ELUARD (Paul), TRIOLET (Elsa), GILLOT (Auguste), GAUCHERON (Jacques).
Reference : 16200
Paris, Editions Cercle d'Art, 1951, petit in-4 broché, couverture illustrée d'une belle lithographie en couleur de Jean Amblard.Plaquette destinée à présenter les fresques de Jean Amblard, " peintre et résistant " pour la Mairie de Saint-Denis
Poème inédit de Paul Eluard (dont le manuscrit est conservé par le Musée de Saint-Denis).Magnifique impression d'Union en deux couleurs sur papier couché. Cf catalogue expo. Eluard de 1963 au Musée de Saint-Denis sous les numéros 443 et 444). bon état, Remise de 20% pour toutes commandes supérieures à 200 €
Paris, Librairie Six, 1922. In-8 broché de 43-[1] pages.
Édition originale imprimée sur simili-Japon à petit nombre. Elle est illustrée de 21 collages par Max Ernst. Envoi autographe de Paul Éluard signé par Ernst «A Max Morize très sympathiquement Paul Éluard Max Ersnt» C’est très certainement Max Morise, artiste, écrivain surréaliste. De la bibliothèque de Fred Feinsilber, avec son ex-libris. HORAIRE ESTIVAL : DU LUNDI 27 JUILLET AU SAMEDI 21 AOUT NOUS SERONS OUVERTS UNIQUEMENT SUR RENDEZ-VOUS.
Paris, sans nom; La Jeune Parque, 1944; 1945. 2 plaquettes in-18 en feuilles et 5 volumes in-12 brochés, couvertures illustrées d'une composition de Pablo Picasso, imprimée d'une couleur différente sur chaque numéro. Présenté dans une boîte en plexiglass.2 small volumes in-18 in sheets and 5 volumes in-12, covers illustrated with a composition by Pablo Picasso, printed in a different color on each number. Presented in a plexiglass box.
Rare collection complète des 2 numéros publiés dans la clandestinité par Éluard en juin et juillet 1944. La deuxième série à six n° en 5 volumes, de décembre 1944 à avril 1945. A propos de la première série, on peut lire dans L'Intelligence en guerre, sous le n° 180, qu'elle est "d'une rencontre fortement aléatoire". Fonds Paul Destribats, 446.Rare complete collection of the 2 issues published clandestinely by Éluard in June and July 1944. The second serie with six issues in 5 volumes, from December 1944 to April 1945. About the first serie, we can read in L'Intelligence en guerre, under n°180, that it is "d'une rencontre fortement aléatoire". HORAIRE ESTIVAL : DU LUNDI 27 JUILLET AU SAMEDI 21 AOUT NOUS SERONS OUVERTS UNIQUEMENT SUR RENDEZ-VOUS.
Office Français d'édition/ Alger 1944. In-12 broché oblong. Poèmes sous pseudonymes d'Aragon, Robert Desnos, Leiris, Eluard, Jean Tardieu, Gabriel Audisio, etc. Préface d' Aragon. Infime manque au dos supérieur & inférieur Rare
Bon état Remise de 20% pour toutes commandes supérieures à 200 €
Paris, Nrf Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », n° 202, 201 1968 2 volumes. In-12 17,5 x 10,5 cm. Reliures éditeur pleine peau havane, sous jaquettes papier et rhodoïd, LXXXIV-1663-1505 pp., chronologie, notes et variantes, bibliographie, table des titres et des incipit. Exemplaires en très bon état, sans étuis.
Contient : I, Les recueils d’éluard parus de 1916 à 1945 - II, Les recueils d’éluard parus de 1916 à 1945 suivis de : Oeuvres de jeunesse, Poèmes retrouvés, Préfaces, Prières d’insérer..., Dédicaces, Documents surréalistes. Très bon état d’occasion
Paris, Au Sans Pareil, 1922. In-8 broché de 51-[4] pages, couverture de carton souple rouge illustrée. Bel exemplaire sans défaut. Chemise, étui.
Illustré par Max Ernst de 10 collages en noir et blanc dont un contrecollé sur la couverture, et d'un frontispice en couleurs. Édition originale. Tiré à 350 exemplaires numérotés (n° 342), imprimé sur beau papier couché. Éluard et Ernst se rencontrent à Cologne en 1921 et en mai de cette même année, a lieu la première exposition de Max Ernst à la librairie du Sans Pareil. “De tous mes livres, Répétitions, est celui que je préfère” écrira Paul Éluard à Jacques Doucet. Dada global 197; Dada circuit total p. 758; Fouché, 25. HORAIRE ESTIVAL : DU LUNDI 27 JUILLET AU SAMEDI 21 AOUT NOUS SERONS OUVERTS UNIQUEMENT SUR RENDEZ-VOUS.
Paris, 1919-1920. 4 tracts de couleurs - respectivement vert, vert, blanc, orange (107 x 70 mm).
Collaboration entre Éluard et Tzara, ces papillons furent expédiés par ce dernier de Zurich à de nombreuses personnalités parisiennes ou étrangères en décembre 1919, ils apparurent sur les murs de Paris dans les premiers jours de 1920. Le texte "Taisez-vous" est de Paul Éluard. Poupard-Lieussou & Sanouillet «Documents Dada », n° 2 à 5. Il est très rare de trouver l'ensemble des quatre papillons réunis. HORAIRE ESTIVAL : DU LUNDI 27 JUILLET AU SAMEDI 21 AOUT NOUS SERONS OUVERTS UNIQUEMENT SUR RENDEZ-VOUS.
