‎BECKETT Samuel‎
‎Poèmes‎

‎Les éditions de minuit, Paris 1968, 14,5x19,5cm, broché.‎

Reference : 51865


‎Edition originale, un des 100 exemplaires hors commerce numérotés sur B.F.K. de Rives, seuls grands papiers avec 662 autres B.F.K. de Rives. Précieux envoi autographe daté de Février 1968 et signé de Samuel Beckett à son ami le peintre Geer (Van Velde) et à sa femme Lise. Petites piqûres sur le premier plat marginalement et légèrement insolé. « Que dire de ces plans qui glissent, ces contours qui vibrent, ces corps comme taillés dans la brume, ces équilibres qu'un rien doit rompre, qui se rompent, et se reforment à mesure qu'on regarde ? Comment parler de ces couleurs qui respirent, qui halètent ? de cette stase grouillante ? de ce monde sans poids, sans force, sans ombre ? Ici tout bouge, nage, fuit, revient, se défait, se refait. Tout cesse, sans cesse. On dirait l'insurrection des molécules, l'intérieur d'une pierre un millième de seconde avant qu'elle ne se désagrège. C'est ça la littérature. » (La Peinture des van Velde ou Le monde et le pantalon, in Cahiers d'Art n°11-12, Paris 1945) Beckett ne parle pas ici, malgré les apparences, de son uvre littéraire mais de la peinture de Geer Van Velde, ajoutant quelques lignes plus loin: «[Bram] Van Velde peint l'étendue. G[eer] Van Velde peint la succession.» Cet éloge, publié à l'occasion de la double exposition des Van Velde, Geer chez Maeght et Bram à la galerie Mai, est le premier texte d'importance sur ces peintres alors à peu près inconnus du public: «On ne fait que commencer à déconner sur les frères VanVelde. J'ouvre la série. C'est un honneur.» Il est aussi le premier texte critique écrit directement en français par un jeune écrivain irlandais qui n'a encore jamais publié en France. Ainsi, le premier et plus important écrit sur l'art de Beckett, composé à l'aube de sa carrière littéraire, instaure, dès l'origine, une relation fondamentale entre son uvre en gestation et la peinture de ses amis: «Aussi a-t-on souvent lu ce texte en creux, ou en miroir, comme une des rares désignations de la poétique (à venir) de Beckett par lui-même, une sorte de programme anamorphique d'écriture» (Un pantalon cousu de fil blanc: Beckett et l'épreuve critiquepar Pierre Vilar) Véritable déclaration d'intention du dramaturge, ce texte fondamental - dont Beckett confesse dès l'introduction la valeur introspective: «avec les mots on ne fait que se raconter» - inaugure la période créatrice la plus fructueuse de l'écrivain. En effet, à l'instar d'Apollinaire et de Cendrars, Beckett puise dans les problématiques artistiques de ses contemporains le ferment de son écriture à venir par «la mise en cause la plus profonde des présupposés narratifs, figuratifs ou poétiques.» (Pascale Casanova inBeckett l'abstracteur) L'influence majeure de la peinture moderne sur la structure - ou déstructuration - narrative du théâtre et des romans de Beckett sera révélée et analysée par de nombreux penseurs, dont Gilles Deleuze, Julia Kristeva ou Maurice Blanchot. C'est justement à partir de la peinture des Van Velde, de Geer, puis de Bram, que Beckett formalise cette volonté de traduire la question picturale en dramaturgie. Ainsi refuse-t-il les décors de Nicolas de Staël pourEn attendant Godotcar: «Il faut que le décor sorte du texte, sans y ajouter. Quant à la commodité visuelle du spectateur, je la mets là où tu penses. Crois-tu vraiment qu'on puisse écouter devant un décor de Bram, ou voir autre chose que lui?» (Lettre à Georges Duthuit, 1952). Lorsqu'il rencontre Geer en 1937, «Beckett traverse une crise existentielle majeure, il vient de remodeler son premier romanMurphy, refusé par un grand nombre d'éditeurs, il sombre dans l'alcoolisme, quitte l'Irlande et s'installe définitivement à Paris» (Le Pictural dans l'uvre de Beckett,Lassaad Jamoussi). Il revient d'un long voyage artistique en Allemagne où il s'est imprégné d'uvres classiques et d'art contemporain - c'est lors de ce voyage qu'il découvre lesDeux hommes contemplant la lunede Caspar David Friedrich, à l'origine deEn attendant Godot. L'art est alors au cur de sa réflexion créatrice et l'amitié qui va le lier à Geer puis plus tard à Bram et à leur sur Jacoba (avec laquelle il entretint peut-être une relation plus qu'amicale) va profondément influencer sa vie et son écriture. Son premier écrit sur l'art est une courte notice sur Geer Van Velde dont il impose les uvres à sa nouvelle amante Peggy Guggenheim à l'occasion de la création de sa galerie londonienne. Malgré l'échec relatif de l'exposition (qui suit celle de Kandinsky), il obtient de Peggy une bourse d'un an pour son ami. James Knowlson avance même que «si Beckett a longtemps gardé des liens étroits avec Peggy, c'est d'abord et avant tout parce qu'elle était susceptible de donner un sérieux coup de pouce à ses amis artistes, à commencer par Geer Van Velde.» (inBeckettp. 