| N° 1, du 18 au 24 juin 1848. N° 2, août 1848. Impression sur trois colonnes. COLLECTION COMPLETE de ce périodique DE TOUTE RARETE. Gérante : Désirée [Véret] Gay. Rédactrices Jeanne Deroin, Marie Dalmay, Augustine Genoux, Henriette Sénéchal directrice des Ateliers nationaux. Désirée Véret, convertie à la doctrine de Saint-Simon en 1832, se rallia ensuite au fouriérisme, et fut introduite dans les cercles oweniens lors d'un séjour en Angleterre. Militante chevronnée, elle demande en 1848 l'aide du gouvernement pour l'organisation du travail des femmes et est élue déléguée aux Commissions ouvrières pour représenter les intérêts des ouvrières auprès du gouvernement provisoire. Elle participa au journal fondé par Eugénie Niboyet en mars 1848, La Voix des Femmes, avant de s'en séparer et de fonder avec Jeanne Deroin, cette feuille socialiste, La Politique des Femmes. Le sous-titre du premier numéro " publié pour les intérêts des femmes, et par une société d'ouvrières" ", celui du second " publié par les ouvrières" " ainsi que la devise qu'il porte en exergue " Liberté, égalité, fraternité pour tous et pour toutes " donne le ton et le sens du journal : socialiste, il fait entendre la voix des ouvrières, et non plus celle des " dames patronnesses" " (bourgeoises, intellectuelles). Désirée Gay entend que l'avis des ouvrières, tiré de leur expérience, soit pris en compte. Elle double la solidarité féminine d'une solidarité de classe, établissant un lien entre la misère des uns et l'oppression des autres. Le journal est très clair toutefois affirmant que " c'est une erreur de croire qu'en améliorant le sort des hommes, on améliore par cela seul, celui des femmes. " L'amélioration du sort des ouvrières est indispensable à l'amélioration de la société dans son ensemble. " Notre but politique est le même que [celui des hommes]. Mais notre point de vue est différent, nous devons avoir chacun notre originalité. Sous le vaste étendard du socialisme, la politique des femmes peut marcher de front avec la politique des hommes. " Sa publication est arrêtée après le second numéro " faute d'argent pour le cautionnement ". (Hatin, 504 : Abensour, Le Féminisme sous le règne de Louis-Philippe et en 1848, p. 244 ; Riot-Sarcey, La démocratie à l'épreuve des femmes, pp. 233-235 ; Maitron II, 246). |