| CHAULOT (Paul) |
LETTRES - TAPUSCRITS - PHOTOS - LIVRES avec envois : A MAIN ARMEE - JOURS DE BETON - Présence de Paul CHAULOT IMPORTANT ENSEMBLE provenant des archives personnelles du poète Pierre Béarn. Tel qu'il est issu des archives Béarn, ce dossier comprend : Une lettre tapuscrite de Chaulot à Béarn, en date du 22 avril 1954, accompagnant l'envoi des " indications demandées ". Signée au stylo. Une notice bio-bibliographique d'une dizaine de lignes écrites de la main de Chaulot sur un demi feuillet. En fin de texte, Chaulot précise : " Pour le contenu de ma poésie, j'aimerais assez que tu t'en réfères à la notice du dernier numéro spécial du Temps des hommes ". Sous le titre " Impressions de Knokke ", deux feuillets manuscrits (21x27 cm) d'une trentaine de lignes, avec corrections, résumant les impressions de Paul Chaulot sur la IIIéme Biennale internationale de poésie de Knokke : " Trois journées de Knokke cernent la personnalité d'un poète autrement mieux que n'importe quelle étude sur documents et jettent sur son œuvre de surprenants éclairages. Tel, que l'on croyait tributaire de sa seule vie intérieure, se révèle, quelques mesures de mambo aidant, dyonisiaque à souhait, tel autre, par contre, dont l'inspiration dénonçait le type même de l'extraverti montre aux environs de deux heures du matin un caractère curieusement olympien /ä/ On a discuté à Knokke des sources populaires de la poésie, n'est ce pas, en fin de compte, des sources psychologiques qu'il s'est agi ? " Deux feuillets tapuscrits non titrés (21x27 cm) avec corrections et biffures manuscrites, dans lesquels Chaulot exprime sa conception de la poésie. Texte dense et d'une importance capitale pour la compréhension de l'œuvre du poète : " Longtemps la poésie n'a été pour moi qu'un genre littéraire parmi tant d'autres : un mode d'expression /ä/ Rien jusqu'alors ne m'apparaissait au-delà des limites de la sensibilité et de l'intelligence. /ä/ Certes, je n'avais pas exclu le mot magie du vocabulaire du poète mais il n'avait pour moi de sens que celui de charme, d'envoûtement, pas celui de transmutation, ni de récréation. / En somme pendant longtemps, je n'ai pas cru à la poésie bien que la pratiquantä Pourtant née du limon surréaliste, grandie dans un climat où les vents dominants soufflaient des œuvres d'Eluard, Breton, Michaux et Char, la mienne avait toutes les apparences d'une poésie sûre d'elle-même, sûre de ses pouvoirs les plus profonds, les plus secrets. Je n'en sentais pas moins s'édifier en moi une église qu'aucun dieu n'eût habitéeä A présent me voici donc en mesure de donner une définition de la poésieä Je dirai que faire acte de poésie, c'estä transmuer le réel et mettre cette nouvelle réalité aux dimensions de l'homme, à sa portée. Tout le miracle de la poésie est làä Chaque poète a son propre terrain d'épanouissement. Personnellement, je n'en ai pas d'autre que l'univers quotidien, celui des objets usuels, celui où le nom de l'homme n'est qu'un nom commun ". En marge de ce texte, Béarn a porté la mention manuscrite suivante : " Pourquoi ce texte de Chaulot que je retrouve 26 ans après ? je n'ai pas conscience d'en avoir fait état dans l'émission. C'était trop long d'ailleurs à tous les points de vue ". Sic ! Deux feuillets tapuscrits (en triple exemplaire) reproduisant trois poèmes : Recherches (A main armée), Canal Saint-Martin (A main armée), et Vraie rencontre (Jours de béton) dont seul le deuxième sera lu et commenté dans l'émission. Un feuillet tapuscrit (21x27cm) en double exemplaire sans doute rédigé par Béarn et intitulé " Paul Chaulot " dans lequel l'auteur essaie de définir Chaulot par référence au Populisme et réaction au Surréalisme en illustrant son propos par le poème Canal Saint-Martin. Idem sous le même titre mais avec un texte davantage axé sur la présentation biographique : " Chaulot, c'est un fonctionnaire qui a mal tourné ". Les deux pièces sont difficiles à situer dans l'ensemble. Trois demi-feuillets manuscrits, visiblement de premier jet avec de nombreuses corrections, certainement écrits par Chaulot en réaction à la volonté de Béarn de le présenter comme un poète populiste (ce qui selon ce dernier aurait été décidé d'un commun accord pour susciter la réplique de son interlocuteur et ainsi de " sombrer dans la mélasse des compliments ", assertion dont il est permis de douter au vu de la réaction écrite de Chaulot). Chaulot explique ainsi : " Certes, une grande partie de mes poèmes ont une ossature, disons plus simplement un décor qui est celui de la littérature dite populiste, cela ne signifie pas pour autant qu'il en soit la substanceä Je ne voudrais surtout pas que sous ce prétexte on voit