Paris, Editions des cahiers libres, 1932. In-8 broché de 170-[6] pages, couverture imprimée en deux tons.
Edition originale tirée à 1010 exemplaires, celui-ci un des 1'000 exemplaires numérotés sur Alfa (287). Avec un envoie autographe de Paul Éluard à son ami Jean Fraysse. Ecrivain et critique, fils d’un poète symboliste, directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur, rédacteur aux Feux de Paris, proche de Max Jacob, et résistant, Jean Fraysse fut un proche d'Éluard qui lui dédicaça de nombreuses publications. HORAIRE ESTIVAL : DU LUNDI 27 JUILLET AU SAMEDI 21 AOUT NOUS SERONS OUVERTS UNIQUEMENT SUR RENDEZ-VOUS.
[SKIRA Albert] ELUARD Paul, KAHNWEILER Daniel-Henry & SKIRA Albert:
Reference : 4893
(1948)
Genève, A.Skira, 1948. In-8 broché de 84-[4] pages, couverture illustrée à rabats.
Nombreuses reproductions en noir et en couleur, ces dernières contrecollées. Dessins de Matisse en couverture et frontispice, fac-similé autographe d'un hommage par Eluard en début. Edition originale. HORAIRE ESTIVAL : DU LUNDI 27 JUILLET AU SAMEDI 21 AOUT NOUS SERONS OUVERTS UNIQUEMENT SUR RENDEZ-VOUS.
Ubac, Raoul ; Textes de : Bazaine, Jean - Bonnefoy, Yves - Eluard, Paul - Frenaud, Andre - Grenier, Jean - Lescure, Jean - Limbour, Georges - Nouge, Paul - Pfeiffer, Jean - Ragon, Michel -Solier, Rene de - Ubac, Raoul - Volboudt, Pierre
Reference : 18551
Maeght Editeur, Paris 1970 - Reliure pleine toile jaune d'éditeur sous jaquette illustrée, 177pp., nombreuses reproductions d'oeuvres dont beaucoup contrecollées en couleurs, 3 lithographies originales,emboitage
Remise de 20% pour toutes commandes supérieures à 200 €
Exemplaire René Char avec envoi Paris, Gallimard, (3 juin) 1939. 1 vol. (120 x 190 mm) de 213 p. et [4] f. Broché. Édition originale. Envoi signé : «à René Char, ce livre dont je voudrais par dessus tout qu'on dise qu'il est à son éloge, Paul Éluard».
Dernier recueil paru avant l'entrée en guerre, Donner à voir - encore un titre magnétique - livre ici un exemplaire profondément chargé de sens et d'histoire littéraire : il est adressé par Paul Éluard à son ami René Char. C'est le dernier recueil qu'Éluard offrira avant cinq années sans contact direct entre les deux hommes, lesquels ne savent pas encore qu'ils seront, à l'issue du conflit, les deux grands poètes survivants et résistants. L'un par les armes, l'autre par les mots. Publié au printemps 1939 chez Gallimard, Donner à voir est bien plus qu'un recueil de poèmes. C'est, selon Lucien Scheler, «plus qu'un art poétique, un traité d'esthétique véritablement révolutionnaire» (Pléiade, p. XLIII). Il rassemble des textes essentiels, dont certains inédits, d'autres déjà parus - mais réorganisés ici selon une logique intérieure nouvelle. Y est notamment publié pour la première fois le poème «À Pablo Picasso», dans lequel figure pour la première fois : «Tu as remis la tête sur le corps». Un hommage direct à l'ami et au peintre, dans l'ombre de Guernica, et à une période particulière pour Éluard : celle des tensions avec André Breton, avec lequel il vient de terminer le Dictionnaire abrégé du surréalisme. Il s'en détache peu à peu, approfondissant sa relation avec Picasso. L'été précédent, à Mougins, les deux hommes partagent avec Roland Penrose, Man Ray et leurs compagnes une parenthèse solaire. À l'automne, les liens avec Breton se délitent davantage : au retour de Mexico, où il a rencontré Trotski, Breton exige une rupture idéologique totale. Il somme les surréalistes de «saboter la poésie d'Éluard». Certains s'exécutent. D'autres - Picasso, Ernst, Penrose - se retirent, refusant de suivre cette ligne autoritaire. Le recueil Donner à voir paraît au coeur de cette tourmente. Deux mois plus tard, en septembre 1939, Éluard est mobilisé. Le lien entre Paul Éluard et René Char, quant à lui, est ancien, profond et ne sera jamais altéré. Leur rencontre remonte à la fin des années 1920, au moment où Char rejoint le mouvement surréaliste. Elle se concrétise dès 1930 par leur collaboration à Ralentir travaux, co-écrit avec Breton : «un assez long livre de trente très beaux poèmes que l'imprimeur de Char nous fait pour rien à 200 exemplaires», confie Éluard à Gala en avril 1930. Malgré les lignes de fracture idéologiques - entre surréalisme, communisme et engagement esthétique - leur amitié et leur admiration mutuelle traverseront les années sombres. Pendant la guerre, les deux poètes poursuivent un dialogue silencieux, portés par «l'idéal d'une Résistance unie». René Char, volontairement muet pendant le conflit, choisira L'Éternelle revue, fondée par Éluard en 1944, pour livrer ses premiers poèmes nouveaux. C'est à la Libération que les deux hommes se retrouvent enfin. Ils échangent leurs derniers recueils, à nouveau. Éluard offrira à Char Poésie intentionnelle ; Char lui répondra avec un exemplaire de Seuls demeurent, dédicacé ainsi : «à Paul Éluard, obstiné, exemplaire et pur, comme l'homme que tout menace, comme l'homme que rien n'atteint.» Cinq ans plus tôt, cet exemplaire de Donner à voir venait conforter René Char le lien de l'amitié des deux frères d'armes et de plume. Bon exemplaire. Mention fictive de deuxième édition, mais bon achevé d'imprimer de l'édition originale.
