Reference : 200820568

‎[CUPIDON] - MALIK, CAUVIN - ‎

‎Elles et moi t 20. ‎

‎Charleroie, Dupuis, 2008; in-4, 48 pp., cartonnage de l'éditeur. Eo tome 20.‎

‎Eo tome 20.‎

Reference : 6636

‎La littérature scandaleuse de Jean Legrand censurée.‎

‎Rare et très intéressante correspondance du poète et romancier à scandale, proche de Georges Bataille et des surréalistes, Jean Legrand. [En 1946-1947, il publie 5 ouvrages très libres, l'Amour insolent, Journal de Jacques, etc., qui lui valent une réputation sulfureuse, puis le boycott des éditeurs : plus rien ne sera publié de son vivant ; plusieurs de ses manuscrits seront édités à titre posthume, Coeur de chair, etc.]. Cette correspondance s'échelonne sur la courte période durant laquelle il connaît la gloire (très proche de Paulhan, il est publié par Gallimard), puis la déchéance et le mépris des éditeurs. Dans une première lettre, il développe ses projets en cours et ses romans : il participe aux Cahiers de la Pleïade et fonde une revue. «Une petite revue ayant pour but de réunir tous les amis d'une véritable liberté sexuelle, pratique, en actes. Cela présente quelques difficultés, que nous espérons vaincre, vers décembre ou janvier. Mes ouvrages ? 1° Jacques ou l'homme possible (Ed. du Sagittaire). Essai théorique et pratique de vie immédiate en toute liberté. 2° Journal de Jacques. Suite du précédent, mais décrivant plus spécialement la vie pratique (Gallimard). 3° Annette et Jacques. "Le couple imperturbable" au milieu des débauches morales de la libération (Gallimard) [...]. 5° D'Amour ou le Despotisme de la Liberté ; "pamphlet" pratique contre l'interdiction de l'avortement, recueil vécu d'expériences très diverses en matière sexuelle [...]». Il parle longuement de la littérature de son correspondant, commente les manuscrits qu'il lui adresse, propose de les montrer à Camus et Paulhan. Après quelques mois de silence, il évoque en détail les difficultés qu'il rencontre avec les éditeurs qui ne veulent plus le publier. «Après de nombreuses bagarres, mes manuscrits ne verront pas le jour selon les engagements pris, et je crains que ce soit pour longtemps. J'avoue aussi avoir été très gêné pour vous répondre. Paulhan a porté un jugement très dur sur votre livre [l'Amour verbal] [...]. Je me demande si ce que les éditeurs publient depuis des années leur donne le droit de critiquer quoi que ce soit. Passons. Il est certain qu'ils ont trop beau jeu actuellement de tout rejeter sur le compte de la crise. Pour moi, je réponds en considérant mes livres en charge maxima de dynamite. Advienne que pourra [...]. Non, vous le voyez, pas de nouveau livre de moi depuis l'H. M. [Homme Manifeste]. Cependant, mon ami Pierre Caminade a pu faire éditer à Saïgon, où il vit depuis un an, un très bel ouvrage, Aveline, cher : 250 piastres = 4 200 frs mais de grand luxe, 300 ex. numérotés [...]. C'est un livre érotique dans la lignée de mes livres, mêmes personnages, même documentation réelle, autobiographique. Je suis en train d'écrire avec Pierre Caminade, Patrice et Jacques, qui sera assez volumineux. Ceci pour vous dire que P. C. est mon "frère" d'esprit et de pratique, et même beaucoup plus [...]. Il est indéniable qu'il passe à Paris et en France une vague exceptionnelle de misère, et que le livre est un des premiers besoins sacrifiés. J'ai affronté, aussi bien que les éditeurs, les libraires et les maisons de diffusion. Partout la situation est décourageante, misère oui, mais bêtise, bureaucratisme extrême [...]. Le divorce est complet entre public et écrivains, mais surtout parce que les agences de divorce pullulent entre les deux et vivent de nos conflits. J'ai essayé de briser ce cadre intermédiaire. Je n'y suis pas encore parvenu. M'étant fait éditeur et imprimeur pour pouvoir mettre au jour mon "Homme Manifeste" qu'aucun éditeur ne pouvait accepter, je me suis heurté à une mauvaise volonté opiniâtre : refus de Hachette, refus des quatre ou cinq maisons de diffusion qui, depuis la "libération" ont concurrencé ledit "trust" sans rien changer à ses méthodes autocratiques». Il avait fini par trouver un distributeur, mais ses livres sont resté à la cave. «Sans parler de la mise à l'index qui nous est particulière, le système est fait de telle sorte qu'un courant neuf doit d'abord passer par les égoûts s'il veut avoir droit de cité. Peut-on accepter cela ? Un exemple. Las des lâchetés des maisons Gallimard et du Sagittaire, j'ai proposé mon manuscrit (D'Amour) au Scorpion. Vous connaissez cela (Boris Vian tire là 200.000 ex.), vous imaginez les scrupules qui peuvent naître en pensant que votre livre sortira sous cette couverture ? Eh bien, vous n'y êtes pas encore. Le directeur du Scorpion lui-même, dont la maison vit du scandale de ses auteurs, hésite à publier mon livre (qui ne cherche pas le scandale, mais risque d'en provoquer un plus grand, profond et - je l'espère - révolutionnaire) par peur du scandale. Or, que répondre ? Ce directeur est en ce moment inculpé (avec 27 autres éditeurs paraît-il) pour outrage aux moeurs. Tout se ligue, ou plutôt l'engrenage fonctionne à merveille, il suffit d'une goutte d'huile de temps en temps : elle s'appelle aujourd'hui Moch, comme elle s'appelait Pétain, et auparavant Daladier, et jadis Chiappe, etc. Les maisons d'édition s'en tirent, elles, avec quelques milliers d'exemplaires de plus qui vont aux chercheurs de scandales, aux parasites des livres. Mais les auteurs qui essaient d'influer sur le public pour faire la vie moins sordide, ceux-là restent dans l'ombre qui peut-être les épuisera, les remènera à la raison. Une maison de diffusion préférant diffuser 200.000 ex. d'un Boris Vian plutôt que 10.000 ex. de 20 auteurs (bénéfices égaux avec infiniment moins de frais de démarchage, transport, etc.) influe sur l'éditeur qui influe à son tour de tout son poids et sur le public et sur l'auteur, sur le premier par la réclame et "l'arrosage" [...] des journalistes, sur le second par un choix systématique des manuscrits répondant à un certain type standard plus rentable que l'aléa [...]». Face à cette situation, il imagine une autre manière d'éditer.‎

