| GAUTIER Théophile |
POESIES COMPLETES DE THEOPHILE GAUTIER - complet en 3 volumes Firmin-Didot et Cie 120*188 mm Brochés à Cahiers Paris 1932 Publiées par René JASINSKI - Collection Des Classiques Français, 192, 326 et 324 pages, trés bonnes couvertures souples imprimées, dos bien plat sans pliures, intérieurs trés frais papier bien clair, frontispice de Gautier sur papier couché pour chaque volume // Recueils poétiques de Théophile Gautier (1811-1872), publiés respectivement à Paris chez Mary et chez Rignoux en 1830 et dans l'édition des Poésies complètes chez Charpentier en 1845. Composées alors que l'auteur avait entre quinze et dix-neuf ans, les quarante-deux pièces du premier recueil témoignent de l'influence des grands aînés. Hugo, dont Gautier est un grand admirateur et auquel il restera fidèle toute sa vie, fournit les réminiscences les plus nombreuses, issues principalement des Orientales ou des Feuilles d'automne ; de Musset, qui venait de publier Contes d'Espagne et d'Italie, mais dont il connaissait sans doute nombre de pièces dès 1828, il se souvient du ton léger et de quelques décors. Néanmoins, malgré l'emprunt quelquefois un peu trop souligné de sujets ou de cadres romantiques, malgré l'écho parfois trop perceptible de Lamartine, de Byron, de Chénier ou de Sainte-Beuve, l'originalité est déjà perceptible. Gautier conjugue d'abord des références si multiples que sa poésie échappe en partie à la veine romantique : on retrouve chez lui, par exemple, des allusions à Goethe, que l'auteur a probablement découvert grâce à son ami Gérard de Nerval. Plus encore, le poète se souvient de Rémy Belleau et de poètes pratiquement inconnus ou méconnus au début du XIXe siècle. Gautier, qui a aimé Villon dès son adolescence, sera d'ailleurs le premier, non à le redécouvrir, mais à en faire l'éloge dans un essai publié en 1834 et repris dix ans plus tard dans les Grotesques. Le long poème A mon ami Eugène de N[ully] énumère ses admirations artistiques : Hugo, Rabelais, Guillaume de Lorris ou Rutebeuf. Les Poésies, parues au moment de la révolution de Juillet, ne rencontrèrent quasiment aucun écho ; elles furent abondamment corrigées par Gautier, qui en gomma à la fois les aspérités formelles et les références romantiques pour l'édition de 1845. Les Poésies nouvelles montrent une maîtrise plus affirmée, que l'on peut déceler dans deux poèmes proches de l'autoportrai t, Fatuité et Ambition. Si l'influence germanique se décèle avec l'Ondine et le Pêcheur (réminiscence de Goethe), la part la plus belle est faite à l'Orient avec une référence à l'actualité (Sultan Mahmoud), ou l'imitation d'une forme poétique persane (Gazhel). Seul infléchissement vers le lyrisme romantique, les Taches jaunes, poème inspiré par la Cydalise, la jeune morte idéalisée pendant ses années de bohème parisienne, impasse du Doyenné. Poésie
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