| Durey de Morsan, écrivain persifleur. |
Longue lettre ironique et pathétique de cet ami de Voltaire et des philosophes, faisant état de ses difficultés avec la censure et les éditeurs, et de l'abandon de ses proches. Il évoque la commission faite pour Mercier auprès du censeur royal et la publication de son ouvrage "Moyens de lire avec fruit, traduit de l'italien de Sacchini". «Pour prix de mon travail, maître Guillot devait me donner brochés quarante exemplaires. Ayant eu l'approbation d'un censeur, pourquoi mettre La Haye au lieu de Paris ? Guillot, depuis deux ans a mon manuscrit, et ne m'a point encore honoré d'un seul mot de lettre. J'avais dédié ma traduction à M. Claparède [...]. Il y a plus de 3 ans que ma traduction est faite et je ne pus trouver à Genève, ni en Suisse, ni à Neuchatel, ma patrie adoptive, ni à Lyon aucun typographe qui voulut m'imprimer, même sans autre rétribution qu'une quarantaine d'exemplaires brochés. A la suite de l'opuscule latin, déjà cité, il y a un discours aussi en latin du même P. Sacchini sur le danger des lectures érotiques. J'en ai fait aussi la traduction, où j'ai mis en vers français les vers grecs et latins cités par le P. Sacchini [...]. J'ignore si Guillot a retranché de discours académico-scolastique [...]». Il fustige l'inventeur de la «bierre de santé», se plaint de sa santé défaillante. «J'aimerais fort l'assistance de Sophie ; mais Sophie n'aimerait point à m'assister, ni à être mon bâton vieillesse. Il faut que je crève tout seul, comme un chien galeux, abandonné de son maître. Eh bien ! soit. Le plus tôt sera le mieux. Je suis un tronc inutile à la forêt où je me trouve. Je n'existe que pour souffrir et cela ira toujours en empirant [...]». En post-scriptum, il évoque le souvenir de Voltaire. «J'ai relu dernièrement avec un plaisir larmoyant votre bon Evêque de Lisieux [Jean Hennuyer, évêque de Lisieux, drame en trois actes de L.-S. Mercier, paru en 1772], dont feu Voltaire était pénétré jusqu'au fond de l'âme. L'exposition de ce drame est en action théâtrale ; les couplets en sont moins longs que ceux de Zoë ; la marche en est plus rapide. Je voudrais que d'Herbois la fit jouer ici, abonnement suspendu. Si j'avais un organe favorable, j'y jouerais volontiers le rolle du Pontife et je payerais volontiers un louis chaque fois pour jouer ce rolle intéressant et noble». lettre autographe Nombre de document : 1 Nombre de page : 4 In-4 01/02/1779 Adresse au dos, avec cachet de cire rouge. petites brunissures, déchirure à l'ouverture.
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| Durey de Morsan Joseph Marie 1717 1795 Philosophe et littérateur libertin, ami de Voltaire qui l'accueillit à Ferney en 1773. ( Libertins ) |
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