Paul Éluard à Man Ray : rapplique ! [Été 1949]. 1 page en 1 f. (135 x 210 mm) à en-tête de la Nrf, 43 rue de Beaune - 2 rue Sébastien-Bottin (VIIe). Encre noire. Man Ray, et sa compagne Adrienne Fidelin, dite Ady, sont vivement attendus par le poète.
«TON ARRIVÉE. Ce sera un grand bonheur pour nous deux, mon Man, mon ami. Je travaille beaucoup ces temps-ci, à 4 conférences pour Septembre, à la Radio. On rêve de plus en plus d'habiter la Province. À Tours, peut-être, mais c'est un secret. Je crois que je n'ai pas dit que Zwemmer [Anton Zwemmer, libraire et éditeur néerlandais] est preneur de 100 de tes albums à 1$. Viens vite maintenant. Apporte au moins quelques uns de tes travaux. On vous embrasse, Ady et toi. Paul Eluard». Outre sa participation à quelques émissions radiophoniques après la guerre, Paul Éluard n'écrivit qu'une fois pour la radio, en 1947, pour la série Carte blanche à..., Le dit de la force de l'amour, une émission unique, avant d'accepter, en 1949, une série de cinq émissions, Les chemins et les routes de la poésie, dont seules les quatre premières peuvent encore être consultées à l'Institut national de l'audiovisuel (INA). C'est à ces émissions, réalisées par Alain Trutat et diffusées en octobre et novembre 1949, qu'Éluard semble faire référence. Le poète y travaillera tout l'été 1949 et la série constituera « un document on ne peut plus précieux pour saisir le type de relation que le poète entendait nouer avec ses contemporains. La poésie est un "bien commun" qu'il importe à l'écrivain de partager aussi largement que possible, tant par sa diffusion que par l'écoute et la compréhension de la parole de l'autre (...), une communauté qu'Éluard dessine et à laquelle il invite les auditeurs à s'identifier et tout simplement celle des survivants, appelée à se perpétuer dans l'engagement communiste, comme le suggère par la reprise d'un vers de «L'Internationale» qui terminera la première émission » (Céline Pardo, Le poète au micro et l'utopie poétique : Paul Éluard, Les chemins et les routes de la poésie, 1949, in Études littéraires, n° 41). Une émouvante lettre par ailleurs : le drame de la disparition de Nush, en novembre 1946 a laissé Paul Eluard longtemps désemparé, et sa seule consolation est la compagnie régulière de sa fille, Cécile. Si cette dernière est maintenant une femme - elle est âgée de 31 ans en 1949 - père et fille se voient fréquemment et envisagent de quitter Paris, ainsi qu'il est question ici. Trois mois plus tard, Paul Eluard rencontrera Dominique, à Mexico. Début d'une autre histoire.
Seul exemplaire sur Chine et papiers de couleurs connu : celui d'Yves Tanguy Paris, Éditions surréalistes, (15 octobre) 1930. 7 plaquettes de [16 p.] et 15 p. réunies en 1 vol. (65 x 105 mm). Veau naturel teinté et estampé d'une eau-forte originale dans les tons rose, jaune et bleu pastel inspirée des caractères typographiques de la page de titre, contreplats bord-à-bord du même décor, titre au palladium sur le premier plat, gardes de chèvre velours vert d'eau, tranches dorées à l'or blanc par Jean-Luc Bongrain, chemise et étui bordés (reliure signée de Louise Bescond - titr. Claude Ribal, 2025). Édition originale. Un des 30 exemplaires sur chine (n° 27). Envoi signé : « Exemplaire d'Yves Tanguy, son vieil ami fidèle, Paul Éluard ». À la suite, sont reliés un exemplaire sur papier d'édition et un jeu d'exemplaire sur papiers de couleurs (saumon, vert, jaune, rose), puis un exemplaire de la plaquette qui servit de modèle à Paul Éluard pour composer la maquette : Victor Hugo, Lettre à Lord Palmerston, publiée à Jersey en 1854]. Soit un ensemble de sept plaquettes.
