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Le Feu Follet - Paris
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Référence : 29805

‎ VIVANT DENON Dominique ‎

‎Voyage dans la Basse et Haute Egypte : Tableau hiéroglyphique, extrait d'un manuscrit Egyptien. (Planche 141).<br /><br />‎

‎" - Didot, Paris 1803, 68x52,5cm, une feuille. - Gravure originale in folio non rognée, extraite du Voyage dans la Basse et la Haute Egypte de Vivant Denon. Planche dépliante ornée d'une gravure ainsi décrite par l'auteur: Autre manuscrit trouvé à Thebes, et rapporté au moment où j'achevois mon ouvrage : il a été donné au général Andréossy, qui a bien voulu me le communiquer c'est le plus considérable de tous ceux que j'ai vus : il a douze pieds de longueur, et contient dix-neuf pages d'écriture, qu'il sera très intéressant de publier dès qu'on sera parvenu à lire ces especes de manuscrits : je me suis contenté de prendre la vignette, qui m'a paru assez intéressante pour mériter d'être ajoutée à douze autres estampes que je donne de plus que celles que j'avois annoncées à mes souscripteurs. Ce dernier manuscrit a quelque analogie avec celui en toile (planche CXXV), qui a de même dix-neuf pages, un tableau, et une vignette ou espece de frise qui regne sur le dessus de toutes les pages celle-ci est malheureusement trop fruste pour avoir conservé de l'intérêt, ainsi qu'on peut le voir dans la partie supérieure du tableau j'ai remarqué dans les fragments qui restent, des crocodiles, un scorpion, une écrevisse: ce manuscrit, divisé par chapitres, le commencement de chacun d'eux est écrit en rouge trois des pages semblent être la récapitulation ou le titre des chapitres: composés chacun d'une demi-ligne, le premier mot qui commence la ligne est le même tout le long de la page, et semble devoir être un article ou un pronom il y en a un différent à chacune des pages : je les ai copiés fidèlement tous les trois (voyez lettres A, B, et C). Le papyrus de ce dernier manuscrit m'a paru plus fin, l'écriture d'un plus beau caractere, et la touche du dessin un peu plus ferme, et d'un style plus précis: je crois qu'il est de ces especes de dessins comme de ceux que nous voyons sur les vases étrusques, c'est-à-dire qu'il doit y avoir tout naturellement une grande variété dans la perfection de leur exécution, et qu'il est possible qu'il en existe d'aussi purs et d'aussi précieux que la sculpture de certains hiéroglyphes qui ont la précision de l'orfèvrerie. J'ai gravé celui-ci moi-même, et j'y ai mis une grande imitation de la touche ses couleurs se sont conservées très vives elles sont posées à plat je les ai blasonnées dans la gravure pour les faire connoître : la ligne verticale indique le rouge, la ligne horizontale le jaune, l'inclinée le verd, et la croisée le noir la premiere disposition du tabeau avoit été tracée au crayon gris il en paroît encore quelques traces près des colonnes (voyez les lignes ponctuées). En humectant le papyrus pour le dérouler, il a répandu une odeur si forte et si pénétrante, quoiqu'agréable, qu'il a fallu ouvrir les fenêtres pour ne pas en être incommodé. J'ai cru trouver dans les personnages une nouvelle raison de penser que ces coiffures étranges, présentant des têtes d'animaux sur des corps d'hommes, étoient des especes de masques, des signes extérieurs qui indiquoient la dignité attachée aux degrés d'initiations, et dont les initiés étoient revêtus dans les cérémonies. La figure n° 15, dans l'acte d'écrire, est un personnage vivant, dans un mouvement actif ses jambes et ses bras sont rouges, de couleur animée, et sa tête, surmontée d'un bec d'oiseau, ne doit être qu'une figure superposée. La figure 3, entre deux divinités, est sans marques de dignité, sans barbe elle a le simple habit sans couleur que portoient tous les Égyptiens sa chair est rouge elle est dans l'attitude d'un aspirant, et en est peut-être un : toutes les petites statues, trouvées étudiant sur des manuscrits, sont également sans marque de dignité, sans barbe, et paroissent toutes être jeunes. Les deux figures n° 10 et 13, qui sont sous le fléau de la balance, et qui semblent en régler l'équilibre, sont du genre de la premiere tandis que la petite, n° 5, vêtue d'une seule toile blanche, et qui met une divinité dans un des bassins de la balance, est de la classe de celle n° 3 elle paroît établir l'équilibre de l'autre bassin, dans lequel est l'emblême de la terre : les deux extrémités du fléau de la balance sont terminées par deux fleurs de lotus, peut-être signifiant l'équilibre des eaux, qui fait seul fleurir cette plante et la figure du chien ou du cynocéphale, n° 8, qui est au-dessus du support, qui est verte, qui a un gros ventre, et qui épanche de l'eau sur l'image de la terre, qui lui est présentée par l'initié à la figure d'Osiris, est peut-être le vent de la pluie, celui qui presse les nuages contre la chaîne des montagnes de la lune, celui qui produit le trop ou trop peu d'inondation cette figure d'Osiris, n° 10, paroît avec l'une et l'autre main en chercher l'équilibre. L'espece de lion, n° 17, avec des mamelles, qui est sur un autel, la gueule