| Explosifs et colorés, les tags et graffiti qui surgissent sur les murs de Paris composent de gigantesques fresques, incompréhensibles pour la plupart des passants, et qui provoquent au choix fureur, rejet ou admiration. Chrome, flop, blockletters, persos, ou fonds, entre le simple tag en noir plus ou moins soigné, et les somptueux wild-styles en couleurs et en relief, à la typographie maîtrisée, la liste des formes d'expressions et des techniques est longue. Si certaines inscriptions, bâclées et sans recherche relèvent du simple vandalisme, les réalisations les plus abouties suscitent l'admiration, même chez les non-initiés. La complexité de ce foisonnement est accentuée par un certain flou en matière de légalité ; il s'agit d'une activité prohibée par la loi, mais les meilleurs graffeurs sont reconnus comme artistes et invités à s'expriment largement sur des surfaces qui leur sont autorisées... ce qui ne les empêche pas pour autant de continuer les graffiti sauvages. Julien Malland et Gautier Bischoff ont traqué les groupes de graffeurs de Paris et de la proche banlieue : ils en livrent la parole brute, traduisent leurs noms de code, (les CP5 sont les Cinq chacals puants), et établissent dans un glossaire les différentes techniques utilisées. Ils nous décryptent la ville. |