 1915, a su écrire la guerre sans emphase ni propagande, ce qui impressionnait de Gaulle. Ce rapprochement entre le général et l’écrivain, discret mais profond, est aujourd’hui encore plus lisible : en 2020, Maurice Genevoix est panthéonisé comme porte-voix des poilus, incarnant la France combattante de la Première Guerre mondiale que de Gaulle n’a cessé d’honorer : « Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison [...]. Seules, de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays, tel qu’il est, parmi les autres, tels qu’ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans la grandeur. » Parmi les nombreux intérêts des Mémoires de guerre, le lecteur pourra estimer à quel point il fut difficile et héroïque pour le futur général de faire admettre au monde entier que la France officielle était à Londres. Hormis le strict aspect historique, le talent littéraire de de Gaulle est réel et le texte figure, depuis quelques années, au programme de la terminale L, pour la section « Littérature et débats d’idées ». Contrairement à tant d’hommes d’État, de Gaulle, fils d’un professeur de lettres, a rédigé lui-même tous ses discours et tous ses ouvrages. L’examen de ses manuscrits prouve son extraordinaire souci de la composition et du style. Dans une langue que n’aurait pas reniée Genevoix, adepte d’un style, d’une grammaire et d’un vocabulaire des plus riches.
L'ultime parution de de Gaulle : exemplaire Maurice Genevoix avec envoi Paris, Plon, (30 août) 1970 et (6 février) 1971. 2 vol. (135 x 210 mm) de 314 p. et 223 p. Cartonnage bleu de l'éditeur. Édition originale. Envoi signé: «Pour M. Maurice Genevoix, en hommage et en témoignage de mon fidèle dévouement. C. de Gaulle, 6.10.70.» Exemplaire accompagné d'une longue note de lecture de Genevoix à propos de ce texte, 1 p. 1/2 en 1 f. (148 x 210 mm) à en-tête de l'Académie.
Publié deux mois avant la mort du général de Gaulle, ce texte devait ouvrir une nouvelle trilogie. Seuls deux tomes paraîtront : Le Renouveau puis L'Effort, posthume, qui paraîtra au premier trimestre 1971, en même temps que la réédition, dans la même collection, des Mémoires de guerre. Les Mémoires d'espoir constituent le testament politique et littéraire de l'auteur. Les premiers volumes du tome 1 arrivent à la Boisserie en octobre : «Pour son ultime ouvrage, de Gaulle consacra des séances de dédicace épuisantes, à la Boisserie. Il allait rencontrer un considérable succès. Le Général en signa près de cinq cents exemplaires [...]. La librairie Plon a annoncé qu'après un premier tirage de deux cent cinquante mille exemplaires, diffusés à partir de mercredi matin, elle avait dû vendredi entamer le tirage de cent mille exemplaires supplémentaires de cet ouvrage [...]. Les Mémoires du général étaient attendus avec un mélange d'impatience et d'appréhension, car ils traitent d'événements sur lesquels les passions et les préjugés restent forts. Mais le général de Gaulle prouve, une fois de plus, qu'il sait donner une perspective historique au passé récent.» (Le Monde, 12 octobre 1970). Le général de Gaulle décède un mois après cette dédicace, le 9 novembre 1970. Héros de la seconde guerre, il en fut un combattant tout aussi valeureux de la première. Cinquante-quatre plus tôt, en mars 1916, le capitaine Charles de Gaulle, commandant de la 10e compagnie du 3e bataillon du 33e régiment d'infanterie, avait été fait prisonnier par les allemands lors de la première prise du fort de Douaumont : «L'un d'eux m'envoya un coup de baïonnette qui traversa de part en part mon porte-cartes et me blessa à la cuisse. [...] Je restai un moment sur le carreau.» Dans le commandement, on le croit mort. Une citation à l'ordre de l'armée et la légion d'honneur lui est même décernée à titre posthume, le 7 mars 1916 ! Elles seront l'une et l'autre confirmées en 1919, à titre honorifique cette fois-ci. De Gaulle et Maurice Genevoix viendront inaugurer, le 18 juillet 1968, les cérémonies commémoratives de la deuxième bataille de la Marne, sur la butte Chalmont, près de Villers-Cotterêts. Le secrétaire perpétuel de l'Académie française et historiographe de la Grande Guerre prendra le premier la parole pour rappeler ce que furent les combats de cette seconde bataille de la Marne et le général de Gaulle lui répondra en brossant la fresque épique du dernier grand affrontement de la première guerre mondiale : « Il y a cinquante ans, entre l'Aisne et la Marne, sur ce terrain où, comme l'attestent Soissons, Reims, Château-Thierry, Villers-Cotterêts, la France avait déjà scellé maintes pages de son histoire, se déclencha la grande victoire. Oui ! C'est à partir d'ici et à dater du 18 juillet 1918, qu'en l'espace de seize semaines l'armée française, aidée par les forces de ses alliés, brisa les envahisseurs et les chassa de notre territoire jusqu'à ce que le Reich eût capitulé.» Bel exemplaire de belle provenance. De la bibliothèque Maurice Genevoix (ex-libris).
Première tirage, merveilleusement établi par Maylander.Exemplaire Pierre Brossette. Paris, Eugène et Victor Penaud, 1849-1850. 12 vol. (140 x 220 mm). Demi-maroquin à coins bleu nuit à long grain, dos à nerfs richement orné, tranches dorées, couvertures et dos conservés (reliure signée de Maylander). Édition originale. Exemplaire du premier tirage, complet de l’avant-propos de l’éditeur, de la liste des souscripteurs, de la lettre de Chateaubriand à Delloye et qui présente bien l’erreur de pagination au tome II (p. 164 au lieu de p. 364). Ces feuillets seront supprimés lorsque le solde de l’édition fut cédé au libraire Dion-Lambert.
Assurément l'oeuvre la plus moderne et la plus appréciée de Chateaubriand, commencée en 1809 et poursuivie sans relâche jusque dans les dernières années, la rédaction des Mémoires s'achève en 1841, mais Chateaubriand n'a cessé d'y revenir jusqu'à sa mort en juillet 1848. Publiés d'abord en feuilleton dans La Presse, ils paraissent en volumes à partir de janvier 1849. Mêlant souvenirs de jeunesse, portraits, méditations et jugements sur les événements et les figures de son temps, les Mémoires d'Outre-Tombe constituent à la fois un récit autobiographique, une fresque historique et une réflexion métaphysique. « L'oeuvre et la personnalité de Chateaubriand (1768-1848) dominent tout le XIXᵉ siècle littéraire. (...) Une nouvelle manière de sentir et de penser, de s'exprimer et de comprendre. Il ouvrit l'ère du Romantisme » (Talvart). De Barbey d'Aurevilly, qui affirma que Chateaubriand était né « avec une étoile sur la tête », à Proust qui y voyait un modèle inégalé, les Mémoires sont universellement reconnus comme l'un des textes fondateurs de la modernité littéraire et ouvrent l'ère de l'autobiographie moderne. Bel exemplaire, très frais et merveilleusement établi : il provient du Cabinet des livres de Pierre Brossette (Paris, Christie's, 2025, n° 55). « Ouvrage très important, fort recherché, et très littéraire » Carteret, Le Trésor du bibliophile, I, p. 163 ; Vicaire, II, 290 ; En français dans le texte, 268. « L'un des textes les plus importants de la littérature du XIXe siècle », Clouzot, 66 ; Talvart, III, p. 16 ; Rahir, Bibliothèque de l'amateur, 366.