| "Suppléant une lacune de l'historiographie, Ch. F. a analysé avec une extrême minutie le rôle capital joué par les deux ministres, notamment dans le domaine de la marine & dans celui des colonies (ä) Mais l'intérêt exceptionnel de ce livre réside dans l'étude annoncée par son sous-titre : Louis Phélypeaux, comte de Pontchartrain, appartient à une lignée ministérielle depuis le début du XVIIe s., lignée bientôt divisée en 2 branches (ä) Scrutant inlassablement registres d'état civil & minutes notariales, Ch. F. a mis à plat les liens multiples & enchevêtrés noués par les Phélypeaux avec toute une série de familles de robe, les Talon, les Fouquet, les Maupeou, les Bignon, mais aussi éventuellement avec la vieille aristocratie (ä) Or ces liens sont vivants & animent des réseaux susceptibles de jouer (ä) Au-delà d'intérêts personnels, qui pouvaient jouer éventuellement, c'est l'intérêt de l'Etat qui était en cause, et le roi qui n'ignorait rien d'un tel fonctionnement ne pouvait qu'approuver tacitement et utiliser un système dont l'efficacité était évidente" (Fr. Lebrun). // "Rompus depuis des générations à la pratique d'un système d'alliances éprouvé, les grandes familles de la parentèle Pontchartrain purent se tailler une large place dans l'occupation des postes ministériels, de la Régence de Philippe d'Orléans à la fin du règne de Louis XVI. Ce fut donc une réussite collective, elle-même due au départ à l'action décisive entre 1689 & 1714 de Louis de Pontchartrain, d'abord contrôleur général des finances et secrétaire d'Etat, puis chancelier de France." |