Précieux exemplaire d'Yves Tanguy, celui qu'Éluard qualifiait de « druide : le guide du temps des druides du gui ». Les vers d'À toute épreuve seront à nouveaux éparpillés dans La Vie immédiate - recueil dans lequel Éluard lui écrira un fameux poème, « Un soir tous les soirs et ce soir comme les autres » : le peintre lui donnera en retour une fantastique eau-forte qui accompagnera les dix premiers exemplaires de tête. Certains poèmes avaient été publiés en 1929, dans le n°12 de La Révolution surréaliste, tandis que d'autres paraissaient dans le hors-série de la revue Variétés, sous-titré « Le surréalisme en 1929 ». Ils sont assemblés ici pour la première fois dans cette plaquette-manifeste dont la présentation emprunte sciemment aux tracts hugoliens de l'exil : les exemplaire d'A toute épreuve sont suivi de la Lettre à Lord Palmerston (Jersey, 1854), modèle avéré de la maquette d'À toute épreuve. Ce rapprochement est documenté par une note autographe de Valentine Hugo rappelant qu'en 1930, elle remit à Éluard un exemplaire de la plaquette de Victor Hugo : le format et la couleur (un papier bleu) lui « donna l'idée d'éditer ainsi À toute épreuve » (vente Geneviève et Jean-Paul Kahn, Mille nuit de rêves, IV, n° 164) La plaquette d'Hugo, à l'allure de tract, ressemblait aux extraits des Châtiments (L'Expiation, Joyeuse Vie, À l'obéissance passive et Nox) que Victor Hugo fit imprimer entre 1852 et 1853 à Jersey, dans lesquels il fustigeait Napoléon III. Leur petit format, destiné à être introduits clandestinement en France par courrier, permis à ces brûlots de se diffuser efficacement. Parmi elles, la fameuse Lettre à Lord Palmerston : cette plaquette imprimée en 1854 sur les presses de l'Imprimerie universelle à Jersey est une protestation contre l'exécution de John Charles Tapner par pendaison le 10 février 1854 à Guernesey. Cette exécution eut lieu en dépit des protestations des habitants, mais la diatribe du poète en exil, qui s'inscrivait dans son combat contre la peine capitale, connut un tel retentissement que Tapner fut le dernier condamné à mort sur l'île. La conjonction d'un grand papier sur Chine avec l'inscription à Tanguy, la suite des tirages sur papiers de couleurs, l'adjonction de la plaquette de Victor Hugo et la délicate reliure de Louise Bescond placent cet exemplaire parmi les tous premiers au rang des exemplaires de référence de À toute épreuve. Si ce n'est au premier rang. Celui de la collection Trutat qui se trouve à la Bibliothèque nationale de France, également relié, comprend les tirages de la plaquette sur les différents papiers - sauf le Chine - et il est également suivi de la Lettre à Lord Palmerston ; cette plaquette est également jointe à l'ensemble cité de la la collection Geneviève et Jean-Paul Kahn, lequel ne contenait que les version sur papier blanc, rose et jaune -, également sans le tirage de tête sur Chine. Concernant les exemplaires sur Chine, seuls deux autres sont connus avec envoi : celui de Nusch, qui vient seul, sans autre version, avec cet envoi : « à la belle petite Nusch son amant Paul E. » (BnF, RES 8-Z Trutat-13) et celui pour Paul Bonet (exemplaire n° 5, Carnets, 694), avec cet envoi : « Exemplaire Paul Bonet et le plus beau des exemplaires, Paul Éluard ». Il vient seul également, sans les autres versions sur papiers de couleurs. Paul Bonet a relié, dans des décors approchants, deux autres exemplaires sur Chine, sans envoi : un en maroquin (exemplaire n° 19, Carnets, 811), un autre en box (exemplaire n° 4, absent des Carnets). Il semble n'exister, relié par van de Walle, qu'un seul autre exemplaire sur Chine avec les papiers de couleurs : le n° 7 (Christie's, Destribats V, n° 71). Lequel vient sans envoi. Une version recopiée du manuscrit, reliée par Paul Bonet (Carnets, 204A), a été donnée à René Char, mais sans aucune version imprimée du texte jointe. Magnifique exemplaire.
Tirage de tête sur vergé Villeneuve-lès-Avignon, Poésie 42, (24 juin) 1942. 1 vol. (145 x 210 mm) de 67 p. et [2] f. Broché. Édition originale. Un des 75 premiers exemplaires sur vergé (n° 58).
Cela, à notre connaissance, n'a jamais été signalé, mais ce texte est celui d'une conférence d'avant-guerre que reprend ici Paul Éluard en vue de les faire publier par Pierre Seghers, comme il s'en ouvre à son ami Louis Parrot dans une carte interzones du 14 avril 1942. Le 21 février 1939 à l'initiative de la compagnie du Diable écarlate dirigée par Sylvain Itkine dont la troupe avait joué dans les usines occupées lors des grandes grèves de juin 1936, Éluard était en effet intervenu au Proscenium d'Europe du Théâtre Pigalle, et de nombreux encarts l'avaient annoncé dans la presse. Dans son édition du 25 mai 1939, Excelsior revenait sur l'événement et parlait expressément d'une «séance de poésie involontaire et de poésie intentionnelle» présentée par une conférence de Paul Éluard, où, à côté des poèmes de Rimbaud, d'Apollinaire, de Laforgue et de Raymond Roussel, on entendait le «Vieux Paralytique», de Jules Jouy, les «Admirables Secrets du Grand Albert», un rêve d'un enfant de onze ans, une lettre de la religieuse portugaise et les «Impudiques», de Victor Litschfousse. «J'ai lu votre texte et les citations avec une belle joie, s'enthousiasme Seghers auprès d'Éluard dès le 22 mai 1942, je suis ravi, et je vais m'employer au succès absolument certain. [...] Je pars pour Lyon mardi apporter le texte à l'imprimeur. Je veux une typo simple, mais heureuse. Je prends pour vous mes dernières rames de papier ». Deux jours plus tard, dans une lettre à Parrot du 24 mai, Éluard souhaitant son livre « utile, fécond », précise son « intention profonde » : « amener l'esprit poétique en France dans des contrées mal appréciées jusqu'ici, à une plus vaste objectivité, à sa mère, "la vie de tous les hommes"». Tandis que des fragments de citations sont confiés au groupe la Main à plume de Noël Arnaud qui les publie avec d'autres textes dans La Conquête du monde par l'image, le projet s'enrichit encore de quelques citations nouvelles qu'Éluard communique à Parrot dans deux lettres des 30 et 31 mai 1942 (Éluard livre d'identité, p. 186), puis des tracasseries de la censure retardent un peu le projet, de sorte que le livre est sous presse le 8 juillet 1942 seulement, en retard sur l'achevé d'imprimer. «Si profond que soit l'engagement de Paul Éluard dans la vie politique et nationale, fera remarquer Decaunes dans sa biographie (p. 202-203), il n'en renonce pas pour autant à ce qui demeure, à ses yeux, la plus haute fonction de la poésie : la découverte, la conquête, par le moyen du langage à travers le langage, de tous les trésors de l'homme [...]. C'est pourquoi la publication, en pleine occupation, de Poésie involontaire, poésie intentionnelle, est, d'un certain point de vue, un acte au moins aussi significatif que celle des poèmes de résistance. » C'était d'ailleurs en ce sens qu'il s'était rapproché de Noël Arnaud. Bande à parution conservée.
