Reference : 3564

‎BARTHELEMY, H. (auteur d'avant la bataille)‎

‎L'ennemi chez lui‎

‎PARIS, A. Lévy & cie - 1887 - In-8 Reliure marquetée en relief - 1 plat orné au centyre de 4 cercles dorés avec l'inscription "Qui vive France & initiales L D P, daté 1882 - Dos à faux nerfs , caissons et titre dorés - tranche dorée 481 pages + Table ‎

Reference : 7374

‎Un témoin des événements révolutionnaires à Dijon raconte.‎

‎Intéressante correspondance de Pierre Boudet (1764/1826), officier en poste à Dijon, contrôleur des messageries royales de la ville. Véritable chronique des événements révolutionnaires à Dijon. Cest tout dabord larrivée du régiment de chasseur à cheval de Franche-Comté. «On a forcé les habitants de les loger, mais auparavant le gouvernement leur a fait déposer leurs fusils et pistolets dans un endroit de sûreté ; ils ne font que des patrouilles à cheval, et lartillerie fait le service de pied ; le peuple aura beau se récrier, le Roi sera toujours le maître []». Bruit de guerre, installation dun camp commandé par le prince de Condé, considérations familiales (en particulier sur son frère Etienne, endetté, qui veut sengager), etc. «Les Bourguignons ont fait des réjouissances en lair, puisque le Parlement ne rentre pas encore. La troupe croyait partir mais elle na pas reçu dordre, elle est toujours campée aujourdhui dans la boue car il pleut [] ». Il évoque la grande sécheresse qui sévit en Bourgogne, le verglas qui a fait des dégâts si considérables sur les arbres et la vigne, « quon a peine à voir un seul arbre qui ne soit pas endommagé», la neige qui rompt toutes les communications, la cherté du pain, larrêt que le parlement de Bourgogne vient de prendre pour interdire la sortie des grains de la province, la venue de la troupe de théâtre de Genève, les événements à Paris, larrestation daristocrates. «Depuis le départ de M. de Bastard, notre compagnie des chasseurs à cheval a perdu de son crédit ; dernièrement à une assemblée, nous étions pour délibérer si la confédération proposée par les bons patriotes passeroit, nous fûmes quatre bien étonnés quelle ne pouvoit pas passer ; laristocratie y mettoit obstacle [] et pour ne pas nous donner en ridicule dans la ville nous quatre amis donnâmes notre démission, qui fut suivie de 30 autres []». Il raconte larrivée dun régiment suisse, le logement des soldats dans des couvents et des églises et les émeutes qui ont éclaté, lintervention des Suisses. «Le major suisse sest bien comporté en ne voulant pas que sa troupe fit feu sur le peuple []», malgré les attaques du peuple et les blessés parmi la troupe. «Celui qui a le plus peur, cest M. lintendant ; il a un piquet de 50 hommes chez lui tous les jours pour la garde ; on ne sait pas encore comment tout cela tournera []». Il évoque ses démêlés avec Chardon [Olivier Jacques, futur maire dAuxerre] qui remontent jusquà lAssemblée nationale. «Je suis connu à Dijon pour ami de la Révolution et Chardon pour le plus grand ennemi». «Notre fédération aura lieu le 16 oct. ; on travaille à la construction dun superbe autel sur un terrain dehors la ville []». Dijon a de justesse évité les mêmes émeutes quà Montauban ; il sest formé une assemblée dofficiers dont il fait partie qui «ont forcé la municipalité de rendre sur le champ (il étoit huit heures du soir) une ordonnance pour défendre lattroupement en se servant de la loi ; les municipaux désirant voir reprendre le sang des patriotes ont moly et nont rendu lordonnance quà dix heures œ du soir []. La municipalité a été forcée par nous de mettre ce décret à exécution de sorte que les chasseurs sont anéantis et la paix règne malgré les aristocrates []». Il raconte encore les préparatifs de la fête de la Fédération qui doit se dérouler le 14 juillet 1790 à Paris, à laquelle il doit participer avec sa compagnie pour représenter le département. «Jusquici tout va bien malgré que nous fassions charger les armes à la garde montante, on na pas encore tiré un seul coup de fusil sur personne. La paroisse doù je suis, produit 800 hommes en état de prendre les armes ; nos compagnies sont de 50 hommes non compris les capitaines, le lieutenant et un sous-lieutenant. Les officiers de chaque compagnies ont été nommés aux acclamations de tous les paroissiens ; on ma nommé le premier lieutenant, cest sur la totalité du corps des officiers quon a nommé au scrutin létat major, de manière que jai eu beaucoup de voix pour moi ; notre assemblée étoit de 200 officiers et plus, il falloit 14 majors dont deux par paroisse ; jai été le huitième nommé ; on nous rend les mêmes honneurs quaux officiers supérieurs des troupes réglées. Nos nobles sont toujours consignés en ville. Nous attendons à dimanche pour délibérer si nous lèverons la consigne. Depuis le dernier ouvrier jusquau premier bourgeois, tout le monde saccorde, nos cocardes sont rouges, blanches et bleues []». [Les trois frères, officiers Jacques, Etienne et Pierre Boudet, natifs de Caussade (Tarn-et-Garonne), furent de brillants officiers qui sillustrèrent lors des guerres de la Révolution (les deux premiers furent également députés)].‎

‎lettres autographes signées Nombre de document : 12 Nombre de page : 26 In-4 Adresses et marques postales au dos. une lettre incomplète, 2 déchirées avec manques, mouillures.‎

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