| Extrait : "Il fallait se munir d'un tuyau en caoutchouc, flexible et rigide à la fois. À une extrémité, on fixait un bouchon, en liège le plus souvent. À l'autre, on accrochait un... préservatif, enfilé sur un tiers du tuyau. Enfin, pour plus de précaution, on collait des poils de moquette, voire des poils tout court, sur la partie qui sortait du préservatif. Dans le car de l'équipe où le coureur venait se changer avant de passer au contrôle, il ne restait plus qu'à passer à la deuxième étape : se glisser dans l'anus le bout du tuyau muni du préservatif, injecter avec une grosse seringue de l'urine " ordinaire ", boucher le tuyau et le coller à la peau, en épousant la forme du périnée, jusqu'au bord des glandes génitales. D'où les poils, pour masquer le tuyau si le médecin contrôleur décidait de se baisser jusqu'au plancher. Le préservatif chargé d'urine se déployait dans l'anus, ce qui présentait aussi l'avantage de tenir le liquide au chaud. Impa-ra-ble. Les médecins n'y ont jamais vu que du feu. J'ai usé de ce stratagème pendant trois ans en toute tranquillité. J'ai fait ma première tentative sur un petit coureur de l'équipe Marc Zeep Central, en 1980. Tout a marché comme sur des roulettes. Le système était fiable, rapide à mettre en place et bien accepté par les coureurs. Un grand chasseur de classiques a pu vérifier cette efficacité après sa victoire dans le Tour des Flandres. Cela dit, il s'adressait à des hommes intrépides. Car il ne faut pas avoir froid aux yeux pour s'avancer vers le médecin contrôleur avec un tel appareillage dans les fesses! Si les coureurs sont des guerriers, ce sont aussi des comédiens. Depuis la catastrophe Pollentier, les coureurs devaient en principe se présenter pratiquement nus dans la caravane antidopage. Rien sous les bras, rien dans les poches. Il fallait bien trouver une autre cachetteä |