| Quelqu'un a crié - Sauve qui peut ! Il y a le feu à la fosse ! C'était un mercredi matin, il était peut-être huit heures, et le soleil, très brillant dans le ciel d'août, éclairait le paysage fantastique des terrils et des cheminées, à mille mètres au dessus des mineurs. Le drame du Bois du Cazier commençait. Il devait durer quinze jours, quinze jours atroces durant lesquels l'inexorable descente vers l'étage 1.035 se poursuivit, étape après étape, en dépit du feu, des éboulements, de l'air brûlant surchargé d'oxydes meurtriers. Le journaliste qui nous raconte le déroulement de la tragédie, a suivi, heure par heure, la progression des sauveteurs. Il a vu, et il nous fait voir, la remontée du cuffat, les hommes exténués, roussis, ivres de chaleur et de fumée, et l'intense activité qui a régné sur le carreau de la mine depuis la première heure de la catastrophe, malgré l'angoisse paralysante. Son livre voudrait être un hommage, notre hommage, aux mineurs de Marcinelle, en même temps qu'un exemple de courage et de l'énergie dont les hommes peuvent faire preuve devant la nature déchaînée. |