ouverte, la langue haletante, est aussi une particularité que je n'ai trouvée nulle part ailleurs l'offrande d'une fleur aquatique, et d'un vase transparent à moitié plein d'eau, n° 18et 19, n'indiqueroit-elle pas l'invocation à la divinité pour obtenir l'entiere inondation dont la terre altérée sollicite le secours? C'est toujours pour obtenir de l'eau que l'on prie en Égypte, parceque c'est toujours l'eau qui y produit tout, qui est le principe de tout, l'objet de tous les voeux, la source de toutes les craintes, parceque c'est le premier besoin , le principe de la végétation et celui de l'abondance. Chaque antiquité que l'on trouve fournit une assertion qui souvent ne vient qu'à l'appui d'une erreur : voulant donner une histoire à un grand peuple éclairé, puissant, qu'une longue suite de siecles a séparé de nous pendant nombre et nombre de siecles par une barriere mystérieuse, chacun a voulu voir dans les premiers fragments des monuments égyptiens apportés en Europe l'application d'un systême prématuré impatient, on a voulu y trouver l'explication du ciel, de la terre, les principes du gouvernement de ce peuple, et le tableau de ses moeurs celui des cérémonies de son culte, de ses arts, de ses sciences, et de son industrie : les formes hiéroglyphiques se sont prêtées au délire de l'imagination et, s'appuyant sur des hypotheses, chacun s'est avancé avec la même autorité par des routes différentes, et toutes également obscures et hasardées. Un auteur, trouvant un jour une suite de vignettes , s'avisa de parodier ces estampes le roman se trouvant agréable, personne ne s'avisa de revendiquer sa conquête : mais ici que l'histoire peut protester contre la parodie chaque fois qu'on apporte une authenticité nouvelle, plus les objets de comparaison se multiplient, et plus on craint de hasarder des rêves, et moins par conséquent on ose écrire. Amasser sans système et rassembler des monuments qui offrent des rapprochements et des rapports, si ce n'est pas donner la lumiere, c'est battre la pierre dont s'échappe l'étincelle qui la produit. Bien pénétré de ce sentiment, j'ai trouvé en moi ce courage passif qu'il falloit avoir pour faire des dessins hiéroglyphiques, cette pieuse ardeur, ce zele aveugle enfin qui ne peut être comparé qu'à celui de nos vestales, qui, naguere, dans une langue étrangere, prioient, croyoient, adoroient, sans comprendre. Important manque angulaire sans atteinte à la gravure, plusieurs traces de pliure, quelques infimes traces de rousseurs, sinon bel état de conservation. Publié pour la première fois en deux volumes, dont un atlas de gravures, chez Didot, en 1802, le 'Voyage dans la Basse et la Haute Égypte' connut un tel succès qu'il fut traduit dès 1803 en Anglais et en Allemand, puis quelques années plus tard en Hollandais et en Italien, notamment. Presque toutes les planches sont dessinées par Denon, qui en a aussi gravé lui-même un petit nombre, notamment des portraits d'habitants d'Egypte, qui ont encore gardée toute la fraîcheur d'esquisses prises sur le vif (nos 104-111). Une bonne vingtaine de graveurs ont également collaboré à la création des eaux-fortes dont Baltard, Galien, Réville et d'autres. Dominique Vivant, baron Denon, dit Vivant Denon, né à Givry le 4 janvier 1747 et mort à Paris le 27 avril 1825, est un graveur, écrivain, diplomate et administrateur français. A l'invitation de Bonaparte, il se joint à l'expédition d'Egypte en embarquant dès le 14 mai 1798 sur la frégate "" La Junon "". Protégé par les troupes françaises, il a l'opportunité de parcourir le pays dans tous les sens, afin de rassembler le matériau qui servit de base à son travail artistique et littéraire le plus important. Il accompagne en particulier le général Desaix en Haute Egypte, dont il rapporte de très nombreux croquis, lavis à l'encre et autres dessins à la plume, à la pierre noire, ou à la sanguine. Il dessine sans relâche, le plus souvent sur son genou, debout ou même à cheval, et parfois jusque sous le feu de l'ennemi. A l'issue d'un voyage de 13 mois durant lesquels il dessine plusieurs milliers de croquis, Vivant Denon rentre en France avec Bonaparte, et devient le premier artiste à publier le récit de cette expédition. Les 141 planches qui accompagnent son Journal retracent l'ensemble de son voyage, depuis les côtes de la Corse jusqu'aux monuments pharaoniques de la Haute Egypte. Bonaparte le nomme ensuite directeur général du musée central de la République, qui devient le musée Napoléon, puis le musée royal du Louvre et administrateur des arts. En 1805, Vivant Denon relance le projet de la colonne Vendôme, qui avait été suspendu en 1803. Il organise ensuite des expéditions dans toute l'Europe impériale pour amasser les objets d'art, qui sont pillés pour être emportés au Louvre. En 1814, Louis XVIII le confirme à la tête du Louvre, dont une aile porte encore son nom aujourd'hui. Il est considéré comme un grand précurseur de la muséologie, de l'histoire de l'art et de l'égyptologie. - Photos sur www.Edition-originale.com - " Didot Paris _1803 68x52,5cm une feuille‎

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