LUCIEN de la traduction de N. Perrot Sr. d'Ablancourt. Divisé en deux parties. Quatrième édition, nouvellement revue et corrigée. Amsterdam, J. de Ravestein, 1664. 2 vol. pet. in-8 (15.5 x 10 cm), titre-frontispice gravé non signé en tête du premier volume, 14 pp. n. ch., 418-(14), 450-(22) pp., velin hollandais à rabat et coutures apparentes, pièces de titre postérieures aux dos (XIXè s.). Brunet III, 1211 ne cite pas cette édition. La première édition de cette traduction, faisant partie des " belles infidèles " de Perrot d'Ablancourt, a été donnée à Paris en 1654 (in-4).
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| EDITION PEU COMMUNE dont un seul exemplaire incomplet du tome II est présent au CCfr. BEL EXEMPLAIRE TRES FRAIS dans sa première reliure bien conservée. Perrot d'Ablancourt motive ainsi son travail de traduction dans l'épître : " Comme la plupart des choses qui sont ici, ne sont que des gentillesses et des railleries, qui sont diverses dans toutes les langues, on n'en pouvait faire la traduction régulière. Il y a même des pièces qui n'ont pu se traduire du tout, comme celle du Jugement des voyelles, et deux ou trois autres semblables, qui consistent dans la propriété des termes grecs, et qui ne seraient pas entendues hors de là. Toutes les comparaisons tirées de l'Amour, parlent de celui des Garçons, qui n'était pas étranger aux mœurs de la Grèce, et ferait horreur aux nôtres. L'auteur allègue à tous propos des vers d'Homère, qui seraient maintenant des pédanteries, sans perler des vieilles fables trop rebatues, de proverbes, d'exemples et de comparaisons surannées, qui feraient à présent un effet tout contraire à son dessein : car il s'agit ici de galanterie, et non pas d'érudition. Il a donc fallu changer tout cela, pour faire quelque chose d'agréable : autrement, ce ne serait pas Lucien : et qui plait en sa langue, ne serait pas supportable en la nôtre. D'ailleurs, comme dans les beaux visages il y a toujours quelque chose qu'on voudrait qui n'y fût pas : aussi dans les meilleurs auteurs, il y a des endroits qu'il faut retoucher ou éclaircir, particulièrement quand les choses ne sont faites que pour le plaisir : car on ne peut souffrir le moindre défaut : et pour peu qu'on manque de délicatesse, au lieu de divertir on ennuye. Je ne m'attache donc pas toujours aux paroles ni aux pensées de cet auteur : et demeurant dans son but, j'agence les choses à notre air et à notre façon. Les divers temps veulent non-seulement des paroles, mais des pensées différentes, et des ambassadeurs ont coûtume de s'habiller à la mode du pays où on les envoye, de peur d'être ridicules à ceux à qui ils tâchent de plaire. Cependant, cela n'est pas proprement de la traduction, mais cela vaut mieux que la traduction et les anciens ne traduisaient point autrement. C'est ainsi que Térence en a usé dans les comédies qu'il a prises de Ménandre, quoi qu'Aullu-Gelle ne laisse pas de les nommer des traductions, mais il n'importe du nom, pourvu que nous ayons la chose. (.) Il y a beaucoup d'endroits que j'ai traduits de mot à mot, pour le moins autant qu'on le peut faire dans une traduction élégante : il y en a aussi où j'ai considéré plutôt ce qu'il fallait dire, ou ce que je pouvais dire, que ce qu'il avait dit à l'exemple de Virgile dans ceux qu'il a pris d'Homère et de Théocrite. Mais je me suis resserré presque partout, sans descendre dans le particulier qui n'est plus de ce temps-ci. Je sais bien pourtant que cela ne plaira pas à tout le monde, et principalement à ceux qui sont idolâtres de toutes les paroles et de toutes les pensées des Anciens, et qui ne croient pas qu'un ouvrage soit bon, dont l'auteur est encore en vie. Car ces gens-là crieront comme ils faisaient du temps de Térence (.). " |