Émouvante lettre du célèbre chansonnier. Béranger demande la grâce du poète Pierre Lachambaudie, incarcéré après le coup d'état de décembre 1851 au fort d'Ivry et présentement transporté à Brest d'où il doit être déporté à Cayenne. Pour plus de renseignements voyez la notice avant notre nO 906. « Les Fables de Lachambaudie ont eu et ont encore un grand succès; deux fois l'académie les a couronnées ... Lachambaudie a toujours tenu une conduite honorable, malgré son extrême pauvreté. Le besoin de nourrir sa famille lui a donné le courage de colporter lui-même ses œuvres et peut-être en est-il résulté pour lui des accointances qui ont pu le compromettre, lui, homme pacifique et ami de l'ordre. Tel est l'homme, Monsieur le Ministre, pour qui je viens vous supplier de suspendre l'arrêt de déportation qui pèse sur sa tête et qui sera un arrêt de mort ... » « Ami de l'ordre » n'est sans doute pas la meilleure définition que l'on puisse donner de Lachambaudie, mais que ne dirait-on pas pour sauver un ami des chaînes du despotisme ? Quoiqu'il en soit, une fois de plus Béranger fit libérer son ami, ainsi qu'il l'avait déjà fait en 1848.