RELIURE DE BOZERIAN JEUNE - L'école des princes, ou Alexandre le Grand comblé de gloire et de malheurs. A Amsterdam, chez Jacques Le Jeune (Elzevier), 1671. In-16 (12.7 x 7.2 cm), 1 f. de titre (à la sphère armillaire) ; 1 portrait par A . Bloote (George-Chretien, Landgrave de Hesse, Prince de Hirsfeld, etc.) ; 14 pp. n. ch d'épître dédicatoire ; 223 pp., reliure plein veau marron-rouille, dos lisse très orné de caissons à la grotesque, plats ornés de petits losanges répétés à froid, encadrement des plats de roulettes dorées, roulette dorée sur les coupes et les contreplats, gardes marbrées suivies de gardes volantes en parchemin véritable (rare), tranches dorées (reliure de F. BOZERIAN JEUNE signée au bas du dos).
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| Ex libris monogramme non identifié. Fléty, Dictionnaire des relieurs français, p.32 : " Il (François Bozerian) ouvrit son atelier en 1805 et fut, avec son frère Jean-Claude, l'un des meilleurs relieurs de son temps. Grâce à sa sûreté de main et l'extrême finesse de sa dorure, la technique du métier arriva à son apogée. ( .) . Ses reliures sont justement renommées pour leur élégance. ". Exemplaire parfaitement conservé. Intérieur très frais. Edition unique et rare de ce texte dont l'auteur n'a pas été dévoilé à ce jour. Un article de Pierre Briant (collège de France) : " la tradition gréco-romaine sur Alexandre le Grand dans l'Europe moderne et contemporaine : quelques réflexions sur la permanence et l'adaptabilité des modèles interprétatifs ", cite notre ouvrage dans un bref paragraphe : " (.) la lecture servile des auteurs anciens démontre qu'Alexandre s'est laissé pervertir par des défauts et des vices. Les opposants à la monarchie absolue ont donc cherché à en tirer profit. C'est ce dont témoigne par exemple un opuscule anonyme publié à Amsterdam en 1671, et intitulé L'Escole des Princes ou Alexandre comblé de gloire et de malheurs. Il s'agit d'une condamnation en règle des mécanismes mêmes du pouvoir royal, qui engendrent la corruption, le vice et les assassinats politiques. La condamnation morale vient aussi des hommes d'église,peu portés à exalter les conquêtes militaires et le cortège de malheurs qu'elles entraînent. Telles sont, résumées, les raisons qui amenèrent Louis XIV, à partir de 1670 environ, à répudier le modèle alexandrin au profit d'un modèle puisé dans l'histoire dynastique et nationale française : la figure de Saint-Louis remplace celle d'Alexandre. (.).On peut lire la dernière phrase de l 'ouvrage, lourde de signification à l'encontre de Louis XIV tout puissant : " Un exemple si illustre (Alexandre) enseignera à tous les Princes (Louis XIV), qu'il n'y a point de puissance plus forte qu'un cœur résolu ; qu'il n'y a point de prudence que la malice ne surmonte ; que le desespoir d'un seul homme est plus à craindre qu'une armée, et enfin qu'un tyran est indigne de vivre. ". Pieters p. 544. Willems, Les Elzevier, n 1441 et G. Berghman, Supplément.., n 383; Rahir, Catalogue d'une collection... de volumes imprimés par les Elzevier, p. 161. Berghman, Catalogue... des impressions elzeviriennes de la Bibliothèque royale de Stockholm, n 1577. " Imprimé à Amsterdam par Daniel Elzevier ". Un seul exemplaire localisé au catalogue collectif des bibliothèques de France, BN Opale Plus (Bibliothèque Nationale de France, cote RES P-R-859, Tolbiac). Superbe et rarissime surtout dans cette condition exceptionnelle. |