474) Enigmatique, la petite note que Beckett rédige alors à la demande de Peggy contient déjà en germe la pensée du dramaturge: «Believes painting should mind it on business, i.e. colours. i.e no more say Picasso than Fabritius, Vermeer. Or inversely. » (« Pense que la peinture devrait se mêler de ses propres affaires, c'est-à-dire la couleur, c'est-à-dire pas plus de Picasso que de Fabritus ou Vermeer. Et inversement. ») Plus lents à croître, son amitié pour Bram et son intérêt pour sa peinture modifient peu à peu le regard de Beckett sur la peinture de Geer et lorsque, dix ans après sa première rencontre avec les frères, il écritLe Monde et le Pantalon, Beckett met à jour une dualité symbolisée par ce titre tiré d'une anecdote placée en exergue de l'article. Le monde, c'est l'uvre «imparfaite» de Dieu créé en six jours à laquelle le tailleur oppose la perfection de son pantalon achevé en six mois. La relation entre cette anecdote et les frères Van Velde est peut-être à chercher dans le second essai que Beckett leur consacre en 1948,Peintres de l'empêchement(Derrière le miroirn°11/12): «L'un d'eux dira: Je ne peux voir l'objet, pour le représenter, parce qu'il est ce qu'il est. L'autre: je ne peux voir l'objet, pour le représenter, parce que je suis ce que je suis. Il y a toujours ces deux sortes d'empêchement, l'empêchement-objet et l'empêchement-il. [...] Geer Van Velde est un artiste de la première sorte [...], Bram Van Velde de la seconde.». Résistance de l'objet ou impuissance de l'artiste, cette fable, «véritable noyau narratif premier en forme de kôan zen» (P. Vilar), se retrouvera ensuite dispersée dans l'ensemble de l'uvre de Beckett et occupera plus particulièrement une place centrale dansFin de Partie, dont Roger Blin, note par ailleurs la similitude avec l'uvre de Geer: «Il était ami à cette époque des frères Geer et Bram van Velde, hollandais et peintres tous deux. Geer était un peintre dans la lignée de Mondrian. J'ai le sentiment que Beckett voyaitFin de partiecomme un tableau de Mondrian, avec des cloisons très nettes, des séparations géométriques, de la géométrie musicale.» (R. Blin,Conversations avec Lynda PeskineinRevue d'Esthétique). L'affinité grandissante de Beckett avec l'uvre de Bram Van Velde et l'énergie qu'il dépense pour défendre son travail, notamment auprès de la galerie Maeght ou de son ami, l'historien d'art Georges Duthuit, se feront sans doute aux dépens de ses relations avec Geer. Cependant, malgré quelques malentendus, leur amitié ne sera jamais rompue, ni le dialogue silencieux mais agité que l'écrivain entretient avec l'uvre du petit frère van Velde dont il possédait deux grandes toiles: «Le grand tableau de Geer me fait enfin des signes. Dommage qu'il ait si mal tourné. Mais ce n'est peut-être pas vrai.» (lettre à Georges Duthuit, mars 1950) «Geer dégage un grand courage. Des idées un peu tranchantes, mais peut-être seulement en apparence. Je l'ai toujours beaucoup estimé. Mais pas assez je crois.» (lettre à Mania Péron, août 1951) La mort de Geer Van Velde en 1977 affecte profondément Beckett et coïncide avec une période d'intense nostalgie durant laquelle l'écrivain décide de se livrer à un «grand ménage» dans sa demeure pour vivre entre des «murs gris comme le propriétaire». Confiant ses états d'âme à son amie, la décoratrice de théâtre Jocelyn Herbert, Beckett témoigne de l'indéfectible affection qu'il porte au peintre depuis quarante ans:«plus de toiles sous les yeux, y compris celle du grand Geer Van Velde derrière le piano». Précieux témoignage de l'amitié de ces compagnons de route qui, depuisle premier roman de Beckett pour lequel ils vérifiaient ensemble la vraisemblance de la partie d'échecs opposant Murphy à M. Endon, ont affronté ensemble les grands enjeux de la modernité: «C'est qu'au fond, la peinture ne les intéresse pas. Ce qui les intéresse, c'est la condition humaine. Nous reviendrons là-dessus.» (Beckett à propos des frères Van Velde, inLe Monde et le Pantalon) - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

