Librairie Walden -
Paris
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Reference : 6210
12 ff. recto, à l’encre, plus une dizaine de feuillets éparses pour les annexes et documents joints, sous étui-chemise de demi-toile noire, dos carré, titre doré.
Manuscrit original complet du discours de Georges Normandy lors de l’inauguration du monument érigé à Fécamp en l’honneur de Jean Lorrain le 28 juillet 1912. Ce texte, hormis quelques passages cités en extraits, n’a jamais fait l’objet d’une publication in extenso.“ Artiste sincère, jusqu’à heurter de front tous les mensonges qui rendent possible les rapports sociaux, de son vivant Jean Lorrain n’eût pas de pire ennemi que lui-même (...)”. Normandy construit ensuite son hommage autour de la lecture de trois lettres inédites qu'il a recopiées pour l'occasion :“ La première, poignante, est adressée à Jérôme Doucet (secrétaire de la Revue Illustrée), depuis Nice où Jean Lorrain qui s’y est retiré, revient sur cet exil médical et littéraire : “ Paris m’empoisonne (...) je n’avais plus le droit de rien dire au Journal, mes Pall-Mal coupés, châtrés puis supprimés (...) j’ai horreur de Paris ; j’en suis sorti et j’aime mieux mourrir que d’y rentrer jamais ... Adieu. Jean “. La seconde, datée du 3 février 1904, est adressée “ à une belle dame de ses amies “ où Jean Lorrain, de passage à Marseille, dit tout son bonheur de se retrouver “ seul, de dîner seul sans parler, sans faire de frais, sans mensonge - et je dors volupteuseument (...) J’ai quitté Paris sous la pluie, j’ai été dire adieu à Liane (de Pougy)... alanguie et brisée de cette fête du Moulin-Rouge qu’elle avait présidée.. elle était jolie, jolie, mais jolie !... Elle doit être en ce moment à quelques heures du Portugal, demandée par télégramme par le Duc d’O... !!! Toujours des liaisons royales...”. Troisième lettre enfin (Nice, 17 mai 1906), adressée “ à une des dames titrées et millionnaires qui, littéralement affolées par le speudo-mariage de Liane de Pougy et de Jean Lorrain, eurent l’ambition tenace, et toujours déçue, d’épouser le célèbre auteur de M. de Phocas “ : belle lettre sur Nice et la quiétude, malgré la souffrance et la maladie, qui contient deux quatrains autographes sur Nice et son port. Lorrain revient également sur ses soucis financiers : “ deux éditeurs m’ont manqué de parole. Ma maladie, le Journal quitté, ce déménagement, les frais qu’il entraîne, des sommes folles aux médecins, au dentiste et la procédure de l’affaire Grasset...(mais) ce travail permet l’indépendance et la fierté (...) j’ai pu conquérir durement les trois seules choses qui me soient précieuses : mon indépendace, mon temps et ma solitude. Et malheur à qui veut y toucher ! Je ne laisse personne entrer dans ma vie. Je suis trop amoureux de tout l’univers pour aimer une individualiré. Votre, Jean Lorrain “. Et Georges Normandy de conclure, en citant René Boylesve et l’admiration vouée à Jean Lorrain, “ bien plus vieille que mon amitié pour lui. Il est une des rares hommes dont je dit, partout, du bien. Je crois avoir goûté toute sa sensibilité, son sens si fin, si juste... il a mis je ne sais quelle grandeur et la désinvolture vraiment élégante d’un génie ivre de liberté “. Joint : Le prière d’insérer et remerciements du Comité Jean Lorrain, dont Normandy était le secrétaire. 1 f., programme de la journée, personnalités présentes, soirée de Gala etc. Joint : Normandie. Revue régionale illustrée. n°1, avril 1917. En couverture, une reproduction photographique du monument sculpté par Alphonse Saladin.Jointes : Alphonse Saladin. 2 lettres autographes signées à Georges Normandy. Au sujet du Monument crée par Saladin : (...) vous verrez le nouvel emplacement - si rien n’arrive. Ce sera épatant. En tout cas maintenez mordicus cet endroit - car c’est le plus favorable au Monument (...). La maçonnerie est prête. Je donne donc des ordres à mon transporteur pour qu’il se rende demain matin à 1 heure à Fécamp - J’y vais moi même.Joint : Ville de Fécamp. Procès-verbal de l’assemblée générale en mairi. Fécamp, 22 octobre 1906. “Décision positive de la vile de Fécamp pour une subvention “ à l’effet de contribuer à l’érection d’un monument dans notre ville, à la mémoire de Jean Lorrain, notre compatriote”, sous l’impulsion d’un comité constitué de “ Paul Adam, Maurice Donnay, Charles-Henry Hirsch (cf. n° ), Octave Uzanne, Alfred Vallette (...) SI le genre de littérature de Jean Lorrain peut être discuté, - quel homme de lettres n’attire pas la critique, -il est juste de reconnaître que (...) son nom ait brillé avec éclat et (...) ait laissé des oeuvres d’une originalité puissante. Nous vous demanderons d’accorder un emplacement au cimetière”. Cette dernière phrase pose problème : une nouvelle réunion a lieu le 26 novembre 1906 où la commission est saisie par Paul Adam : “il lui fait part (au maire) que ce n’est pas un monument funéraire qu’il s’agit d’élever à Jean Lorrain, mais un monument public pour lui rendre un éclatant hommage (...).Nous n’ignorons pas que la décision que nous vous proposons de prendre sera critiquée (...) nous ne croyons pas être injustes envers sa mémoire en disant qu’il eut certes mieux valu qu’il n’eut point écrit certaines de ses oeuvres indignes de son grand talent. (...) mais il serait excessif, pour des questions de personne, de priver la Ville de Fécamp d’un monument qui l’embellira et rappellera à nos descendants le souvenir d’un écrivain de race (...) En conséquence nous vous demandons d’émettre un vote favorable à la demande qui nous est faite et d’accorder un emplacement public (...) quai Guy de Maupassant près de la maison où est né Jean Lorrain. Très bel ensemble, en grande partie inédit.