| Nouvelle édition de la traduction de Le Tourneur, revue et corrigée. *R Portrait en frontispice de Shakespeare, gravé par MASSOT. *R Le texte adopté est celui de la fameuse traduction de Pierre Le Tourneur (1736-1788), parue pour la première fois entre 1776 et 1783, revue et corrigée par Amédée Pichot traducteur de Byron et François Guizot, qui a signé une "notice biographique et littéraire" de 152 pp. (Vicaire, VII, 491-492). *R "Malgré ses défauts ou ses lacunes, la traduction de Le Tourneur marquait une étape décisive dans la connaissance de Shakespeare en France et partout o~ l'on lisait le français; ce dernier point est important, ces années autour de 1780 marquant l'apogée de l'influence française et de la diffusion européenne de la langue de Voltaire et de Rousseau. Les Italiens, les Espagnols, les Slaves qui ne savaient que bien rarement l'anglais ou l'allemand, s'ils voulaient connaître Shakespeare, n'ont pu le lire longtemps que dans Le Tourneur." (Van Tieghem. Le Pré-romantisme, II, p. 218). *R L'oeuvre capitale de Le Tourneur (1730-1788) "est la traduction de Shakespeare. Il s'associa le comte de Catuelan et Fontaine-Malherbe, pour l'aider dans son entreprise, et donna les premiers volumes en 1776, en déclarant, dans le discours d'introduction, que Shakespeare était le génie souverain du théâtre. Ce fut comme un coup de foudre dans le monde académique. Voltaire, blessé dans son amour-propre et dans le despotisme des opinions qu'il imposait depuis si longtemps, prit la querelle en main. "Auriez-vous lu, écrit-il à d'Argental, le 19 juillet 1776, deux volumes de ce misérable, dans lesquels il veut nous faire regarder Shakespeare comme le seul modèle de la véritable tragédie ? Il l'appelle le dieu du théâtre ! Avez-vous une haine assez vigoureuse contre cet impudent imbécile, et souffrirez-vous l'affront qu'il fait à la France ? " Il excite ensuite d'Alembert, La Harpe et ses autres fidèles contre Gilles Shakespeare et Pierrot Le Tourneur. Enfin, il lance sa fameuse Lettre à l'Académie. Le Tourneur eut le bon go"t de garder une grande modération en face des invectives de Voltaire, et il continua courageusement son oeuvre. Bien que sa traduction f"t imparfaite, et qu'il gâtat souvent le naturel de l'original par un style trop emphatique, il rendit aux lettres un éminent service, en faisant connaître aux Français un grand poâte qu'ils ignoraient complètement, et en préparant la révolution dramatique de notre théâtre". (Hoefer. Tome 45, p. 542). OCCASION |