[Paris], Tchou, 1967. Grand in-8 de XI-249-[3] pages, cartonnage illustré d'un portrait tricolore de Eluard au premier plat, de 2 photgraphies et 2 reproductions au second, rhodoïd. Petits manques au rhodoïd.
Ouvrage essentiellement iconographique, le peu de texte faisant la part belles aux photographies, documents, fac-similés et reproductions en noir. HORAIRE ESTIVAL : DU LUNDI 27 JUILLET AU SAMEDI 21 AOUT NOUS SERONS OUVERTS UNIQUEMENT SUR RENDEZ-VOUS.
<p>À travers une sélection d’une trentaine de poèmes de Paul Eluard, illustrés de dessins de Picasso, ce coffret rend hommage à ces deux immenses artistes du xxe siècle, à leur engagement pour la paix, universelle et plus que jamais nécessaire. « Lorsque se déroule dans ma mémoire le long film de l’œuvre de Picasso, je suis toujours frappé d’admiration par l’enthousiasme, le travail, l’incessant mouvement d’un homme dont le message restera, j’en suis persuadé, “le meilleur témoignage que nous puissions donner de notre dignité”. L’enthousiasme de Picasso ne se ralentit jamais. C’est sa force et son secret. Chaque pas en avant lui découvre un nouvel horizon. Le passé ne le retient pas ; le monde s’ouvre à lui, un monde où tout est encore à faire et non à refaire… « C’est ainsi que Picasso est lié à l’histoire éternelle des hommes. Tels sont les mots magnifiques et poignants de Paul Eluard pour dire son amitié à Pablo Picasso. Une amitié qui débute en 1935, lors de leur première rencontre et qui va durer seize ans, jusqu’à la mort d’Éluard, en 1952. Une amitié de toute une vie, créatrice, qui va engendrer une véritable émulation, une fraternité, un engagement. Entre ces deux hommes, tout converge : un même goût pour la poésie, l’art, une même vision de la création artistique, un même style de vie. Dès les années 1920, Paul Eluard collectionnait déjà des œuvres de Picasso, mais c’est au milieu des années 1930 que leur amitié s’affirme. Ils se retrouvent dans les actions collectives du mouvement surréaliste, partagent une même passion pour l’art moderne et la poésie, s’engagent contre le fascisme et pour la liberté des peuples, pour la paix. Cet engagement va nourrir la poésie d’Eluard et l’art de Picasso, dans un dialogue riche et ininterrompu : l’un écrit les plus beaux poèmes pour la paix, indissociables de ses poèmes d’amour, l’autre dessine des colombes dans de multiples variations. Car dans la Bible, cet oiseau annonce à Noé la fin du Déluge en lui apportant un rameau d’olivier. Sublime emblème de la paix, la colombe représente la fin du chaos. Cet engagement pour la paix et la liberté trouvera son ultime expression en 1951, lors de la publication du recueil Le Visage de la paix. À travers une sélection d’une trentaine de poèmes de Paul Eluard, illustrés de dessins de Picasso, ce coffret, rend hommage à ces deux immenses artistes du xxe siècle, à leur engagement pour la paix, universelle et plus que jamais nécessaire. « Je connais tous les lieux où la colombe loge Et le plus naturel est la tête de l’homme. « L’homme en proie à la paix se couronne d’espoir. « L’architecture de la paix Repose sur le monde entier. </p> Paris, 2018 Hazan 224 p., 2 volumes sous emboîtage. 19 x 24
Neuf
Pierre Seghers et Imprimerie Union, Paris 1953. Dépliant (31,8 x 127,8 cm) composé de 3 feuilles assemblées et fixées au dos par une bande de toile. LE LÉGENDAIRE POÈME DE PAUL ÉLUARD ENLUMINÉ AU POCHOIR PAR FERNAND LÉGER. ÉDITION ORIGINALE TRÈS RARE tirée à 212 ex. (12 sur toile + 200 numérotés sur Auvergne Richard de Bas). Première édition illustrée du poème "Liberté j'écris ton nom". Le colophon indique : "Fernand Léger a composé ce livre-objet sur le poème de son ami Paul Eluard. Édition originale achevée d'imprimer le vingt-deux octobre MCMLIII"… Les exemplaires sur toile ont été illustrés à la main par Fernand Léger lui-même. Les exemplaires sur papier Auvergne, dont celui-ci, ont été décorés au pochoir par Albert Jon d'après la composition originale de l'artiste. Pierre Seghers a dirigé la mise en œuvre de ce poème-objet et l'imprimerie Union à Paris en a assuré la réalisation. Cette célèbre ode à la Liberté fut publiée clandestinement dans Poésie et Vérité pendant l'occupation, en avril 1942. Fernand Léger a conçu l'ouvrage sous l'aspect d'un grand placard imprimé, illustré de couleurs vives, replié en accordéon. Le visage de Paul Eluard pensif, du vert, du bleu, du jaune et du rouge, et ces quelques mots "Liberté, j’écris ton nom " ouvrent la vision de Fernand Léger, magnifique hommage de l'artiste au poète