| Arrabal provocateur ? Arrabal fantaisiste ? Pourquoi pas... Quel mal y aurait-il à faire entrer un peu de déraison dans ce qui n'est pas raisonnable ? Le Quichotte par exemple ou, plutôt, son créateur, Cervantès, le seul Espagnol qui ait atteint une renommée vraiment universelle. Cervantès le mystérieux, dont tous les biographes s'accordent à dire que nous ne savons rien de sa vie. Ou presque rien. Pas d'archives intimes, pas de correspondances, pas de témoignages de contemporains, mais de rares écrits sur lui-même ainsi que quelques actes notariés. Qui peuvent donner lieu à beaucoup d'interprétations, à l'expression de tous les fantasmes. Pourquoi Arrabal se priverait-il de cette liberté, puisque les historiens et les chercheurs eux-mêmes en donnent souvent l'exemple ? Ce n'est donc ni une biographie, ni un essai, ni un roman qu'a écrit Fernando Arrabal avec Un esclave nommé Cervantès. Plutôt une prose de poète, qui, tout en s'appuyant sur des textes avérés et de doctes ouvrages universitaires, revendique toutes les libertés, exprimant une fois de plus, comme dans son théâtre ou ses films, sa propension naturelle à mêler l'humour, l'amour, l'érotisme, l'angoisse, le " panique ". |