| Le début du XXe siècle était marqué par une énorme évolution sociale et économique née d'une évolution technique non moins importante : le développement de la navigation à vapeur. Celle-ci rendait les voyages plus fiables, plus réguliers et plus courts. Les conditions de vie à bord étaient meilleures. Aussi les petits armateurs de Guyane ou des Antilles ne purent tenir devant les grosses organisations transatlantiques. Ils vendirent peu à peu leurs navires. En 1913, le Belem fut le dernier, en rade de Cayenne à faire flotter pavillons Nantais. Le destin de tous les autres bateaux fut cruel, ils disparurent en mer où furent démolis après avoir servi de ponton. Un seul survécu, le Belem, il devait cette chance à sa beauté. 'Belle allure ! Propre et astiqué, on dirait plutôt un yacht qu'un navire de commerce' ; voilà les propos de Georges Aubin dans son livre : Les hommes en suroit. Ces propos devaient être également partagés par le Duc de Westminster qui le 11 Février 1914 devint le propriétaire du Belem. C'est sans doute grâce à cette vente que le Belem est encore en vie de nos jours. Le 17 février 1914, le Belem quitta Nantes. Il arriva le 23 Février 1914 à Southampton. La traversée fut longue car mouvementée. Julien Chauvelon quitta son navire, très ému, les larmes aux yeux. Il avait commandé le Belem pendant 13 années sans interruption. Le Duc de Westminster, fidèle à la tradition, conserva le nom du navire. Il entreprit de nombreuses transformations, dont la plus importante fut l'installation d'une paire d'hélices commandées par deux moteurs Bolinders de 250 cv chacun. Notre Bateau à voile devenait motorisé. |