| RELIURE AUX ARMES. [BEAUHARNAIS Eugène de [Paris, 1781 - Munich, 1824], beau-fils de Napoléon Ier, général français, prince d'Empire et vice-roi d'Italie.] |
Manuscrit, rédigé en français, intitulé « Lettres écrites de Flessingue, contenant le récit de l'expédition dirigée contre Welcheren [.] sous le commandement du comte de Chatam, avec la description topographique et statistique des îles de Walcheren et Beveland ; par un officier du 81e régiment ». Londres, 1809 ; 315 pages in-folio. Ce manuscrit est orné d'une carte manuscrite en couleurs et de 2 plans de fortifications dessinés à la main et rehaussés d'aquarelle; il est habillé d'une reliure en maroquin rouge à longs grains, au chiffre couronné « E.A » du prince Eugène, vice-roi d'Italie et de sa femme Auguste-Amélie. Tres belle pièce. Le présent manuscrit est la traduction, de la main de Soulange Bodin, l'intendant du prince Eugène, d'une série de 14 lettres, émanant d'un officier anglais du 81e régiment, qui firent l'objet d'une publication à Londres, dès la fin de 1809. Le grand intérêt de ces lettres d'un témoin de l'expédition, où il relate non seulement les phases de l'attaque anglaise, mais décrit aussi le pays, les moeurs des habitants et émet des appréciations flatteuses sur le commandement des troupes françaises qu'il eut à combattre, explique l'intérêt que le prince Eugène a manifesté pour cette relation et son désir d'en posséder une exacte traduction. Sont cités dans ce manuscrit nombre de personnages fort connus sous le Ier Empire, tels que Dumouriez (le conseiller militaire des Anglais), Chatam (le frère de Pitt), Graham, Picton, Bruce, Richard Strachan, Bonaparte (Napoléon), Bernadotte, Monnet, Ostein, La Romana, etc. S'il porte aux nues le courage de ses compatriotes, soldats ou marins, l'auteur de ces lettres sait reconnaître leurs défauts. Les Français sont plus disciplinés. « Le mépris que nos braves compagnons sont trop portés à nourrir pour tout autre pays que le leur, les entraîne souvent chez l'étranger, à l'insulte et à l'outrage. Mais notre plus grande peine est de les contenir au sujet des femmes. Le pillage est rare. » Les vertus guerrières des Français sont appréciées et reconnues : « La défense de Flessingue a été courageuse et bien à la militaire. Je conserverai toute ma vie le respect le plus affectueux pour le général Osten Belge mortellement blessé en 1814 [.] à qui l'on attribue cette belle défense. C'est à cette valeur indomptée, à ce sentiment d'honneur et de devoir qui anime les officiers ; à cette obéissance rigoureuse, fruit d'une bonne discipline qui conduit les soldats, que les Français sont redevables de leur supériorité militaire ». Cependant le soldat anglais évite de faire feu sur un officier ennemi qui se signale par son courage ; le Français n'hésite pas à tirer sur n'importe qui. Bombardement et prise de Flessingue. Les Français se concentrent à Anvers. Les Anglais assaillis par des pluies continuelles, au milieu des terrains marécageux de Walcheren, sont décimés par la maladie. Les pertes sont considérables et sans gloire : « La mort sur le champ de bataille est si naturellement celle du soldat, que nous n'y pensons guère ; mais être assassinés par cette maudite peste, tomber comme des oiseaux pendant une forte gelée ! ». L'expédition est terminée ; elle a été malheureuse. Que faut-il conclure ? « J'ai affirmé et je maintiens que l'armée n'a mérité aucun reproche [.]. La première idée d'une expédition contre l'Escaut parut du temps de M. Pitt. Le général Dumouriez [.] fut consulté à cette occasion. Son avis fut qu'une telle expédition n'aurait point de succès ; que la ligne de l'Escaut était trop forte ; qi'un coup de main était impossible, etc. Il me paraît toujours extraordinaire que le ministère anglais, contre un avis aussi prépondérant, ait persisté dans cette entreprise. » Notes historiques : alors que Napoléon Ier et la Grande Armée étaient sur le Danube où les Autrichiens venaient d'être vaincus à Wagram, le 6 juillet 1809, et contraints à signer l'armistice de Znaïm, le 12, les troupes anglaises, sous les ordres de Lord Chatam, débarquent le 29 juillet 1809, près de l'embouchure de l'Escaut et se portent sur Flessingue qui se rend le 15 août. Le but de cette expédition est de s'emparer de Walcheren, de détruite Flessingue et de brûler la flotte française d'Anvers. Fouché, sans avoir reçu d'ordres de l'Empereur, décrète la levée des gardes nationaux dans les département du Nord et de la Belgique et nomme Bernadotte pour les commander. Dès le retour de Napoléon en France, Bernadotte est remplacé par Bessières dans el comamndement en chef de l'armée du Nord ; il reprend Flessingue. Les Brtaniques, décimés par les combats et la maladie doivent se rembarquer en décembre1809.
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