Paris, Demonville, 1808. Un vol. au format in-8 (208 x 128 mm) de xlii pp., 1 f. n.fol. et 220 pp. Reliure de l'époque de pleine basane racinée blonde, plats jansénistes, dos lisse orné d'un double filet d'encadrement doré, doubles filets dorés, larges fleurons dorés, roulettes dorés, entrelacs de filets sinusoïdaux gras et maigres dorés, semis de pointillés dorés, pièce de titre de maroquin vieux-rouge, titre doré, palette dorée en tête et queue, filet doré sur les coupes, toutes tranches marbrées.
Edition originale de ''cet ouvrage curieux et rempli d'érudition''. (in Quérard). ''On peut regarder ce livre comme un petit chef-d’oeuvre de la linguistique moderne. La préface qui le précède a été écrite avec ce goût délicat et ce style charmant qui caractérisent le talent de Charles Nodier. L’onomatopée, dit-il, est le type des langues prononcées comme l’hiéroglyphe est le type des langues écrites. Ainsi, soit par des signes figurés, soit par des sons, l’homme en créant le langage a cherché à donner une idée de l’objet qu’il avait en vue. L’ouvrage de Nodier est plein de recherches et d’observations fines. Non seulement on y trouve toutes les onomatopées françaises, celles qui en ont le caractère indubitable, mais Nodier restitue ce caractère à une foule de mots qui l’avaient perdu par suite d’un long usage, et il le fait apercevoir dans une foule d’autres où il est moins marqué. Ainsi, il fait observer que les noms des principaux organes de la parole commencent en français par une articulation qui met en jeu l’organe même désigné : gosier commence par une gutturale, langue par une linguale, dent par une dentale, nez par une nasale, etc. ; il y a là, en effet, une tendance imitative qui tient de l’onomatopée''. (Pierre Larousse, in Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, t. XI, 1874). Vicaire VI, Manuel de l'amateur de livres du XIXème, 90 - Brunet IV, Manuel du libraire et de l'amateur de livres, 11028 - Quérard VI, La France liittéraire, p. 422. Desquamation affectant chacun des plats. Le premier présente en outre deux petits manques superficiels. Petites altérations en queue du dos. Quelques rousseurs ou petites tâches dans le texte. Papier légèrement oxydé. Nonobstant, bonne condition.
Paris, Delangle, 1821, 1828, in-8, Volume de 403-[2] pp, avec 1 LAS manuscrite insérée devant le faux-titre [19,4 x 24 cm], Demi-chagrin vert à coins, dos lisse orné de fers romantiques à froid et de filets dorés, couvertures conservées [J. Weckesser], Seconde originale, corrigée et augmentée, de cet intéressant dictionnaire des onomatopées de la langue française par Charles Nodier (1780-1844), établi à partir de compilations de Nicot, Ménage, Court de Gébelin et du président de Brosses. L'ouvrage a été publié pour la première fois en 1808 (Paris, Demonville). Cet exemplaire enrichi d'une touchante et très intéressante LETTRE AUTOGRAPHE SIGNÉE de l'auteur, daté du 10 mars 1821, à "Mon cher Colbert" : elle s'adresse en fait à son ami, le littérateur et homme politique Amédée-David de Pastoret (1791-1857) ? qui avait épousé une descendante du célèbre ministre de Louis XIII, Alphonsine de Neufermeil de Montry, fille de Marie-Jeanne Colbert. Nodier y prie Amédée de Pastoret de choisir une date pour le baptême de son fils, dont il doit être le parrain : "Notre enfant paroit décidé à vivre, mais je suis pressé qu'il soit chrétien. Si vous pouviez choisir entre mercredi, jeudi et samedi prochain [...] le temps de dîner comme Jupiter chez Philémon et Baucis, de quelques fruits et d'une perdrix privée. J'ai excepté vendredi seulement, et vous me connaissez assez bien pour deviner mon motif. Je vous prie, mon cher Amédée de ne pas me faire attendre". L'enfant, Amédée Nodier fut ainsi porté sur les fond baptismaux le 17 mars 1821 ? un samedi. Il décéda quelques temps plus tard. Nodier avait déjà perdu son fils Térence quatre ans auparavant. Outre le baptême de l'enfant, Nodier évoque les tourments qui l'animent alors : "Le chagrin de vous laisser une impression désagréable et d'avoir été présenté à M. De Serre sous un rapport dont la seule pensée me tourmente encore m'auroit vieilli de dix ans si votre aimable lettre n'avoit pas arrêté à propos le vol du temps et le désordre de mes soucis". On sait que, quelques jours auparavant, Nodier avait demandé à son ami d'être recommandé auprès du Garde des Sceaux Pierre-François-Hercule, comte de Serre (1776-1824), qui était aussi le directeur de la Commission du Sceau à laquelle Pastoret appartenait. De la sorte, Nodier souhaitait obtenir la grâce d'une condamnée à mort, Monique Sacquet, dont il avait pris la défense dans le Drapeau Blanc et, se faisant, avait enflammé la presse royaliste en 1820-1821.* Ex-libris d'Oscar Moulard, avec cote d'inventaire, sur le contreplat. Ex-libris postérieur imprimé en sanguine et en noir, placé en regard (non identifié : un amour sur un toit au-dessus d'une ville, tenant un livre dans chaque main, dans un encadrement rocaille). Un ex-libris manuscrit plus tardif sur la page de faux-titre et mention à l'encre sur la page de titre ("sous Charles X"). Rousseurs. Légers frottements sur le dos. Sinon, bel exemplaire. Vicaire VI, 90. * À propos de cette affaire, voir : Dahan, Jacques-Remi. "Une campagne contre la peine de mort en 1820 : Charles Nodier et l'affaire Monique Sacquet". Mélanges de littérature en hommage à Albert Kies, Presses universitaires Saint-Louis Bruxelles, 1985 [en ligne]. Nodier s'était prononcé contre la condamnation à mort de cette fille d'un cultivateur du Calvados, accusée d'avoir empoisonné son époux à l'arsenic. L'intercession de Nodier ne put la sauver du supplice. Couverture rigide
Bon Volume de 403-[2] pp., avec 1
1808 Paris, Demonville, 1808. 20,5 x 12,5 cm (R), in-8, XLII pp. - 1 f. n. ch. - 220 pp., reliure (très usagée) de l'époque, dos lisse orné, "institution de M. Hortus" frappé au premier plat, tranches marbrées.
Edition originale rare. Reliure très frottée, quelques très rares rousseurs intérieures. (VICAIRE, VI, 90)
Paris Demonville, Imprimeur-Libraire 1808 Petit In-8 XLII- (1 ff ) -220 pp
état D'usage Demi Toile Modeste