Lettres historiques et critiques sur l'Italie. Avec des Notes relatives à la situation actuelle de l'Italie, et la Liste raisonnée des Tableaux et autres Monuments qui ont été apportés à Paris, de Milan, de Rome, de Venise, etc. Paris, Ponthieu, An VII (1799). 3 tomes en 1 volume in-8. (2ff.blancs). VIII. 415pp. + 2ff. 455pp. + 2ff. 400pp. Demi-veau, dos lisse orné (Reliure de l'époque, charnière supérieure restaurée).
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| Edition Originale publiée par Sérieys sur le manuscrit de l'auteur, de ces lettres que Stendhal admirait et qui n'étaient destinées à l'origine qu'à un petit cercle d'amis choisis. Charles de Brosses (1709-1777), président du Parlement de Dijon, esprit brillant et cultivé, amateur de bonne chère et bon vivant, voyagea en Italie en 1739 et 1740. Ces lettres, furent écrites de mémoire plusieurs années après son retour en France, mais elles constituent un tour de force littéraire et l'un des témoignages les plus intéressants laissés sur l'Italie par un écrivain français. "Cet exercice de style d'une composition à froid et de seconde main n'exclut pas cependant la chaleur d'une émotion restée entière, et le plaisir qu'elle communique est le même. Le principe est simple: une étape, des lieux, une lettre. Mais un même lieu peut être raconté à différents destinataires. Il en résulte des effets polyphoniques intéressants, car de Brosses s'adresse à chacun de manière différente: avec le 'gros Blancey', amateur de plaisirs simples, de bons mots et de jolies femmes, le ton sera égrillard et le Président se révélera être un franc libertin. (ä) Les lettres à M. de Quentin, en revanche, sont d'une écriture plus austère et plus cultivée: les palais, les lieux de culte sont soigneusement recensés, et la profusion d'objets d'art ainsi décrits tourne au catalogue. C'est dire que ce journal, élaboré d'après un riche fonds de notes et de mémoires, ne prend sa véritable dimension que par la forme épistolaire. (ä) L'ensemble laisse une impression de 'choses vues', qui tient au mélange hétéroclite et au jeu des transitions lâches, de l'Opéra aux églises et des églises... aux courtisanes, chapitre qu'il 'traite à fond' d'ailleurs. Et les promenades artistiques le cèdent souvent à la chronique mondaine. On le voit, l'essentiel n'est pas seulement la peinture, même si celle-ci occupe beaucoup de place et reste un morceau de choix. L'adresse est précisément de donner à ces observations la vivacité du coup de crayon et l'inachèvement de l'ébauche, comme si, par un jeu spéculaire, la lettre devenait tableau du tableau, prenait son coloris, empruntait son trait. Les Lettres familières ressemblent donc fort à une relecture, avec ratures et corrections, d'un monumental livre d'art qui appelle de constantes rééditions: il n'y a pas une Italie, celle autant mythique que réelle, des arts et des artistes, mais une variété de lieux et d'œuvres assujettis au goût qui change et au temps qui passe" (Dictionnaire des 'uvres Littéraires Françaises). Bel exemplaire. |