€1,500.00
Le Feu Follet
Bookseller's contact details

Le Feu Follet
Edition-originale.com
31 rue Henri Barbusse
75005 Paris
France

lefeufollet@wanadoo.fr

01 56 08 08 85

Contact bookseller

Payment mode
Cheque
Others
Sale conditions

Nos ouvrages sont complets et en bon état, sauf indications contraires. Nos prix sont nets. A partir de 30 €, les envois se font en recommandé avec A. R. Le port est à la charge du destinataire. Les réservations par téléphone ne pourront dépasser 72 h.

Contact bookseller about this book

Enter these characters to validate your form.
*
Send

5 book(s) with the same title

‎JEAN-AUBRY (G., poèmes choisis par)‎

Reference : 9640

(1944)

‎Versailles songes et regrets. Poëmes de La Fontaine, Mme Deshoulières, Abbé Tallemant, Delille, André Chénier, Théophile Gautier, Victor Hugo, Casimir Delavigne, Privat d'Anglemont, Emile Deschamps, Albert Glatigny, Pierre de Nolhac, Jean Lorrain, Mme Alphonse Daudet, Robert de Montesquiou, comtesse de Noailles, Gabriel Volland, Victor Margueritte, Henri de Régnier, Albert Samain, Ernest Raynaud, Y. Ferrand Weyher, André Foulon de Vaulx, Fernand Gregh, choisis par G. Jean-Aubry‎

‎Paris, Odé, 1944. 1300 g In-4, en feuilles sous couverture et chemise rabats, [1] ffb., [69] ff.. Illustré de 24 lithographies originales en couleurs de Clavé, Grau Sala, Salvat, G. de Sainte-Croix. Ouvrage tiré à 416 exemplaires, celui-ci un des 300 numérotés sur papier pur chiffon. Usures et salissures à la chemise, quelques petites rousseurs. . (Catégories : Livres illustrés, )‎


Christophe Hüe - Livres Anciens

Phone number : 0148009159

EUR60.00

‎COLLECTIF‎

Reference : R110067317

(1971)

‎POESIE 1 N° 17 - DIX POETES DU MYSTERE EVIDENT. Alain BOSQUET : la marquise n’ose plus sortir. Poèmes. Andrée CHEDID : Terre et poésie II. Poèmes. Pierre DALLE XOGARE : La dissimulation révélée. Poèmes. Françoise DELCARTE‎

‎LIBRAIRIE SAINT-GERMAIN-DES-PRES. JUILLET 1971. In-12. Broché. Bon état, Couv. convenable, Dos satisfaisant, Intérieur frais. 128 pages.. . . . Classification Dewey : 841-Poésie‎