disparu l'année précédente d'une crise cardiaque. - ENGLISH DESCRIPTION: Paul Éluard. LIBERTÉ, J'ÉCRIS TON NOM. Édition Originale au pochoir (1953). Pierre Seghers et Imprimerie Union, Paris 1953. Folded stencil impression (31.8 x 127.8 cm) composed of three Auvergne paper sheets joined on the verso with a strip of cloth. FERNAND LÉGER'S FAMOUS STENCIL PRINT, FIRST EDITION. Very scarce first and only printing with pochoir, limited to 212 copies (12 on cloth + 200 numbered copies on Auvergne Richard de Bas paper). First illustrated edition of the historical poem "Liberté j'écris ton nom" (Liberty, I write your name). The colophon states: "Fernand Léger created this artist's book based on the poem by his friend Paul Eluard. First edition completed on October 22, 1913."… The copies on cloth were hand-illustrated by Fernand Léger himself. The copies on Auvergne paper, including this one, were decorated using stencils by Albert Jon based on the artist's original design. Pierre Seghers oversaw the creation of this poem-object, and the Union printing house in Paris produced it. This famous ode to Liberty was published clandestinely in "Poésie et Vérité" during the Occupation, in April 1942. Fernand Léger conceived the work as a large printed placard, vividly illustrated and folded accordion-style. The pensive face of Paul Éluard, the green, blue, yellow, and red hues, and the words "Liberty, I write your name" open Fernand Léger's vision, a magnificent tribute from the artist to the poet who had died the previous year of a heart attack. In very fine condition with luminous colors. The work is housed in the rare publisher's rhodoid slipcase, titled on the spine, which is in excellent condition, despite a small tear and superficial wear to the title, and considering the material's susceptibility to age. Reference: L. Saphire, Fernand Léger. The Engraved Work, p. 300. Additional photographs available upon request.
Très bel état de conservation avec les coloris lumineux. L'œuvre est insérée dans le rare étui de rhodoïd éditeur titré au dos, en excellent état de conservation, malgré un petit manque et une usure superficielle au titre, et compte tenu de la matière sensible au temps. Référence : L. Saphire, Fernand Léger. L'Oeuvre gravé, p. 300. Photographies supplémentaires sur demande.
Paris : Gallimard nrf, 1946. BELLE PROVENANCE ET CURIEUX DESSIN
In-12° (182 x 123 mm), 344 pp. - [1] f., cartonnage éditeur à décor réalisé d'après la maquette de Paul Bonet. Seconde édition, augmentée par rapport à l'originale d'une vingtaine de poèmes, dont des poèmes de guerre. Un des 1000 exemplaires reliés d'après la maquette de Paul Bonet (celui-ci le n°20, corrigé 10 à l'encre) après 105 exemplaires sur vélin pur fil et 8 exemplaires sur papiers de couleurs. Envoi autographe signé à Louis et Denyse Parrot : « à Denyse et / Louis Parrot / à mes amis nécessaires, / toute ma plus grande affection / Paul Éluard ». Sur le feuillet de faux titre portant l'envoi et sur le feuillet blanc en regard, un dessin maladroit, aux feutres vert, brun et rouge : il porte la signature « Paul », tout aussi maladroitement exécutée. Oeuvre d'un jeune imitateur ou... le poète se serait-il essayé à un dessin de sa main non-dominante ? S'il avait déjà fait paraître dès l'âge de 15 ans des poèmes de facture symboliste, Louis Parrot se distingue, en 1934, avec Misery Farm, recueil auto-édité dont il fait parvenir un exemplaire à Paul Éluard : ce dernier se dit admiratif. Ils se rencontrent deux ans plus tard en Espagne. Parrot, qui y a rejoint sa future épouse Denyse Faure, exerce comme lecteur à l'université de Madrid. Devenu bon hispanisant, il traduit notamment La Révolte des masses de José Ortega y Gasset, des poèmes de Pablo Neruda, et co-signe avec Éluard une traduction française de L'Ode à Salvador Dalí de Federico García Lorca. Revenu en France, Parrot s'engage pour la cause républicaine durant la guerre civile d'Espagne. Journaliste de la rubrique culturelle de L'Humanité, il y fait paraître le poème antifranquiste d'Éluard « Novembre 1936 ». Collaborateur de Ce soir dès sa fondation en 1937, il s'établit pendant l'Occupation à Clermont-Ferrand et participe à la Résistance comme correspondant, imprimeur et passeur, hébergeant notamment Éluard. Il fait paraître chez Senghers en 1944 une monographie consacrée à l'auteur des Poèmes pour la paix : il s'agit du premier numéro de la collection « Poètes d'aujourd'hui ». Bien complet du feuillet d'errata. Dos et pourtours des plats assombris.
