| "Importante lettre du général Boudet datée du 10 ventôse an X (1er mars 1802) rendant compte à Leclerc des dernières actions à Port Républicain (Port au Prince) au secours de la garnison attaquée par le chef rebel Dessalines. ""Votre lettre, Général, m'est parvenue hier au Port au Prince où je m'étais rendu d'après les considérations que j'ai eu l'honneur de vous expliquer par ma lettre dattée de St Marc. Le Sud conservé à la République a été un instant parfaitement tranquile ; mais Jérémie, un des points principaux où Dessalines avait ses partisans, me laissait des inquiétudes ; elles se trouvent réalisées aujourd'hui par les dépèches que je vous envoie ; cependant, je suis presque certain que rien n'éclattera. Je viens d'envoyer des hommes de confiance dans cette partie (.)"" Boudet ne manque pas au passage de signaler qu'il fut pris à parti, en rejoignant la division Debelle, par les troupes de Toussaint Louverture. Pour l'heure, Dessalines battant en retraite et se retirant vers les régions montagneuses des Cahors, Boudet propose alors de l'intercepter depuis Mirebalais, attendant les renforts de Leclerc. St Marc était un point important pour lancer une offensive aux Gonaïves où le général en chef avait l'intention d'encercler son adversaire. Il fallait pour cela contrôler la vallée de l'Artibonite depuis Mirebalais. ""En partant de St Marc, je laissai le chef d'escadron Vallabregue tenir la ligne de l'Artebonite, comme vous m'en avais donné l'ordre (.) Je ne peux vous taire, Général, qu'un dévouement particulier, m'avait fait marcher avec aussi peu de monde contre le rassemblement général de l'armée de Toussain, car il était possible que j'éprouvasse une défaite totale, surtout lorsque j'avais à forcer les points les plus forts occupés par l'ennemi ; s'il ne s'y est pas deffendu, sans doute que l'affaire du Port Républicain était encore présent à sa mémoire. Rendu au Port Républicain et connaissant la retraite de l'ennemi sur les Cahors, j'ai cru devoir lancer sur ses derrières tout ce que j'avais de troupes disponibles ici. Le 12 j'aurai 700 hommes à une journée de marche du Mirbalais et par les dispositions que je prends, j'espère que ce corps approchera beaucoup l'ennemi dans sa position (.)"" C'est à la suite de ces dispositions qu'auront lieu les plus durs combats contre Toussaint, dans le cours du mois de mars. On peut mesurer enfin, à travers ce bref rapport, la situation de guerrilla et la difficulté des combats à mener contre des ennemis aguerris par plusieurs années de lutte, connaissant parfaitement le terrain ; après la recherche des chefs rebelles, la terreur apparait comme une alternative pour maintenir la paix dans l'île : ""Je fais part aujourd'hui de vos succès, c'est le seul moyen de contenir ces hommes qui ne seront nos amis qu'autant qu'ils nous craindront.""" |