‎Sommaire : DIX POETES DU MYSTERE EVIDENT. Alain BOSQUET : la marquise n’ose plus sortir. Poèmes. Andrée CHEDID : Terre et poésie II. Poèmes. Pierre DALLE XOGARE : La dissimulation révélée. Poèmes. Françoise DELCARTE : Une syntaxe musicale? Poèmes. Jacques IZOARD : Fêter chaque parole. Poèmes. Roger KOYVALSKI : Noires armes. Poèmes. Bernard NOËL : Sept notes. Poèmes. Jean-Claude RENARD : Une transcendance ambiguë. Poèmes. Robert SA BATI ER : Je marche, je marche. Poèmes. Jude STEFAN : Rien à savoir. Poèmes Classification Dewey : 841-Poésie‎

Le-livre.fr / Le Village du Livre - Sablons

Phone number : 05 57 411 411

EUR24.90

‎ARAGON Louis‎

Reference : 64357

(1945)

‎Exceptionnel recueil de onze poèmes autographes de Louis Aragon sélectionné par celui-ci pour paraître dans sa première anthologie‎

‎s.d. (circa 1945), 22x27,5cm, 18 feuillets reliés sous chemise et étui.‎


‎Il est de la race des poètes de tous les temps. De la race des pères de la poésie. Pierre Seghers. Exceptionnel ensemble de onze poèmes autographes de Louis Aragon, rédigés au premier semestre de l'année 1945, avec une page de sommaire de la main de l'auteur. Il s'agit d'une sélection personnelle d'Aragon en vue de leur parution dans sa première et célèbre anthologie poétique, dans la Collection «?Poètes d'Aujourd'hui?» (Aragon, chez Pierre Seghers éditeur à Paris, n° 2, 20 juillet 1945). Ce choix de poèmes manuscrits a été adressé par l'auteur au directeur de la publication, Claude Roy, et enrichi à l'attention de son ami d'une page de sommaire recensant les poèmes et la chronologie des recueils. Notre ensemble comprend les manuscrits de «?Fugue?», «?Pour demain?» et «?Casino des lumières crues?» (parus dans Feu de Joie, 1920), «?Un air embaumé?», «?Persiennes?», «?Poème de cape et d'épée?» (Le Mouvement perpétuel, 1924), «?Portrait?» «?Ancien combattant?», «?Litanies de [trois étoiles]?» (La Grande Gaîté, 1929), «?Tant pis pour moi?» (Persécuté persécuteur, 1931), «?Couplets du beau monde?» (Les Communistes ont raison, 1933), et «?Magnitogorsk 1932?» ainsi que la «?Ballade des vingt-sept suppliciés de Nadiejdinsk?» (Hourra l'Oural, 1934). Les poèmes manuscrits sont reliés en demi maroquin noir, plats de papier à motifs stylisés, contreplats doublés d'agneau noir, et un étui bordé du même maroquin, ensemble signé Leroux. Ces manuscrits offrent un panorama unique de quinze ans d'écriture placée sous le signe de l'insolence poétique et politique. Parmi ces poèmes d'exception, on retrouve «?Fugue?» et «?Casino des lumières crues?», issus de Feu de Joie, composés durant ses années de jeunesse pré-surréaliste?: «?Une joie éclate en trois Temps mesurés de la lyre Une joie éclate au bois Que je ne saurais pas dire?» («?Fugue?») Les poèmes les plus anciens choisis par Aragon pour l'anthologie sont également l'occasion de rendre hommage aux maîtres et amis du jeune poète - tels Paul Valéry («?Pour demain?», publié dans Feu de Joie), ou Guillaume Apollinaire, à qui il dédie «?Un air embaumé?» dans Mouvement Perpétuel, s'inspirant des Calligrammes?: «?Sur la tombe Mille regrets Où dort dans un tuf mercenaire Mon sade Orphée Apollinaire?» Témoignant de l'influence décisive de l'amitié d'André Breton, rencontré en 1917 dans la librairie d'Adrienne Monnier, les uvres du jeune Aragon prônent déjà une joyeuse déconstruction verbale. Le poème plein d'humour «?Casino des lumières crues?», annonce subliminalement l'arrivée de Dada à Paris?: «?Un soir des plages à la mode on joue un air Qui fait prendre aux petits chevaux un train d'enfer?» Cet exemple de «?cubisme littéraire?» empreint de préciosité et d'hermétisme répond aux poèmes de Breton qui formeront son premier recueil Mont de piété, et nous plonge dans l'enthousiasme des trois inséparables Aragon, Soupault et Breton. Leur collaboration prendra dès 1919 la forme du journal Littérature, bientôt renommé en Révolution surréaliste pour servir de tremplin à leurs idées de renouvellement poétique. Avec l'irruption en 1920 de Tristan Tzara