A Paris, Aux Éditions du Club de l'Honnête Homme,1986.
Bel ensemble complet en 6 grands volumes in-8 (260x175mm), cartonnage d'éditeur toilé violet à têtes dorées, titres dorés au dos, plats gaufrés à froid avec 6 bandelettes géométriques et titre dorés. 344pp,393pp,370pp,337pp,352pp,319pp. Tirage numéroté (1028/6210), celui-ci un des 6000 ex sur vergé des Papeteries Arjomari-Prioux. Maquette de Massin. Accompagné de 48 illustrations en noir hors-texte de Pablo Picasso (portrait de Nusch, Nature morte..) , De Chirico, Max Ernst (portrait de Gala, collages, dessins), Villon, Salvador Dali, Miro, Matisse, Juan Gris.. Cette publication combine les exigences de la chronologie et le respect des recueils successifs favorisant les prépublications lorsqu'elles préexistent. N'y figurent pas les traductions du poète à l'exception de celles du périple grec. Préface de Hubert Juin. Paul Éluard (pseudo de Eugène-Paul-Émile Grindel, 1895-1952) né dans la banlieue ouvrière de Saint-Denis fait paraître ses premiers poèmes en 1913-1914 (Dialogues des inutiles). En 1912, il s'éprend d'une jeune étudiante russe Hélène Dimitrovnie Diakonova ( dite Gala, ''vierge à la robe légère'') ''Un seul être /a fait fondre la neige pure /a fait naître des fleurs dans l'herbe /et le soleil est délivré..'' qu'il épousera le 21 février 1917. C'est Jean Paulhan qui le mettra en relation avec les collaborateurs de la revue Littérature :André Breton, Louis Aragon, Philippe Soupault. Le 4 novembre 1921, Paul Éluard fait la rencontre décisive de Max Ernst à Cologne. Éluard ne se départira pas de l'influence des spirituels baroques du XVI et XVIIème siècle tel Louis-Claude de Saint-Martin. ''Mourir de ne pas mourir'' est achevé d'imprimer le 25 mars 1924, ''Capitale de la douleur'' -dont le titre initial fut L'art d'être malheureux-, recueil majeur de ce temps, en 1926, auquel succédera ''Défense de savoir'' en 1928. Au début des années 30, Paul Éluard rencontre René Char et celle qui est figurante au Grand-Guignol, Maria Benz (dite Nusch) ''Nous deux nous ne vivons que pour être fidèle / A la vie..''. Depuis 1936, c'est Pablo Picasso qui est devenu le frère d'élection de Paul Éluard ''Par ton audace, tu prolonges notre vie..''. Poésie et vérité paraît en 1942, le poème Liberté est déjà sur toutes les lèvres. Et c'est en janvier 1946, alors qu'il est une des grandes figures du Parti communiste français, que sera publiée Poésie ininterrompue. Son dernier volume Poésie ininterrompue II paraît le 11 février 1953. Ensemble en très bon état.
Porrentruy, Les éditeurs des Portes de France, impr. Presses de l’Imprimerie Kundig, à Genève 1947 In-4. Reliure demi-basane fauve, premier plat de couverture conservé, dos à nerfs, tête dorée, 133 pp. Reliure légèrement frottée, pied de dos épidermé.
Tirage limité à 1312 exemplaires. L’un des 1200 exemplaires sur vélin blanc numérotés. Bon état d’occasion
[Saint-Flour], Bibliothèque française, [1943]. Plaquette in-16 de 8 pages. Non coupé.
Édition originale (au format "parachute"), publiée par "l'une des plus importantes maison d'édition clandestine de la guerre, créée par Aragon sur le modèle des Éditions de Minuit dont elle reprend certains titres pour les diffuser en zone sud. D'aspect moins soigné, mais d'une diffusion plus large, la Bibliothèque française publia 15 brochures imprimées par Amarger, à Saint-Flour, sous la direction de Paul Éluard. " L'Intelligence en guerre, n° 654. HORAIRE ESTIVAL : DU LUNDI 27 JUILLET AU SAMEDI 21 AOUT NOUS SERONS OUVERTS UNIQUEMENT SUR RENDEZ-VOUS.
Guy Lévis Mano, 1937. Broché, couverture orange en papier couché bicolore imprimée et illustrée. 18,3 x 13,8 cm.
Illustré en couverture de la gravure "Grand air" de Pablo Picasso reproduite au trait. Édition originale. Il n'y a pas de tirage numéroté, le nôtre sur vélin et un feuillet double de papier teinté comportant entre autre le programme de la soirée du 2 octobre. Couverture salie. HORAIRE ESTIVAL : DU LUNDI 27 JUILLET AU SAMEDI 21 AOUT NOUS SERONS OUVERTS UNIQUEMENT SUR RENDEZ-VOUS.
