| Francis Yard, poète meurtri. |
Très belles lettres de Francis Yard, empreintes de poésie, écrites à la fin de la Grande guerre, évoquant sa vie de reclus, la poésie de Féret et l'écriture de La Chanson des Cloches (parue en 1921). «Voilà des années que je vis en silence. Le monde fait trop de bruit pour moi. Les pipeaux de Marsyas ont chanté dans la solitude... intérieure... Et rien ne leur a répondu que le bruit de la massue de Nimrond, qui tombe, tombe et retombe sur le monde, au rythme du marteau de Tubalcaïn. L'orage a tué par milliers les brebis et les loups, la foudre a déraciné les arbres et démoli les bergeries. Marsyas, dont le coeur est simple, en demeure épouvanté. Mais il attend l'aurore [...]». Il évoque les poèmes de Féret. «Ces beaux distiques, purs comme d'admirables lèvres humaines, chantent l'éternel désir de la vie... Ils sont de brûlants baisers préludant à la grande caresse, la grande caresse qui fait de l'homme un dieu dans la nature. Ils m'ont ému, ravi, transporté, et même, le dirai-je ? excité... J'étais seul, bien seul, tout seul dans le silence des arbres quand je les ai lus pour la première fois... Je vivais un bel après-midi d'août sous les chênes... malgré l'époque épouvantable, j'étais presque heureux : je m'étais abstrait des contingences. Le soleil faisait bouillonner la vie autour de moi et l'exaltante solitude me transformait en harpe vibrante, en lyre d'Eole [...]». lettres autographes signées Nombre de document : 2 Nombre de page : 6 In-8 et in-12 bon
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| Yard François Athanase dit Francis 1876 1947 Poète normand ; il passe les 11 dernières années de sa vie dans son lit, dans un état de clochardisation, et meurt dans la plus grande misère. ( Poètes Normands ) |
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