et de son manifeste dadaïste dans le paysage de l'avant-garde parisienne, l'écriture d'Aragon opte pour la radicalité, culminant dans le fameux «?Persiennes?». La formidable répétition de «?Persienne?», typique du nihilisme de Dada, constitue avec les autres manuscrits extraits de Mouvement Perpétuel autant de manifestes de la révolution qui s'opère à l'aube du Surréalisme. Adoptant le terme au printemps 1924, Aragon, Breton et Soupault tournent une page de l'histoire littéraire, résumée dans l'ironique «?Portrait?» qu'en fait l'auteur dans La Grande Gaîté parue en 1929?: «?Rêvé de l'auteur de la Marche lorraine Pensé à l'aurore aux Bourgeois de Calais Pour l'apéritif lu la Jeune Parque?». Dans le même recueil, Aragon résume ironiquement la relative vacuité de l'expérience dadaïste par un comique poème intitulé Ancien Combattant?: «?J'ai fait le Mouvement Dada Disait le dadaïste J'ai fait le mouvement Dada Et en effet Il l'avait fait?» La fin de la décennie est également marquée par sa liaison avec Nancy Cunard, égérie des Années folles au magnétisme érotique, qui l'entraîne dans ses voyages à travers l'Europe de 1926 à 1928. Elle apparaît en filigrane dans les «?Litanies de ***?» toujours extrait de la Grande Gaîté?: «?Elle a les plus doux seins du monde Ah la belle la belle la belle jambe Que ça nous fait?» Au début des années 1930, dans l'incapacité de continuer son errance aux côtés de Nancy avec son maigre salaire, Aragon est alors partagé entre ses obligations journalistiques que désapprouve Breton et ses séances de réflexion collective avec les Surréalistes. Les débats stériles suivant le congrès de Kharkov et le penchant d'Aragon pour le genre romanesque, honni des Surréalistes, précipitent l'éclatement du mouvement. Aragon s'éloigne de Breton et se réfugie dans l'écriture de poèmes d'une grande violence, qui formèrent son recueil maudit Persécuté persécuteur, signant sa rupture définitive avec le Surréalisme. Il se souviendra de ces poèmes au sortir de la deuxième Guerre Mondiale, et choisira «?Tant pis pour moi?» pour la présente anthologie. Il devient à cette époque le prophète d'une utopie communiste sanglante : «?Le grisou sautera dans Paris Avec un long bruit de luxe brisé Les enfants regarderont la dernière passe du bordel Éclaté comme une grenade?» et annonce sans détour son ralliement au communisme militant dans son recueil de 1932 Les Communistes ont raison. Son indéfectible confiance dans le régime bolchévique lui vaut de visiter la même année les chantiers soviétiques du Caucase au sein de la «?Brigade Gorki?», réunissant une sélection d'écrivains étrangers acquis à la cause stalinienne. Ce voyage en URSS aux côtés d'Elsa Triolet inspira l'écriture du recueil Hourra l'Oural, dont il conserve deux admirables poèmes dans sa sélection manuscrite. La longue épopée «?Magnitogorsk 1932?» célèbre le surgissement des villes soviétiques et le concert des machines de la nouvelle ère industrielle?: «?Le paysage est un géant enchaîné dans des clous d'usines Le paysage s'est pris les collines dans un filet de baraquements Le paysage a mis des colliers de fumées Le paysage a plus d'échafaudages qu'un jour d'été n'a de mouches Le paysage est à genoux dans le socialisme et l'électricité?» Aragon achève sa sélection sur la «?Ballade des vingt-sept suppliciés de Nadiejdinsk?», qui résonne en 1945 comme un hommage tant aux communistes tombés durant la révolution russe que sous le régime nazi?: «?Ils étaient vingt-sept bien vivants Et leurs yeux étaient de lumière Leurs cheveux comme auparavant Parlent du ciel avec le vent?» Ce choix personnel d'uvres offertes à la postérité résume magistralement le parcours poétique et politique de Louis Aragon, tour à tour dada, surréaliste, puis communiste exalté. L'ensemble figure parmi les très rares poèmes autographes de Louis Aragon encore en mains privées, l'auteur ayant fait don en 1977 de ses archives personnelles et littéraires à la nation française. - Photos sur www.Edition-originale.com - ‎

