Omilies Trentnoef contenantes l'exposition de Set Psalmes penitentieles, précees en la ville de Valencênes, en l'eglise & prevotée de nôtre-Dame la grande. Par D. Andrieu Du Crocquet, Religiï de l'Abeie de Hasnon, doctïr en la S. Theo.Dovisien. De l'imprimerie de Jean Bogard 1579 In-8 de (46)-338 ff. mal chiffrés 335, maroquin janséniste lie-de-vin, dos à nerfs, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (L. Claessens). 6500
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| Edition originale très rare qui manque à la B.N.F. et au Catalogue collectif français. ' Citons celui qui le premier de tous a voulu tenter de réformer l'orthographe de la langue française, dans nos contrées flamandes, où parmi les indigènes il n'en était presque aucun qui sût écrire en vrai français à l'époque de notre prétentieux réformateur. Celui-ci s'appelait André Du Croquet, et avait nom Croquetius dans le monde savant de son temps ; né à Douai au commencement du XVIe siècle, docteur en théologie, prieur de la célèbre abbaye d'Hasnon, il passait de son vivant pour un prédicateur fameux. Sa réputation commença à Valenciennes, lorsque, pendant les troubles de religion qui désolèrent les Pays-Bas, les moines de l'abbaye d'Hasnon se réfugièrent en cette ville sous la conduite du digne Jacques Froye, leur abbé. Du Croquet y prêcha la parole de Dieu pendant deux ans et demi, les jours de fête et les dimanches, non sans attirer un grand concours de fidèles. C'est par la publication bizarre d'un choix de ses sermons sur les psaumes de la pénitence que ce religieux a fait connaître sa réforme orthographique. Ayant supporté longtemps, dit-il, le déplaisir de l'incertitude et de la variation de l'orthographe d'une langue aussi simple, aussi belle et douce que la langue française, j'espère qu'on me pardonnera d'avoir osé lui enlever ses lettres inutiles en la rapprochant de la prononciation usitée de tout temps par les doctes et nobles personnes. Ce livre singulier de Du Croquet est donc un monument précieux qui nous a consacré la prononciation des habitants instruits et bien élevés des provinces des Pays-Bas pendant le XVIe siècle. Il nous montre qu'elle se rapproche beaucoup, pour certains mots, de celle aujourd'hui en usage parmi les villageois de la même contrée, gens simples et primitifs, qui conserveront longtemps encore le langage et les traditions des temps passés. Suivant son orthographe, Du Croquet supprime entièrement la lettre h comme inutile ; il ne la conserve que dans les noms propres qu'il croit devoir respecter; il se sert de la diphtongue latine ï pour remplacer eu, et de tous les é fermés il fait des è ouverts pour se conformer à la prononciation du pays que beaucoup de Valenciennois d'aujourd'hui, vrais partisans des ouvrages traditionnels, ne manquent jamais de prononcer ainsi. C'est principalement cette singularité de l'orthographe, jointe à une certaine excentricité d'idées, et à une grande bizarrerie d'expression, qui fait rechercher des curieux le livre des sermons de Du Croquet É (Duthilloeul, Galerie douaisienne ou Biographie des hommes remarquables de la ville de Douai, p. 135). Des bibliothèques Merlin d'Estreux de Beaugrenier et Adolphe Lefrancq (ex-libris) : Adolphe Lefrancq fut le conservateur de la bibliothèque municipale de Valenciennes dans les années 1930. Note manuscrite explicative à l'encre rouge sur la garde supérieure. Bel exemplaire dans une fine reliure de Claessens qui exerça à Roubaix entre 1880 et 1914 (Flety, p. 45). Feuillets N4 et Aa4 déchirés en marge sans perte de texte, restauration angulaire sur le dernier feuillet. Brunet, II, 430 : ' Ce livre peu commun est remarquable par la singulière orthographe qu'on y a employée É ; Duthilloeul, Bibliographie douaisienne, n 44. |