| Edition hors-commerce tirée à 37 exemplaires réservés à l'artiste et à ses amis ; tirage sur pur fil du Marais, numérotés et tous paraphé par l'artiste. La typographie et la maquette ont été établies sous la direction de Léon Pichon. Exemplaire N° 17, ENRICHI D'UN DESSIN ORIGINAL AU FUSAIN, signé, illustrant le poème "Le goût du néant". Les 25 poèmes retenus par l'artiste : La chevelure, Réversibilité, Le goût du néant, la Beauté, Tristesse de la lune, Le tonneau de la haine, A une femme créole, Obsession, L'ennemi, La destruction, Femmes damnées, Les deux bonnes soeurs, Allégorie, Le possédé, Une charogne, Chanson d'après midi, Le flacon, Le gouffre, Le Léthé, la musique, Les bijoux, La mort des amants, La Cloche fêlée, Lesbos, Recueillement. Français, né en 1900 à Neuilly, d'une famille d'origine slave installée en France depuis le XVème s., Jacques Zwobada est un artiste reconnu qui reçoit sa première commande officielle en 1926, pour un monument au musicien André Caplet au Havre. Très marqué par l'influence de Rodin, sa sculpture s'éloignera de l'influence des formes du maître, pour une libération formelle qui le conduira au déchaînement gestuel où s'exprime l'exaltation des sens et la sublimation du désir. Il crée des oeuvres monumentales qui ornent encore la Faculté des lettres de Rennes, une mosaïque du paquebot France, un monument à Bolívar, des tapisseries d'Aubusson réalisées d'après ses fusains... Il produit aussi de nombreux portraits en bronze, en terre ou en plâtre, de ses amis écrivains ou artistes. Les dessins qui viennent illustrer les poèmes de Baudelaire, sont réalisés au moment où il entretient "une passion exclusive et dévorante pour Antonia Fiermonte qui se traduira dans l'oeuvre par la glorification du corps de la femme aimée. Antonia est omniprésente dans la morphologie de la chair qui obsède le sculpteur dans les années 40. Le modelé ferme et souple de ses Nus au Fusain et au Sépia atteste la mise en place d'un vocabulaire de plus en plus insistant dans son intensité charnelle qui culminera dans " L'Offrande " de 1952. Il met cette généreuse chaleur du trait au service de son autre passion, la musique en illustrant en 10 dessins " L'après-midi d'un faune " de Mallarmé et en 25 lithos 25 poèmes des " Fleurs du Mal " de Baudelaire. Le musicalisme des cadences plastiques s'harmonise au flux des cadences sonores tout comme à l'érotisme du verbe." (P. Restany). Deux expositions lui ont été consacrées récemment en 2003 et jusqu'en juillet 2004 à Fontenay aux Roses, où il travailla toute sa vie, partageant son atelier avec René Letourneur. |