Le Feu Follet - Paris

Phone number : 01 56 08 08 85

EUR40,000.00

‎Vigny, Alfred de (1797-1863) ‎

Reference : KXI-17998

(1864)

‎Les destinées, poëmes philosophiques ‎

‎Paris Michel Lévy frères, libraires éditeurs, à Librairie nouvelle, rue Vivienne, 2 bis et Bd des Italiens, 15 1864 [4] , 191 , [4] p. faux-titre, titre, texte, table, portrait en frontispice d'après la photographie d'Adam Salomon (glymmatographie Baudran) in-8 Demi-maroquin cerise à coins de l'époque, dos à 5 nerfs cloisonné et fleuronné, double filet doré sur les plats, tête dorée Rousseurs éparses, très acceptables pour ce type d'édition, bel exemplaire ‎


‎par le Cte Alfred de Vigny Vicaire, VII, 1068. Edition originale posthume assurée après la mort de Vigny par Louis Ratisbonne, héritier de ses oeuvres littéraires, exemplaire bien complet du portrait sur Chine monté. L'ouvrage contient : "Les Destinées", écrit au Maine-Giraud (Charente), 27 août 1849 ; "la Maison du berger, à Éva ; les Oracles, destinée d'un roi", 28 mars 1862 ; "la Sauvage" 1843 ; "la Colère de Samson", écrit à Shavington (Angleterre), 7 avril 1839 ; "la Mort du loup", écrit au château du M***, 1843 ; "la Flûte ; le Mont des Oliviers, le silence", 2 avril 1862 ; "la Bouteille à la mer", conseil à un jeune homme inconnu au Maine-Giraud, octobre 1853 ; "Wanda", histoire russe, 5 novembre 1847 ; "l'Esprit pur, à Éva", 10 mars 1863. Pour le poème "les Destinées", entre l'esquisse en prose du 19 avril 1847 et le manuscrit définitif, les titres "Constellations et l'Inflexible" semblent avoir été retenus un moment. Le texte porte ici des variantes. "La Maison du berger" était encore appelée "Lettre à Éva". Le "Postscriptum" des "Oracles" ne faisait pas partie du plan de 1862 et le manuscrit porte : "à refaire, 8 janvier 1863". On connaît deux ébauches en prose de "la Sauvage", et une en vers de décembre 1839, avec les titres "le Sein de la mère", puis "l'Onéida", dont un manuscrit "écrit du 27 au 28 mars 1842 dans la nuit" a servi à la présente édition ; le texte est légèrement différent de celui publié dans la "Revue des deux mondes" du 15 janvier 1843, sous le titre : "Poèmes philosophiques, n° 1, la Sauvage", sans date. Le texte est suivi de la note : Les "Poèmes philosophiques", dont celui-ci est le premier, formeront un recueil qui doit faire suite aux "Poèmes antiques et modernes". La rédaction en prose de "la Colère de Samson", faite à Tours en novembre 1838, porte le titre de "Dalila". Ce poème ne fut publié qu'après la mort de Vigny dans la "Revue des deux mondes" du 15 janvier 1864, avec la note : "le recueil d'oeuvres