| On a beaucoup insisté sur la capacité de Botticelli à traduire avec une pureté, une linéarité exemplaires, le monde de son époque, comme s'il avait reporté sur le support des modèles définis une fois pour toutes - et nous sommes alors tentés d'attribuer à ce répertoire humain une valeur d'une surprenante actualité. En revanche, on n'a pas toujours essayé de soulever le voile de mélancolie que le peintre a posé sur ces mêmes visages. Or c'est précisément ce voile qui nous permet l'approche la plus profonde de l'art de Botticelli, c'est ce voile qui en fait un des interprètes de l'âme humaine au sens absolu du terme. (...) Il suffit de penser au fardeau sous lequel ses figures semblent ployer, à la préoccupation intérieure exprimée par leurs visages, pour entrevoir un dialogue, une habitude du raisonnement intellectuel qui naît de la lecture, de la méditation, de la poursuite perpétuelle d'une vérité plus haute. Sandro di Mariano Filipepi dit Botticelli, est né à Florence entre mars 1444 et mars 1445 où son père était tanneur. Son surnom de Botticelli provient de "botticello" , qui signifiait "petit tonneau", nom qui semble t'il, avait été donné à son frère aîné Giovanni, ou peut être à l'orfévre chez qui Sandro avait été mis en apprentissage dès le plus jeune âge. C'est par assimilation, et par la corpulence probable de l'un ou de l'autre, que ce nom lui avait été donné et lui était resté. |