en moi un poète socialä Cette fraternité se situe beaucoup moins sur un plan social que sur un plan cosmique. L'amourä est un moyen, une des armes dont je dispose pour parvenir à cette compréhension universelleä J'accorde toute sa valeur à l'amour pour la femme mais ce n'est qu'un moyen ". Sous le titre " Poésie pas morte. Une émission de Pierre Béarn ", trois versions successives de la retranscription de l'émission par Béarn. Les trois versions sont établies sur des feuillets tapuscrits et corrigés à la main. La première version dont on peut penser qu'elle reproduisait assez fidèlement les propos tenus à l'antenne a fait surtout l'objet d'importantes suppressions. Les deux autres versions sont quasiment identiques. Une des deux porte une mention manuscrite de Béarn : 2ème version mal corrigée par lui ". Par la suite, Béarn réutilisera deux fois les matériaux de l'émission : Une première fois, pour les besoins de l'hommage rendu à Chaulot après sa mort par l'éditeur Milla-Martin lorsqu'il publiera Présence de Paul Chaulot. Sa contribution intitulée " Douze minutes avec Paul Chaulot " reprendra largement le texte de " Poésie pas morte " avec quelques adjonctions puisées dans les documents préparatoires. Nous offrons le tapuscrit corrigé du texte (4 pages). Une deuxième fois, pour sa propre revue La Passerelle, sous le titre " Un quart d'heure avec Paul Chaulot ". Variante nouvelle. Nous offrons deux copies tapuscrites du texte, quasiment identiques sauf quelques indications typographiques. Enfin, une lettre manuscrite de Chaulot à Béarn, datée du 20/09/58, donnant sa nouvelle adresse à Viroflay et le pressant de convenir d'un rendez-vous hebdomadaire " à la rentrée ". Nous joignons à cet ensemble : A MAIN ARMEE Paris, Les Belles Lettres, 1948. In-12 broché. Edition originale de ce recueil tiré à 525 exemplaires. Un des 500 numérotés sur vélin Bouffant enrichi d'un envoi autographe signé à Pierre Béarn. JOURS DE BETON. Poèmes. Sl, Les Amis de Rochefort, 1954. In-12 broché. Edition originale dont le tirage a été limité à 385 exemplaires. Un des 300 numérotés sur Bouffant. Bel envoi autographe signé à Pierre Béarn : " Finiras-tu, mon cher Pierre Béarn, par savoir le pourquoi de ces " Jours de Béton " ? en souvenir de notre brillant tête à tête microphonique, amicalement (s) ". Joint : le bulletin de souscription des Amis de Rochefort pour Jours de Béton (en marge, Béarn a porté au stylo les noms de plusieurs poètes comme Cadou, Bérimont, Fombeure, Rousselot, Emié, Joë Bousquet, etc). DEUX PORTRAITS PHOTOGRAPHIQUES DE CHAULOT. Tirages argentiques d'époque. Le premier représente Chaulot en pied posant fièrement dans une tenue de marin anglais. Excellent cliché de studio pris en 1940 (note manuscrite au dos par Béarn) et signé par le photographe (signature non déchiffrée). Le second date probablement d'une dizaine d'années plus tard. C'est un magnifique portrait de Chaulot en buste à sa table de travail devant une bibliothèque. PRESENCE DE PAUL CHAULOT. Paris, José Millas-Martin, 1971. In-12 broché. Recueil d'hommages publié après la disparition du poète. Il comprend des poèmes inédits et un entretien ainsi que des études (Cassou, Bouhier, Guillaume, Brindeau, Sabatier, etc), des témoignages (Follain, Guillevic, Frénaud, Bérimontä), et des messages (Char, L'Anselme, Manollä). Portrait par Roger Toulouse. Bibliographie. Enfin, il reproduit intégralement les " Douze minutes avec Paul Chaulot " dont le tapuscrit corrigé est décrit plus haut. Précieux exemplaire signé notamment par Jean Rousselot, Guillevic, L'Anselme, D.P. Bouloc, Pierre Béarn. Cet ouvrage ne provient pas des archives Béarn.
- Prix : 450.00 €
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| En 1954, Pierre Béarn animait sur la radio nationale Paris-Inter une émission de poésie intitulée " Poésie pas morte " au cours de laquelle, chaque semaine, un poète était invité à parler de son œuvre, généralement à l'occasion de la parution d'un nouveau recueil. Compte tenu de sa brièveté, l'émission était très préparée. Béarn et son invité choisissaient ensemble l'axe central de l'émission et les poèmes qui seraient lus à l'antenne. A partir des indications et de la documentation fournie par l'invité, Béarn écrivait un premier projet d' " enregistrement " qu'il soumettait à l'invité sans toutefois tenir toujours compte des observations de ce dernier. C'est l'ensemble du dossier de l'émission consacrée à Paul Chaulot, le 18 mai 1954, à la suite de la publication du recueil " Jours de béton ", que nous présentons ainsi que les réemplois successifs que Pierre Béarn a eu l'occasion d'en faire. |
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