posthumes auquel appartient "la Colère de Samson" ne tardera pas à être publié à la librairie Michel Lévy. Les lecteurs de la "Revue" connaissent déjà quelques-uns des "Poèmes philosophiques" qui trouveront place dans ce volume, digne complément de l'ensemble d'oeuvres délicates et fortes que les "Poèmes antiques et modernes" avaient commencé". On conserve une ébauche de "La Mort du loup", de 29 vers, et un texte complet datés du "Maine-Giraud, le 31 octobre 1838", qui ne fut publié que dans la "Revue des deux mondes" du 1er février 1843, sous le titre : "Poèmes philosophiques, n° II", sans date. "La Flûte" a été partiellement rédigée en novembre 1840, achevée en novembre 1842 et publiée dans la "Revue des deux mondes" du 15 mars 1843, sans date, sous le titre, "Poèmes philosophiques, n° III". Un manuscrit du "Mont des Oliviers", daté du 12 novembre 1839, ne comporte pas la dernière strophe, non plus que le texte publié, sans date, dans la "Revue des deux mondes" du 1er juin 1843. On trouve, avec une variante, les derniers vers dans le "Journal" à la date de 1851, sous le titre "Stances, le silence". "La Bouteille à la mer" était datée par erreur de 1858 dans l'édition de 1863. Une esquisse en prose de "Wanda" porte la date du 22 juin 1845, tandis que le manuscrit a reçu celle du "5 novembre 1847, à 1 h. après minuit" et porte "bon à imprimer, Alfred de Vigny, 20 décembre 1861". Les manuscrits portent trace de versions plus anciennes des deux billets. Le manuscrit de "l'Esprit pur", Bibl. nat. n. a. fr. 25086, première rédaction des strophes, 1-2 et 9, portait comme titre "le Musée idéal", corrigé en l'"Epreuve du temps, note pour le poëme de Wanda". Le volume est la continuation des Oeuvres complètes, publiées à la même époque par la Librairie nouvelle, comme le prévoyait Vigny le 16 septembre 1861 : "au texte exact revu et corrigé en 1860 et 1861, de ma main, qui compose l'édition in octavo de la Librairie nouvelle... si je cessais de vivre avant que le volume nouveau de mes "Poèmes philosophiques" fût complet à mes yeux et digne d'être publié, on ajouterait seulement au volume de mes "Poèmes antiques et modernes" une troisième partie sous le titre de "Poèmes philosophiques" (voir également notre référence AT 11040, édition originale de l'étude de Pierre Moreau (1895-1972), spécialiste de Vigny)‎

Jean-Denis Touzot Libraire - Paris

Phone number : 01 43 26 03 88

EUR600.00

‎CÉSAIRE (Aimé)‎

Reference : 5873

(1947)

‎4 poèmes autographes (Cheval, ...mais il y a du mal, Viscères du poème, Et tâtant le sable du tambour de mes songes) et 6 LAS adressées à Maurice Nadeau‎

