L.A.S. / Lettre autographe signée de Passani [] au Comte de Gasparin [Adrien de Gasparin (1783-1862), Préfet du Rhône (1831-1835), ministre de l'Intérieur (1836), directeur de l'Institut agronomique de Versailles (1851-1852), membre de l'Académie des sciences, section économie rurale (en 1840). Nommé Pair de France en 1834, c'est à partir de cette date qu'il se qualifie "comte"] . MARSEILLE - 1839 - Lettre/pli autographe signée en un double feuillet [33,5x21,5 cm] manuscrit sur 2 pages, adresse à la dernière page; papier blanc filigranée "J. Watthman 1836"; cachet rouge. Pliures et déchirures sans perte de papier. Papier roussi. Bon état général.
- Prix : 80.00 €
- Commander
|
| Monsieur le Comte. // A mon arrivée à l'Isle Rousse (Corse) mon Pays j'ai appris de mes concitojens l'avis favorable que vous avies eu la bonté de faire à leurs demandes qui toutes se rattacherent à ses objets d'utilité publique, et la prompte realisation de vos promesses. J'ai regrette de n'avoir pu reunir les homages à ceux de mes compatriotes, et j'ai beni la Providence de vous avoir envojé parmi nous. Aujourdhui, Monsieur le Comte, apres une longue carrière dans le sacerdoce, carriere que mon age et mes infirmites ne m'ont pas permis de continuer plus long tems je suis rentré dans ma Patrie, et j'ose, comptant sur cette obligence dont s'enorgueillessant tous les habitans de l'isle Rousse venir solliciter une grace de vos bontés. Apres avoir pendant de longues années dirigé plusieurs succursales dans le Diocèse d'aix (B. d. R.) je fus en dernier lieu nommé Recteur à Fos-les-Martigues. Cette commune dont la population est disseminée reunit au quartier de la Lecque (Port de Buc) eloigné de plus d'une lieue du chef lieu une population de 500 ames independament la population flottante qui fornissent les batiments en relache dans ce port. Ce quartier etoit avant ma nomination au Rectorat de la succursale de Fos dans la nécessité de venir au chef lieu pour tous les besoins spirituels. Plusieurs enfants nouveaux nés avaient même pris mal dans un long trajet qui les exposait à des froids rigoureux ou à des chaleurs excessives, et même bien des personnes etojent mortes soit dans le quartier, soit à bord de navirs, sans secours des sacrements en leur eloignement de l'eglise paroissiale. Douché de tous les maux, je resolus d'y remedier autant qu'il dependroit de moi. Jobtiens des habitants de la Lecque qu'ils restaureroient selon cours moyens une vieille chapelle, proprieté particulière d'un Monsieur de Marseille qui nous la ceda, et je leurs promis qu'ensuite de l'autorisation de Monseigneur l'archevêque je viendrais tous les Dimanches et même quelque fois dans la semaine dire une messe dans cette chapelle, y administrer les sacrements, et particulierement celui du Bapteme pour ne plus exposer les creatures naissantes aux rigueurs d'une trop rude temperature. Tout fut ainsi jusqu'à l'époque, ou 75 ans d'age, et des infirmites enseparables de la vieillesse me mirent dans le penible cas de demander ma retraite. Depuis mon depart, mes anciens paroissiens du quartier de bere se sont adressé à moi pour me demander avec instance de m'emploier pour faire eriger leur chapelle en succursale; je leur ai indique les demandes qu'ils avaient à faire pour arriver à leur fin, mais une Ordonnance Royale devenent necessaire, dans l'interêt des bons habitants de la Lecque qui se trouvent maintenant à peu près abandonnés, j'ose, Monsieur le Comte, madresser à vous pour vous supplier d'appujer de votre puissant credit une demande juste dans ses motifs et dont le but ne saurait être plus louable. Le Gouvernement du Roi accorde une protection toute spéciale à notre Religion sainte, ce seroit en comprimer l'elan que de refuser à une population en quelque sorte privée de secours spirituel, un Recteur qui peut à chaque instant seconder entie... les bonnes intentions. Permettés-moi, Monsieur le Comte, que j'ose, un instant vous parler de moi. Une pension doit m'être accordé comme prêtre infirme, et presque octogenaire. Cette pension fait mon unique resurce; je serais heureux si vous deignies vous emplojer à la faire fixer. J'ai reçu un mandat de 200 [livres] de Monsieur le Préfét de ce Département des B. du Rne à titre de secours pour les six mois du 1838. J'espere d'en recevoir un autre a compt. de cette année, qui a été envoje à Monseigneur, et Monsieur Le grand Vicaire m'a ecrit que je le receverai en Corse. Le Ciel vous compensera de ce nouveau bien fait, et je ne cesserai jamais, de lui adresser des fervantes prieres pour votre conservation. Pardonne, Monsieur le Comte, une importunité, que ses motifs seuls peuvent excuser. Veilles agréer l'homege du profond respect avec le quel j'ai l'honneur d'etre. Monsieur le Comte, et Paire de France. Votre très humble, et très obt serviteur Passani josephe ex Recteur de Fos-les-Martigues. Marseille le 3. 8bre 1839. Place nouvaille N° 43. ************************************************************************************ [adresse avec tampons de Marseille et de Paris] A Monsieur Monsieur le Comte de Gasparin Paire de France à Paris |