| Le "Theophraste" est l'ouvrage le plus important du philosophe néoplatonicien Aeneas de Gaza (Vème s.). C'est un traité sur la résurrection des corps où se mêlent des conceptions philosophiques, scientifiques et alchimiques. "Un texte très explicite se lit dans le Théophraste d'Enée De Gaza, dialogue relatif à la résurrection des morts, et qui constitue avec Pline et Manilius, en dehors des papyrus et des manuscrits alchimiques... le plus ancien document précis, de date certaine, où il soit question de la transmutation des métaux. Enée De Gaza était un philosophe néoplatonicien du Ve siècle, élève d'Hiéroclès, et qui se convertit plus tard au christianisme. Après avoir exposé que le corps humain, formé par l'assemblage des quatre éléments (terre, eau, air, feu), les reproduit par sa décomposition, il reprend la thèse platonicienne des idées, d'après laquelle: 'La forme subsiste, tandis que la matière éprouve les changements, parce que celle-ci est faite pour prendre toutes les qualités. Soit une statue d'Achille en airain; supposons-la détruite, et ses débris réduits en petits morceaux; si maintenant un artisan recueille cet airain, le purifie, et, par une science singulière, le change en or et lui donne la figure d'Achille, celui-ci sera en or au lieu d'être en airain; mais ce sera pourtant Achille. Ainsi se comporte la matière du corps dépérissable et corruptible, qui par l'art du créateur devient pure et immortelle'.... C'est toujours la même association entre les diverses pratiques de la chimie du feu, relatives aux verres et aux métaux. Le mélange mystique des idées de transmutation et de résurrection se retrouve dans les traités des alchimistes grecs, aussi bien que dans Enée de Gaza" (Marcellin Barthelot) Le "Theophraste" fut traduit en latin d'après un manuscrit, par le grand humaniste italien Ambrogio Traversari (1386-1439) et imprimé pour la première fois à Venise en 1513 par les soins d'Agostino Giustiniani d'une importante famillle de Gênes. La présente édition est très rare et particulièrement intéressante. En effet elle a été réalisée à l'initiative d'un descendant de Giustiniani, Giovanni Georgio Giustiniani, qui y a ajouté 5 lettres inédites gardées dans la famille, d'un de ses ancêtres concernant la vie à Gênes au XV siècle.; elles sont datées de 1440, 1443 et 1446. La dernière de ces lettres est un précieux témoignage du séjour à Gênes en 1446 du philosophe espagnol Fernando de Cordoba (c. 1425-c.1486), alors âgé de 20 ans. D'une intelligence extrardinaire, Fernando de Cordoba fut un adolescent prodige qui maitrisait le latin, le grec, l'hebreu, l'arabe; il savait par cœur les oeuvres d'Aristote, d'Hippocrate, d'Avicene, de Saint-Thomas, la Bible, etc. Il était également maitre en droit civil et canonique, peintre, musicien et soldat. Il visita diverses universités d'Europe participant à des disputes intellectuelles où son savoir et sa jeunesse faisaient l'admiration des professeurs et du public. Cette lettre décrit les joutes publiques que le jeune philosophe espagnol soutint victorieusement au cours de son séjour à Gênes avec les personnalités les plus savantes de la ville. Ce curieux document historique qui parait ici pour la première fois a fait l'objet d'une étude par Carlo Braggio (1890) et a été utilisée par A. Bonilla San Martin dans son ouvrage "Fernando de Cordoba y los origenes del Renacimiento Filosofico en España" (1911). Frontispice gravé représentant, dans un encadrement de motifs militaires et religieux sur fond de paysage maritime, le prince Andreas Iustinianus Bassani à qui l'ouvrage est dédié. Quelques traces de ver marginales, vélin d'origine avec quelques réparations. Marcellin Berthelot, "Les Origines de l'Alchimie". "Alchimie et Philosophie à la Renaissance" (Actes du colloque international de Tours, 1991 (Paris, Vrin, 1993). A. Bonilla y San Martin, "Fernando de Cordoba y los origenes del Renacimiento filosofico en España" (Madrid, 1911). Aucun exemplaire dans les bibliothèques américaines (cf. NUC). |