‎1947 à 1976 6 LAS, 4 au format in-4, 2 au format in-12, formant un ensemble de 6 pp., la plupart sur papier à en-tête de l'Assemblée Nationale accompagnés de 4 poèmes autographes (3 signés) Correspondance adressée à Maurice Nadeau, qui fut un ardent défenseur de l'oeuvre d'Aimé Césaire dès ses débuts. Il lui consacra deux chroniques suite à la publication de son deuxième recueil poétique Les Armes miraculeuses, paru chez Gallimard : "Un poète en éruption" dans Combat le 14 juin 1946, "Aimé Césaire surréaliste" dans la revue Internationale le 1er novembre 1946. Il publia ensuite quelques poèmes d'Aimé Césaire en revue. Aimé Césaire lui envoie des poèmes pour publication dans Combat et dans Les Lettres Nouvelles. LAS, enveloppe conservée : "12 avril 1947 / Mon cher Nadeau / Je m'excuse de vous avoir fait / faux bond l'autre jour. / Je suis terriblement pris et pas mal / fatigué. / Ci-joint 3 poèmes pour votre Revue. / Le quatrième que je vous destinais me / paraît trop long pour convenir. / J'espère avoir bientôt l'occasion / de vous voir plus longuement et mieux / qu'à notre dernière rencontre. / Croyez à mes sentiments les meilleurs / Aimé Césaire / 6, rue Vercingétorix Paris 14e". LAS, enveloppe conservée : "25 avril 1945/ Mon cher Nadeau, Je vous prie d'excuser ma très grande / étourderie. / En ouvrant l'hebdomadaire Action / de cette semaine, je constate avec confusion / que je vous ai envoyé pour votre revue deux / poèmes que j'avais déjà envoyés à Action. / J'avoue que j'en avais perdu tout / souvenir, cela remontant à des temps / pas mal anciens. / Voulez-vous m'excuser et accepter en / remplacement de "L'Ex-voto" et de "Depuis Elam" ces deux autres textes que / je joins à ma lettre ? / Cordialement vôtre / Césaire". On joint : Cheval, poème autographe rédigé à l'encre sur 2 ff. in-4. Le poème dédié à Pierre Loeb paraîtra dans Soleil cou coupé chez K éditeur en 1948. LAS : "1er mars 1955 / Mon cher Maurice Nadeau / Voilà deux ans vous me demandiez ma / collaboration pour les "Lettres Nouvelles". Je n'ai pu / alors rien vous donner, étant à ce moment-là / loin de tout activité littéraire. Si aujourd'hui / vous êtes dans les mêmes dispositions à mon égard, / faites-le-moi savoir : Je peux vous donner un / certain nombre de poèmes pour un de vos prochains / numéros. Croyez à mes sentiments amicaux / Aimé Césaire / Assemblée Nationale Paris VIIe". LAS : "8 mars 1955 / Mon cher Nadeau, Merci de votre mot amical. Ci-joint les / poèmes promis. Vous en disposerez pour le mieux. / A vous bien cordialement / Césaire / Villa Week-End Rond-Point / Petit Clamart (Seine)/ PS : Je vous envoie les textes dans l'ordre que j'aimerais voir suivre / lors de la publication : Vampire liminaire, Mais il y a du mal, Viscères du poème, Ferrements, Pour Ina, Et tâtant le sable du tambour de mes songes". On joint 3 poèmes autographes signés, rédigés à l'encre bleue sur 4 ff. in-4 : "...mais il y a du mal", "Viscères du poème", "Et tâtant le sable du tambour de mes songes" (2 pp.) qui seront recueillis dans Ferrements en 1960 (éditions du Seuil). LAS : "17 juin 1959 / Mon cher Maurice Nadeau, / je vous envoie ci-joint les poèmes (5) / que vous m'avez fait l'amitié de me / demander pour "Lettres Nouvelles" / À vous de tout cur / Aimé Césaire". LAS : "15 nov [1976] / Cher Maurice Nadeau, / Vous me demandez des renseignements / concernant les "uvres complètes". / Il s'agit d'une édition strictement / martiniquaise : les éditions Désormeaux / non représentées à Paris. / Mais je demande à la personne qui / est en contact avec mon fils de vous faire / tenir un exemplaire que je vous offre / en tout amitié. / Je vous prie de croire à mes sentiments / les meilleurs. / Aimé Césaire / 8, rue Albert Bayet / Paris (13e)".‎


‎. ‎

Librairie Faustroll - Paris

Phone number : 06 67 17 08 42

EUR7,500.00
Get it on Google Play Get it on AppStore
BECKETT Samuel - Poèmes

The item was added to your cart

You have just added :

-

There are/is 0 item(s) in your cart.
Total : €0.00
(without shipping fees)
More information about shipping
What can I do with a user account ?

What can I do with a user account ?

  • All your searches are memorised in your history which allows you to find and redo anterior searches.
  • You may manage a list of your favourite, regular searches.
  • Your preferences (language, search parameters, etc.) are memorised.
  • You may send your search results on your e-mail address without having to fill in each time you need it.
  • Get in touch with booksellers, order books and see previous orders.
  • Publish Events related to books.

And much more that you will discover browsing Livre Rare Book !