| BOCCACE (1313-1375) |
LE DECAMERON Le Club Français Du Livre, Les Portiques 26 140*216 mm relié Paris Edition sur bible justifiée 1962 Edition présentée et annotée par Vittore Branca, professeur à l'Université de Padoue. Achevé d'imprimer le 30 mai 1962. Exemplaire sur bible n° 4985 / 10.000, 1152 pages, reliure éditeur plein cuir vert empire exécutée par Engel à Malakoff, titres estampés or sur plats et dos, tranchefiles et signet assortis, intérieur trés frais, illustrations dans le texte // Le Décameron est un recueil de nouvelles écrit en langue italienne (et non en latin comme il était courant de le voir à l'époque de l'auteur) par Boccace entre 1349 et 1353. Aussi nous assistons à la naissance de la prose italienne qui marqua le genre de la nouvelle dès la Renaissance. Le Décameron est un recueil de 100 courts récits auxquels Giovanni Boccaccio (en italien) a donné un récit cadre original. Notons que le sous-titre de l'oeuvre est Le Prince Gallehault, en hommage au poète et ami de l'auteur, Dante Alighieri. Afin de fuir l'épidémie de peste noire qui ravage la ville de Florence en 1348, dix jeunes gens se réunissent: sept femmes, la plus âgée se prénommant Pampinée, la deuxième Flammette, ensuite Philomène, Emilie, Laurette, Neiphile, et enfin, Elissa, et trois hommes : Pamphile, Philostrate et Dionée. ( Notons que ces noms seraient inventés par l'auteur afin de protéger les personnages d'éventuelles critiques à la suite de leur fuite. De ce fait, nous pouvons en déduire que Boccace est dans une logique de légitimation de son oeuvre ). Il est également important de constater que l'auteur ne traite pas ses personnages dans leur psychologie profonde mais se contente de mettre en scène des protagonistes types : le curé, l'amoureuse désespérée, le mari trompé... Alors qu'ils s'echappent de Florence, la brigade se réfugie dans une campagne où tout semble être idyllique tel un Eden terrestre. En effet, Boccace nous peint un lieu qui semble complétement hors du temps et de la réalité. Boccace nous fait une description particulièrement précise de ce "paradis terrestre". On peut citer ces quelques lignes : "Ce lieu était situé sur une montagnette, de tous côtés à l'écart de nos routes[...]en haut de la colline s'élevait un palais[...]il y avait de petits prés alentour, des jardins merveilleux, des puits aux eaux très fraîches"(Introduction à la "Première journée"). On remarque donc que la Nature occupe une place fondamentale pour les personnages; il y est fait mention d' "oiseaux chanteurs, épars sur les vertes ramures", d' "herbes mouillées de rosée", d'une "vaste plaine sur la rosée des herbes", ainsi que d'une "guirlande de laurier" dans "le délectable jardin" (introductions à la "Deuxième journée" et à la "Cinquième journée"). Chaque jour nouveau commence logiquement par un lever de soleil poétique : "L'aurore déjà de vermeille qu'elle était, à l'apparition du soleil, devenait orangée" ou encore "tout l'orient blanchissait" (introductions à la "Troisième journée" et à la "Cinquième journée"). On voit en cette nature un univers protecteur où chacun peut y trouver le repos de l'âme. Cet univers paisible forme un contraste prononcé avec l'atmosphère infectieuse de la ville contaminée par les épidémies. Le Décaméron se veut pour l'occasion un véritable traité médical en la matière. Aussi des méticuleux exemples en témoignent : "la propriété de la maladie en question fut de se transformer en taches noires ou livides qui apparaissaient sur les bras, sur les cuisses" ; "presque tous [...] dans les trois jours suivant l'apparition des signes mentionnés [...] trépassaient" (in "Introduction à la Première journée"). En confrontant ces deux aspects opposés que sont l'insouciance de quelques jeunes gens dans un jardin en fleurs et une population décimée par la peste noire, le nouvelliste a recours à la figure de style nommée antithèse. C'est, par ailleurs, l'une des tournures majeures du Décaméron. Littérature Classique
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