Folies-Bergère: " La Musique de l'avenir " par les Bozza. Une cascade de joyeux cuisiniers... Lithographie couleurs de format 22,7cmx14,2 pour le dessin, et de 28,8cmx22,9 pour la feuille. Des rousseurs sur toute la feuille, mais très peu sur l'image elle même. Manque de papier à l'angle inférieur gauche, ayant été précédemment comblé. Affichette doublée d'un fin papier japon, les rousseurs ont été atténuées au pastel. A encadrer. Parue dans la série des "Affiches illustrées" par Maindron sous le numéro 16 dans un format légèrement supérieur, notre exemplaire présente deux croix à l'angle de l'image, et à l'angle du papier, ce qui fait penser à un tirage avant la lettre.
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| En voici la description, donnée par J.-K Huysmans dans "Certains": "A citer entre toutes aussi, une petite affiche qui servait d'annonce aux Folies-Bergère et portait ce titre: "la Musique de l'Avenir par les Bozza." Celle-là était, dans son genre, une vraie merveille; elle mettait en scène une cascade de clowns habillés de tenues bizarres. En bas, un marmiton, bouleversé par un rire qui lui fendait la face et lui pochait un oeil, donnait des coups de pieds dans le vide et sonnait avec ses casseroles de la cymbale; un peu plus haut, une sorte de Yankee flottant dans un pantalon à pattes d'éléphant et dans une veste à damier, blanche et verte, avançait un museau de singe et jouait comme du flageolet, bouchant avec ses doigts de fictifs trous, suçant, ainsi qu'une idéale flûte, le bec d'une burette à lampe; plus haut, encore, un autre gâte-sauce se trémoussait, éperdu, en choquant des casseroles et des pincettes, alors qu'une vieille femme, en bonnet à ruches, à nez retroussé, à bandeaux plats, un galfâtre déguisé en vieille et tenant de la poseuse de sangsues et du fruitier soûl, tournait rageusement la manivelle d'un moulin à café, soutenu dans son vacarme par un margougnat de Grenelle qui battait, avec des assiettes, des cymbales sur une grosse caisse figurée par un obèse fût. La gaieté torrentielle de cette affiche débordait vraiment de son léger cadre elle avait un diable au corps, un délirant suriet de vie, un pépiement d'oiseaux fous! Ces êtres lancés à toute volée dans les airs étaient enlevés en des traits brefs et rapides, avec une alerte de dessin rare et la couleur, en ses larges plaques, incitait, elle aussi, à d'artistiques aises, avec son rose tendre commençant au bas de la page, se muant en rouge flamme derrière l'homme armé de la burette à huile, sautant, derrière le marmiton qui brandissait des pincettes, dans un opulent vert tilleul sur lequel l'annonce crevait en lettres blanches. Cela donnait une note de joie nerveuse, unique en art". |