‎lettres autographes signées Nombre de document : 6 Nombre de page : 21 In-4 et in-8 certains feuillets jaunis‎

‎Legrand Jean 1910 1982 Poète et écrivain proche des Surréalistes (il fonde le Groupe Brunet), fondateur du mouvement le Sensorialisme, éditeur de textes de Georges Bataille et Benjamin Perret. ( Sensorialisme Poètes Ecrivains Montpelliérins ) ‎

Reference : 7204

‎Elena Vieira da Silva négocie l'édition de ses gravures.‎

‎Elena Vieira da Silva s'adresse à son éditeur pour résoudre les malentendus soulevés par l'édition de ses gravures, livres et cartes postales. Elle rappelle les précédentes conventions : «1°/ Livres. Tirage ordinaire. Remise 100 exemplaires. Selon nos conventions vous restez me devoir 200 exemplaires. 2°/ Livres, exemplaires de tête. Remis 12. 3°/ Gravures. Remis 12 gravures contenues dans les exemplaires de tête, plus 8 = 20. Puisque selon vous, 30 exemplaires de tête doivent être partagés avec Pierre Loeb et moi-même, vous restez me devoir 3 exemplaires [...]». Concernant les gravures, elle met en avant l'ampleur de la tâche et les surcoûts. «Pour les gravures, étant donné le travail qu'elles représentent, les dépenses que j'ai faites (planches de cuivre, essais, tirage couleurs, etc.), il me semble que 30 exemplaires doivent m'être réservées. La très raisonnable proposition que je vous fais tient compte de nos intérêts réciproques. Donc je considère que vous restez me devoir encore 10 exemplaires». Elle fait le même discours sur les cartes postales et demande à Fall plus de clarté sur les tirages. «Ce travail, je l'ai entrepris avec vous sous le signe de l'amitié, de la confiance aussi, et j'espère que sans discussion nous arriverons à une solution [...]».‎

‎lettre signée Nombre de document : 1 Nombre de page : 3 In-4 04/12/1956 trous d'épingle, pliures, papier jauni.‎

‎Vieira da Silva Maria Elena 1908 1992 Peintre et décoratrice portugaise. ( Femmes Peintres Portugais ) ‎

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