| Emile Cartailhac : Ossements et squelettes humains dans les cavernes et les stations quaternaires - Dr. Colin : La population du Bambouk ; Sénégal ; Niger - R. Collignon : L'angle facial sur le vivant, mesuré à l'aide du goniomètre facial médian de Topinard - Charles Féré et F. Séglas : Contribution à l'étude de quelques variétés morphologiques du pavillon de l'oreille humaine - A. Ledouble : Contribution à l'histoire des anomalies musculaires - Marquis de Nadaillac : Les pierres à cupules - Elie Reclus : Contribution à la sociologie des Australiens (institutions politiques et religieuses - Paul Sebillot : Le folklore, les traditions populaires et l'ethnographie populaire (cette étude est fondamentale pour la connaissance du mouvement folkloriste français dont les bases ont été jetées dans cette étude) - Nicolas Seeland : Les kirghis - Ed. Tartarin : Mensuration des ossements néolithiques du cimetiere de Maupas - Paul Topinard : Mensuration des crânes des grottes de Baye ; époque néolithique, d'après les registres de Broca - du même : Mensuration des crânes de la caverne de Beaumes-Chaudes ; époque néolithique, d'après les registres de Broca - du même : Les caractères simiens de la mâchoire de la Naulette (cours de l'école d'anthropologie) - du même : Carte de la répartition de la couleurs des yeux et des cheveux en France (méthode d'observation) - A. Védrenes : Sur la trépanation du crâne dans la principauté de Monténégro - Dr. Verneau : La race de Cro-Magnon, ses migrations, ses descendants - Staniland Wake : Les Cambodgiens et leur origine - Raphaël Zampa : Anthropologie illyrienne - planches hors-texte et très nombreuses figures in-texte. 764 pp. - coiffe supérieure légerement émoussé sans dommage, les feuillets de garde sont détachés - La Revue d'Anthropologie - à ne pas confondre avec les Bulletins De La société D'anthropologie De Paris - fut fondée par Paul Broca en 1872, elle avait pour directeur de la rédaction Paul Topinard - Au XIXe siècle, dans le sillage des approches élaborées par les Idéologues, l'étude de l'homme s'affranchit de tout présupposé. En France, le savoir anthropologique s'est principalement développé à l'intérieur de deux cadres intellectuels et institutionnels. Le premier identifié comme anthropologie physique a inauguré les études d'anatomie et de biologie humaine comparée. Le second, plus tardif se définit par la tradition philosophique et à l'intérieur de celle-ci par le courant positiviste et sociologique auquel les oeuvres de Auguste Comte, Emile Durkheim et Charles Letourneau (1831-1902) ont donné son essor. L'histoire de l'anthropologie en France est indissociable de l'avènement de l'anthropologie physique dont l'acte officiel de fondation est la création de la Société d'anthropologie de Paris le 19 mai 1859. Paul Broca (1824-1880) y prononça sa leçon inaugurale sous la surveillance d'un pouvoir impérial qui craignait les éventuelles conséquences politiques des théories nouvelles sur l'évolution de l'homme. A sa suite, d'autres anthropologues tels que Ernest-Théodore Hamy (1842-1908) et Paul Topinard (1830-1911) s'employèrent à préciser mensurations et indices de bases qui constituaient les inventaires ostéologiques. Dans une problématique identique de recherche des origines, le XIXe siècle voit se développer l'anthropologie préhistorique. Quant à l'ethnologie proprement dite, elle s'affirmera progressivement dans un contexte de conquête coloniale ayant favorisé la mise en place d'un important réseau d'informations et dans un cadre d'abord positiviste (Charles Letourneau 1831-1902), puis sociologique (Emile Durkheim) ; de là, elle effectuera un détour par l'école folkloriste de Paul Sébillot et Arnold Van Gennep qui lui léguerons les nouvelles méthodes d'investigations que l'on peux observer dans la Revue des Etudes Ethnographiques et Sociologiques. En France, on date l'émergence de la discipline entre 1860-1890 période où se constitue véritablement l'anthropologie en tant que spécialité autonome. Elle est la science des sociétés primitives dans toutes leurs dimensions : biologiques, techniques, économiques, politiques, religieuses, linguistiques, psychologiques. Paul Broca y a élaboré une méthodologie définissant les techniques d'observation, les grilles de mesures et de classifications non seulement dans le cadre de l'anthropométrie mais aussi de la biologie humaine comparée. Parmi les nombreux travaux d'anthropologie physique de Paul Broca, tous présent dans la revue, ses recherches sur la torsion des os et la morphologie du cerveau ont eu une grande audience. Broca à littéralement inventé la discipline en France en créant successivement la Société d'Anthropologie, le Laboratoire d'anthropologie (rattaché à l'Ecole des hautes études en 1868), la Revue d'Anthropologie (1872), l'Ecole d'anthropologie de Paris (1875) et enfin le Musée d'ethnographie du Trocadéro (1878). Le XIXe siècle vit aussi l'apparition de l'anthropologie préhistorique dont Jacques Boucher de Perthes (1788-1868) fut l'un des précurseurs dès 1836, date à laquelle il révéla les haches de pierre comme preuve de l'artisanat humain dans la période du Pléistocène et posa corrélativement les jalons d'un nouveau cadre temporel. Les esprits étaient alors prêts à accepter les découvertes qui allaient se succéder pendant plusieurs décennies avec l'identification de l'homme de Neandertal (1856), de l'homme de Cro-Magnon (1868), du Pithécanthrope, de l'homme de Mauer et du Sinanthrope (1921). A cette époque les premiers préhistoriens esquissèrent une mise en ordre chronologique fondée sur la stratigraphie (Edouard Piette, 1826-1906). Malgré l'appellation restrictive par laquelle l'anthropologie physique est désignée, son apport documentaire et méthodologique à la démarche ethnologique dont Arnold Van Gennep est souvent présenté comme l'initiateur en France est loin d'être négligeable ; les frontières ne sont pas aussi étanche ! Parallèlement à l'étude des variations des caractères physiques de l'homme, l'anthropologie générale voulue par Paul Broca avait comme ambition de constituer une véritable histoire naturelle de l'homme à la croisée des concepts de nature et de culture. Elle a donné lieu à des domaines d'investigation spécialisés tels que l'anthropologie du droit, la musicologie comparée, la technologie comparée et l'ethnolinguistique (ou grammaire comparée) qui constituent les divers champs d'investigation de l'ethnologie. Le contexte des conquêtes coloniales et la renaissance des études folkloristes sous l'imulsion en France de Arnold van Gennep et Paul Sébillot permit à l'anthropologie moderne de se constituer à travers l'élaboration d'une réflexion tendant à l'objectivité et à la scientificité sur les populations dites alors primitives. Durant la seconde moitié du XIXe siècle, le champs du savoir anthropologique s'est trouvé fragmenté entre des institutions diverses souvent opaques les unes aux autres. A l'intérieur de ces sociétés savantes, certaines personnalités marquantes ont patronné des études ethnographiques ponctuelles (Maurice Delafosse (1870-1926) qui fut enseignant à l'Ecole nationale des langues orientales vivantes et qui favorisa le développement de l'africanisme) portant sur des aires culturelles précises non-européennes mais, il faudra attendre la fin du XIXe siècle pour voir les spécialistes préférer le terrain à leur bibliothèque. Cet exemplaire provient justement de la bibliothèque personnelle de l'Abbé du Breuil - grand préhistorien et initiateur du renouveau de la recherche en préhistoire. - Ed. originale - Exemplaire de bibliothèque - Etat général du livre : Très bon (Very good) Très bon |