| Ninon de Lenclos (1616-1706), courtisane et libertine par décision, elle le fut avec panache décence et dignité. Son parcours de vie est sans exemple. Au caractère bien trempé, bien née de parents nobles : d'une mère orléanaise bien-pensante et d'un père tourangeau, frivole et dispersé - elle sut s'entourer bien. Femme d'esprit, cultivée, ses bons mots faisaient mouche. Sa maison fut le rendez-vous des beaux esprits de son siècle : Scarron la consultait sur ses romans, Saint-Evremond sur ses vers, Molière sur ses comédies, Fontenelle sur ses dialogues. C'est elle qui introduisit Corneille à la Cour et le soutint sans coup férir. Ses amants furent non moins prestigieux et elle compta entr'autres le Grand Condé, le Duc de La Rochefoucauld et aussi le fils de Madame de Sévigné ce qui ennuya bien la Marquise, mais Ninon étant bonne fille, le remit dans le droit chemin et le conserva comme ami cher, etc. L'austère Richelieu, à la fin de sa vie, ne serait pas resté insensible aux charmes de Ninon, sans parvenir cependant à la détourner de sa libertine trajectoire. Elle demeura, sa vie durant, l'indéfectible amie de Mme de Maintenon, jadis l'épouse du vieux Scarron. Le parcours de Ninon est celui d'une grande modernité. Femme de caractère et de libre-pensée, elle ne sacrifia jamais sa liberté qu'elle voulut entière. Quelques-uns de ses aphorismes : "Il faut aimer avec passion, mais quelques minutes seulement". "Les femmes qui aiment sont des créatures perdues à jamais". ou encore : "L'amour est une distraction qui en vaut bien une autre" . |