[AMBLARd, Jean] Triolet, Elsa ; Gillot, Auguste ; Gaucheron, Jacques ; Éluard, Paul
Reference : 141690
(1951)
Paris, les Éditions Cercle d'art 1951 In-4 27 x 21 cm. Broché, dos muet, titre sur le premier plat de couverture illustré, [24] pp., 12 reproductions dont 3 en couleurs. Exemplaire en bon état.
Bon état d’occasion
Dernier texte d'Éluard pour son ami Picasso. Manuscrit autographe S.l.n.d. [circa 1951]. 9 pages 1/2 en 10 f. (210 x 270 mm) à l'encre et au stylo bille sur papier «Montévrain - extra strong». Manuscrit autographe.
L'amitié entre Paul Éluard et Pablo Picasso fut immense. Si il se connaissaient depuis 1916, c'est en 1935 que leur amitié - au moment où s'étiole celle liant le peintre à André Breton - se renforce pour n'être plus jamais démentie, sans ombre ni faille. Quinze ans plus tard, le 18 octobre 1951, Paul Éluard donne à Londres une conférence en l'honneur de son grand ami, lequel va fêter une semaine plus tard, le 25 octobre, ses soixante-dix ans : «J'imagine facilement que l'on vient de publier le cent soixante et onze millième articles et le mille deux centième livres sur Picasso, que l'on en est à sa millionième photographie et que son nom est devenu un mot commun [...]. On n'a jamais parlé d'un peintre vivant comme on parle de Picasso. Et pourtant, cet homme de 70 ans peut être considéré comme le plus jeune artiste de son temps. Commencée il y a plus d'un demi-siècle, son oeuvre continue à se montrer la plus vivace du monde, elle continue à surprendre, à indigner, et, heureusement aussi, à susciter l'admiration et l'enthousiasme. [...] La vérité sur laquelle Picasso s'appuie, c'est sa propre jeunesse. [...] Et, aujourd'hui, nous ne commémorons pas Picasso, nous l'inaugurons. Sa force sera grande, son génie va s'épanouir. Demain ne réalisera pas la promesse d'hier, mais la promesse du lendemain suivant. Ce perpétuel enfant, ce nouveau Faust et ce nouveau Don Juan se promet de séduire, de méduser [...]. Que fait Picasso aujourd'hui ? Une chèvre. Pour ses côtes, il a pris des branches, pour ses mamelles deux marmites, pour ses cornes, un guidon de bicyclette. Et la chèvre commence à vivre. Et Picasso est né». La complicité fraternelle entre le peintre et le poète, qu'Éluard qualifie de « sublime » dans une dédicace à Picasso, ne prend fin qu'au décès du poète le 18 novembre 1952 : un an et un mois jour pour jour après cette conférence. Le manuscrit, à l'encre bleu nuit ou au stylo bleu, présente de nombreuses et importantes ratures et corrections. Un fragment en a été publié, sous le titre « Le plus jeune artiste du monde », à la une du numéro des Lettres françaises du 25 octobre 1951, lui aussi consacré au peintre catalan, avec une photographie par Man Ray surplombée, en lettres capitales, d'un large « PICASSO A 70 ANS ». Une double page est consacrée au peintre. Le texte de la conférence, dans son intégralité, est inédit. Ce sera le dernier texte d'Éluard consacré à son ami : les deux hommes venaient d'achever l'édition du Visage de la paix, un recueil de 29 poèmes illustré d'une lithographie de Picasso. Éluard lui avait consacré, dès 1944, un premier hommage aux Éditions des trois collines, à Genève : À Pablo Picasso, pour la collection « Les Grands peintres et leurs amis ». Le poète avait alors réuni tous les textes écrits sur son ami, depuis la conférence « Je parle de ce qui est bien » : « En janvier 1936, à Barcelone, lors de l'exposition organisée par ADLAN [Amics de l'Art Nou] en hommage à Picasso (qui n'avait jamais été exposé en Espagne depuis 1900), Éluard joue le rôle d'ambassadeur itinérant du peintre ; il donne une conférence dans cette ville qui est radiodiffusée, avant d'aller porter la bonne parole à Madrid. » (Emmanuel Guigon, directeur du musée Picasso de Barcelone, dans la préface au catalogue Picasso - Éluard, 2020). L'artiste traversait alors une grave crise : séparé d'Olga, il s'est arrêté de peindre et s'est mis à écrire des poèmes. Entre les deux hommes, tout converge alors : un même goût pour la poésie et une même vision de la création artistique. Leur amitié, seize années durant jusqu'à la mort du poète, va engendrer des oeuvres communes : la première sera Les Yeux fertiles, parue en 1936 où les dessins de l'un répondent aux poèmes de l'autre. Un remarquable hommage du poète à son ami peintre. Ancienne collection Jacques Millot (Paris, Bibliothèque du Professeur Millot, Ader, 15 juin 1991, n° 66).
Guy Lévis Mano, 1937. Broché, couverture orange en papier couché bicolore imprimée et illustrée. 18,3 x 13,8 cm.
Illustré en couverture de la gravure "Grand air" de Pablo Picasso reproduite au trait. Édition originale. Il n'y a pas de tirage numéroté, le nôtre sur vélin (différent du précédent) et un feuillet double de papier bleu comportant entre autre le programme de la soirée du 2 octobre. [164]. HORAIRE ESTIVAL : DU LUNDI 27 JUILLET AU SAMEDI 21 AOUT NOUS SERONS OUVERTS UNIQUEMENT SUR RENDEZ-VOUS.