| Important texte théorique, publié dans le premier numéro de "Minotaure", qui pose le problème des limites de l'art et de leur dépassement. Crevel montre comment les films et les objets surréalistes ont "réanimé, concrètement, et sans métaphore, le cadavre des choses". Ce sont autant de "miroirs métamorphosants" qui, par leur caractère merveilleux et nouveau, s'assimilent à l' "enfance de l'art". Le titre fait aussi bien référence à l'époque lointaine des peintures rupestres qu'à la verdeur de cette esthétique d'avant-garde. Les critiques les plus acerbes portent sur un certain art "domestique", à la Pompon, tel qu'il se développe alors dans les doctrines réalistes : "De farouches bêtes des bois [ont] dégénéré en grosses bêtes de maison... Tel lion a dû accepter de se laisser fondre dans un bronze dérisoire du haut d'une cheminée bien française où le voici posé, il n'a d'autres ressources que de regarder une famille couper la poire en deux, en quatre, en six, en huit..." C'est par une écriture représentative des possibilités qu'offre le surréalisme, où se juxtaposent des idées et des images aléatoirement associées, que se révèle le mieux cette tentative de libération des formes. Ainsi le langage dans lequel est exposée cette théorie devient aussi son meilleur exemple et son premier argument. Document spectaculaire, d'une écriture très dense, avec ratures et corrections. Avant-dernier article de Crevel publié dans une revue surréaliste, cet important texte fait partie du corpus qui ouvre le premier numéro de "Minotaure", publication que l'éditeur Skira souhaitait recentrée sur l'art. Cette contribution belle mais déroutante, parfois même acerbe, s'incrit dans le sillage de l' "Esprit contre la raison" ou du "Clavecin de Diderot". On y voit se cristalliser autour des questions esthétiques l'ensemble des problèmes auxquels se trouve confronté le Surréalisme d'alors, et montre surtout "l'enfermement" qui frappe la plupart des tendances contemporaines. Insistant sur la faiblesse inhérente à toute représentation artistique, Crevel se place ainsi sur la position théorique la plus avancée, faisant l'éloge de "L'Age d'or" et des objets surréalistes, [qui] "ont réanimé, concrètement, et sans métaphore, le cadavre des choses". Ce sont autant de "miroirs métamorphosants" qui, par leur caractère merveilleux et nouveau, rejoignent l' "enfance de l'art". Mais toutes les acceptions de sens sont valables, et le titre fait aussi référence à l'époque lointaine des peintures rupestres, ainsi qu'à la verdeur de cette avant-garde. C'est par une écriture représentative des possibilités qu'offre le surréalisme, où se juxtaposent des idées et des images aléatoirement associées, que se révèle le mieux cette tentative de libération des formes. Ainsi le langage dans lequel est exposée cette théorie devient aussi son meilleur exemple et son premier argument. Document spectaculaire, d'une écriture très dense, avec ratures et corrections. |